UN FEUILLET SIMPLE
des intermittences dans le collage, soit qn^il se trouvât des ordures dans la pâte du feuillet, il se formerait des déchirures ; mais le papier, supposé bien collé et bien égal dans sa contexlure, se dédoublerait, ce me semble, en. deux tranches de même épaisseur, comme. si Ton avaitaffaire à une carte à jouer formée de deux feuillets distincts.
Le dédoublement une fois accompli, le reste de Topération ne serait plus qu'une bags^telle : il suffirait, pour détacher les deux minces pla-i cards , de tremper bois et peau dans Tcao chaude si la colle y est soluble ou dans Talcool si elle est d^une nature résineuse , etc. .
Réussirait-on mieux en fixant entre deux tablettes de bois le feuillet au moyen de coUodion ou d'un vernis , et laissant le tout tremper pendant plusieurs jours ? Par Teffet de la capillarité, Teau peut-^tre s'infiltrerait par der grés à travers le milieu du feuillet et en ramollirait la couche intermédiaire sans attein* tire les deux superficies, qui, protégées contjre 1 action de Teau, deviendraient des parties résistantes par rapport à la couche centrale^ ramollie par Thumidité. Je L'avoue, je neaaurais
conceroir, pour résoudre le problème, un procédé où la colle et Thumidité ne joueraient aucun rôlû.
J*ai entendu parler d'une machine destinée à diviser les peaux d*agneaux en couches fort minces. Une lame très affilée et d*une épaisseur presque nulle entame, m*a-t-on assuré, le profil de la peau, maintenue entre deux cylindres fortement serrés Tun contre Tautre , lesquels , tournant en sens contraire , entraînent la double tranche formée par Faction continue de la lame. Ce mode de dédoublage serait sans doute applicable à des feuillets de vélin. Du reste , le renseignement est fort vague : je n'ai pu voir ni Tappareil, ni même un dessin qui le représentât ; néanmoins , il m'a inspiré une idée peut-être réalisable. Le point le plus difficile est sans contredit de commencer Tentaille sur toute la ligne, et au milieu même du profil d*un feuillet. Y parviendrai^on par remploi de ces lames extrêmement minces dont se servent les amateurs d'expériences microscopiques pour obtenir des tranches de bois d'une excessive ténuité? Il m'est impossible de croire qu'une telle lame ait de la prise
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même $qt un papier d'ane moyemie épaissear.
En définitiTe, voici comment je compte m^ prendre ponr commencer le dédonblage . Un des bords (du cdté le pins étroit) étant enduit de part et d'autre d'une colle qnelc<mqne« d*une viscosité convenable et homogène, je rengagerai entre deux planchettes de bois dur et uni, sorte d*étau à mâchoires très larges. Quand le feuillet engagé sera bien sec, jé tl^ obérai d*écarter les deux planchettes Unifor^ mément sur toute la ligne. Si tons les apprêts ont été fdts avec soin et si la colle étalée sur chaque surface n*a pu se réunir à travers le papier, il me isemble que chaque (dancbette ou mâchoire d^étau, en se séparant, entraînera précitément la moitié de Tépaissenr du feuillet. Ce résultat obtenu , rien ensuite de plus aisé, je le répète , que de détacher du bois les por^ tiens collées.
Le bord du feuillet une fois dédoublé â une profondeur de quelques millimètres, on rengagerait entre deux cylindres de bois bien ni^ et Ton collerait chaque portion isolée sur un des cylindres. Le tout bien sec, on serrerait fortement les cylindres Tun contre l'autre ft
Vaide d*un ressort, puis on les tournerait avec une manivelle dans le sens où leurs surfaces courbes semblent se fuir. Il est probable que, le feuillet étant ainsi disposé avec un commencement d'entaille, la division en deux placards s'opérerait régulièrement même à sec, grâce à Vécartement uniforme des cylindres et à la pression qui maintient les portions engagées du feuillet à mesure qu'elles s'approchent de la ligne tangente du double cylindre.
Telle est la théorie, vraie ou erronée, que je compte mettre en pratique pour résoudre un problème que d'autres ont résolu. Ces idées sont-elles de pures chimères? Ont-elles au contraire assez de fond pour que, grftce à certaines modifications qu'inspire toujours la pratique, on obtienne le résultat désiré? Je l'ignore complètement. Celui qui voudra me prévenir dans ces essais en est parfaitement libre , puisque je n'ai développé qu'une théorie, et n*ai point pris , comme on dit en style industriel , « ub brevet S. G. D. G. ».