‹ De la religionChapitre 9 sur 248 · LIVRE III, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE III

nion sur leurs devins (i). Gomment donc se fait-il qu'en sortant de cet état de grossièreté,* l'homme accorde souvent aux prétendus organes du ciel une autorité fort étendue? Ne devrait-il pas, au contraire, en s'éclairant, s'affranchir d'une domination qui ne repose que sur son ignorance?

Pour arriver à la solution de ce problème , qui renferme tous ceux de l'histoire, il faut découvrir une cause dont l'action soit uniforme, c'est-à-dire dans l'absence de laquelle le sacerdoce ne soit investi que d'une autorité précaire et bornée, et dont la présence^ au contraire, lui confère des attributions redoutables, immenses , illimitées.

Chercherons-nous cette cartàe dans le développement de la disposition religieuse, qui, lorsqu'elle s'enipare de l'âme, l'emporte bientôt sur tous les intérêts présens et visibles ? Mais le sacerdoce eût alors dû jouir partout d'une influence sans bornes. >|vio*>fi8 9

Attribuerons-nous les barrières qui, dans quelques pays, ont restreint cette influence, à

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(ï) Pallas, voy. I. 35g. Gkoroi Beschreic, XIII

Hogstrœiti , p. i5.

î4 DE LA RELIGION,

la rivalité du pouvoir politique, à l'ascendant de la caste des guerriers? Mais la lutte entre les interprètes du ciel et les dominateurs de la terre a eu lieu chez tous les peuples. Tous ont vu s'élever dans leur sein une caste de guerriers. De l'identité de la cause aurait dû résulter l'identité de l'effet.

Remonterons-nous au climat ?

On conçoit facilement que, dans les contrées où le climat, disposant l'homme à la contemplation , donne à son imagination beaucoup d'activité, en même temps qu'il le dispense presque entièremejit des travaux matériels par la prodigalité du sol, la classe qui s'est chargée de pourvoir aux besoins de cette imagination avide de fables et de terreurs, acquière rapidement un pouvoir sans bornes.

Le climat néanmoins ne saurait être considéré comme la première cause de l'asservissement de l'espèce humaine à des corporations sacerdotales. Le sacerdoce a été revêtu d'une autorité sans limites dans tous les climats. Les druides gaulois, au fond de leurs forêts; les mages des Perses, sur leurs montagnes; les prêtres de l'Egypte, dans leurs marécages, ont non-seulement exercé un pouvoir égal, mais

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