ET DE GRAISSE
Sur une petite estampe y on peut dissimuler cette trace en donnant (jàn moyen de réglisse ou de bistre en dissolution) une teinte semblable au reste de Testampe ; la couleur générale sera d'un ton léger et chaud, qui, loin de nuire à la gravure, avantagera quelquefois les tailles du burin. Il m'est arrivé souvent de préférer une épreuve à une autre d'un tirage identique, uniquement parce que sa teinte jaunâtre lui donnait plus d'ensemble au premier coup d'œU.
Il ne faut pas que la teinte ajoutée empiète sur le contour de la tache, qui , devenant plu3 foncé, en dessinerait la forme avec trop de vigueur. On réussit à donner une couche bien uniforme en lavant vivement au pinceau sur le
cette trace jaunâtre. C'est, je crois , Yéritablement la seule partie de la tache qui résiste avec opiniâtreté. Cette matière, selon M. Tbénard, n'est pas bien connue des chimistes. Elle colore toute Tépaisseur du papier : de là la difficulté de l'enlever. Sur une étoffe elle disparait mieux , parce que , ce tissu pouvant se tordre, elle est entraînée mécaniquement. Les taches dliuile récentes De laissent pas cette trace , que Faction de Tair et de la dessiccation contribue sans doute À fixer si fortement»
64 TAGHBS D*HU1LB
seulement de la gravure ; mais la substanœ employée doit , ce me semble, attaquer également le noir d'impression, car elle pénètre bientôt tout le papier. La plupart des tadies d*huile traversant le papier du recto au yerso^ ne serait-il pas plus naturel que le remède suivit la même marche, à moins d'admettre que la partie la plus tenace de la tache s'est précipitée et concentrée sur la surface opposée à celle qui Ta reçue , c'est-ànlire au verso ? Je suppose qu'on imbibe la tache d'un liquide quelconque, versé goutte à goutte , et qu'on maintient l'estampe dans une position telle que le liquide ne séjourne pas du côté de l'impression.
On pourra essayer de ce système. Je me fais un devoir de citer tous ceux qu'on me signale, mais sans en assumer la responsabilité. Si je possédais assez d'habileté, assez de temps aussi, pour les éprouver tous avec soin , ce livre renfermerait moins d'hypothèses.
Après la publication de ma première édition, je reçus un jour la visite de deux personnes qui me priaient de leur confier une estampe tachée d'huile, sur laquelle j'aurais épuisé met tentatives. Elles me promettaient d'en enlever
mais «e coM«t»ft f» à Qee mlnportûl, dès hn.
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chaque laooa:
« Pour eidever les taches de fEauae sv les
« graf ar e s , desûs, etc., am fboe le fUMWâ
« graissé de la gravare, 4mi aiéMe la gnvan
« ratière, sur m pafâer Joseph es dix ^STOft
« feuilles ; on ti^eaipe va moiveaa de cx^yom
t cardé dans la bmziêie et on le pbœ snr la
« tache, oà on le maintieBt pendant qnelqnes
^ minâtes; on renlève et on éponge la pboe
no TACIIKS D*IIUILR
« rnpidomonlavocun papiorjosoph.Onchtng»
<c lo papior (1() doHsous la gravure pour ea met- « tro un non venu. Alors on trcmpo un nouveau « inorcoau do coton dans la benzine et on le « ])asKn h^gt^^ronicnt sur la tache, du centre aux <f oxtn^nnt(^H, on formant dos rayons pour fon- <r dro la nunnco et (Witcr un cerclo qui se for- « nierait sans eela. En raison de la grande vo- « lalilil(^ do In hcn/ino, cetto opération doit i< <^tre faite rapidement. Cependant, si« aprOs tr la (:omph>to ôvnporalion do la bonzinOi qui a <( lion en un quart d'heuro au plus, la tache re- <( paraissait encore, il faudrait recommencer. « Il est important do savoir que la benzine est t( un corps tout h fait neutre et sans aucune « action sur aucune espace de tissus ni cou* i< leurs. Klle ne dissout que In cire et les <( corps (fran : il n'y a donc aucune espèce de « danger fi In laisser on contact avec les paie pi(M\s , si pn^cieux qu'ils soient »
Nous retombons toujours , on le comprend, dans riuconvénient qu'offrent toutes les sub- Kianc(^s ({ui agissent sur les taches huilousei. Du moment que In benzine dissout les corps gras , son action ne peut âtro prolongée impur
ET DB GRAISSB. 67
témentqoesurdes dessins tracés aux crayons, . Fencre de Chine ou à Tencre ordinaire.
Je vais ici réimprimer un fragment detexte^ revenant de je ne sais plus quel traité mo- «rne de physique. Le procédé qu*on y indique <HUr la décomposition de lliuiie ne pourrait , Mt probablement, s*appliquer àdeThuile deséchée depuis longtemps ; quoi qu il en soit, je s citerai pour acquit de conscience. « Plusieors matières organiques peuvent être dé- : composées par une série d*étincelles électrii ques. On remplit, par exemple, d'huile^ une K petite cloche reposant sur du mercure, et dont I la partie supérieure est traversée par un fil K de platine qui descend jusqu'à une petite di- R stance de la surface du mercure. En mettant K le fil en communication avec le conducteur « d'une machine, et le mercure en contact avec «le sol, les étincelles qui passent de Textré- «mité du fil au mercure décomposent le liifuûfe. »
Enfin, pour ne rien omettre, je rappellerai \e souvenir d'une substance signalée page 22. L'eau oxygénée décomposerait- elle, moyennant certaines conditions (par exemple, sous
68 T4CHBS d'huile ET DE 6BA188I.
rinfluence électro-chimique) , une vieille tache d*huile , en s*emparant de son hydrogène f Je rignore complètement, mais rexpérience pou^ rait être tentée.
En résumé, on peut conclure de tout ce qui a été dit sur la question des taches dliuile et dégraisse qu*il est impossible d'enlever complètement les taches évidemment anciennes sans altérer plus ou moins le papier ou le noir d'impression, et qu'il n'existe que des moyens plus ou moins atténuants. On peut espérer pourtant, vu les progrès incessants de la chimie, que la question sera quelque jour résolue d'une manière plus satisfaisante.
nufcmUT W TAdB W DITKim liTUIBL
Tcxhes de cire blanche ùu jaune. — Les cires se dissolvent promptement dans Tessence de térébenthine, surtout chauffée au bain-marie, comme je l'ai dit page 55. Quand ces taches sont épaisses, on en enlève le gros au moyen d'un grattoir ou d'un papier buvard appliqué contre la cire, sur lequel on appuie une cuiller d'argent contenant un charbon allumé.
La cire jaune macule assez souvent les andeimes estampes, car nos pères s'éclairaient
avec moins de raffinement que nous. La trace qui peut en rester ne disparait pas toujours dans le chlore ou ses composés. Peut-être la benzine, substance mentionnée au précédent chapitre, entralnerait-elle la tache tout entière. Quant aux traces que peut laisser sur le papier la térébenthine impure , elles disparaissent le plus souvent dans Talcool.
Taches de stéarine, — La bougie de cire, jadis si usitée , est aujourd'hui remplacée en général par une sorte de graisse saponifiée , la stéarine , dont les taches traverseoit le papier d'outre en outre et lui communiquent une transparence cornée désagréable ; elles disparaissent dans Teau bouillante, et mieux encore dans Talcool chaud , mais le papier reste toujours assez raide à cet endroit, et le noir d*iiapression perd une partie notable de son brillant, sans que j*en sache la cause. Le gros de la tache s'enlève par le procédé indiqué à Talinéa qui précède.
