‹ De la religion: considérée dans sa source, ses formes et ses développementsChapitre 38 sur 67 · LIVRE XIY , CHAPITRE lU. IQQ · texte numérisé non relu

LIVRE XIY , CHAPITRE lU. IQQ

cesfiéur était k glaive; la sienne est la parole , on récriture qui n'est que la parole gravée , et cette distinction sépare le pontife d'avec le guerrier. « Savez*vous , dit-il dans THavamaal , comment CD écrit les Runes ^ comdDient on les explique , comment on assure leurs effets? J'en connais qu'i«gnorent les reines et tous les enfants des hommes. Elles chassent les maladies ^ la tristesse et les plaintes /émoussent les armes, brisent les chaînes, apaisent les tempêtes, guérissent les blessures. Je charme les orages dans les airs , et ils s'arrêtent. Les morts viennent à moi , quand , sur la pierre , je grave les Runes. Si je les prononce , en versant l'eau sainte sur un nouveau-^né, il est invulnéra-^ ble. Dieux, génies, mortels, rien n'échappe à ma vue. J'éveille l'amour des vierges , et ma bienaimée m'aime à jamais. » Freyr , raconte l'Ëdda , épris de la belle Gerdour ,>dont l'éclat merveilleux se répandait sur tout l'univers, et dont les bras arrondis brillaient d'une splendeur qui éblouissait les regards, se mit en route avec un serviteur fidèle pour conquérir l'objet de ses vœux. Gymir, père de Gerdour, la tenait renfermée dans un palais entouré de feux que rien ne pouvait étein-

)» enchantements , la force et la santé à ses ennemis, découvrait les » trésors cachés sous terre , faisait entr'onvrir les plaines et les » montagnes , et sortir les ombres des abîmes. » (MALLETf.Introd., p. 43*) Ces prestiges du second Odin n'étonneront pas nos lecteurs , s'ils se souviennent qu'à une époque bien pi us. grossière 9 lee jongleurs ont déjà rhabileté nécessaire pour se servir de pareïb moyens.

dre. Uépée magique du héros surmonta cet obstacle. Il pénétra jusqu'à la beauté qu'il voulait posséder : il lui peignit en langue harmonieuse la flamme qui le dévorait. Ce fut en vain. Il lui ofiFrit onze pommes de l'or le plus pur , des diamants d'un prix inestimable, mais vainement; menace inutile. Son compagnon prononça enfin les paroles puissantes, et la belle Gerdour céda.

Les doctrines philosophiques complètent l'œuvre sacerdotale. « Comment t'adoreraî-je? dit au dieu suprême le président du sénat céleste. T'appellerai-je Odin, Thor ou This? Alfadur est ton nom. Sous ce nom t'honoraient nos ancêtres, avant qu'on leur eût apporté des dieux étrangers;» expressions caractéristiques du travail des prêtres, attribuant toujours au théisme, quand ils l'insèrent dans leurs doctrines, une priorité chimérique (i). Il est également impossible de mé^ connaître le dualisme (â) et le panthéisme (3).

Enfin, la morale prend sa place. Le Gimle et le Nastrond, sans supplanter le Nifleim et le Valhalla, offrent à 1^ vertu des récompenses que le premier ^ Odin n'avait accordées qu'à la valeur, n'assignant au vice et au crime aucune punition , car ce n'en est pas une que de recommencer les occupations de cette vie.

(i) V. liv. ^,ch.9,p. 267, (a)T. m,p. 268.

(3) T. m , ib.

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