S70 LISTE
naissais pas cet ouvrage À Tépoquo (1846) où j bliai la première ôdilion de mon livre. Le premL lumc (dont je n'ai vu que la table) contientdesob lions sur les chlorures et Tcau do Javelle, sur le cliimcnl des estampes, sur les dessins tachés, si différcnls bleus, clc. Lo tome il, que j'ai lu , ren quelques passages concernant la restauration d pier avarié, renlèvement des taches d*cncre, de r et de graisse.
1844.^ — Annexe au mémoire sur leipapien < relé préêentéê à M, Lacave-Laplagne, miniitret nanceê^ par Louis Tissier, etc. Parii, chez Tai gr. in -8. — Je possède cette brochure, mais t Mémoire dont elle est lo complément. On y troui détails sur les encres typographiques.
1855. — C/i/mi0 des couleun pour la peinture t et à l'huile^ etc., par M. J. Lefort. Paris^ Victoi son, in-12. Cet ouvrage, que j'ai acquis, indi< composition chimique de la plupart des couU la gomme, et quelquefois, mais assez raremei moyens de les décomposer. J*y ai puisé des rens ments pour mon chapitre sur le décoloriage.
Je mentionnerai ici le titre d*un ouvrage que point vu, et qui a paru chez Roretil y a, je déjà longtemps : Manuel du coloriitê^ contenant lange et l'emploi des couleun , ainsi qui lêê dil travaux de l'einluminure ^ par MM. Perrot, Bla cl Thillayc.
On consultera encore les ouvrages luivanti J*ignore les dates de publication : — Elémentê i
d'outrages a consulter. 917
ift temlure^ avec une Des ion de Fart da blan- Iment par Tacide murialiqi oiygéné, par Berthollet. édilioD. — Journal de pharmacie. — AnnaltM de chi-
e. — Manuel du fabricant de papierêj faisant partie la coUedion Roret.
Do artiste peintre ma signalé un ouvrage italien inlié : Hotiiie itoriche degli inlagliaiori , par Granlelli , comme contenant, an tome 111, p. 331 et suilies, des procédés pour le nettoyage des estampes, ne sais à quelle époque il a paru.
le citerai, au sujet de la reliure des livres, les neuf rrages suivants :
1818. — Art du relieur^ par N. Dudin. Nouvelle édi- B, publiée par J. E. Bertrand. Paris^ Moronval, in4. 182i. — Notice iurla lithographie ^ 2r édition, sui- \ d'un Essai sur la reliure et le blanchiment des liwes fnsvures, par F. Mairet, relieur et imprimeur lithoipbe à Cbâiillon-sur-Seine; petit in-8. — Je possède lifre assez rare. Ce qull nous apprend sur Tenlènenl des taches et sur la reliure est d jine médiocre [lortance, mais il contient quelques alinéas curieux ssjet du report sur pierre des andennes estampes. 897. — La Ueliurcy poème en six chants, par îpè. PariSy gr. in- 8.
887. — Epitre à Simier pire sur Vexposition ds 3, par le môme. Paris^ gr. in-8.
834. — Lettre d'un relieur français aux principaux rimeurSf libraires, relieurs et bibliophiles de l'Eu-
f, par le même. Paris, in -8.
178 I.IATK U^OIIVIIAGRR A CONSULTKII.
1M3i. -- Mémoirt préêmiê au jury tVMpoBiUi |H3i aur hê oarlonnaytê tonêwmtûuvi , par U^ ii /*aWfl,liiH.
Ifili. -- hlBêtii hiêioriqut fl archéoloifitiuê » r^iiur» th» livrp»^ tla, yur (iribrirl PDt|j;not. / ln*N, nvon plniinhoH.
IHttA. — Conëitlératum» gémtrahM iiir la rifliu\ livrée, — Kxtmltilti Happorl du M. II. UMw i ftxvi* duMO (Ion pnidiilU iln rKx|)ONlli(m utilvonio 1NKH. -- i\vn obnorvnUotiN fiur In ndlura ont M priiiiAnii (liutN Im Vartéi^H ilu Jouriml /.«^'oMrr^nr Uhrntriti, du njmivlnr |Nfi7. l/nrlhdd opitliil/^r ri iiNNr/. d<'«volnpp6. Dnim lUi iiutn^ro do dntci | riniirn du tn^uui Journid cul un nulrn iirlldo lirA il inn liajiport, ronrcirtinnl In ndlunt don m|{liilroii.
Oti trouva dnnii In collfinllon Horrt un Jtfani ri^Hntr r^digis pur M. Si^liuNtlon l«n Ncinnnnd et Jo 110 l'nl puN cciuNulK^, innU J'y rmivoid Inn ninAt<
J*nl ItiMirlt iiur ikhio llNtn, tiAnoMinlnimont irtm I plAtu, louN Um litroN cpio tirn ofTnrlN In hniinrd. tl fnllu, pour In diudilor, coimnAror <i dim n«cliftnili toiiipN(pio rMiinirntirnuiraN irnvnux, nux(|uoU fiulN vou6 hI «xohmlvouiiiut (piuJnmnUi n'anl prol Jo no publlorul dn uouvollo édition du pr6iio»( llr
DBS DIVERS STSTinS DE REPRODUCTIOI DES VIEILLES ESTAMPES.
Autrefois, pour reproduire une estampe, on avait recours à un moyen fort simple, mais peu expéditif. On prenait le calque des contours et de chaque taille; on décalquait ce dessin, par une méthode quelconque, sur une plaque de cuivre ; puis on en burinait tous les traits, imitant le mieux possible le stylo de la gravure originale. Goltzius et Antoine Wierix ont si exactement regravé de cette manière certaines eaux-fortes d'Albert Durer que les iconophiles exercés ont besoin de toute leur sagacité pour distinguer les copies des originaux.
180 DIVERS ftYBTÈMKS UK RRVliODUCTlON
Plus d*uno oHtampo a ét6 reproduite ua XVir Hiôclc, on plus petit que l'original, au moyen d*un cahiue dû au compas de mathi" matique^ iiiHtrumcut qui, simpliflô dans m forme, ho nomme aujourd'hui pantographe {i).
J*ignore si , (i la môme époque , on eut l'idée d'opérer cette réduction en calquant Timage de Testumpe rérractén dans une chambre noire, appareil déjfi connu et usité.
De nos jours on a multiplié par le simple cahiue un asso/ grand nombre d'anciennes estampes. Pour citer un exemple, M. Méryou, artisto de talent en même temps qu*imitatcur habile des divers styles de gravure « nous a laissé doH copies tr^s satisfaisantes do pièces de Zeeman, do Silvestro etd'AndrouAt Ducerceau; mais il était réservé fi notre siècle, fertile e» inventions de tout genre, do chercher et de
(I ] On polit roproduiru leN mudèleiea pluR grand avec le in^^iue inHlrumont employé en lena Invena, c*e«t-àdire en llxnnt la polnle II cahiuer àU place daitinéetu crayon, ci vice vitria. I.eHCûpiei agrandies de ccrUinei vuoH, qu'on] trouve dan» la Topographia CalUœ de Zciler, ont peut-être été obtenue» par ca procédé, uiei dlffloile du reite à mettre en praUqua.
BKS VIEILLES ESTAMPES. S81
trouver des moyens plus prompts et plus précis pour produire de véritables fac-similé « des copies à peu près identiques aux originaux.
Je vais résumer en quelques pages tous les systèmes mis en pratique.
Report sur pierre d*anciennes estampes.
— Les premières tentatives de reproduction des estampes par le noir même de Toriginal remontent à Tépoque des premiers essais lithographiques. En janvier 1818 parut une Notice sur la lithographie par F. Mairet« relieur et imprimeur-lithographe à Gh&tillon-sur-Seine.
La seconde édition (augmentée d'un JS^ai sur la reliure) est de 1824. J'en vais extraire l'exposition du procédé qui nous occupe. M. Mairet explique, page 89, « l'impression par traus- « position sur pierre » , système basé sur la difficulté de sécher vite de l'encre grasse, et qui permet d'obtenir, par voie d^application sur pierre , soit la contre-épreuve d'un dessin tracé avec cette encre sur papier gommé (ce qu'on nomme aujourd'hui autographie)^ soit celle d'une épreuve lithographique, fraîchement tirée sur le papier ordinaire apprêté d'une certaine façon. Vient ensuite (page 61) le passage
282 DIVhRS SYSTÈMES DE REPRODUCTION
le plus iiitôressant pour nous ; je vais le réimprimer en entier.