Cire à cacheter , résine et vernis ré^neucD.
— Toutes les résines sèches se dissolvent danâ Talcool chauffé au bain-marie. On 6te la partie épaisse, comme je Tal dît ci-dessus. Les cires
il eacbeter colorées en rouge, bleu, etc., laisser nne ternie d*ane nature quelquefois très tenace. Ces diverses couleurs disparaîtraient peut-être, 4u moins pour la plupart, grâce aux procédé» indiqués an chapitre suivant.
Tachê^de, goudron^ de^poiœ, eic^r- Ces taches se renoontrmit rarement. Elles cèdent, en qualité de résines^ grasses, à Faction de la térébenthine chaude ou de la benzine à. froid.
S'il re^t une tracenoiràtre , elle résisterait opiniâtrement, dans le cas où elle serait du noir de fomée. Si ceUe trace était de Toxyde <de 1er, on ferait usaga de l'adde oxalique .
La ^u est, je le suppose, une substance analogue à la poix. :
Une tache provenant d'une goutte de caoutdiouc (ou de gutta percha) liquéfié par la chaleur 6*enlèver«^it par Tessence de térébenthine bien .épurée, ^ou mieux encore par Thuile essentielle que fournit la distillation du caoutchouc lui-même. La benzine, je pense, produirait un effet semblable.
Jaune' d'œuf. -*• Ce jaune est toujours mêlé à un {)eu d'albumine, matière qui s'épai«sit dans l'eau bouillante et quitte le papier en en-
traînant la matière jaune. Si le papier est lisse et de pâte bien encollée, tout glisse et disparaît sous Téponge dans un bain d'eau chaude.
Il reste, en certains cas, une trace jaunâtre dont le principe est peu connu des chimistes; bien qu*il y ait du soufre dans le jaune d'œuf, elle est d'une nature non sulfureuse. On Taffaiblit beaucoup en Timbibant au pinceau «à plusieurs reprises , de chlorure de chaux , et rimprégnant ensuite d'acide chlorhydrique très faible, qui l'entraîne en partie avec la chaux du chlorure, dont le chlore se dégage avec effervescence. La légère teinte qui peut survivre se confond , du reste, avec la teinte générale d'une estampe un peu enfumée.
Taches de boue. — Une tache de boue pnn venant d'une simple éclaboussure 8*enlève , k plus souvent, à l'aide d'une éponge humide qu'on promène sur l'estampe soit sèche, soit maintenue dans l'eau, au fond d'une bassine; quand le papier est bien encollé, il n'en conse^ ve aucun vestige. Mais il en est autrement ai la tache a été appliquée par une forte pression, par exemple si l'on avait marché sur Testampe.
Sur un papier absorbant et peu Usât, 1|
bone ne glisse pas aisément, et Téponge en écorche la surfoce. En ce cas, on étalera sur la place maculée du savon en gelée, de la colle d*amidon , ou toute autre matière gluante et mucilagineuse susceptible d^entratner la boue et de se délayer elle-même ensuite dans Teau à chaud ou à froid.
Si après cette opération quelques traces opiniâtres persistaient, il faudrait essayer successivement le chlorure de chaux, les alcalis et les acides étendus d'eau. Une tache de boue se complique de tant de matières hétérogènes qu*on ne peut agir que par tâtonnement. Celle de Paris contient un peu d'oxyde de fer (ou rouille) qui provient de Tusure continuelle des roues de mille voitures. La rouille disparaît dans Tacide oxalique chaud. (Voyez ci-après.) M. Le Normand indique la crème de tartre (bitartrate de potasse) en poudre très fine pour enlever la partie ferrugineuse de la boue.
Ttiches d'encre, — L'encre à écrire ordinaire (gallate de fer) se décompose avec assez de far cilité, car son principe constituant est une matière végétale, la noix de galle , unie à un peu d*oxyde de fer. Ce noir cède assez promp-
7 1 TACRM
toment h une application de sel d^ouille (suroxalato do potasso), qu*on arrose d'eau hùuil^ lafite ; cette dernière condition est essentielle, si rbn veut opérer avec promptitude.
Les chimistes signalent la propriété que possède Tétain d'accélérer la décomposition, et conseillent de faire bouillir la dissolution du sel d'oseille dans une cuiller d'étain , ou de mettre au revers de l'endroit taché une feuille de ce métal an moment où l'on verse l'eau bouillante. On réussit encore mieux avec une solution chaude et assex concentrée diacide oxalique pur. C'est un sel extrait de celui de l'oseille, dont il est le principe (1).
(I) L*aoidê oœaiiquB, dt naturt végéttla, parait Csible appliqué lur la langue; néanmoini, U (àut s'en méfiar.; il eit vénéDdux et peut altérer le tissu du papier (de celui surtout fabriqué aveo du coIod). Une estampe que J'avais laissée séjourner pendant quelques heures dans une solution assez oonoentrée d*aclde oxalique est de* Tenue par la suite si cassante qu'elle s'éoaUlait sous la pression du doigt. Quand on sera obligé d'employer oet aoide, on devra, Topération terminée, plonger l'estampe dans un bain légèrement alcalin, puis ensuite la laisser tremper pendant douze heures au moins dans Teau pure ', encore n'oserals-je répondre des suites.
Un liquide en vente chez quelques papetiers sous le nom ronflimt à'encrivare est tout simplement de Teau tenant en dissolvtîoB quelques centimes décide oxalique on de sel d^osrîtle. On a bien plus d*aiwtage à se procurer ces matières sèches.
Le chloré, ainsi que les chlorures alcalins, les acides cblorhydriquè, nitrique (étendus d'e»i), l^àdde citrique pur, etCw, déoomposait reacre, mais sans enlever la tache de rouille, qui survit à la teinle noire. Pour éviter une double opération , il \aut mieux recourir tout dé suite à Tadde oxalique ehand. (Voir phis loin : Taehes'dê fvmttê^'
Avis aux bibliophilea. -r- Les taches d*^cré sont assez communes sur les anciens livres.
Quand un grand nombre de feuillets en est pé* nétré, le livre doit être décousu, pour être en^ suite relié de nouveau. Si pourtant on ne voulait pas se résoudre à ce parti extrême, voici le procédé assez long à mettre en usage.
On attaque isolément chaque feuillet; on dispose au dessous une feuille d*étain ; on hu^mecte la tache d*eau imprégnée de sel d'oseil** le ou diacide oxalique ; puis (m ÎNrocède de
la même manière à Tégard des feuillets saivants. Quand Tencre a disparu , on remplace Tétain par du papier buvard. Gomme on applique la dissolution sur la tache d*encre seulement, il se forme presque toujours au delà de ses limites une zone jaunâtre , qui exige, pour s'enlever, un mouillage général de la page à Teau pure. En tout cas , ce mouillage est nécessaire pour prévenir Teffet ultérieur de Tacide. (Voyez à ce sujet Tarticle Mouittum k la fin du présent chapitre. )
Si Ton opérait sans précaution, une partie du liquide acidulé, s'infiltrant à travers le dos des cahiers , irait former des traces de couleur fauve sur d'autres feuillets voisins qu'il envahirait par Teffet de la capillarité. Le livre décousu se nettoierait assurément beaucoup nûeux; mais par malheur le plus habile relieur ne saurait le recoudre sans qu'une nouvelle rognure fût nécessaire.
