LIVRE XIII , CHAPITRE III
traditions ; leur unanimité démontre le fait prin«« cipal, l'origine étrangère des premiers mystères. Nous ajouterons que long-temps après la forma*tion du polythéisme grec, des institutions de cette nature continuèrent à venir du dehors. Les mystères d'Adonis pénétrèrent de l'Assyrie par l'île de Chypre dans le Péloponnèse (i). La danse des femmes athéniennes aux Thesmophories n'était pas une danse grecque (2) ; et le nom des rites Sabaziens nous reporte en Phrygie (3).
Nous avons prouvé ailleurs que les membres des colonies qui débarquèrent en Grèce ne devaient , pour la plupart, connaître de la religion de leur patrie ancienne que la portion extérieure et matérielle. Mais dans cette portion matérielle il y avait des' représentations dramatiques. Les colons transportèrent dans leurs nouveaux établissements ces représentations qui , repoussées de la religion publique , parce qu'elles ne cadraient pas avec son esprit , devinrent naturellement des rites mystérieux, calqués sur ce qu'ils étaient au-dehors. Les mystères se composèrent de cérémonies , de processions dans l'intérieur des temples (4)^ de
(i) Notamment, suivant Patjsakias, dansTArgoIide. (3) PoLLux l'appelle la danse persique (Onomast. IV) ; d'autres la disaient mysienne (Xénoph. Anab. VI, i-5).
(3) Creutz. III, 360-363. V. Sur Porigine étrangère des mystère» de Bacckus, même suivant les Grecs, Heeren , Asie, 439-44<>«
(4) Il y a dans Goerrss (II, 379 note), un exposé des processions,
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pantomimes. Si dans les drames sacrés de l'Egypte Typhon avait enlevé Horns , Pluton , dans les Thesmophories , enleva Proserpine. Plutarque fait ressortir les ressemblances des récits égyptiens sur Isis et Osiris, avec les récits grecs sur Cérès (i). La mort de cet Osirîs fut retracée par celle de Cadmille dans les mystères cabiriques (2). Ces représentations dramatiques commencèrent probablement par être des représentations de fables connues ; alors il n'y avait que la représentation qui fût mystérieuse. Ensuite on inventa dé nouvelles fables qui restèrent secrètes, et alors il y eut mystère tout à-la-fois dans la fable et dans la représentation. Avec ces drames religieux furent transportées en Grèce des dénominations , des formelles exotiques, et par-là même inintelligibles et inexplicables. Que les noms de Cérès et de Pro-
bes mystères et de la si gni Beat ion symbolique de ces processions , avec des observations curieuses sur la conformité des diverses mytbologies.
(1) Plutarch. de Isid. Schol. Apollon. I, 917. Lactànt. défais, rel., p. 119-iao. DioD. I, a, 36.
(2) Les fondateurs des mystères en Grèce cherchaient à ajouter à la fidélité de l'imitation , en les célébrant en des lieux semblables à ceux de leur ancienne patrie. Il paraît, par un passage d'Aristophane (Ranœ , 209 et suiv.), que les mystères de fiacchus à Athènes avaient lieu sur les bords d*un lac, parce que ceux d'Osiris s'étaient célébrés sur le lac Sais. Les mystères Leméens, consacrés au même dieu, avaient pour théâtre dans TArgolide , les rives du lac Alcyon. Crevtzbr (IV, 5o-55) rapporte un usage des matrones romaines, emprunté d'une tradition grecque qui elle-même était étrangère eu Grèce. V. aussi ses détails sur le culte de Damia et d'Anxésia.