‹ De la religionChapitre 7 sur 248 · LIVRE Illj CHAPITRE H. It · texte numérisé non relu

LIVRE Illj CHAPITRE H. It

* des créatures. Le monde physique n'est qu'un moyen « spontanément choisi dans un but moral , et n'a de và- « leur et d'existence que par son aptitude à atteindre ce

• but. Dès qu'il sera atteint, c'est-à-dire dès que le dés- « ordre qui trouble le monde spirituel aura cessé, la « création matérielle s'anéantira et le règne de l'esprit « pur commencera son éternelle durée. Ce second sys- « tème a dominé de temps immémorial dans la haute * Asie , au-delà de l'Euphrate et du Tigre , en Perse , en « Médie, en Bactriane, dans le Tibet, aux Indes, à la « Chine, et peut-être en Egypte. L'autre a été adopté « par les peuples qui habitaient en-deçà de ces fleuves, « les Hébreux exceptés. Il pénétra en Grèce et en Italie, « avec ses mythes multiformes; mais la philosophie « grecque la modifia; et des fragments du second sys- « tème, s'y étant introduits, composèrent les mystères « d'Eleusis et de Samothrace. » Il y a dans tout ceci beaucoup de vérités : mais l'auteur ne s'est pas aperçu qu'il laissait subsister deux grandes lacunes. i° Quelle a été la cause qui a scindé de la sorte en deux catégories dissemblables les idées religieuses? 2° Le système métaphysique, que, dans notre ouvrage, nous regardons comme sacerdotal, est-il descendu jusqu'au peuple? nous ne le croyons pas. Sous ce second système s'est toujours placé le premier. Le peuple a dirigé ses hommages vers les objets visibles, et les abstractions sacerdotales n'ont jamais influé sur lui.

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