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LIVRE III, CHAPITRE VIII. 6l

Ce n'est pas que nous considérions la division en castes, précisément comme une invention sacerdotale. Elle a pu trouver sa source dans une disposition naturelle à l'homme : il est assez enclin à rendre ses institutions plus fixes, par un partage plus ou moins régulier des différentes occupations de la vie entre dif-

rouges frappant ou tuant des hommes noirs ( Denon , Voy. en Egypte, II, 228. Heeren, II, 544-55i ), tandis que sur un plus grand nombre , sur les bas-reliefs du temple d'Osiris, par exemple, dans l'île de Philé, ce sont les hommes noirs qui tuent les hommes rouges que des savants ont pris, non sans vraisemblance , pour des Hycsos, pasteurs, ou d«es Juifs. (Goeek. As. Myth. Gesch. Préf. xxxii-xxxiii. ) Mais lorsque l'auteur de cette hypothèse, qui expliquerait ainsi d'une manière satisfaisante la transplantation de la division en castes d'un pays dans un autre, veut l'appliquer à l'origine de cette institution, ses raisonnements portent à faux. Toute colonie, dont la patrie primitive n'aurait pas été elle - même divisée en castes, n'aurait pas introduit ailleurs cette division. On peut donc attribuer à des colonies indiennes ou éthiopiennes la division des Égyptiens en castes ; mais il faudra toujours expliquer l'origine de cette division aux Indes ou en Ethiopie; et si l'on prétendait, suivant nne tradition reçue (Voy. de Legentil, I, 90-91), que les ancêtres des brames étaient eux -mêmes des étrangers , l'on n'aurait encore reculé l'objection que d'un degré.

férentes classes. Ce penchant, qui prévaut quelquefois au sein de la civilisation, se fait déjà remarquer chez les tribus sauvages. Les Iroquois et les Algonquins se sont réunis, il y a peu de siècles, à la condition que les uns seraient agriculteurs, les autres chasseurs (i). Chez quelques hordes africaines, il y a des pêcheurs et des chasseurs héréditaires (2); et chez les Turcs (3), l'administration de la justice est la propriété de certaines familles, qui en exercent héréditairement les fonctions. Les Lapons ont des races de magiciens (4), et l'on en rencontrait de médecins et de poètes, parmi les montagnards de l'Ecosse, jusqu'à la fin du dix-huitième siècle (5).

L'homme a donc pu, sans calcul intéressé de la part d'une classe, considérer les enfans de deux qu'il croyait favorisés par les dieux, comme appelés à l'héritage de cette faveur.

(1) Journal de Charlevoix.

(2) Isebts, Voy. p. 224-

(3) Portée sur les Turcs.

(4) Voyages d'Acerbi.

(5) Pennant, a Tour in Scotland.

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