S'il s'agissait non de plusieurs cahiers, mais de quelques pages isolées, on pourrait les séparer du livre , et , l'encre effacée , les reeolp 1er à leur place. Il existe, pour extraire nettement les feuilleta d'un livre, un expédient Ibrt
limple, employé quand on veut remédier à une transposition de pages peu compliquée. Le li» inre tenu ouvert , on passe , entre la base du feuillet à isoler et celle du feuillet contigu , un long fil bien sec, qu*on maintient serré le plus près possible du dos du volume ; on mouille la partie du fil qui dépasse , et, le tirant doucement, on substitue peu à peu cette portion hu* mide à celle qui ne Test pas, puis on ferme le livre.
Deux ou trois minutes après, plus ou moins, selon répaisseur et le degré d^encoUage du femlfet , le papier est humecté sur toute la ligne , et cède à une légère traction. La tache d*encre enlevée , on laisse tremper le feuillet , puis çn le met en presse, ou on le repasse au fer (voir page 18), et on le recolle à la gomme (voyez fin du chap. YII) au moyen d'un onglet ou bande étroite de papier mince , qui a pour appui la naissance du feuillet voisin . Cet onglet est même souvent inutile. Ce procédé peut être également suivi dans tous les cas où quelques pages isolées d'un livre sont tachées d'une matière quelconque.
J'ai parié de l'encre dont on fait commune-
ment usage. Hais il en est qui ont pour basé une autre substance que le gallate de fer, ou sont mélangées de matières de diverses natures. Ces encres, pour s*effacer, peuvent exiger d*autres remèdes que ceux indiqués ci-dessus. Si Tacide oxalique ne réussit pas , il faut fivoir recours successivement au chlore , à Teaû de Javelle, ou à divers acides étendus d*eau , etc. Au reste , les détails que je donnerai au chapitre Décohriage pourront mettre Tamatenr sur la voie.
Encre de Chine. — Cette encre a pour base non pas le liquide noirâtre que secrète le mollusque nommé sèche ^ comme on Ta supposé longtemps, mais bien le noir de famée délayé et agglutiné par une colle quelconque. Elle a été jugée par tous les chimistes complètement indécomposable. (Voir Tarticle suivant.) Fraîchement appliquée sur un papier très lisse et bien encollé, elle peut s*effacer avec une éponge humide; dans ce cas, elle glisse, elle est entraînée mécaniquement ; mais aucun agent ne peut la décomposer ni la dissoudre.
On doit même la regarder comme plus tenace que Tancienne encre d'imprimerie, qui, en Ge^
DE D1VEHSE8 NATURES. 79
tain^ cas « est en partie eniratnée avec la matière huileuse qui lui donne de la fixité.
J*ai fait au sujet de Tencre de Chine biep des tentatives sans résultats ; on peut tout au plus, à force de lavages, atténuer un peu la vivacité de sou noir (1). Il n*y a plus, si Ton veut absolument s*en délivrer, qu*à gratter le papier. G*6stau reste le meilleur parti k prendre quand elle macule une partie blanche ; mais^ si la tache s'étend sur les tailles de la gravure , il faut ou la laisser, ou découper et remplacer le morceau. (Voy., chap. VU , Tarticle Lacunes.)
Cette impossibilité de détruire et même d'affaiblir des taches si apparentes impose aux bibliophiles Tobligation de suivre ce double conseil : n'avoir jamais d'encre de Chine délayée à proximité de leurs livres, et ne s'en jamais
(t) Je signalerai l^eHai suivant : imbibes une tache d^encre de Chine d'une huile grasse purifiée; douze heures après , saponifiez cette huile avec de Tammosiaque ou une solution alcaline. Le noir s*est comme ramolli ; appliquez-y à plusieurs reprises du papier burard, tous finissez par déloger une quantité notable des parcelles carboneuses nichées dans les pores do cette sorte de feutre qu'on nommo papier.
traînant la matière jaune. Si le papier est lisse et de pâte bien encollée, tout glisse et disparaît sous Téponge dans un bain d'eau chaude.
Il reste, en certains cas, une trace jaunâtre dont le principe est peu connu des chimistes ; bien qu'il y ait du soufre dans le jaune d*œuf, elle est d'une nature non sulfureuse. On l'affaiblit beaucoup en l'imbibant au pinceau, à plusieurs reprises , de chlorure de chaux , et l'imprégnant ensuite d'acide chlorhydrique très faible, qui l'entraîne en partie avec la chaux du chlorure, dont le chlore se dégage avec effervescence. La légère teinte qui peut survivre se confond , du reste, avec la teinte générale d'une estampe un peu enfumée.
Taches de boue. — Une tache de boue provenant d'une simple éclaboussure s*enlève , le plus souvent, k l'aide d'une éponge humide qu'on promène sur l'estampe soit sèche, soit maintenue dans l'eau, au fond d'une bassine; quand le papier est bien encollé, il n'en conserve aucun vestige. Mais il en est autrement ai la tache a été appliquée par une forte pression, par exemple si l'on avait marché sur l'estampe.
Sur un papier absorbant et peu. lisait ^
boue ne glisse pas aisément, et Téponge en écorche la surface. En ce cas, on étalera sur la place maculée du savon en gelée, de la colle d'amidon , ou toute autre matière gluante et mucilagineuse susceptible d'entraîner la boue et de se délayer elle-même ensuite dans Teau à chaud ou à froid.
Si après cette opération quelques traces opiniâtres persistaient, il faudrait essayer successivement le chlorure de chaux, les alcalis et les acides étendus d'eau. Une tache de boue se complique de tant de matières hétérogtees qu'on ne peut agir que par tâtonnement. Celle de Paris contient un peu d'oxyde de fer (ou rouille) qui provient de l'usure continuelle des roues de mille voitures. La rouille disparaît dans l'acide oxalique chaud. (Voyez ci-après.) M. Le Normand indique la crème de tartre (bitartrate de potasse) en poudre très fine pour enlever la partie ferrugineuse de la boue.
Taches d'encre. — L'encre à écrire ordinaire (gallate de fer) se décompose avec assez de far cilité, car son principe constituant est une matière végétale, la noix de galle , unie à un peu d'oxyde de fer. Ce noir cède assez promp-
tement h une application de sel d^oseille (sur* oxalate de potasse), qu'on arrose d'eau houil^ lante ; cette dernière condition est essentielle, si rbn veut opérer avec promptitude.
Les chimistes signalent la propriété que possède Tétain d'accélérer la décomposition, et conseillent de faire bouillir la dissolution du sel d'oseille dans une cuiller d'étain , ou de mettre au revers de l'endroit taché une feuille de ce métal au moment où l'on verse l'eau bouillante. On réussit encore mieux avec une solution chaude et assez concentrée d*acide oxalique pur. C'est un sel extrait de celui de
l'oseille, dont il est le principe' (1).
(I) L*aoida oxalique^ dénature T^gétala, parait (Ubk appliqué sur la langue; néanmoins, il faut 8*en méfier.: il est vénéneux et peut altérer la tissu du papier (de celui surtout fabriqué avec du coton). Une estampe que J^avais laissée séjourner pendant quelques heures dans une solution assez concentrée d'acide oxalique est dêr venue par la suite si cassante qu'elle s'écaillait loas la pression do doigt. Quand on sera obligé d'employer cet acide, on devra, l'opération terminée, plonger restampe dans un bain légèrement alcalin, puis ensuite la laisser tremper pendant douze heures au moins dans Teau pore ', encore n'oserais-je répondre des snlléi.
Un liquide en vente chez quelques papetiers soas le nom ronflant d'eiuTiiH>r0 est tout simplement de Feau tenant en dissolvtioii quelques centimes décide oxalique ou de sel d*oseitie. On a bien plna d'ayjuUage à se prdcurer ces BuUières sèches.