(c 11 n'est pas impossible de transporter sur « la pierre d'cincietineAgravures devenues rares, t( et que Ton désirerait multiplier. Quoique les u traces sèches des anciennes gravures ne « semblent guère propres à donner une nou- « velle impression^ on peut cependant les en « rendre susceptibles en les humectant de nou- <i veuu. Quelques essais nous ont prouvé qu'il u n'était pas impossible d'en reproduire ainsi, u en les colorant do nouveau avec une encre u typographique ordinaire. Il faut d'abord hu- « mecter le papier avec des acides étendus « d'eau qui en attaquent la colle et les rendent u plus perméables ù. ce dernier liquide : on u empêche en uu^mc temps le papier de receu voir l'encre du rouleau ; mais , pour que « renci'c de ce rouleuu ne se môle point avec u les acides, on passe sur la planche une lé- 4K gère couche de gomme arabique, que Ton a u soin d'étendre avant de tirer les épreuves : <( le noir de la gravure devient aussi plus sus- <( ceptiblo de recevoir la couleur du rouleau, u et par conséquent de pouvoir donner plus
DBS VIEILLES BSTAnKS. 988
« facilement une contre-éprenve. Uestampe « étant suffisamment noircie « on transporte a la gravure sar la pierre ; il ne s*agit pins en- 4c snite que d*opérer la pression. Si tontes les a opérations ont été bien conduites^ on obtient u nne contref-épreuve assez exacte,
a On peut encore obtenir des contre-épreuves « par un procédé peu différent, et cela en re- 4t couvrant la gravure avec de Tamidon cuit « dans Teau seulement. Avant de faire usage « de Tamidon, il faut, lorsque est coagulé, le « mêler avec de Tacide sulfurique en y ajou- « tant un peu de soude, puis avec Tencre typo- « graphique ordinaire. Alors le blanc du paix pier, défendu par l'amidon qu'on y a mis « précédemment, ne reçoit point le noir de « Tencre, tandis que les traits de la gravure « s'en colorent. On enlève ensuite avec soin , <c et avec une éponge, Tamidon qui avait collé « la gravure ; celte opération terminée , ob « porte la gravure sur la pierre, et Ton opère <( la pression.
« Les deux opérations que nous venons de « décrire réussissent le plus ordinairement ; « mais elles sont très difficiles àexèeukr. IL
« est facile de juger avec quelle précaution il « est nécessaire d'agir pour parvenir au ré- « sultat qu'on se propose : M. Darcet a , du « reste« assez bien réussi, surtout pour obtenir M, une contre- éprouve d'une gravure ancienine^ « en employant le lait pur ou Teau de savon, u Une cause célèbre a prouvé depuis peu com- « bien ces moyens étaient sûrs et faciles. Ce- M pendant le point le plus difficile dans Tart u de transporter sur la pierre une gravure an- « cicnnc est d'en rendre l'encre assez colorée u pour donner une impression. Au reste, « quand les gravures sont peu anciennes^ on « peut bien les contre-éprouver sur la pierre, u soit par le moyen du lait pur, soit simpleu ment avec l'eau de savon , ainsi que l'ont (( pratiqué MM. Darcet et Choron pour la contreu épreuve de la musique. »
Ce procédé, décrit ici peut-être un peu vaguement, u été depuis perfectionné; mais la réussite n'a jamais été complète, parce que, je crois, la couche de noir qui constitue les tailles des vieilles estampes est rarement homogèue, et presque dépourvue , sur certains points, de substance huileusej or, sur ces
DES VIEILLES E8TAKPES. 988
points trop secs, rencre lithographique ne peut être absorbée au passage du rouleau. La plupart des iconophiles n'oseraient destiner une pièce précieuse à ce rôle de pierre lithographique. Si ropération est bien menée , Festampe n*a aucun risque à courir;' mais, si le noir dlmpression, par suite d'une négligence quelconque, venait à en envahir les blancs, on pourrait la regarder à peu près comme per* due.
Le succès est donc l'exception. La plupart des échantillons de reports d'estampes gravées sur bois ou sur métal que j'ai vus çà et là n'avaient pas , il s'en faut de beaucoup, la netteté des originaux. Une partie des tailles n'avaient pris qu'imparfaitement le noir du rouleau , pour telle ou telle cause , et plus d'une lacune avait été remplie à la main : c'est assez dire combien de telles copies risquent d'être défectueuses. Ensuite, beaucoup d'estampes répugnent à ce procédé. On a réussi assez bien à décalquer ainsi des gravures sur bois, quelques estampes sur cuivre du temps de Louis XY et certaines pages de vieux livres; mais les eaux -fortes d'Albert Durer, dé Gallot et de
Silvcstre n*ont jamais pu« que je sache, se prêter à ce mode de reproduction.
Je possède quelques spécimens de feuillets gothiques et d*estampcs sur bois multipliés k Taidedu report par MM. Thierry, Delarueet Dupont frères. J'ai cité dans mon Histoire de la gravure en France les essais en ce genre de M. Boyer, ex-pharmacien à Nîmes, associé avec M. Massias. Il m'a montré, en 184B oa 1846, plusieurs vignettes contemporaines de Louis XV reproduites avec assez do bonheur; je dois ajouter, toutefois, que je n'ai pas vu les originaux en regard des copies.
Depuis cette époque je n'ai plus entendu parler de M. Boycr, qui devait se rendre en Belgique, après avoir échoué dans sa tentative pour obtenir de la chambre des députés une récompense nationale en échange de la révélation de son procédé, plus ou moins analogue, je pense, à celui dont je viens d'exposer le principe.
Le nom le plus populaire qui se rattache ft l'invention est assurément celui des deux frères Dupont, qui ont eu le courage de reproduire un in-folio de plus de 600 pages, imprimé sur
BBS VIEILLES ESTAMPES. 487
I colonnes ; je venx parler da tome XIII dn AècueU des historiens de Pranôe par dom Martin Bonqnet. 6e yolnme figurait, comme échanâllon en grand de litho-typographie^ à llSzpo- Rtion de llndustrie de 1849, et se tendait 150 on 180 francs. On avait employé, sinon sacri- Béy à sa compositioii , un des exemplaires originaux de ce XIIP tome, échappés en très petit nombre à Tincendie, je crois , de la bibliothèque Saint-Germain-des-'Prés, arrivé en août 1794. En parcourant le volume j'ai remarqué un grand nombre de lettres refaites après coup, ce qui prouve que Topération est souvent incertaine. En outre, ces caractères contrépreuvés n*ont pas la netteté de ceux du livre original, lesquels eux-mêmes sont loin d'égaler les produits des fonderies typographiques de notre époque.
On distribuait aux visiteurs de raxpoâtion nne page imprimée qui donnait ce renseignement : « M. Tabary, ancien bouquiniste (rue « Guénégaud)^ a eu l'heureuse idée de faire « reproduire (en 1847) ce volume parle pro- « cédé litho- typographique de HH. Paul et fc Auguste Dupont. Par ce moyen des ftrais
288 DIVERS STSTftlIES DE REPRODUCTION
(c considérables ont été évités, etc. » Au bas était cette note : « Il suffit, pour reproduire (( un imprimé quelconque par le procédé lithoa typographique, de se procurer un seul exeqi- « plaire de Touvrage ; chaque feuille est sod- « mise alternativement à une préparation ehia miqtAB et décalquée sur pierre lithographia que. Le tirage peut s*en opérer ensuite k <c 2,000 exemplaires et plus, avec une tdle <c précision dans la forme des caractères , yiif guettes et ornements , qu*il est. difficile de « distinguer la feuille reproduite par la lithou typographie de Toriginal imprimé. » Exagération de prospectus, qui n*empêche pas qu'un si gros volume reporté en entier sar pierre ne soit un curieux tour de force lithographique.
Je signalerai encore un opuscule de 1635, reproduit par les mêmes à Périgueux en 1841.
C'est un petit in-8 de 82 pages et de 1 8 lignes à la page, intitulé : Histoire de Vincomparable administration de Romiev^ etc. A la fin, on lit : Reproduit par le procédé liiho-'typoguh phique Dupont , 1841 ; et plus bas, en très petits caractères : Périgueux^ Uthogr. Duponi.
DES VIEILLES ESTAMPES. t89
Le titre de Toriginal est gravé sur cuivre et entouré d*nn cartouche à enroulements bizarres, n parait reproduit avec assez de bonheur; toutefois, ce fac-similé accuse une épreuve usée ou mal venue. Peut-être la gravure du modèle était-elle d'un tirage défectueux. Quant aux caractères de tout le livre, italiques ou romains, et notes marginales , ils sont assurément lisibles, mais peu agréables à Tœil, vu leur bavochure ; beaucoup de lettres, en outre, m*ont paru retouchées. Ensuite je ferai observer que cette copie est jieut-étre le premier exemple d'un livre reproduit en entier par voie de report sur pierre, et qu'on a rencontré, sans aucun doute , de grandes difficultés en raison de lliétérogénéité de l'encre employée dans les anciennes impressions.
Cette invention ingénieuse, sinon féconde en résultats, semble avoir été oubliée depuis l'époque surtout où l'on appliqua la photogra^ pbie sur papier à la reproduction des gravures. Ce fut en 1839 que la litho-typographie commença à attirer l'attention du public, à l'Expo^ sition industrielle de cette année. La Presse contient à ce sujet des articles en date des 17
et 21 juin. Dans le premier on lit : a En quel- <( qucs secondes chaque page, chaque gravure, (( se trouve décalquée avec une exactitude or rigoureuse^ et le tirage peut commencer im- (( médiatement à des nombres très considérac( blcs. Ce qu'il y a de remarquable, c^estqne t< les feuilles originales ne s'altèrent pas^ et « qu'elles peuvent être remises en volome i< après avoir ainsi fourni Télément nécessaire « à leur reproduction recto et verso^ etc. »
Dans TarticJe du 21 juin, il est question de rintérôt que Louis-Philippe portait à cette iovention ; on signale la reproduction d'une tête gravée sur bois par Albert Durer en 1697, dont le décalque était parfait. Le roi en demanda une épreuve pour sa collection de portraits du Palais-Royal , et félicita MM. Dupont (( sur une découverte grâce à laquelle il n'y (( aura plus d'estampes ni de livres rares ». Ensuite apparaît, en compagnie des princesses et du baron Thénard, la reine, qui <r s'est beaa- « coup égayée sur le désappointement des « bibliomanes qui verront leurs éditions uni- « ques se reproduire par centaines et avec <( une désespérante identité ». On peut juger
DES VIEILLES ESTAMPES. 29t
lojourd'hui combien ces éloges et ces prédicions étaient exagérés (1).
