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CHAPITRE VIII

De V effet des migrations.

LtEs migrations lointaines sembleraient d'abord devoir être plutôt préjudiciables qu'utiles au pouvoir du sacerdoce. La guerre, lors même qu'elle n'est pas le but principal de ces migrations, en est l'inséparable accessoire. Le courage personnel, le talent militaire, facultés qui ont besoin d'un exercice habituel pour se développer, et qui, précipitant l'homme dans la vie active, et le condamnant au contact de la multitude , dont le sacerdoce aime à s'isoler, sont peu compatibles avec le prestige dont cet ordre s'entoure, appellent autour de lui des rivaux redoutables ( i ). Aussi voyons-

(i) Voy. le ch. suivant sur la lutte du pouvoir sacerdotal contre le pouvoir militaire et politique.

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nous plusieurs nations s'affranchir , au moins pour quelque temps, de leurs prêtres, durant les longs voyages qu'elles entreprenaient à main armée pour chercher une patrie. Dans la traversée d'Egypte en Grèce , et par l'amalgame des colonies égyptiennes et des tribus grecques (i), le sacerdoce perdit presque entièrement son autorité; et, beaucoup plus tard, dans un nouveau monde , ce fut une migration dont néanmoins un prêtre avait été l'instigateur et le guide , qui porta la tribu des Ténochkans , au Mexique, à choisir pour chef Acamapitzin. Les colonies mêmes qui étaient plus particulièrement dévouées à la cause sacerdotale , celles d'Ethiopie (2), par exemple, qui abandonnaient leur rpays pour faire triompher cette cause, n'échappèrent pas toujours complètement à cet effet naturel d'une expatriation qui les lançait au milieu de périls inconnus. Tandis qu'à Méroé le roi devait être tiré de la caste sacrée , l'histoire nous apprend qu'en Egypte, Séthos, ce prêtre de Phthas,

(1) Nous prouverons ceci dans le livre V.

(2) Voy. livre III, ch. 3.

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