INTRODUCTION
Notre loi d’Assurances Sociales est actuellement la loi la plus attaquée. Certes, elle est imparfaite — aussi bien l’objet de cette thèse est d'en proposer la réforme — mais c'est jusqu'à son principe même que certaines attaques sont dirigées, et cela est plus grave et plus triste.
Quotidiennement, des articles sans grande valeur sont consacrés à la démonstration du danger des dépenses sociales, et de leur inutilité — dangereuses, parce qu’elles grèvent « très lourdement » l’économie nationale, inutiles, parce qu’elles veulent apporter un peu de bien-être à la classe des prolétaires.
Aussi, à une époque où l'équilibre du budget est devenu un problème angoissant, et où la misère du peuple s’accentue chaque jour, voit-on certains journalistes plus soucieux de conformisme que d'humanité, proposer purement et simplement la suppression des Assurances Sociales. Ainsi tout ira bien.
Or, actuellement, il faut que l’on sache qu’une loi d’Assurances Sociales est la plus indispensable pour un pays d’une certaine importance, qu’une telle loi pèse d’un poids infime sur l’économie d’une Nation, que partant sa suppression n’apporterait qu’un remède bien anodin à une situation budgétaire obérée, et qu’enfin et surtout son principe ne peut en être discuté que par des personnes de mauvaise foi, puisqu'il fait appel à la solidarité nationale.