Avant d'aborder les procédés de reproducioil qui ont pour agent la lumière, avec ou uns Taide de la chambre noire , et pour ne ieik omettre, je mentionnerai un article du Ifyniteur des Connaissances utiles^ dont je iO^e le texte dans YAthenœum français , qui *a répété dans son numéro du 7 avril 1855.
: Prenez de bon savon, que vous couperez : par petits morceaux que vous ferez fondre dans de Teau-de-vie sur un peu de feu ; vous y mettrez environ i6 grammes de savon sur un quart de litre d'eau-de-vie; puis, avec une plume ou un petit pinceau plat très doux, dit queue de morue , vous en frotterez doucement le livre que vous voulez copier, feuille par feuille, en mettant entre chaque i feuille une feuille de papier blanc; vous re- « fermerez le livre bien exactement, après quoi K ytms le mettrez dans une presse, de laquelle
(1) Voir sur le même sujet un article de la Gazette des rrihunauxdn 4 juillet 1839, et un autre de La Quoti^ Umrne en date du V^ août.
M VOUS le retirerez une demi-heure après, et (( vous trouverez toutes vos feailles de papier « blanc imprimées parfaitemenL II y a, il est tt vrai , un inconvénient , car il faudra les lire « de droite à gauche , au lieu qu'on lit de if gaucho à droite ; mais on pourra y remédier « facilement en présentant les fouilles copiées « devant un miroir. Si on ajoute au mélange <( un peu de sel de nitre avec le savon et reao- « de-vic, cela n*cn viendra que mieux. La <( soude dans Teau fait le même eflet, — mu (( once dans un verre d*eau. Pour copier une « gravure , prenez de Teau d*alun et de savODt « mouillez-en une toile ou un papier que vous « appliquerez sur Testampe, mettez le tout u sous presse , et vous aurez une assez belle « copie do Testampe. »
Ce procédé, supposé praticable, n'est pas en tout cas forl utile, car il ne procure de Toriginal qu'une copie h Tcnvers, non susceptible d*6tre multipliée. Néanmoins, s'il était prouvé que les originaux n'en Eouffrissent pas (ce qui me parait peu probable, surtout quand on emploie la soude), on pourrait s'en servir en certaines circonstances, par exemple si Ton
DBS VIEILLES ESTAMPES. 993
voulait se dispenser de copier dans un livre un long article. L'emploi d*an papier très fin oa diaphane permettrait, au besoin, de lire à Tendroit avec facilité.
Reproduction des estampes par l^action SOLAIRE. — Cette invention a produit déjà bien des merveilles, et, à mon avis, nous en promet bien 4*antres. Les premiers essais dans celte voie sont, sans aucun doute, ceux tentés vers 1813 par H. Nicéphore Niepce; essais dont je parlerai plus loin. Toutefois il n*est pas précisément sûr qu'il fût à cette époque seul à s'occuper de ces recherches. Le Moniteur universel du 3 avril i857 contient cette note re- ]Mt>duite d'après La Presse de la Jeunesse :
« On a découvert et mis sous les yeux des « membres de la Société de photographie des c gravures extrêmement curieuses, dont la « date remonte à 1819, et qui semblent avoir « une certaine analogie avec les épreuves phot tographiques. Ces gravures , au nombre de « trois , prouvent qull suffisait de présenter à « Fauteur une planche quelconque pour qull c en tirût, en très peu de temps , des facsi- « c mik diminués ou agrandis. Dans ces trois
« gravures , représentant un même oiseau avec « des dimensions différentes , on remarque U « similitude la plus parfaite , la plus mathé- « mathiquc , et la môme finesse de détails. On (c dit que Fauteur de ces reproductions les avsit a mises à l'Exposition des produits de Hnc( dustrie, en 1819 « et qu'il est mort sansrèii vêler le procédé dont il se servait pour les « obtenir. »
Assurément ce récit est trop vague pour établir un fait incontestable. En 1819 il y avait déjà environ six ans que M. J. N. Niepce se livrait à ses expériences; s'agirait-il par hasard d'une de ses productions? Peut-être troQVoraitr on à ce sujet quelques renseignements dans le journal La Lumière ^ que je n'ai pas eu le loisir de consulter. Quoi qu'il en soit, je vais passer outre, et, pour suivre Tordre chronologique non pas des premiers essais particoliers, mais de la publicité des découvertes, je commencerai par exposer brièvement le procédé de Daguerre , révélé au public en 1880, et je le considérerai sous le point de vue spécial de son application à la reproduction des estampes par elles-mêmes.
Procédé de M. Daguerre. — Supposons \xm estampe étalée à nu (i) sur un mur, qu'éclaire un rayon ou un reflet de soleil. En face de cette estampe est placée une chambre noire, dont Tobjectif amène sur une glace dépolie Timage réfractée et très nette de Testampe, image plus Ott moins réduite, ou de grandeur naturelle si Tobjectif est assez puissant et Tinstrument assez large et suffisamment éloigné du mur.
Passons maintenant à Topération.
On soumet (dans un cabinet obscur, éclairé artificiellement) une plaque de cuivre argentée et bien polie à la vapeur diode, laquelle, se combinant avec la surface, y forme une pelUcole d'iodure d'argent ; on Texpose ensuite à la vapeur d'une solution de brome qui favorise et accélère Faction de Tiode.
La plaque, ainsi préparée, à Tabri de la lumière solaire, est devenue très sensible à Tac- ^i— i ■ Il « I
(1) Ou encadrée, pourvu que la vitre ne soit pas écUirée de manière à produire le miroitage. J*ai vu un habile praticien (M. Arthur Forgeais] photographier sur papier coUodionne une ancienne charte placée sous Terre. 11 est essentiel que le verre soit exempt de tout défaut qui ferait tache.
996 DIVBBS 8TSTÊIIB8 DB RBPRODUCTIOH
ttou de cette lumière, soit directe soit réfléchie; Taspect de sa superficie est d'un jaune mat violacé. On la glisse au fond de la cbambre noire, au point où Timage réfractée de Testampe s'est formée nettement sur la glace dépolie : en d'autres termes, on la substitue à cette glace. Si Ton découvre alors Tobjectif, rimage renversée de Testampe fixée au mur se projette sur la plaque. Les parties vivement éclairées, les blancs, les intervalles des hachares, décomposent bientôt, c'est-à^ire noircissent, riodure d'argent (4); l'image des parties noires ou des tailles du burin forme écran et ne produit aucun effet.
L'opération terminée, après dix, vingt, trente secondes, plus ou moins, selon le degré d'intensité de la lumière que concentre le foyer de l'objectif, on retire (dans l'obscurité, bien entendu) la plaque, sur laquelle rien n'appanlt
(1) Le chiroigta nuédoii Soheele décoavritea 1615 U propriété que possèdent le cMomre itmrg$ni etintrtf seU da même métal de noircir à U laolère ; U appetoiiei chlorure argent corné. Il ait étonnant que penomie tvsit Daguarre n*ait songea tirer parti do cette propriété, qs> est une des bases de la photographie.
DBS VIEILLES ESTAMPES. 297
encore, puis on la soumet à la vapeur mercurielle qui se dégage d\ine cuve chauffée à 40 degrés centigrades. Des gouttelettes de mercure dHine ténuité extrême se condensent seulement sur les portions impressionnées de la plaque. Les blancs de Testampe sont accusés par un glacis mercuriel , et les tailles par une pellicule d'iode et de brome que le mercure n'a pas modifiée. La couche dlodure d'argent non attaquée est entraînée par une solution dliyposulfite de soude versée sur la plaque ; alors le métal 9 découvert à cet endroit, brille de son éclat naturel.
Ainsi que le fait remarquer M. Boulongne, répreuve est négative ; les tailles sont en réa-^ lité traduites en blanc; mais, comme le mercure amalgamé est plus pftle que Targent poli^ il y a transformation , pour Tapparence du moins. L'estampe daguerréotypée parait donc semblable à Toriginai reproduit, sauf le renversement des détails : en effet, les objets de gauche sont à droite, et vice versa. On peut remédier à ce défaut au moyen d'un miroir plan, qui redresse l'image avant sa projection sur la plaque ; mais , la lumière réfléchie perdant au
998 DlVEnS gYSTftMBS DB REPRODUCTION
moins un liera de son intensité , l'opération sera moins rapide. Serait-il penniftfcU science de combiner un système d'objectifs qui rodre^ sût dirociûment limage sans rintermédiaire d'un miroir I d*un prisme ou d*un second objectif f Je ne le pense pas.