Le chloré, ainsi que les chlorures alcalins, les acides chlorhydriqué, nitrique (étendus d^esu), lïdde citrique pur, etcw, décomposait Fencre, mais sans enlever la tache de nmille, qui survit à la teinte noire. Pour éviter une double opération, il vaut mieux recourir tout de suite à Tadde oxalique chaud. (Yoip ph»
loin : Taehes'de rouiUe^^ - Avis aux bibUophilea. — Les. tacûes d'eacré sont assez communes sur les anciens livres.
Quand un grand nombre de feuillets en est pé* nétré, le livre doit être décousu, pour être en^ suite relié de nouveau. Si pourtant on ne voulait pas se résoudre k ce parti extrême, voici le procédé assez long à mettre en usage.
On attaque isoléramit chaque feuillet ; on dispose au dessous une feuille d*étain:; on hu^ mecte la tache d*eau imprégnée de sel d*oseil«> le on d*acide oxalique ; puis cm inrocède de
la même manière à Tégard des feuillets suivants. Quand Tencre a disparu , on remplace Tétain par du papier buvard. Gomme on applique la dissolution sur la tache d*encre seu lement, il se forme presque toujours au delà de ses limites une zone jaunâtre, qui exige, pour s'enlever, un mouillage général de la page À Teau pure. En tout cas, ce mouillage est nécessaire pour prévenir Teffét ultérieur de Tacide. (Voyez à ce sujet Tarticle MouiUures à la fin du présent chapitre. )
Si Ton opérait sans précaution, une partie du liquide acidulé, s*infiltrant à travers to dos des cahiers , irait former des traces de couleur fkuve sur d'autres feuillets voisins qu'il envahirait par l'effet de la capillarité. Le livre décousu se nettoierait assurément beaucoup mieux; mais par malheur le plus habile relieur ne saUf rait le recoudre sans qu'une nouvelle rognure fût nécessaire.
S'il s'agissait non de plusieurs cahiers, mais de quelques pages isolées, on pourrait les séparer du livre , et , l'encre effacée , les recoller à leur place. Il existe, pour extraire nettement les feuillets d\in livre, un expédient fort
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simple, employé quand on vent remédier ft nna transposition de pages peu compliquée. Le liyre tenu ouvert , on passe , entre la base du feuillet à isoler et celle du feuillet oontigu , un long fil bien sec, qu'on maintient serré le plus près possible du dos du volume ; on mouille la partie du fil qui dépasse , et, le tirant doucement, on substitue peu à peu cette portion humide à celle qui ne Test pas, puis on ferme le livre.
Deux ou trois minutes après, plus ou moins, selon Tépaisseur et le degré d'encollage du >. iëiSUlM , le papier est humecté sur toute la ligne, et cède à une légère traction. La tache d'encre enlevée , on laisse tremper le feuillet , puis pn le met en presse, ou on le repasse au fer (voir page 18), et on le recolle à la gomme (voyez fin du chap. VU) au moyen d'un onglet ou bande étroite de papier mince , qui a pour appui la naissance du feuillet voisin. Cet onglet est même souvent inutile. Ce procédé peut être également suivi dans tous les cas où quelques pages isolées d'un livre sont tachées d'une matière quelconque.
J'ai parlé de l'encre dont on fait communé-
ment usage. Mais il en est qui ont pour basé une autre substance que le gallate de fer, ou sont mélangées de matières de diverses natures. Ces encres, pour s'effacer, peuvent exiger d*au* très remèdes que ceux indiqués ci-dessus. Si Tacide oxalique ne réussit pas , il faut fivoir recours successivement au chlore, à Teaû de Javelle, ou à divers acides étendus d'eau ^ etc. Au reste , les détails que je donnerai an chapitre Décolariage pourront mettre Tamateur sur la voie.
Encre de Chine. — Cette encre a pour base non pas le liquide noirâtre que décrète le mollusque nommé sèche ^ comme on Ta supposé longtemps, mais bien le noir de fumée délayé et agglutiné par une colle quelcon* que. Elle a été jugée par tous les chimistes complètement indécomposable. (Voir Tarticie suivant.) Fraîchement appliquée sur un papier très lisse et bien encollé, elle peut s'effacer avec une éponge humide ; dans ce cas, elle glisse , elle est entraînée mécaniquement ; mais aucun agent ne peut la décomposer ni la dissoudre.
On doit même la regarder comme plus tenace que Tancienne encre d'imprimerie, qui, en cer*
DE DIVEHSES NATURES. 79
tain/S cas V est en partie enirataée avec la matière huileuse qui lui donne de la $xité.
J*ai fait au sujet de Tencre de Chine bien des tentatives sans résultats ; on peut tout au plus, . à force de lavages, atténuer un peu la vivacité de son noir (1). Il n*y a plus, si Ton veut absolument s*en délivrer, qu'à gratter le papier. G*estaurestele meilleur parti À prendre quand elle macule une partie b^nçhe ; mais, si la tache s'étend sur les tailles de la gravure , il faut ou la laisser, ou découper et remplacer le morceau. (Voy., chap. VU, Tarticle Lacunes.)
Cette impossibilité de détruire et même d'affaiblir des taches si apparentes impose aux bibliophiles Tobligation de suivre ce double conseil : n'avoir jamais d'encre de Chine délayée à pro}dmité de leurs livres, et ne s'en jamais
(t) Je signalerai l^essai suivant : imbibez une tache d'encre de Chine d'une huile grasse purifiée; douze heures après , saponifiez cette huile avec de Tammoniaque ou une solution alcaline. Le noir s^est comme ramolli ; appliquez-y à plusieurs reprises du papier buvard, TOUS finissez par déloger une quantité notable des parcelles carboneuses nichées dans les pores de cette sorte de feutre qu'on nommo papier.
servir pour y tracer des notes. Il devront se garder aussi d*en mêler la moindre parcelle à Tencre commune, puisqu'elle laisserait une trace ineffaçable.
D'autre part, cette vertu indélébile peut être utilisée toutes les fois qu'on veut obtenir des caractères inaltérables : aussi en indiquerai-je l'usage au sujet de la réparation des traits de burin. Si l'on veut tracer un écrit dont le plus rusé faussaire ne puisse retrancher une lettre, on n'a qu'à employer l'encre de Chine liquide sur un papier peu encollé qui se laisse pénétrer à demi.
Taches de noir de fumée. — Ce noir est du carbone très divisé retenant de l'hydrogène, qui lui donne sans doute cette nature onctueuse qui le fait adhérer à la surface du papier. Bien que considéré comme une sorte de résine, il ne se dissout ni dans l'alcool ni dans la benzine, où il reste simplement en suspension. L'eau oxygénée ne peut l'oxyder, autrement dit le réduire à l'état gazeux d'acide carbonique ; il est inaccessible à l'action de toutes les substances chimiques, et n'est gazéifiable qu'au fond d'un creuset, à une température élevée.
DE DIVERSES NATURES. 8i
Quand le noir de fumée D*a pas été frotté sur le* papier de manière à s'y incruster, la mie de pain rassis ou le savon en gelée Tenlève assez facilement; mais la trace noire qu'il laissferait est, je le répète, chimiquement inattaquable.
Tache$ de crayons. (^ Plombagine ^ sanguine^ crayon noir^ ek.) — Les traces récentes que laissent sur le papier ces divers crayons s'effacent au contact du caoutchouc on de la mie de pain ; mais , quand elles sont trop anciennes, elles résistent à ces moyens; on a recours alors à l'application du savon en gelée ou de la colle de pâte. On frotte ensuite avec une éponge douce ou un blaireau, et l'on trempe dans l'eau chaude. S'il restait , après cette opération, des traces opiniâtres sur le papier, il faudrait désespérer de les enlever.
