‹ De la religion: considérée dans sa source, ses formes et ses développementsChapitre 36 sur 67 · LIVRE Xiy, CHAPITRE III. |p · texte numérisé non relu

LIVRE Xiy, CHAPITRE III. |p

Le dieu suprême seul « puis avec les géants de la Gelée , médite sur la cnéatioa , comme Srama avec leiSi neuf Richis. Les membres d'un de ces géants forment le monde, comme le corps partagé de la déesse Omorca : ce monde doit être détruit et nous avons rapporté la peinture effraryapte que les Eddas présentent de cette destruction (r).

Mais il y a plus. Indépendamment dp ce d^^gipe., inhérent à toutes les croyances qu'enseignent les prêtres , une notion plus subtile et non moins sacerdotalç plane dans quelques parties des Eddas. La création n'y est qu'une illusion , les dieux créateurs n'e^fistent qu'en apparence , le tsmps qui coutient la création n'a pas plus de réalité ^ et là seulement, où l'un et l'autre s'éyanouis^ent , commencent le vrai, l'éternel, l'unique (a). Tout ceci est identique avec le Bhaguat-Gita, ,

Le nnpnde étant créé, un dieu supérieur domine tou3 les autres dieux (3) : à côté de lui se plAce un rival, mais inférieur ,, chef, des divinités malfaisantes (4). Un dieu médiateur essaie de rétablir l'harmonie détruite (5). Un dieu mourant expie l'univers, et il faut observer que ce dieu , Balder, est le plus doux, le plus pacifique, le plus vertueux de tous : aussi ne monte-t-il point dans le

(i)V. t. IV,p. 184- (a) MoNE, Symbol. , 479- (3) T. IV, p. 121.

(5) Ih., i68.

Yalhalla. C'est dans le Nifleim qu'il va continuer sa paisible carrière. Idéal de la perfection divine , agneau céleste et sans tache , il meurt par une suite mystérieuse de sa perfection même , pour purifier Odin de son premier meurtre, du meurtre du géant Ymer. Qui pourrait méconnaître ici une doctrine sacerdotale (i)?

Une démonologie , non moins régulière que celle de l'Egypte ou de la Perse , peuple l'azur des cieux, la surface de la terre, et les gouffres profonds où les humains ne pénètrent pas. Les Woles^ interprètes des lettres runiques, parcourent les champs où luttent les braves ; tour à tour parques inexorables, brisant le fil qu'elles ont tissu, ou Valkyries charmantes, dédommageant par leurs appas les héros atteints d'une mort précoce , tantôt encore cygnes ou corbeaux , ou bien invisibles , identifiées avec l'onde qui murmure et l'air qu'elles agitent. Les Elves, fils de la lumière et brillants comme le soleil , peuplent un royaume qui porte leur nom (2) , et ils en descendent pour servir les hommes. D'autres , noirs comme la poix, demeurent sous la terre (3). Nains laborieux , nés de la nuit et de la poussière (4) , ou de l'union des

(i) Les' dieux qui , lors da Raguarokur, marchent à une mort certaine, pour combattre Loke, sont envisages, par plusieurs mythologues, comme s'immolant pour la destruction da mal.

(3) Alfsheim, Grimnismal , Str. 5.

(3) Nouyelle Edda , fable i5.

(4) Nouvelle Edda, 1 3* fable. Voluspa. Str. lo.

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