La reproduction de Tesuimpe offre, au sortir de la chambre noire , deux autres inconvénients : elle miroite à Tosil, qui a de la peine à la saisir, et n*a aucune fixité* car TaiDalgame d'argent est très fugace. Heureusement M. Fi« seau trouva, dès Torigine de Tinvention, le moyen de fixer Timage et tout à la fois d*alténuer le miroitage. Il suffit de veraer sur la plaque chauffée une solution de chlorure d*or mêlé d*hyposulfite de soude. L'épreuve se couvre à rinstaut d'une couche d'or excessivement légère, qui d'une part s'umalgame avec le mercure, qu'elle fixe, et d'autre part assombrit le poli de l'argent. ( 1 )
(1) Ceux qui voudront avoir dei détaili plusprédi dur le mécanlvino de chaque procédii pbotographlqua décrit danii ce chapitre devront coniulter lei Dombroni Irailéii iiiudernes publiéi à la Librairie, centrale det
DES VIEILLES ESTAMPES. f99
Reste un défaDil inhérent à la nature mâme des images sur plaque: on ne peut les. incoiv porer à'Une collection d'estampes. Réussiraiton à substituer sans désavantage à la plaque une feuille d'argent très mince, appBquée comme le papier .de chine sur un feuillet de soutien? Peut^tre un tel fond ne se pr6téhti^il pas aux apprêts délicats que doit subir la pk" que de cuivre argentée. J'ignore si l'on a fait en ce genre d*heureux essais.
Occupons*nous maintenant d'un mode de reproduction photographique qui satisfera beaucoup mijeux que.le précédent les iconophiles: car ses produits , ayant pour l)ase le papier ^ ne sont pas sujets au miroitage et peuvent se conserver en portefeuilles.
Reprodiiciion. d'estampes sur papier phoio^ graphique. — Les fac-similé d'estampes dus à l'action que le soleil exerce sur des papiers diversement préparés sont aujourd'hui asses répandus ; on en voit dans le commerce de
Sciences (rue de Seine -Saiot-Germain), les ouvrages spéciaux sur les inventions modernes* et surtout le journal La Lumière,
fort remarquables , soit réduits soit de grandeur naturelle. Les prix de ces épreuves sont encore assez élevés , parce que chacune d'elles ne s'obtient que grâce a.ux soins tout particuliers des photographes; mais un temps viendra où Ton s'en procurera de parfaites à bon ma^ ché. Passons en revue tous les systèmes désignés aujourd'hui sous la dénomination commune à' héliographie.
Je devrais peut-être citer tout d'abord celui de M. Nicéphore Niepce , qui , bien avant les essais de Daguerre, le mettait en pratique, dans le but spécial de reproduire des estampes; mais je n'en parlerai qu'à la fin de ce chapitre, parce qu'il rentre dans les procédés destinés à fournir non pas de simples copies d'estampes, mais bien des planches toutes prêtes à recevoir le noir d'impression.
Dois-je regretter de ne pas avoir sous la main un ouvrage (dont le nom d'auteur m'échappe) intitulé : Autophotographie ^ ou Mè^ thode de reproduction par la lumière des dessins ^ gravures^ etc. ; in-8 (1847)? Ce traité nous eût peut-être éclairés. Je me console en songeant que sa date déjà éloignée le rejette
sans doute, vu les progrès incessants de Théliographie , an rang des ouvrages arriérés. J'extrairai donc mes renseignements de plusieurs articles que j*ai lus à des époques plus récentes dans le Moniteur universel ou ailleurs.
Dès 1834, vers le temps où Dagnerre faisait ses essais sur plaque , un Anglais, H. Fox- Talbot , trouvait de son cdté des moyens analogues , moins parfaits à la vérité , mais plus maniables et plus féconds en résultats. Tandis que H. Daguerre iodurait des plaques argentées, H. Talbot, usant d'un sel d'argent tout préparé, en étalait sur du papier une couche mêlée d'acide gallique ; cette mixture offrait un aspect mat et jaunâtre; il la nommait gallonitrate d'argent. Ce papier sensibilisé recevait l'image d'une estampe réfractée par l'objectif d une chambre noire. La lumière solaire impressionnait le sel d'argent, autrement dit le noircissait, partout où l'image offrait des clairs, et n'agissait pas aux endroits occupés par les tailles.
Je prends ici encore pour exemple , et pour simplifier, une gravure au burin ou à l'eauforte dont les ombres et les demi-teintes con-
803 niVRBS 8YSTfiNKS DR REPRODUCTION
Hislcnt cil (les fuisccaux ou dcM réBoaux de harhiircH pluR ou moins serrés. S*il s'agissait d*uno aquatinte, on conçoit que Taction solaire aurait sur ses diverses parties une influence en rapport avec la gamme do tons comprise entre les clairs et les ombres extrêmes.
Pour faire apparaître Hmage, encore latente après Topération du soleil , M. Talbot passait une seconde fois son papier au gallonitrate d*argcnt, puis le chauffait doucement au feu ; Timage alors devenait visible ; il poss(^(lait une épreuve négative sur laquelles les blancs ou entre-tailles étaient accusés en noir.
Conirao la surface du papier est loin d'avoir In poli d*uno plaque d'argent, ces empreintes manquaient de finesse dans les menus détails, mais offraient en compensation deux avantages sur le procédé Daguerre; on pouvait 1* les mettre en portefeuille , 2** les convertir en clichés propres h fournir des épreuves droites à un nombre pour ainsi dire illimité. Pour leur (ioiinor cette dernière qualité, il sufllsait d'en rendre le papier transparent au moyen de ciro vierge. Derrière une épreuve négative ainsi diaphanéisée ^ il appliquait un autre papier
Des TIBILLES ESTAMPES. SOS
împressionDable , et , piaçant le tont dans tin châssis, l'exposait an soleil. La nouveHe fenille recevait une sorte de décalqne, de contre-»
épremre de limage négaf ivie ; les noirs et les blancs « cette fois , correspondaient anx tailles et entre-tailles de Testampe « et les objets occupaient leur position naturelle : Téprenve, en un mot, était positive.
Tel est le procédé primitif de H. Talbot.
M. Blanqnard-Evrart , de Lille , grâce à des modifications ingénieuses, Ta porté à la perfection. Les noms de HM. Bayard, Bisson frères et autres, se rattachent également avec bonneur à cette branche de la photographie ; ils lui ont fait faire des progrès étonnants, surtout sous le rapport de la préparation du du papier destiné à recevoir les empreintes , soit négatives , soit positives. On a obtenu des papiers à surfaces très lisses, par remploi successif de la cire (1), de la gélatine, de Palbumine . puis enfin du collodion ou fulmi-
(1)M. H. de la Blanchère a perfectionné Taiid^obleiilr des éprenye!^ négatives sur papier ciré. Voir le Ucnidur universel du 8 novembre 1856.
a04 UIVKRH KY8TÈNES DK RRPRODUGTION
coton dissous dans la bonzino (voir los traités dfî photographie pour los détails do ces apprêts). Lo papier préparé avec cette dernièro substance lutte do poli avec la plaque dagucrrienno ; néanmoins le papier sensible avant pour buse la gélatine n*08t pas à oublier : cVst gr(\ce h son emploi que M. Bal- (luK, peintre photographe, et M. Benjamin l)elessert,ont reproduit avec succès dos pièces capitales d'anciens maîtres, les unes par rcntremise de la chambre noire, los autres directement avec les planches originales apprêtées d*une certaine manière. L*invontion a aussi Ot(^ améliorée sous le rapport des substances employées ti la sensibilisation du papier; on a substitué au gallo-nitrate le chlorure d*a^ geut , dont on dissout les portions non influon- (mW's par un lavage d Teau pure suivi d*un bain d'hyposuiflto de soude.
llevenons è M. Fox Talbot. Sa méthodo primitive de reproduction d'estampes exigeait remploi de la chambre noire; leur imago, réfractée et projetée sur un papier sensible, lui fournissait des réductions de Toriginal h Téchello désirée ; mais il tarda peu à se passer
du secours de Toptique. Il lui vint une idée analogue à celle que M. Nicéphore Niepee mit en pratique^ de son c6té , comme nous le dirons plus tard : il imagina de reproduire les estampes par elles-mêmes. Il en rendait le papier transparent à Taide de cire vierge eu poudre qu^ii étendait au verso et qu'il liquéfiait en y passant, je crois, un fer chaud sur toute la surface (1). Puis il en appliquait le recto contre une feuille de. papier sensibilisé par un sel d'argent. Le noir des tailles interceptant la lumière , le papier restait blanc à cet endroit ; partout ailleurs le sel d'argent tournait au noir et se. fixait. Les parties non impressionnées étaient dissoutes dans un bain d'eau distillée contenant de Thyposulfite de soude. Cette contre-épreuve était susceptible, après avoir été elle-même diaphanéisée , de servir de cliché pour un tirage sans limites d'épreuves po-
(1) Une estampe dont le verso serait imprimé ou gravé ne se prêterait pas à cette méthode. Je compte trouver un jour et indiquer aux amateurs le moyen de diviser en deux placards les estampes de ce genre. (Voir ma dieiertation ^ ce sujet, page 330.)
'MHS DIVKUS SYST(iSMKH l)K IIKPHODUCTION
siiivrs, (le i\\hïu\ ^riiiulcMir qtiû ruriginiil, r|)r(*iiv('M dont il iviiloi^'iiit h^s truilH uu nioyoït (1*11111^ Koliilioti triicido galliquti ou do protu- Mill'utn do l'iM'.
