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LIVRE TU, CHAPITRE III. lS

été redevables de ce pouvoir à une organisation à peu près pareille. Les brames de l'Inde et les drottes de la Scandinavie, les uns sous un soleil brûlant, les autres au milieu des neiges, paraissent des frères vêtus différemment, suivant les degrés de la chaleur et du froid , mais portant dans leurs traits un air de famille non méconnaissable.

D'un autre côté , nous trouvons des climats très-chauds, où il n'a point existé de sacerdoce puissant. Les jongleurs de plusieurs tribus nègres n'ont guère plus de pouvoir que les schammans de la Tartarie. Le sacerdoce en a toujours eu très-peu chez les Grecs , tandis que son influence chez les Gaulois a toujours été presque sans limites.

Or, pour qu'une cause soit admise comme suffisante , s'il n'est pas rigoureusement nécessaire que l'effet n'ait existé qu'avec cette cause, parce qu'il pourrait avoir été apporté d'ailleurs , il est au moins indispensable que partout où la cause a existé , l'effet se retrouve ; et sous ce rapport, nous ne pouvons reconnaître le climat que comme une cause accessoire et secondaire.

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Il en est de même des terreurs inspirées par les calamités de la nature.

Nul doute qu'il ne faille placer parmi les éléments des institutions sociales et surtout religieuses, les désastres physiques dont le souvenir s'est perpétué dans les traditions de presque tous les peuples du globe.

Si l'homme, dans les circonstances ordinaires et lorsqu'il n'est menacé que par les dangers résultant de l'action habituelle des objets qui l'environnent, est poussé par les terreurs que ces dangers lui inspirent à s'adresser à ceux qui se disent les confidents du ciel, les organes et les favoris des dieux , à plus forte raison , quand tous les éléments se déchaînent contre lui , que la foudre gronde sur sa tète , que la terre s'entr'ouvre en abîmes sous ses pas, que les eaux descendent en mille torrents du haut des montagnes ébranlées, entraînant dans leur cours les rochers énormes e£ Les antiques forets; à plus forte raison, disons-nous, l'homme, épouvanté de ces grands désastres , doit-il, se précipiter dans tous les excès de la superstition , et tomber aux pieds de quiconque luiparaît jouk de quelque crédit auprès des êtres ennemis qui

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