‹ De la religion: considérée dans sa source, ses formes et ses développementsChapitre 9 sur 67 · LIVRE XIII, e#AMTM IV · texte numérisé non relu

LIVRE XIII, e#AMTM IV

aux ÎDÎtiës qu'aux hiérophantes qui les recevaient : celui d'Eleusis était obligé à la continence dès le moment qu'il entrait en charge (t). Les prétresses des Diôny^ies^ à Athènes Juraient, entre les mains de la femme de l'archonte-roi , qu'elles étaient pures , même de tout commerce avec leurs époux. DéiiH)sthène nous a conservé la formule du serment qu'elles prêtaient (2), Les Athéniennes qui se préparaient auxThesmophories s'éloignaient du lit conjugal , et cette séparation d'avec leurs maris devait être de quelque durée (3), puisque Athénée nous indique de quelles herbes elles se servaient pour la supporter avec moins de peine (4), Celles qui avaient la surintendance des cérémonies devaient n'avoir jamais été touchées par un homme (5)* Le célibat était commandé dans les grades

(1), Arbiah. in Epîctet., III, ai. Il bu4raiid« la ciguë> pour rendre cette privation moins rigoureuse. Les prêtres de Diane , à'Éphése, e'taienl astreints à la chasteté et à des jeûnes pendant un an. Les prêtres et les prétresses de Diana Hymnia en Arcadie, se soumettaient au& mêmes obligations pendant toute leur vie. (PàVSA^., Arcad.,<«i>3k)

(i), Dbmosth. contra Nesram. Ce serment n*etait pas imposé seulement aux prêtresses , mais à toutes les femmes admises aux mystères de Bacchus.

(3) Probablement de neuf jours.

(4) Hbstcb. in vo xwm/mi; Plih., Hisl. nat., XIV, 9 DioseoR., I, i36. JEljjlv. de Animal., IX, 26. Scbol. Tbéocr. Idyll., IV, a5. Plut. de Isid. 69.

(5) Propres expressions de Lucain , qui , pour mieux faire res^ sortir ce 'fait, les oppose aux Hétaïres, faisant trafic de leurscharmes.

les plu9 relevés des Mitbriaques (i) ; enfin ^ une chasteté inviolable est enjointe par Isis à Apulée (r^X

Par une suite naturelle de ce devoir imposé aux hommes, plvisieurs des dieux honorés dans les mystères étaient nés d'une vierge (3)*

La valeur attachée à la continence n'excluait point Fadoration des organes générateurs. Leur simulacre avait été introduit par les Pelages à Samothrace (4) ; Fon montrait aux Thesmophories la représentation du Ctéis (5). Les Ganéphores des Dionysiaques portaient dans la corbeille sacrée le phallus qu'on approchait des lèvres du récipiendaire (6); et, par une conformité minutieuse, mais d'autant plus importante à remarquer, ce

(i) Tbrtvllien {dç Praescript., i4o). Creutzcr établit use distioction entre les Mithriaques introduits à Rome , et les anciens mystères deMithra en Perse (II,3i4-ai7)< Lm |>remîerS| suivant Htob (de Rel. Pers.), ne furent jamais célébrés dans^ cette contrée. Ils ne furent connus des Romains qu*apvès la victoire de Pompée sur les pirates de rAsie-Mineiire (Plut, in Pomp.); et nème les inscriptions qui en parlent ne remontent pas au-delà de Constantin (Fr£ret, Ac. Inscr., XVI, 267 et suiv.). Les pères de FÉglise ne voyaient dans les Mithriaques que des cérémonies empruntées du christianisme pour soutenir le polythéisme expirant. Mais c'érait au contraire une religion sacerdotale, transportée à Rome aousla forme de mystères, avant le triomphe du christianisme ) et qui ne fut pas sans une influence fâcheuse sur cette croyance.

(a) Ap. Met., XI.

(3) Silène, par eiLcmple.

(4) HiRODOT., II, ôi. .

(5) THâODORBT, Serm,, VII et XII.

(6) Idem , Therdpcut. Disput., I.

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