Ici 1rs i(:()ii(ipliiU\s vont iii*Arrôttir. I/ûNtaïupi! ori^iualo- un soiiflVo-l-ulln piiN dn vvi iippr^t, vi .surtout du roiiLiu'i dns htihstuiicoM, tblius ((110 la hou/inn on lit ti^nMxMitliiuu, doHtini^ûi d (Ml onli^viT l(*s tni(r(>s'/ Jn croJH on couNCii'.m-ti (pirllo ircucoiirt auniiii daiiK(!r, pourvu quo U (in* soit livs pun? («t (pril vu Noit dû uiéiug du liqiiid(^ do.siiii(') h la dissoudm; malH ou dûvru rcjotcr rcni|doi do la Nlt^arinu, ou ki^uInho kup(inili('*o, qui InissiM'iiitsur loH laill(!A(voy. pugn 70) niio Norh* do ^laris Idaholiftlrn.
Lo proci'dr ri (IcHNUN (fxpliqui), qui vurio Nidou la uK'lliodo partiruli^ro d(^ cliuquo prntii-ion , ost api)(d(') h n^idro hion dim H(«rvic!CM h lai'l ; mais los produits u'ou sont piiH our.uro on f;('*n('*ral assc/ iiarl'aits pour Natisfairo raniutonr diWicat; los tailh^s do la gravurn un HOiit pas aocnsi^os av(M*. la f(*rnu^l(^, In nuttflt(^, du Tori^inal, et los uia^nilupu*» /r/r-Mt//ii7f^ dVtilauqios do MM. Haldns, Dlaiiquart-Kvrurd L*t n(Mijauiiu l)(dohmM't n'ont M ohtûnuii quti fpkca
DES TIEILLES ESTAMPES. 307
k de nombreuses modifications apportées an procédé primitif.
HSiographie sur verre. — Le plus ingé-* nieox perfectionnement du système Talbot est sans contredit celni dû à M. Niepce de Saint- ^ctor, neveu de NicépI : Niepce. H imagina de snbstitner an papier le Terre, cette matière n polie, à diaphane. Il étala sur nne glace d*abord nne conche de gélatine , puis ensuite de eollodion ; il recouvrait Tune ou Tautre de Des substances d\ine pellicule de sel d*argent, si faisait apparaître l'image au moyen de Tacide gallique ou pyrogaUique. G*^t par Insage de la fjkàce collodionnée et de la chambre noire que MM. Le Gray, Bisson frères. Moulin, Mantes et Riffaut sont arrivés à obtenir des D^jatiCs capables de fournir de précieuses copies positives d'anciennes eaux- fortes. M. Blanquarl-Evrard à Lille, et M. Lachevardière L Paris, ont les premiers, ai-je lu, illustré des ivres (notamment le Voyage en Egypte de f . Maxime du Camp) de dessins héliographi- |ues dus aux mêmes procédés. En 1855 M.
iartens s'est procuré, par l'emploi du verre ilbuminé à sec, les clichés de ses admirables
aOH niVKIlS NYHTftMKfl PK lIRPIIOUUtiTIOIV
piiiioniniiiH ilu MDiil-ltlnnr.; il inAluit h Tnlkuiniim (In rioditro (1*11111 mon itt m, IVinni aus»i à luidn (lo riiiMioKruphin Hurvarro quo M. Ferrior n pnxinil nch (^prouvuM doubloH ni roma^ (|uiihli«M , h riiHii^M du At^ri^oHcopo, iiutruinent qui roninuMiru h no populuriNor.
Un urtirlo du Monilfur uuivffMet^ dn SS diVcndiro IKK7, NiKuiilo In nouvolln mdthodit do M. Iii'hor^uo, qui NonMibiliHo lu vorro collodiouni^ iiviM*. un liquido airiai coin|iosé : ^00 gniunuoH dViiu diNlilléo, 20 grammoii irariUiito d*iirKiMa ot li) ||[rnmmoM do lulrotede pliuuh. Il ih^'oloppo rinuiK» h Tnicla d*uno soluiinii iri>N hiililo dVido gnlliquo. « IjC» (• ^lurrH ainsi NiMisihilÎNcVN , dit rurtide , pou- «I vont NO ronsorvor longtonip» Mann pordn «• lourN propriiMi^K, ro qui permet d*opérerà
Il N0(*. »
l/h(Mi(igrapliio Nur vorro uppliquAo k la reproduction doN oNtauipoN oNt do tona loa lytt^nM\H lo pluN parfait, Noit qu*on «uporpOMà la ^laro NouNibiliM^o uno oHtampo eu notura ronduo IniiiNparonlo , Noil qu*0M y projetloion imago nMVaoh^o. (lo dornior modo ntdritei k mon uviH, la pn^fi^ronro, parco qti*il four-
DES TIEILLE8 ESTAMPES. 309
les réductions précises dans les promus désirées , et , au besoin , des négatifs dimension de Toriginal II s*agit, dans mier cas , d'avoir une chambre noire asiste , pourvue d*un objectif à long foyer large ouverture : c*est assez dire qu'on ilralné à des frais^importants ; mais, si s contente de copies réduites, on peut r avec un daguerréotype d'un diamètre it et d'un prix modique.
) dernière observation. La pureté delà lliomogénéité de sa substance et de [MÛsseur, sont les conditions essentielles perfection des négatifs. Plus la glace lince et à surfaces bien parallèles , plus, avis , ce cliché donnera de belles épreu- «itives sur verre ou sur papier. Si la e, avant d'impressionner le sel d argent, i traverser une glace trop ou inégalebaisse, et parsemée de stries, bulles ^., elle subirait nécessairement des réu irrégulières, des aberrations préjaes à la netteté des tailles. Si encore sa I s'appliquait mal sur certains points du positif, les Uilles de l'estampe seraient.
à ces endroits, confuses, mal tenninées, comme les contours des ombres.
Qu'on me permette ici une courte digression : M. Guiraudet, imprimeur du présent livre, a connu un libraire do Paris (feu M. Galliot) qui renouvelait le papier d*une estampe comme un réparateur de tableaux remplace la toile d'une vieille peinture. Il collait, je ne sais avec quelle matière, peut-être le collodion, le recto d'une estampe sur une glace, qui en retenait les tailles ; puis il en détruisait le papier, soit en Técorchant , soit plutôt , k mon avis , en le décomposant à Faide d'un acide assez fort, auquel peut résister le noir d'Impression. Le papier anéanti , il appliquait une nouvelle fooille sur les tailles , qui y adhéraient grâce à ai procédé quelconque ; enfin il détachait le toot de la surface vitreuse par un moyen qoi m'est également inconnu.
Il est à regretter que M. Galliot ait estporté son secret dans la tombe. Sa méthode, (^ supposé qu'elle fût infaillible et sans grsvef inconvénients (ce dont je donte), eût re^ du de grands services : 1' aux iconophikf :
elle leur eût permis de renouveler la foi^
DBS VIEILLES ESTAMPES. 811
d'unô estampe moisie et les eût dispensés de suer sang et eau à la recherche de remèdes propres à détruire certaines taches incurables ; S^ elle eût fourni aux photographes un moyen nouveau de préparer des clichés héliographiques • Il serait sans doute possible de retrouver ce procédé, ou tout autre analogue.
DB Là GBAVURE HÉLIOGRAPHIQUE. — NoUS
allons voir maintenant la lumière préparer le travail le plus difficile , le plus long, du graveur à Peau-forte. La première idée de cet art; aussi expéditif que merveilleux, appartient tout entière à Joseph Nicéphore Niepce. Ici €6 nom doit briller de tout son éclat ; un jour peut-être , grâce aux savants efforts du neveu qui porte et honore le môme nom, il éclipsera celui de Daguerre.
Dès 1813 , selon H. A. Boulongne , M. Nicéphore Niepce , préoccupé de Finvention de la lithographie, récemment connue en FraU'^ ce (1), conçut le projet de substituer une
(1) Il est à noter que rinventioD de la lithographie en a, dès son origine, engendré deux autres tout aussi reinanioables : la litho-typographie et 11iéliognH[>hie.
mince plaque métallique à une lourde pierre.
Cette idée lui en [suggéra une autre : trouver le moyen de fixer sur cette plaque les images de la chambre noire. Ses premiers essais eurent pour but de reproduire des estampes par le procédé dont la description va suivre.
Il connaissait la propriété que possède le bitume de Judée , matière noirâtre , de blanchir quand on Texpose pendant un certain temps à la lumière du soleil ^ directe ou réfléchie. Partant de ce principe, il étala d*nne manière quelconque , sur une plaque d*étain , une couche de ce bitume. D*autfe part il ve^ nit au verso une estampe , afin de Itd communiquer un certain degré de transparence ; puis il appliqua ce côté verni, dès qu'il fat sec, sur sa plaque préparée. La lumière, pinssant à travers les parties claires ou entre-tailles de Testampe, blanchit le bitume et en même temps le fixa sur le métal. Les parties noires ou tailles, au contraire, interceptant les rayons lumineux, le bitume, sur ces points, ne fut ni influencé ni fixé sur Té tain.