La plombagine ou mine de plomb (deux dénominations inexactes) est un composé inaltérable de fer mêlé de charbon (carbure de fer) dont une excessive température peut seule opérer la décomposition. Les autres crayons de diverses couleurs (espèces d'argile siliceuse retenant du charbon ou des oxydes métalliques)
sont également irréductibles (1), et ne peuvent s*effacer, dans certains cas, que par voie d^entraînement.
Les traces produites sur le papier par un métal simple, tel que le plomb, le cuivre, etc , se dissolvent dans la plupart des acides étendus. Quant à celles du fusin, elles cèdent presque toujours , si elles n'ont pas été fixées, à la mie de pain ou à Faction du savon.
Gomme il est des cas où les crayons peuvent laisser des traces indélébiles, on doit éviter d'appuyer trop fortement quand on charge de notes les marges d'un livre rare à Taide de ceux signalés comme indécomposables.
On a indiqué le saindoux pour effacer les
(1) Je ne parle pas ici des pastels, à base calcaire, qui se décomposent dans les acides faibles. Les crayoni argileux qui adhèrent simplement au papier finissent avec le temps par se combiner en quelque sorte avec sa surface ; aussi les traces de la sanguine , au bout d*an certain nombre d années, sont-elles inentrainahles. La triple combinaison de Tair, de Iliumidité et de la la* mière, estunvéntable agent chimique, lent, mais plein de puissance. C^est peut-être à cet agent qa*est dae la tsnaelté du ciment romain.
traces anciennesr de crayons ; après un séjour de quelques heures, on enlèverait cette graisse en la saponifiant par la potasse. La graisse» en ce QEts , se mêle à la plombagine , mais ne la dissout pas. Essayer dans les cas désespérés.
Encre à marquer» — Ce liquide noirâtre , qui est un azotate (nitrate) d'argent dissout dans Teau, est très solide en ce sens que la potasse m la chaux des lessives ne fait que iui donner de la vigueur. Cependant, sur le papier, il cède k Taction de Teau de Javelle ou du chlorure de chaux appliqué au pinceau (i). Du reste, ilest rare que Tazotate d'argent souille une estampe, sinon dans Tatelier d'un photographe.
Une tache de cette nature s'effacerait mûîns facilement sur du parchemin, qui est uiie matière animale. .
Selon M. Thénard.la tache produite sur la main par le nitrate d'argent ne disparaîtrait que par le renouvellement de Tépiderme.
D'autre part, j'ai lu, dans je ne sais plus quel
(1) Il faut éviter de se servir d*uDe époDge avec le chlore et les chlorures : elle serait bientôt réduite en une sorte de bouillie.
S4 TACIIKS
traitô de chimie , qu'elle céderait au cyanure de potassium. Go réactif produirait probablement sur le parchemin le môme effet que sur la peau humaine ; reste & savoir si son emploi est sans danger.
Taehes de thé^ tabac, régUsne^ etc .—Parmi ces taches de nature végétale, les unes disparaisent dans Teau chaude, les autres exigent Tapplication du chlorure de chaux. Il en est qui sont plus rebelles : telle est celle provenant du
chocolat, qui contient une huile particulière. M. L. Séb. Le Normand remarque que Tinfusion de café torréfié laisse sur le linge une tache composée ; il conseille pour Tenlever la Vapeur sulfureuse.
Taohea de /ruiM.-— M. Thénard avance , dans son Coura de chimie, à Tarticle Aoidê sulfarmsù (ne pas confondre avec celui dit sulfuriqwf)^ que cet acide enlève, spécialement sur le linge, toutes les taches de firuits. Son action est sans doute la même sur le papier. Je crois, au reste, qu*on doit obtenir du chlore le môme effet, et qu'en certains cas Teau chaude est même suffisante. On signale aussi Tefilcacité de la cr6ma de tartre.
M. Le Normand, dans sou Manuel de l'art du dégraisseur y assure que les taches de vin , de mûres, de cassis et de liqueurs, cèdent à une fumigation de gaz acide sulfureux. Le même (ou un autre chimiste) avance que les manuscrits à Tencre ordinaire, encre que le chlore détruirait, peuvent se blanchir par le soufrage, avec la précaution d^éloigner le papier de la flamme sulfureuse.
Taches de sang. — Le sang, ce composé de tant d^éléments divers, disparaît assez vite, par entraînement, sur le linge; mais le papier, ne pouvant se tordre , offre plus de difficultés. La tache est décolorée par le chlorure de chaux ; mais il faut que ce chlorure agisse au moins pendant vingt minutes. Le plus simple est de rappliquer en pâte sur la tache. Il reste ensuite une trace d'un jaune pâle , qui cède à un faible acide.
La couleur rouge dujsang passe pour contenir de Toxyde de fer ; néanmoins je n*ai pu rien obtenir de remploi direct de l'acide oxalique, qui décompose cet oxyde.
Fientes de mouches, d'oiseaux^ etc. — Les taches occasionnées par les mouches sont très
communes, principalement sur les estampes qui ont été longtemps étalées à nu sur uni muraille. Les unes glissent sous Tongle oa s*effacent dans Tcau, au simple frottement d^une éponge ; mais d'autres pénètrent le papier dans toute son épaisseur, et sont très difficiles à en* lever. Cette différence provient de l'espèce di mouches , et sans doute aussi de la nature de leurs aliments. Elles disparaissent en général dans un bain de chlorure de chaux assez concentré ; il vaudrait mieux peut-être les laissefi quand elles nuisent peu & Teffet de la gravure^ L'eau acidulée n'a sur e les aucune influence; peut-être la solution de potasse en détruirait* elle le principe gras , qui s'oppose à leur dis» parition ; mais le remède serait trop dangereux pour le noir de l'estampe.
Les taches que les punaises déposent sur le papier doivent différer de celles produites par les mouches, puisque ces insectes s'alimentent surtout de sang. Je n'ai fait aucune expérience & ce sujet; on essayera des remèdes indiqués ci-dessus.
Quant & la fiente des oiseaux , qui souille quelquefois les estampes exposées en plein
air, elle a pour base Tacide urique; onTécroAte d*aboTd et on enlève la trace jaunâtre par le chlorure de chaux faible.
MatièrtB féeales et s. — Les souillures provenant de cette soi e peuvent se rencontrer sar une estampe, ne ff jue dans une tache de boue. Je n*aifait aucun essai sur les matières fécales, fort compliquées dans leur composition; on essayera d*abord Teau de savon. Si ce système par entraînement ne réussit pas , on em«^ ploiera successivement le chlorure, les alcalis, puis les acides oxalique ou chlorhydriquOi ayant sein de foire retremper Testampe pendant au moins une heure entre chaque opération. Les taches anciennes d^urine se décomposent, selon M. Le Normand, par l*acide oxa« lique.
Taches de colle de pâte. — Ces taches , quand elles sont très récentes, disparaissent sous une éponge humide. Quand elles sont sèches, on a recours à Teau bouillante, qui dissout de môme et suMe-champ toutes les colles gélatineuses.
Taches de rousseur isolées. — Ces taches se rencontrent surtout sur les estampes qui ont été longtemps sous cadre ; elles sont dues à la
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saleté ou à rhumiditédu carton, souventausii à la nature du papier (1). Le chlore les enlève au bout d'un certain temps; mais quelquefois elles laissent une trace qui provient, je crois, d'une décomposition partielle du papier , ou bien elles s'effacent momentanément et reparais* sent plus tard.
