LIVRE XIII y CHAPITRE IV. 3r
phallus était de bois de figuier (i), tandis que les fi^es sèches , et d'une forme analog;ue ^ étaient ehez les Perses un symbole religieux (2). Ce fut par les mystères Leroéens , qui se célébraient en Argolide en l'honneur de Bacchus , que s'intï'Oduisit l'usage de planter des phallus sur les tombeaux (3) ; il y fut , comme en. Egypte , l'emblème de la force productrice, qui tire la vie de la destruction , et en même temps celui de l'immortalité de l'ame et de la méttnnpsycose (4).
Ce culte secret était accompagné en Grèce ^ comme la reKgion publique chez d'autres nations , des cérémonies les plus licencieuses (5). De jeunes filles, le sein découvert, formaient des danses obscènes aux fêtes d*Adonis (6). La débauche qui souillait ces fêtes est décrite complaisamment par Ovide (7) , amèrement par Juvénal (8) , et celle
(1) TaioDOBST., Serm., VII.
(2) Plutabch. ArU^erzes. Ije figuier était consacré h Mithras dans ses mystères. On y sacrifiait un pourceau comme en Egypte.
(3) Pàvsjlv. Corinth., $7.
(4) CaxuTz. Dionys., p. a36 et suiv.
(5)THioca. IdyU.,XV.
(6) C^est faute d'avoir distingué le culte populaire et les mystères qu*on savant, (Tailleurs trèsrecommandable , a pu écrire ces paroles si injustes : u L^hellënisme ne consistait, en général , qu*ett » traditions absurdes et scandaleuse^^ , en rites impies ou impurs, en V fêtes de volupté ou de délice, n (Saihtr-Croix, Recherches sur les myst. du pag. , édit. de M. Sylvestre de Sacy, 1, 375.)
(7) De Art. amand., I, 76. Pour expliquer comment nous citons ici Ovide , nous rappelons au lecteur la note 1 de la page a3.
(8) Juvi!rAt.,Sat. VI.
DE tA RELIGION .
des mystères Sabaziens est déplorée pathéti^é*-' ment par les premiers Pères (i).
Les divinités hermaphrodites qui ^ dans k bn*>^ gue scientifique des prêtres , sont l'emblème* de la force créatrice , ou de la réunion des deux principes actif et passif, reparaissent dans les mystère. Les Dioscures , à Samothrace (2)^, Bacohus , dans les Dionysies, sont revêtus des attributs des
(1 ) CljSmbvt d*Albx. et autres. L'Aulolarm de PhkVtn kxMfle »u^Ies aventures d'une fille devenue grosse dans une fête mystérieuse. L'élévation du Phallus, usitée dans les mystères, était un rite égyptien apporté en Grèce par Mélampe. (Saiktb-Gboi* , des Myst. ,' p. 17.) Les indécences du culte de Bacchos à^ Sicybne (Bàtle , ai't. Bacohus) , l*ohscénité de celui de Gérés et de Proserpine en Sicile (DiOD., V, 4)9 où la grossièreté des paroles était prescrite, parce que c'était ainsi, disait-on , qu^on avait arraché un sourire à la àéeasê au désespoir; Vinfamie des mystères Sabaziens (Cic. de Nat. Deor. , III, i3. SikiNTB-CROix , 437-439) , sont des faits authentiques. La fable de Pasiphaé, représentée dans les mystères de Samothrace, était la transplantation des plaisirs contre nature que nous avons vu faire partie des cultes sacerdotaux. « Ce que les mystères d^Éleusis ont. de plus saint , dit Tertullibb (adv. Valent.), ce qui est si soigneusement caché , ce qu'on n'est admis à cdzAiaitre que fort tard , c'est le siodulacre du Phallus, w Un passage deClément d* Alexandrie, dans EusÈBE , prouve que ces institutions, où les modernes ont cherché l'amélioration de la morale et la pureté du théisme , réunissaient la férocité et la licence, a Veux-tn, dit-il, voir les orgies des Corybantes ? tu n*y verras qu^assassinats, tombeaux, lamentations des prêtres , les parties naturelles de Bacchus égorgé, portées dans une caisse et présentées à Tadoration. Maisf ne t'étonne pas si les Toscans barbares ont un culte si honteux. Que dirai-^je des Athéniens et des autres Grecs , daus leurs mystères de Déméter? i* Notez que l'auteur parle du culte des Toscans en général ,par conséquent de leur culte public , et que , relativement aux Grecs , il parle seulement de leurs mystères.
(-i) Ltdps , de Mensib. , 65.