Après dix heures d'exposition au soleil, l'opération était achevée. M* Niepce trempait
sa plaque dans un bain d*essence de lavande et de pétrole, laquelle dissolvait le bitume aux endroits non impressionnés, protégés par le noir, tandis qu'elle n'avait aucune action sur les portions atteintes et fixées par la lumière , celles correspondantes aux blancs de Testampe. Le brillant du métal représentait donc Tempreinte exacte des tailles ; c*était un faosimile direct, une reproduction dans le sens naturel, une copie positive.
Gomme ces empreintes étaient fort pâles, H. J. N. Niepce essaya, mais en vain, de leur donner de la vigueur en soumettant le métal aux vapeurs iodiques ou sulfureuses. Plus tard il fixa, par le même procédé, des images de paysages en nature, réfractées par la chambre noire, images nécessairement à Tenvers, et, défaut bien autrement choquant , tout à fait confuses , vu que pendant une exposition de plusieurs heures au soleil les ombres des objets réels se déplacent à chaque instant. Ce fut peutêtre la vue de ces images renversées qui lui inspira Theureusc idée dont il va être question. ' On va me demander sans doute à quoi pouvaient servir ces empreintes d'estampes. A
peu de chose, au premier coup d*œil; mais M. Niepce allait trouver moyeu d*en tirer bon parti. Ne possédait-il pas, eu effet, grâce àcette simple opération, une planche toute vernie avec un sujet tout tracé , n^i^ttendant plus que la morsure de Teau-forte? Il lui suffisait, pour reproduire le modèle à grand nombre d'épreuves, d'appliquer son estampe sur sa plaque d'étain ou de cuivre, enduite de bitume, de manière à en avoir une empreinte retournée, qui, creusée. à reau-^^forte, donnAt^ au tirage, des épreuves droites. Il parvint à obtenir, ainsi quelques fac-similé d'estampes.
Plus tard, en 1827, M. Niepce rencontra M. Daguerre chez M« Charles Chevalier, fils de Tingénieur- opticien Vincent, très habile constructeur de chambres noires ; dès lors il associa ses expériences à celles. du fondateur du Diorama, et abandonna, à ce qu'il parait, ses essais au bitume , pour chercher avec son associé Fart de fixer les images de la chambre noire sur plaques d'argent iodurées. En 1880, quelques années après le décès à Châlomàe M. Niepce, M. Daguerre, resté aeul possesseur du secret commun , le divulgua à l^irqpe et
fut récompensé par la chambre des députiés au nom de la nation (1). Depuis cette époque le nom de Niepce fut, il est vrai, associé & celui de Daguerre ; mais bientôt le public Toublia à peu près , ainsi que son procédé personnel, qui avait pour base Faction de la lumière sur le bitume. H. I>?iepce neveu songea dès lors à perfectionner ce procédé et à le faire prévaloir même sur celui qui porte le nom de Daguerre ; peut-être est-il permis de dire qu'il y a réussi, il reprit donc les essais imparfaits de son oncle et en tira des résultats si féconds que la inéthode de M. Daguerre sera bientôt reléguée, c'est probable, parmi ces inventions ingénieuses qu'on admire , mais qu'on met en pratique rarement et par exception.
Voici comment M. Niepce de SaintrVictor fit faire des pas de géants au procédé de son oncle , encore en quelque sorte h l'état d'embryon à l'époque où fut révélée la hriUante découverte de Daguerre. Il emploie aujourd'hui une plaque d'acier; après quelques apprêts pré- Ci) M. Charles Cheyalier, opticien, possédait dflpuia 1^7 un échantillon, sur plaque d*argent, dm «Mais de
liminaires (voir les traités photographiques), il y verse un vernis liquide composé de — cent grammes de benzine, — six de bitume de Judée, — un de cire jaune (vernis qu*on doit conserver dans un flacon à parois opaques) ; puis il fait sécher ce vernis en chauffant la plaque , qu*il met & l'abri de la lumière et deThumidité. Sur cette plaque ainsi enduite il applique soit le recto d'une estampe en nature rendue diaphane, soit son image obtenue à la chambre noire , sur verre albuminé ou coUodionné et chargé d'un sel d'argent. Il expose le tout non plus pendant dix heures^ mais pendant dix minutes^ au soleil , ou une heure à la lumière diffuse. Si la durée de Texposition se prolongeait trop, rimage deviendrait visible avant l'opération du dissolvant , lequel ne produirait plus son effet. Ce dissolvant , composé de trois parties d'huile de naphte rectifiée et d*nne partie de benzine, enlève avec énergie les portions du glacis bitumineux que les tailles
M. Niopco; cot échantillon est aujourd'hui aux archivei de riuBtitut. {liapporl à la SociéU (Tinoouragemmt par M. le baron Séguier, Il marf 1840.)
de Festampe ont préservées de Faction fixatrico de la lumière.
H. Niepce emploie, pour crenser les traits^ représentés par les portions, mises à nn, de sa plaque d'ader, le liquide suivant: aeide azotique (à 36 degrés), une partie en volume ; eau distillée, huit parties; alcool (à 36 degrés), deux parties. Je passerai sous silence les ap* prêts assez compliqués qu'il fait subir ensuite à sa planche pour la rendre plus sensible à la morsure de Facide azotique, employé alors sans mélange.
Notons qu'au moment même où j'indique ces détails d'après divers articles du MarUieur universel , les procédés usités Fan passé sont peut-être déjà surannés, car chacun des pho* tographes qui s'en servent y ajoute les perfectionnements que lui inspirent ses propres recherches. J'ai voulu seulement donner une idée générale du mécanisme de l'opération. H. Ben» jamin Delessert a entrepris de reproduire par ce système de gravure les principales eauxfortes d'Albert Durer. HM. Mantes et Riffau^ s'occupent de Fœuvre de Rembrandt, en apportant dans la pratique du procédé certaines
318 DIVERS SYSTÈMES DE KEPaOBUCTlOM
modifications dont ils ont le secret. J'ai lu qu'ils se servent d'épreuves négatives obtenues à la chambre noire, sur glaces coUodionnées, d'après les images des originaux.
Inappréciable conséquence de Hugénieuse découverte de M. Nicépbore Niepce ! On possède une planche couverte d'un vernis inattaquable aux acides et d'une esquisse qu*a tracée la lumière, une planche tout à fait assimilable à celle de cuivre vernissé sur laquelle le graveur doit tracer patiemment à la pointe les contours et les ombres d'un dessin. Ici, ce dessin, dû à l'action du soleil, est d'une précision étonnante , d'un fini parfait dans tous ses détails. Pour en faire une planche à tirer, il suffit de creuser, à l'aide d'un acide, le métal dénudé , et il n'y a plus qu'à passer le rouleau chargé de noir d'impression pour obtenir des milliers d'épreuves d'une copie très exacte. U reste encore, en certains cas , un travail à faire pour arriver à la perfection : un artiste devra retoucher, renforcer certains traits, pour les disposer à recevoir plus d'encre; c'est, au reste, une opération qu'exige le plus souvent toute gravure à l'eau-forte.
DES TIEILLES ESTAMPES. 349
Tel est, de tons les systèmes inventés ponr faosimiliser les Tieilles estampes, celni qni promet le pins. Le défant de tons les antres, c^est d^offrir des traits sans reliefs, d*nn noir trop mat et d'nn ion uniforme, comme Tombre d^on corps projetée sur nn mnr. Avec celni de M. Niepce il est permis de reproduire non pins seulement les traits de la copie, mais aussi, en creusant plus ici que là, les tons renforcés de Foriginal, avantage inhérent aux seules épreuves produites par voie dlmpression. Seulement il faut le concours d*un artiste; mais, quel mal après tout que Faction mécanique cède pour quelques instants la place au talent que dirige le cerveau, à Tinspiration du génie?
Il existe encore plusieurs procédés analogues, mais bien inférieurs à celui-ci, pour se procurer des planches à graver au rouleau, soit en creux, soit en relief. M. le docteur Donné eut le premier Tidée de disposer une plaque dorguerrienne de telle sorte qu'elle pût être creusée à Teau-forte et servir de planche à tirer. Il attaquait à Tacide azotique les parties brillantes de la plaque, là où Taisent était à nu, tandis que les portions mates , fixées par le mer-
cure, n'éprouvaient aucune altération ; malhéureuscment, vu le peu de profondeur de la morsure de l'acide , il ne tirait que des épreuves très imparfaites. M. Fiseau appela à Taide de ce système la puissance galvanoplastiqne ; mais je n'entrerai dans aucun détail sur cette application, puisque, en définitive, elle n*a donné que des produits encore peu satisfaisants.
M. Grovc, Anglais, tenta également d'appliquer Télcctricité aux images daguerriennes, pour obtenir des planches à tirer. Les résultats s'étant réduits à des essais ingénieux, mais sans portée, il est inutile de nous occuper plus longtemps de son procédé.
M. Fox Talbot, l'inventeur de la photographie sur papier, entreprit aussi de convertir en une planche à graver une plaque d'acier, sur laquelle il étalait une couche de gélatine tenant en dissolution du bichromate dépotasse (sel rouge impressionnable à la lumière); puis il y appliquait un dessin photographique snr papier transparent. Hais le gaz que dégageait l'action de l'acide azotique troublait l'enduit gélatineux et s'opposait à la réussite. Toutes ces tentatives, mentionnées par H. Boulongne, sont
uniquement curieuses à constater, comme témoignage de Tardeur qui anime, de nos jours, les amateurs de photographie.