Taches de rouiUe. — Voy. cinlessus (page S8) ce que j'en dis au sujet des taches d'encre. J'ajouterai ici ce passage extrait du Manuel du blanchiment, par M. de FontenellOi tome II| p. 139:
i( La rouille qu'on remarque sur le linge ou <( sur le papier est due à un tritoxyde de fer « sous-carbonaté qui , pour se dissoudre dans <c la plupart des acides , doit passer à un de- « gré d'oxydation moindre ; on y parvient en « mouillant les taches avec un hydrosulfure c( alcalin ; on éponge ensuite la partie, et Ton y « met, au moyen d'une pipette ou d'une pincée « de coton , quelques gouttes d'acide oxalique
(1) Quelques-unes doivent avoir pour origine de la rouille provenant de parcelles de fer oxydé que oontient leur papier ou le carton du cadre.
<r OU de 'sel d*oseille en poudre. On peut emtt ployer aussi & cet usage Tacide hydrocfalo- « rique ou Tacide nitrique affaiblis ; le premier « est cependant préférable. »
Taches de moisissure. — On voit quelquefois le noir des estampes encadrées se couvrir de petits points blanchâtres formés par Thumidite (1); ils cèdent au frottement de la mie de pain. Mais ces larges taches qu'a produites une longue action de Tair humide, et dont la couleur est d'un jaune fauve ou violacé, parsemé de points noirs, étant une véritable pou^riture, ne peuvent guère que pâlir dans le chlore ; et , comme le papier très altéré n*a plus de consistance en cet endroit, il est nécessaire de le renforcer au verso.
M. de Fontenelle, dans son ouvrage cité ci-dessus (tome II, p. 137), désigne Tacide tartrique comme remède aux avaries du papier. Or, il comprend parmi ces avaries les taches de moisissure. À mon avis, Tacide tar-
(1) Un marchand d'estampes m*a assuré qub la nature de certaines vitres n'était pas étrangère à la formation def taches blanchâtres en question.
90 UGBBS
trique ou tout autre , appliqué à une moisis* sure avancée qui a désorganisé le tissu du papier, doit produire, pour employer une expression populaire , « Teffet d'un cautère sur une jambe de bois ».
Tackes jaunâtres de divereee natures. ^^ U existe quelquefois sur le papier, certaines ta-» ches jaunâtres, dont le principe est inconnu et qu'on ne sait comment attaquer. Gomme il est impossible d'en saisir la nature , il faut tâtonner ; on commencera ses essais par les liquides les plus innocents, et Ton remouillera Tes-* tampe pour en annuler Taction, avant de procéder à de nouvelles tentatives. ( Voyez, au chapitre Décoloriage, Tarticle Coukurejau^ nés.)
Taches fauves et noirâtres provenant de brûlures. — On conçoit que celles-ci sont i^réparables , puisque le papier est décomposé et presque charbonné ; il faut les conserver telles quelles, les soutenir par une pièce appliquée au verso , ou remplacer toute la partie brûlée. (Voir chapitre VII, article Lacunes.)
Je vais citer à tout hasard ce paragraphe de M. de Fontenelle (t. II, p. 181): « Composi-
M tion pour réparer le linge roussi par un « coBuneacement de brûlure.— On fait bouil^ « lir dans une pinte de râiaigre, avec quatre « onces de terre à foulon, deux onces de « fiente de poule, une once de savon en pain « et le jus de quatre oignons, jusqu'à ce que « le tout ait acquis quelque consistance. On « verse de cette composition sur toutes les « parties endommagées; et, si elles ne sont « pas lotil à fait brûlées, après Tavoir laissée « sécher dessus et Favoir bien lavée une ou « deux fois, elles paraissent aussi blanches « et en aussi jbon état que le reste du linge. » Voilà un remède bien compliqué dont je ne voudrais pas répondre sur ma tète.
Encrassement des estampes. — Un livre ou un recueil de gravures souvent feuilleté finit par se couvrir d une crasse plus ou moins épaisse. Quelques in-folios de notre cabinet des estampes offrent en ce genre de curieux échantillons, surtout sur les marges. Si la gomme élastique ou la mie de pain n'agissent pas, on mouille chaque estampe (ou chaque feuillet); on la recouvre, aux endroits encrassés, d'une couche de savon blanc en gelée, et
Bl TACHRI
on la UlMe an oat état pendant qualquea hea» raa. Il est rare qu*en la frottant eniulto avee un blaireau très doux ou une éponge trempée dam Teau chaude , toute la craive ne lolt pai entraînée, surtout quand le papier est llsiê et sans écorehures.
8i le savon on gelée est impuissant , on la remplacera par du savon noir; mais on le laisjera séjourner peu de temps sur le noir d*impression. On peut enfin recourir au chlorure de chaux (appliqué on bouillie) ou aux solutions alcalines affaiblies. Kn tout cas, aprâs ces tentatives, on trompera Testampe (ou le feuillet) dans Teau acidulée, puis on la laissera quelques heures dans un bain d*oau pure.
TaaliM noiren oarbonêuaûs (provenant de Fencre d'impression). — Souvent les caractères d*un livre, relié avant le séchage complet du noir d'impression, se déchargent, pendant Topération du battage ou de la mise en pressa, sur les pages opposées ou sur les estampes intercalées dans le volume. Ces contre éprouvas bavochées, qu'on nomme, je crois, maculage, offrent une légère couche de noir de fiimée.
qndqiiefois adhérente à peine à la surface dtf feuillet. En ce cas, elle cède à la mie de pain* ou au savon en gelée. Si elle n'est pas entrai^ née par Tun de ces deux moyens , il n*y a aucun espoir de remède, puisque, ainsi que nous Tavons vu plus haut, le noir de fumée ne peul se décomposer qu'à Taide d*un feu très ardent.^
Mouillures, — On appelle ainsi des taches^ d'une teinte jaunâtre plus foncée vers les bords, formées sur du papier par le séjour de Teau ordinaire. Les livres des bouquinistes en plein lir offrent de superbes échantillons de mouUlares dues à Tinfiltration de la pluie à traveiv les tranches du livre.
Quand une goutte d eau tombe à plat sur une estampe, elle conserve une forme plus ou moins sphérique. Or, cette eau dissout une certaine quantité du jaune qui enfume Testampe , ei la noiatière colorante, entraînée par la pente qui résulte de cette forme bombée, s'accumule sur les bords de manière à produire des taches annulaires. Au lieu d une goutte, supposons une flaque d'eau de forme inégale; la tache ressemblera à une portion de carte géographique.
Tontes ces taches , quand il n'y a point de
Qioisissnres, sont fort innocentes; un bain de quelques heures dans Teau pure suffit pour les effacer. Si la disparition tarde trop à s'efTeetuer, on ajoute lin peu de chlorure de chaux.
On peut enlever les mouillures sur les livres en posant à plusieurs reprises un linge humide de chaque côté du feuillet taché , et isolant cet appareil au moyen de feuilles d*étain. L'effet produit, on retire le tout et on ferme le livre après avoir placé le feuillet , pour le sécher, entre deux, papiers buvards. Quand le livre est à demi envahi par les mouUlures, il faut se dé* cider à le découdre et à le laisser tremper une nuit dans Teau ; puis on fait sécher chaque feuillet à califourchon sur une corde tendue , et on donne au relieur.
