‹ De la religion: considérée dans sa source, ses formes et ses développementsChapitre 35 sur 67 · LIVRE XIV, CHAPITRE III. Io · texte numérisé non relu

LIVRE XIV, CHAPITRE III. Io

L'astrolâtrie sert de base à leur religion. Odin

est le soleil , Freya la lune. Une autre déesse , qui

préside également à cette planète , ou qui est un

autre nom de Freya, Ostar, nous rappelle FAstarté

sacerdotale. La nuit et le jour qui se suivent, en

faisant le tour des cieux , sans pouvoir s'atteindre ;

l'aurore , qui n'est que l'écume dont-Ie courrier de

la nuit inonde son frein; les étincelles du monde

lumineux qui forment les astres, les deux nains

qui figurent là croissance et la décroissance de la

lune ; Hati , l'étoile du matin ; Skoell , l'étoile du

soir ; le pont Bifrost , qui est Tarc-en-ciel ; Asgard ,

la ville des dieux , qui est le zodiaque , leurs

douze trônes qui en sont les signes (i) ; la ceinture

de Thor , le pendant de la cuirasse d'Amasis (3) :

tous ces symboles sont astronomiques. Les fêtes

Perses a été déjà souyent aperçae. Si le deuxième Odin fut un Scythe, il put facilement avoir quelque connaissance des dogmes de Zoroastre. (Whartow , On the orig. of romantic fiction in Europe , in the first yol. of his Hist. of engl. poetry.) Toutefois, si les dogmes et les pratiques offrent de' grandes conformités, le but et Tesprit différent. La religion de Zoroastre respire la paix , celle d'Odin la guêtre. La première annonce le retour d*ane félicité perdue, la seconde promet une félicité à venir. Cette opposrtion tient probablement à ce que la révolution religieuse des Scandinaves est , en quelque sorte, la révolution perse retournée. Odin vainqueur donna sa religion aux vaincus. Les Mèdes vaincus donnèrent leur religion aux vainqueurs. • ^'

(i) Nous reproduisons ici en peu de lignes quelques faits qui se trouvent indiqués dans leTII" vol. , mais qu'il nous a paru essentie de rappeler à nos lecteurs. Nous en agirons de même pour la deip^^ nologie.

(2) V. t. Il, p. 37.

I04 DE LÀ HELIGION,

se célèbrent à des périodes qui tieQueat également à Fastronomie (i).

Les anciennes fables se ressentent de ce ca-^ ractère nouveau. Les dieux ^' dans le YalhaUa , jouaient aux dés, pour se gagner réciproquement les richesses qu'ils avaient apportées en montant aux cieux. Maintenant ces dés, qui roulent sur la table céleste , expriment par leur éclat la splen* deur des astres , et, par leurs mouvements qui ne sont plus fortuits , le cours régulier des corps planétaires.

On voit apparaître les divinités hermaphrodites (2). Le respect pour la virginité se combine avec les enfantements des vierges (3) , et le Nord reçoit avec surprise , mais s^n^ résistance, les cosmogonies ténébreuses et bizsarres de l'Orient (4)-

(t) La fable dlduna , dont nous ayons parlé ailleurs (t. IV, p. 37), a ^ussi SOI} 3Qn$ astronomique. C'est sous la forme d'une hirondelle que Loke ya chercher la pomme me^yei{lçuse 4ont la priyatiou qondamnait les dieMx aux infirmités de la yievljesse. L'hiropdelle était le symbole du printemps. Le printemps rend auK dieux leur première force, parce quUl ranime la nature abattue sous les ri^uesrs de rhiver. ^, .

{'2) V., pour les;.dieux hermaphrodites des Scaiidinayes\ If s t. m, p. à7P , et IV, p. 193. Lote a des enfa^ts comme homme ^t çppwe femme; il est le pèrp d'Hela, dp serpent Mit^gard et du loup Femris, qu'il engendre ayec la géante Augustabode. Il est la mère de Sleipner qu'il procrée ayec S u^del.fari. Frpya, pa^ uijp analogiç fr^ppai^te ayec Cybèle, est hermaphrodite, quoique femme d'OcJip.

(3) La virginité a upe protectrice. spéciale parmi les 4€esses9 /Gpfiona , surnommée ,1a bienheureuse, HeiipdaU , le portier cél^^tie, est le fils de neuf vierges à la fois. Edda, 35« fable.

(4) Riih, Scandin. Nous ayons exposé ailleurs (t. III, p. ^GQr2jp) la cosmogonie seandinaye; nous ne la reproduisons pas ici.

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