Un article du Moniteur universel du 20 mars 1885 signale la découverte suivante, due à MH. Salmon et Garnier, de Chartres , qui nomment leor procédé gravure-phoiographie. On a évité le nom d'héliographie « parce que la lumière, « et non le soleil^ y joue un rôle très importe tant. » En effet, toutes les opérations s'exécutent à Tombre. ^
« Ce procédé , écrit le rédacteur, est d'une « simplicité telle que tout le monde peut Texé- « cuter ; il permet de reproduire à peu de fraiSt tt en quelques minutes, et avec toute la fidélité m désirable, toute espèce de lithographies»
« gravures, écritures, dessins à la plume, au «c erayon noir ou à la mine de plomb , môme « des photographies. Grâce à ce procédé, on « peut faire de tout cela une planche sur « cuivre durable et solide pouvant être tirée « à la presse lithographique, typographique, u etc. »
Esquissons en peu de mots le mécanisme
du système : on expose pendant quelques s§r
condes une estampe, placée au fond d\ine boite, à la vapeur de Tiode , qui se porte sur les tailles; puis on l'applique sur la surface polie d'une plaque de laiton, où Tiode se dépose.
On passe sur cette plaque une légère couche de mercure, qui agit sur tous les points atteints par riode et respecte les autres; puis on étend, au rouleau, de Tencre typographique, qui s'attache seulement aux endroits exempts de mer* cure, c'est-à-dire aux vides qui séparent les tailles; ces tailles ressortent donc en blanc sur le fond noirci par l'encre grasse. Pour pouvoir les creuser, on dissoudra le mercure qu elles retiennent au moyen d'une solution de nitrate d'argent, additionnée d'acide azotique. Le métal , partout où les tailles ont laissé une empreinte, se trouve ainsi à nu et même déjà légèrement entamé. Veut-on obtenir une eauforte , on ajoute de l'acide ; le noir dlmpresr sien joue alors le rôle d'un vernis, auquel on donne plus de consistance en le saupoudrant de résine pulvérisée, qui l'épaissit et le solidifie. Désire-t-on convertir cette plaqueen pierre lithographique , on a recours à de nouvelles opérations, que j'omettrai, et dont laprindpale
BES TltlLLES BSTA1IFB8. 9tS
emisiste à eoiiTrir d*ti couche femiginease les taillesdelacontre-épreavede l'estampe, etc. Enfin il y a moyen de faire de cette planche nn TéritaUe cliché en rel f : il suffit de déposer mie couche d*or sur le tailles, aptes quoi on fidt mordre Fadde azotique sur le cuirre dénudé, etc., etc.
A mon avis, une invention qui a la prétention de se prêter à tant de transformations est par cela même dépourvue de cette simplicité qui seule mène à de bons résultats dans la pratique. Je renvoie à Farticle indiqué ceux qnlntéresserait cette découverte compliquée, dont on ne parle plus. Si elle est réellement née viable, le temps en révélera les progrès; Biais j'ai bien peur, puisqu'elle ne donne plus Kigne de vie, qu'elle n'ait fait fiasco.
Je ne sais non plus où en est aujourdliui un notre mode de reproduction d'estampes ainsi indiqué dans un article du Moniteur universd do 48 janvier 1854: c On se sert d'une pierre « lithographique ordinaire, sur laquelle on « verse une dissolution étbérée de bitume de « Judée. On applique dessus une épreuve pho- « tographique négative, quelconque, en la près-
« sant sur la pierre pendant un temps cxcessi- « vcmont variable, puisqu'il peut être depuis « dix minutes jusqu'à quatre et même cinq « heures. On lave ensuite la pierre avec de <c 1 élher p^, qui s'évapore bientôt et laisse la « figure convenablement marquée avec ses « ombres ol ses creux , de telle façon qu'on <( peut oncror et faire le tirage comme pour les « lithographies ordinaires. »
Pour me résumer, je crois que les plus parfaites reproductions d'anciennes estampes seront obtenues (^ l'aide d'empreintes négatives déposées par la chambre noire sur glace collodionnée, puis multipliées par le mode do gravure héliographique inventé par Kicéphore Niepce et perfectionné tant par son neveu que par nos plus habiles photographes. Ce dernier procédé, quand il aura atteint son maximum de perfection , sera probablement lo seul adopté dans la pratique pour la reproduction, ù prix modéré , non-seulement des belles pièces des anciens maîtres, mais encore do livres rarissimes (1). Il est ù espérer que les épreuves se-
(1) Je compte un jour inoxerc«r i reprodaire un
DBS VIEILLES ESTAÎfPES. 8fS
ront fixées de manière à subsister indéfini-* ment, bien qu'on ait, à tort on à raison, prédit te contraire.
Le 16 novembre 1857, on a fait à TAcadémie des Sciences nn rapport sur un mémoire de M. Niepce de Saint-Victor, dont j'extrairai (d'après le Moniteur du 18) quelques passages intéresçants pour les iconophiles.
« On expose aux rayons directs du soleil, <c pendant un quart d'heure au moins , une « £pravure qui a été tenue plusieurs jours dans « l'obscurité... On applique ensuite cette gra- « vnre sur un papier photographique très sente' sible, et, après vingt-quatre heures de con- « tact dans l'obscurité , on obtient en noir une
« reproduction des blancs de la gravure
« L'auteur a obtenu ainsi des intensités d'im- « pression qui lui font espérer que peut-être « on arrivera, en opérant sur dès papiers très « sensibles ( comme sur le papier préparé
opuscule gothique par la voie de rhéliographie sur glace collodioDDée, combinée avec la mélbode de gravnre de M. Niepce. Le point difficile sera de parvenir à bton rêgistrer les reoto et verso do chaque fouiDet.
« à l'iodure d'argent, par exemple, ou sur une « couche de collodium sec ou d'albumine), ec a en développant Timage avec Tacide galliqae u ou pyrogallique , à obtenir des épreuves as- « sez vigoureuses pour pouvoir en former or tt cliché ; ce serait un nouveau moyen de re-
« production des gravures Une gravure
<( colorée de plusieurs couleurs se reproduit if très inégalement, c'est-à-dire que les cou- « leurs impriment leur image avec des inten- « sites différentes , variables selon leur nature u chimique. Quelques-unes laissent une imu pression très visible, tandis que d'autres ne u colorent pas ou presque pas le papier sensi- <( ble. Il en est de môme des caractères impri- (( niés avec diverses encres : l'encre grasse V d'impression en relief ou en taille-douce, « l'encre ordinaire formée d'une solution de u noix de galle et de sulfate de fer, ne don- « nent pas d'images , tandis que certaines a encres anglaises en donnent d'assez nette tes »
Au moment où cette feuille va être mise sous presse, le Moniteur universel du 3 mars 1 858 nous révèle dans ses Variitéê un noa-
irmiXES ESTAMPES. M7
wtma moét de reptodoctiao d^eslaiapes, ao WÊOjem de la irapenr do phosphore, qn a la propriété de se condensa sur les tailles sans 9g^ sur les blancs. C'est encore à M. Kiepce fs OB doit cette déeovrerte. Je me bornerai à dier nne phrase de son Mémoire présenté à YAeadhnie de$ Sdenees par M. Ghevreol le hindi 1" mars.
« On expose la gnmtre à copier anx ?apenrs « dn pboq^bore bhUant lentement dans Vûr; € les noirs seuls slmprègnent de ?apenrs phos- « phorées ; on rapplique sur une feuille de € papier sensible préparée au chlorure d*ar* « §akX; après un quart dlieure de contact, la « grarure est représentée sur le papier par un € desnn formé de phosphnre d*ai^»it, lequel, « quand il est suffisamment rigoureux, résiste « à 1 acti<Mi des agents chimiques étendus « d*eau ou dilués. »
Je renvoie au numéro du journal signalé Famateur qui voudrait se mettre an courant de tous les détails de ropération.
Voilà deux nouvelles découvertes bien inattendues, qui vont grandir encore en Eu* rope un nom déjà si populaire. Nous verrons
818 DIVBHI IYMTKNRA DK HIPIIOIlUCTIOlt
pur lu Nuitn qupUou ooniii^quancoi m di^* coulorout pour Turt qui fuit lo nujot do en long chupilro.
lVoH(|uo iouR InM i(yAt6moi oi-doiiui décrit» «ont (^Kuloniout npplicublo» fc lu roproductlon don doHMiuM h h plumo ou nux dlvum cniyon«; inaÎM il oHt t\ uotor (|uo, Hi lo trait on eut trè« It^gor, o.oNt'f^-dirctrnnN uvoo uno onoroptuopR- (|un ou uu (Tuyon cruiu) tointo \m\ prononcé^ iU rountiNNont don ompn>itit0ii fort pAlM et à poiuo vidihloH iji moinn qu'il i^y ait moyon do loM rtMit'orcor), vu quo Tuctlon do la lumlèro a l^lt^ iuipurraitomcut iutorcopt<^o. Lo noir d'imprcH.siou au rcuitruiro , pau pt^rméablo fc co fluido, offro dr» cNprtmvoii bioit plua vtgourauaoM. IiOH aquurolloN AornproduiMout quolqucfoin UMHoy. hourouMonuMit h Tnido dn In c^hnmbrf noiro. M. Arlhur For^t^aiM m*a donn4 uno ri^ umrquablo oopio hcMio^ruphiquo d*un douaindo co gt^nro roprt^Hontant In ddumlitlon daa mui- «ouM du pout Notro-Dumo. On pout t^gnlomont n^uMttir h rcproduiro pur voto do rAfiraotion co^ taindii puinturoN a Thuilo, pourvu qu^allas n*aiont pau trop tourné au noir.