J'ai sans doute oublié de décrire plus d*une tache qui s'offrira à Tamateur en certaines circonstances. En raisonnant par analogie, iltrouvera tout aussi bien que moi des remèdes ou des palliatifs. S'il croit la tache de nature végétale ou animale, il appliquera le chlore et Tacide sulfureux; métallique, l'acide chlortiy^ drique (ou autre ) étendu d*eau ; huileuse on
graisseuse, Tessence de térébenthiDe , Féther, ]es solutions alcalines, la benzine, etc. Ânsoiv plus, lechapitre suivant n'est, pour ainsi dire, que la continuation de celui-d : ne sont-ce pas en effet de véritables taches qne ce hideux loris dont une main malavisée a barboaiUé estampe quelquefois de grand prix?
DÉCOLORIAGE DK8 KSTAIPBt.
Considérations préliminaires. — S'il est des estampes que le coloriage, le coloriage grossier surtout, déprécie, il en est d'autres auxquelles il communique au contraire un surcroît d'intérêt : je citerai les cartes à jouer, les planches d'histoire naturelle , les anciennes gravures de mode, etc. En ce cas, la couleur doit être ooo- 8er\'éc & titre de complément nécessaire.
Dans les livres d'heures imprimés au commencement du XVP siècle , on voit des sujets sur bois miniatures , qu'on prendrait au pre»
DËCOLOBUGE DES ESTAMPES. 97
mier coup d*œil pour des gouaches. Ce genre de coloris est un type , et ce serait maladresse de le supprimer à grand'peine.
Choisissons un autre exemple. Les costumes gravés par Bonnard sont quelquefois coaverts de couleurs contemporaines, assez criardes , il est vrai , mais néanmoins dignes d'être respectées, puisqu'elles ajoutent aux diverses parties de Thabillement des délails que le burin serait impuissant à rendre. Ce serait folie de passer son temps à décolorier ces estampes, d'autant plus que certains noirs résisteraient à tous les efforts , et que, d'ailleurs , ces costumes ne peuvent être considérés comme estampes d'art.
Mais il est d'autres pièces auxquelles le coloriage ôterait toute leur valeur : telles se< raient des nudités , dues au burin de Maro- Antoine, qu'un enfant aurait barbouillées de carmin. Quel prix aurait un paysage à l'eau forte de Claude le Lorrain si le ciel était souillé d^une couche de bleu de Prusse, si les arbres chargés d'un vert uniforme offraient une tartine d*épinards ? En ce cas, tenter le décoloriage , c*est courir la chance de rendre à cette estampe,
us DÉCOLOniAGB
surtout si répreuve est de premier état, uni valeur, pour ainsi dire, inappréciable.
Jo vais traiter de mon mieux cette matièn difficile. D abord, je dirai qu'il serait inutile de s^adresscr à certaines estampes contemporaines de Louis XVI , et coloriées par imprM- «ton; leurs couleurs, étant délayées à Thuile de lin cuite, à la manière du noir des graveurs, ne pourraient disparaître. Avec un peu d*a^ tcntion, on en reconnaît facilement la nature
11 peut se rencontrer par hasard une vieilli estampe qu'on se serait avisé de colorier I Taido d'un procédé qui avait la prétention , i y a vingt-cinq ans environ, de faire des ta* bleaux h Thuile avec des lithographies couver tes de couleurs grasses et d'un vernis. Je n m'occupe qu'en passant de cette espèce de van dalisme, dans le cas où il aurait pris pour vie time une pièce rare (1).
(1) J'ai vu, en 1855, chez un brio-à-brao de Bttigno lei , une curieuie estampe accomniodée à cette uui peu artistique. C*était une remarquable épreuve de l proceiiion de la Ligue, en deux fcuillei et demie^ gn vée par Léonard Gaultier. Le fond du colorli paraim
DES BSTAlrPBS. 99
Gomme il n'est qaestion en ce chapitre qne do coloris à la gomme , je me bornerai à dire qu'en cette droonstance on pourrait essayer d'eiii6?er d'abord le yenris avec Talcool chadd , eBsmle de détacher ces couleurs , broyées à llraile de lin , par une faible dissolution alca- Ime. La matière grasse, en se saponifiant, eitratnerai^eile les couleurs? Je llgnore. Peutêtre les couleurs mises à nu et isolées de llmile céderaient*elles aux agents chimiques
i qne je vais appliquer à Taquarelle.
J Cette observation, du reste, concerne en général toute matière grasse unie à une substance colorante: tel est le cam6oii{9,' vieux oing noirâtre, qui contient de Toxyde de fer.
« Noël Ghomel, dans son Dictionnaire économie quê, t. II , prétend ôter les taches de cambouis « avec du beurre , qui s'enlève ensuite au « moyen d'une touiller contenant du feu ».
Je doute que les iconophiles aient la velléité d'essayer du remède.
contemporain. L*estampe avait été tendue sur un cbàssii, pais recouverte d*un vernis qui en avait rendu le pa« pier sec et cassant sons la pression du doigt.
100 DÉG0L0HU6B
Parlons maintenant du coloriage à Teaa, et prenons pour exemple une vue d*optîque chargée de toutes sortes de couleurs. Si le papier était lisse comme du vélin et d'une pâte bien encollée, Topération serait facile , à oa point que j'ai vu sur un tel papier toutes les couleurs glisser sous Téponge après une heure d'immersion dans Peau, sans laisser aucune trace (1). Mais souvent le coloris, appliqué sur un papier plus ou moins absorbant, s^eal comme incorporé à sa surface; alors le système par entraînement ne réussit plus ; il fout recourir à la décomposition chimique. Du reste, comme je tenais à étudier les cas les plus complexes, toutes mes expériences au sujet du décoloriage ont été pratiquées sur des gravures dont le papier absorbait Feau au dei^ nier degré ; de sorte que le succès était, en raison de la circonstance , le plus difficile possible.
Il n'est pas toujours aisé de reconnaître du premier coup la nature de la matière colo-
(1 ) Ce fait a lieu, je crois, surtout quand les couleurs appliquées contiennent beaucoup de gomme.
DBS ESTAMPBS. iOl
note; vn artiste peintre a sar ce pomt beaucoup plus d'habileté qu'un amateur. Quant à la date du coloris, elle ne peut se constater à la simple vue. Tai rencontré des couleurs andennes ineffaçables, du violet notamment.
Ëtaient-ce des couleurs d'une composition inconnue, ou le temps les avaitril fixées , incorporées au papier? Pour moi, je pense que les couleurs décomposables , qu'elles soient appliquées récemment ou depuis deux siècles, cèdent avec une égale facilité aux mêmes agents ; néanmoins il peut y avoir à cet égard des exceptions.
Je dois avertir d'abord que la moitié au moins des couleurs usuelles ne s'enlèvent pas sans risque d'altérer légèrement soit le noir d'impression, soit la surface du papier; du reste j'aurai soin, quand il existera plusieurs moyens d'effacer une couleur, d'indiquer le moins nuisible, le moins dispendieux et le plus rapide.
1** Des Couleurs bla?(ghbs. — Ces couleurs se rencontrent rarement à l'état simple sur les estampes coloriées. Appliquées sur les tailles du burin , elles y produisent presque
oioisissnres , sont fort innocentes; un bain de quelques heures dans Toau pure suffit pour les effacer. Si la disparition tarde trop à s*effectuer, on ajoute Un peu de chlorure de chaux.
On peut enlever les mouillures sur les livres en posant à plusieurs reprises un linge humide de chaque côté du feuillet taché , et isolant cet appareil au moyen de feuilles d'étain. L'effet produit, on retire le tout et on ferme le livre après avoir placé le feuillet , pour le sécher, entre deux papiers buvards. Quand le livre est k demi envahi par les mouillures, il faut se décider à le découdre et à le laisser tremper une nuit dans Teau ; puis on fait sécher chaque feuillet à califourchon sur une corde tendue, et on donne au relieur.
