CHAPITRE VI
Résumé sur la composition des mystères grecs.
Les croyances orientales et méridionales passèrent donc en entier dans les mystères, qui de la sorte continrent à-la-fois et le culte public et les doctrines secrètes de ces croyances (i). Mais au lieu que, chez les nations gouvernées par les prêtres, ces deux choses étaient en réalité deux cultes à part , puisque la masse de la nation n'était jamais admise à la connaissance de la doctrine cachée, elles furent réunies dans les mystères grecs , et la portion matérielle et grossière devint un vestibule où les initiés étaient retenus plus ou moins long-temps , pour pénétrer ensuite plus ou moins avant dans le sanctuaire. Tous les rites , toutes les pratiques sévères ou indécentes , toutes les doctrines , et dans ce nombre les plus impies comme les plus religieuses, composant dans l'Orient la doctrine secrète des prêtres, la suprématie d'un dieu sur les autres, le dieu médiateur ou
(i) DioDOBB (lîv. V ) dit positivement que les mystères apportés de Crète avaient été dans cette ile le culte public. Plusieurs dieux étrangers, remarque M. Heeren (Grecs, p. 9:1) , obtinrent des Grecs une place dans les mystères, bien -que ces dieux n'eussent dans leur patrie aucun culte mystérieux.
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mourant pour sauver l'espèce humaine (i), la Trinité (2) , la supposition d'une dégradation de^ l'ame , avant son habitation dans un corps mortel et par un effet de l'impureté dans la matière, l'espérance de sa réascension graduelle jusqu'à la Divinité, le théisme, comme principe et comme résultat du système d'émanation, ou se perdant au fond dans le panthéisme, le dualisme, l'athéisme , tous ces dogmes persans , égyptiens , indiens, furent consignés dans les mystères des Grecs. Ils furent à-la-fois l'apocalypse et l'encyclopédie sacerdotale, et leur langage fut souvent mot à mot celui des cultes qui leur avaient servi de modèle.
On objecterait à tort la résistance des prêtres grecs contre les prêtres et les dogmes étrangers. Les individus purent bien lutter contre les individus , c'est-à-^dire les prêtres grecs purent invoquer , contre les invasions du sacerdoce étranger qui allait sur leurs brisées , la sévérité des lois , et même repousser ses dogmes et ses rites de la religion publique ; mais les rites et les dogmes, ainsi repoussés, étaient transportés dans les mystères.
fi) Le Logos , eomme fils de Dieu- et TOcdia to u r, est bien elaîrement désigné dans tous les mystères. ( Goerr. , II , 354 et les citations.)
(2) Nous avons montre ci-<lessns la trinitë dans Tune des cosmogonies orphiques. C*est en.ivisant allusion à cette trinité que Firmicus dit à TÊtre suprême : m Tu es également le père et la mère de toutes choses, et tu es de pins ton propre fils. »
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