DtS TIBILLBS ESTAMPES. St9
Ge chapitre n'est après toot qii*aii simple résumé, une compilation succincte, si Ton préfère, de nombreux articles publiés dans plusieurs journaux. N'ayant jamais eu le temps d^éprouver moinméme les procédés indiqués, je ne puis répondre de leurs résultats, annoncés de confiance. Tai rédigé cet exposé à titre de sujet intéressant pour les iconopbiles ; mais à ceux qui voudraient mettre ces théories en pratique je conseillerais de consulter les ouirrages spéciaux et très détaillés, et de prendre quelques leçons chez un professeur de photographie ; là seulement ils pourront slnitier aux trucs du métier, à ces petits secrets qu'aucun livre ne révèle , et qui sont la condition sine fua non d'une parfaite réussite.
8IJ1 U P08UBILITÉ DI DIDODBUB Ul nUILLIT tUPLI.
Il 8*agit de diviser en deux placards, pour en opérer la reproduction (par la méthode citée pages «H05 et H12), soit un feuillet de livre, soit une lettre écrite des deux côtés, soit une estampe dont le verso serait chargé d*une impression quelconque. La possibilité d*une telle opération n*est pas une chimère : elle a été effectuée avec un plein succès par M. W.
Baldwin à Londres, et h Paris^ un imprimeur en taille-douce, réparateur d^estampes, M. A.
Pierron, a mis à l'Expositioii universelle de 1885 plusieurs échantillons de gravures dédoublées.
Je regrette de ne pouvoir livrer aux amateurs ce secret qui n'est pas en ma possession, mais je leur ferai part de quelques observations propres peut-être à les mettre sur la voie ; de lliypothèse raisonnée à la pratique sûre, il y a quelquefois un court intervalle à franchir. En attendant que je sois en mesure dlndiquer des moyens infaillibles que de nombreuses expériences doivent seules me révéler, je vais développer des idées théoriques qui, si je ne ma fais illusion, feront toucher de près à la solution du problème.
Notons d'abord que, si Ton n'a aucune raison de conserver intact le verso du papier. à dédoubler, on peut se borner à enlever avec régularité au grattoir cette surface incommode ; c'est un travail de patience. Pour y réussir sans encourir de mauvaises chances, voici ce qu'on fera. Le recto ou côté à ménager sem exactement appliqué au moyen d'une colle quelconque sur un fond uni de bois, de maiw bre, etc. On opérera soit h sec, soit en bumac-
881 POMIBIMTR DR nÉDOUILRR
tant lo vornn, nicfiex lôgOremeni pour quo fa colin qui flxo In roctono ptiiaso do ramollir. La supordrio oiilnvéo, co qui n'eat dilllcllo qu6 al le papier oat trôa mince, on lalaaera aôchor roatnmpe aur lo fond, on aplanira la aurfaca écorchde avec A^ lu peau de chien marin, puis on fera tremper le tout dana l'eau chaude, Tal* cool, etc., aelon la auhatunce qui aumaervi do collv ; cette dernière opération na paut cauaer aucun nmbarraa aérieux.
Mais, ai Ton tient poaitivement fc léparer la fouille on deux placarda égaux et aana déohiruroa, le travail est tout autre, et Je croia qu*il ne peut H'rfTnctunr aana le aacoura de certains apparoila d'uno grande précision. An premier coup d'cnil , hiou dra amateura jugeront aana doute la chose impoasible; pourtant on y a réuaai, puisque jVu ai vu des échantlllona. M. Hennin, le anvant collectionneur d*eatatlipea historiques, possédait une rare gravure (nn po^ trait d*Henri IV) au verso do la4aelle était un texte imprimé, dont lea caraotërea majaaottlei, apparaissant aur la face opposée, nuisaient beaucoup t reffet du burin. Il la fit remètm à Londres ii M W. Baldwin (inflAbyé dtfiâ
k maison de commerce d*estampes de P. Col* ntgfai)« qui la lai renvoya divisée «i denx pla> cards^ sans la moindre écorchure (1). M. Bald« win écrivit à M. Hennin que son estampe avait été iranchée ou, je crois, sdéê tndmu^^ explication destinée peut-être à dérouter les amateurs sur le procédé réeh
Sur quels principes peut reposer la réussite de l'opération? Voilà Ténigme à deviner. Par* tons de ce raisonnement : quand un eflbrl est exercé sur une matière solide quelconque dans le but de la diviser, c'est toiyours la partie la plus faible, la plus molle, ou celle qui n'est pas maintenue, qui cédera.
Or, dans une feuille de papier, on peut considérer les deux surfaces planes exposées à lair comme les couches les plus fermes de la
(1) M. Henmn cite ce ^t «a tome I de ses IfoiuitiifNtt de Vkistoin d« Fr«ii€«, page 215. J'ai otil dire quta 1848, M. Bâldwin éUit parveaa à dédoubler des baaknotes; la Banque d'Angleterre lui oflrit une récompense pour qu'il ne divulguât pas un secret qui pouvait, en des mains déloyales, lui être préjudiciable. M. PoniU let te serait intéressé àce tour de force et le éfMtertit je ne tais en quel ouvrage ou ménoire.
884 POSSIBILITÉ DB DBDOUBLBB
masse, et la couche intermédiaire, dans toute son étendue, comme la plus faible: ainsi d'une tranche de pain rassis, d*un morceau de ouate à surface lustrée , d*une pierre calcaire durcie par Taction de lair. Un feuillet de papier présente un si mince profil qu'on ne peut le dédoubler faute de prise, faute d'espace pour introduire une lame ou une scie entre ses deux faces, comme on ferait à Tégard d'une planche de sapin épaisse de trois centimètres. Pour réussir on devra, je crois, recourir à des procédés analogues à ceux dont je vais donner la théorie. Essayons d'abord du suivant : faisons adhérer la plus précieuse surface du feuillet à un fond de bois résistant, iris lisse sans être poli. Quelle que soit la colle employée (j'ignoro encore quelle est la plus convenable), elle devra être parfaitement pure , sans le moindre grumeau , d'une viscosité bien homogène, et telle qu'elle ne pénètre pas à l'intérieur du papier, mais s'attache uniquement à sa superficie. On fixera donc le recto sur tous les points avec un égal degré d'adhérence; puis, une fois la dessiccation complète, on étendra sur le verso, exposé aux regards , une couche de la même
m rcciLUT ttsru. SIS
cMe^Tmde d'mpiscseao fin, ajraiitlMai «n qjoe chaque portkm de la aorfiice eo reçonre la même quantité, et qn^aocoiie parceOe ne s*étende an delà dn papier et nVmpiète snr le fond de bois, qnll est aisé de mettre à fabri des atteintes dn pincean. Snr eeife eoncbe mqnenseon appliqnera, à Fétat demoitenr, soit nne toile résistante, soit nne pean bien nnie; adoptons le parchemin. On s*arrangera ponr qne cette fenille déborde des quatre côtés les limites de Testampe ; ces portions excédantes et libres seront destinées à fournir de la prise. Le tont bien sec, on essayera dlsoler la fenille de parchemin qni doit entraîner arec elle le verso dn papier à dédoubler. Un des côtés excédants dn parchemin dem être saisi dans tonte sa largeur et tiré lentement arec un effort identique sur tous les points. Je citerai ici nne opération délicate, que j*ai tu pratiquer à Naples pour dérouler un rouleau de papyrns incinéré. Une bande de baudruche se relie à de nombreux fragments de la même pean , adhérents à la surface raboteuse et très inégale du rouleau de cendre ; on attache à cette bande un rang serré de cordons de sme fixés.
par Tautrc extrémité , & un cylindre supérieur qu'on fait tourner avec une lenteur extrême.
La baudruche, collée dans les moindres replis qui rident la surface du rouleau » se déploie peu à peu, entraînant les diverses couches de cendre , vestiges impalpables des spirales qui formaient le rouleau ; après quelques tnois le tour de patience est accompli.
Un procédé analogue , appliqué au dédoublage de notre feuillet , réunirait^il toutes les conditions de réussite? Je le crois, pourva toutefois que le papier soumis à Texpérience ne fût pas d'une fabrication par trop grossière. Si le collage des deux superficies a été pratiqué avec une précision parfaite, surloul vers les bords (ce qui est le point difficile), il um semble que le parchemin, tiré avec une régularité mécanique, entraînera, avec la surface du verso, juste la moitié de la couche intermédiaire du papier, laquelle est ici la partie faible , celle qui doit céder. Plus le feuillet k dédoubler aura d'étendue , plus nécessairement l'opération exigera de précautions. Si chaque point des |deux surfaces n*adhérait pas complètement au fond de soutien , soit qu -il y eût