J'ai sans doute oublié de décrire plus d'une tache qui s'offrira à l'amateur en certaines circonstances. En raisonnant par analogie, il trou* vera tout aussi bien que moi des remèdes ou des palliatifs. S'il croit la tache de nature végétale ou animale, il appliquera le chlore et l'acide sulfureux; métallique, l'acide chlorby^ drique (ou autre ) étendu d'eau ; huileuse oii
graisseuse, Tessence de térébenthine, Téther, les solutions alcalines, la benzine, etc. Au sur» plus, lechapitre suivant n'est, pour ainsi dire, que la continuation de celui-ci : ne sont-ce pas en effet de véritables taches que ce hideux coloris dont une main malavisée a barbouillé une estampe quelquefois de grand prix ?
DÉCOLORUGI DIS E8T1IPBS.
Considérations préliminaires. — S'il est des estampes que le coloriage, le coloriage grossier surtout, déprécie, il en est d'autres auxquelles il communique au contraire un surcroît d'intérêt : je citerai les cartes à jouer, les planches d'histoire naturelle, les anciennes gravures de mode, etc. En ce cas, la couleur doit être coq* servée à titre de complément nécessaire.
Dans les livres d'heures imprimés au commencement du XYP siècle , on voit des sujets sur bois miniatures , qu'on prendrait au pre-
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mier coop d*œil pour des gouaches. Ce genre de coloris est un type ^ et ce serait maladresse de le supprimer à grand*peine.
Choisissons un autre exemple. Les costumes gravés par Bonnard sont quelquefois couverts de couleurs contemporaines, assez criardes , il est vrai , mais néanmoins dignes d^étre respectées, puisqu'elles ajoutent aux diverses parties de Thabillement des détails que le burin serait impuissant à rendre. Ce serait folie de passer son temps à décolorier ces estampes, d*atttattt plus que certains noirs résisteraient à tous les efforts, et que, d'ailleurs, ces costumes ne peuvent être considérés comme estampes d'art.
Mais il est d'autres pièces auxquelles le ocdoriage ôterait toute leur valeur : telles seraient des nudités, dues au burin de Marc- Antoine, qu'un enfant aurait barbouillées de carmin. Quel prix aurait un paysage à l'eau forte de Claude le Lorrain si le ciel était souillé d'une couche de bleu de Prusse, si les arbres chargés d'un vert uniforme offraient une tartine d^épinards ? En ce cas, tenter le décoloriage , c*est courir la chance de rendre à cette estampe.
U8 DUCOLOniAOK
«urtout «i Tf^preuvo ont do premier 6iat, une valour, pour airmi dirn, iimpprâciiiblo.
Jo vuIh truitor de mon mimx cetto matière difllcilo. D'uhord, jn dirai <|iril «orait inutile de H*adrnH8(ir h corUiinoH nAtumpcm contaroporainen <lo Loiûh XVI , ot cotoriéoK par tmpfM-' êtm; InurH couloiirN, ('^tant délaydfî» a l*huile de lin cuitn, a la nuini(!rn du noir doa graveun, ne pourraient diMparattro. Avec un pou d'al*tention, on on roconnutt facilomont la nature.
11 p^ut Kl) roncontror par hanard uno vieille oKtampo qu*on ko Mirait aviné do colorier fc Taido d*un pro(!(^d<^ <{ui avait la prétention, il y a vingt-cinq iinn environ , de faire des tablouux a lliuilo uvoc do» Itthographiea couver^ te» de coulourn graMMoM et d*un verni». Je ne m*occupo qu*on paH»itnt do catto o»p^co de vandalinmo, dan» le ca» oA il aurait prie pour vie* tinio uno piAcoraro(l).
(1) J*»l vu, en 185a, chtx un brio-à-br»o da D«tifiiol« loi , une ouriouno l'iitnmpo accummod^o à oelte lâtiee pou »rtUUquo. (IVlall uno romnrquiiblo éprouva de la prucoMion do U l^iftuo, un doux fouilloii ol doroie, gni- ▼éa par LéonArd (iaulUir. La fond du oolorli paraliaaii
DES ESTAir^ES. 99
Gomme il n*est qaes ion en ce chapitre qne do coloris à la gomme, je me bornerai à dire qn'en cette drconstance on pourrait essayer d'mtever d'abord le yenris avec Talcool chatid , ensuite de détacher ces couleurs , brojrées à llniile de lin , par une faible dissolution alca- Usa. Lt matière gras , en se saponifiant , estratnerait-elle les couleurs? Je llgnore. Peuièlf« les couleurs mises à nu et isolées de llraile eéderaient^elles aux agents chimiques que je vais appliquer à Taquarelle.
Cette observation, du reste, concerne en général toute matière grasse unie à une stib* sttnee colorante: tel est le cam6otil9/ vieux oti^ noirâtre, qui contient de Toxyde de fer. Noël Chomel, dans son Diciiùnnaire économiquêt t. II , prétend ôter les taches de cambouis « avec du beurre , qui s*enlève ensuite au « moyen d'une cuiller contenant du feu »• Je doute que les iconophiles aient la velléité d'essayer du remède.
eontêmporaio. L*estainpe arait été tendue sur un cbâf fis, poif recouTerte d*an vernis qni en avait rendu le pa* pier sec et caestot sooi la preesion du doigt.
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Parlons maintenant du coloriage à Teaa, et prenons pour exemple une vue d*optiqu6 chargée de toutes sortes de couleurs. Si le papier était lisse comme du vélin et d'une pftta bien encollée, Topération serait facile, à ce point que j'ai vu sur un tel papier toutes les couleurs glisser sous Téponge après une heure d'immersion dans Teau, sans laisser aucune trace (1). Mais souvent le coloris, appliqué sur un papier plus ou moins absorbant, s'en comme incorporé à sa surface; alors le système par entraînement ne réussit plus ; il faut recourir à la décomposition chimique. Du reste, comme je tenais à étudier les cas les plus complexes, toutes mes expériences au sujet du décoloriage ont été pratiquées sur des gravures dont le papier absorbait l'eau au dernier degré ; de sorte que le succès était, en raison de la circonstance, le plus difficile possible.
Il n'est pas toujours aisé de reconnaître da premier coup la nature de la matière colo-
(1 ) Ce fait a lieu, je crois, surtout quand les oouleiin appliquées contiennent beaucoup de gODine.
DBS ESTAMPES. iOl
rante ; un artiste peintre a sur ce point beaucoup plus d'habileté qu*un amateur. Quant à la date du coloris, elle ne peut se constater à la aimple vue. J'ai rencontré des couleurs anciennes ineffaçables, du violet notamment.
Ëtaient-ce des couleurs d'une composition incminue, ou le temps les avaitril fixées , incorporées au papier? Pour moi, je pense que les couleurs décomposables , qu'elles soient appliquées récemment ou depuis deux siècles, cèdent avec une égale facilité aux mêmes agents ; néanmoins il peut y avoir à cet égard des exceptions.
Je dois avertir d'abord que la moitié au moins des couleurs usuelles ne s'enlèvent pas sans risque d'altérer légèrement soit le noir d'impression, soit la surface du papier; du reste j'aurai soin, quand il existera plusieurs moyens d'effacer une couleur, d'indiquer le moins nuisible, le moins dispendieux et le plus rapide.
1** Des Couleurs bla?(ghbs. — Ces couleurs se rencontrent rarement à l'état simple sur les estampes coloriées. Appliquées sur les tailles du burin , elles y produisent presque