H DE L\ RÉPARATION
d'un alcali. Il est à observer que les alcalis noircissent plus ou moins les cuirs; aussi, après leur emploi, on y passera un peu d'eau acidulée, qui annulera cet effet. On notera, en outre, qu'il faut humecter fort peu lo maroquin , sinon Ton détruirait le grain de sa superficie.
On pourra commencer par essayer de la benzine ; cette huile essentielle n'attaque aucune couleur, h moins que cette couleur n'ait pour principe une substance grasse ou résineuse.
Elle n'agit pas à la manière des alcalis; elle ne saponifie pas les corps gras, mais elle les dissout comme l'eau dissout un sel, do la gomme, de la gélatine, etc. On la fera agir vivement, vu qu elle s'évapore avec beaucoup plus de rapidité que l'ammoniaque, alcali dit spécialement volatil. Ce dernier liquide se mêle à l'eau , mais la benzine ne peut être étendue que d'alcool.
La benzine donc , comme toute autre huile essentielle , n'opérant qu'en qualité de dissolvant, il faut, après l'avoir appliquée, pure ou mêlée d'alcool, sur la couverture d'un livre, et avant sa vaporisation, l'essuyer avec un linge
DES VIEILLES BBLIDRES. 9
fin , iBtremeDt les molécules de natiire gnsie qu'elle s dissoutes, mais non décomposées, ne feraient qne pénétrer pins avant sons répt* derme dn cnir pour reparaître plus tard i la
surface. Le mieux serait, après avoir versé quelques gouttes du li({uîdesur une des faces do livre , de lonrner celle face du cfilé du sol. Dans cette position la benzine , chargée d'une portion de la substance grasse, tombe et s'accumule snr la fleur da cuir ; c'est alors qu'on l'essuie vivemeol, et qu'avec elle on entraîne la matière qu'elle tient en dissolaiion. On renouvelle au besoin l'opération plusieurs fois.
Cette manière d'employer les dissolvants des corps gras est également applicable à l'enlèvement , snr les estampes, des taches huileuses i t'aide de la benzine , de l'alcool , de la térébenlhiae, etc. ; je recommanderai donc an lecteur d'en prendre note. Quand on dégraisse avec de l'eau alcaline, il est inutile de procéder de cette manière : on n'a qu'à enlever à l'éponge humide le savon qui s'est formé sur la surface du cuir; ensoite on laisse sécher le volume ft l'air, puis on le met en presse.
Ponrles taches d'huile recenlet on peut ansâ
iO I>K LA RÉPARATION
recourir aux poudres impalpables , de nature argileuse, absorbante et légèrement alcaline. On vient de m'en signaler une nouvelle (du moins quant au nom). M. Massignon « pharmacien, rue Saint -Honoré, Ta baptisée :
« Poudre margarivore , servant à détacher les étoffes les plus susceptiblea, »
Une tache d'encre noire ordinaire (gallate de fer), qui souille une peau quelconque, maroquin , mouton maroquiné , veau , basane ou parchemin lisse , perd sa teinte noire au contact de quelques gouttes d'une solution de sel d'oseille ou d'acide oxalique ; mais je renouvellerai ici le conseil déj& donné : ces substances pouvant altérer certaines couleurs, il est bon de pratiquer d'abord in anima vili. Si la nuance pMit ou change un peu , il serait , je pense, assez facile de la raviver, de la raccorder, avec de simples couleurs à l'usage de l'aquarelle , après avoir annulé par un alcali les traces de l'acide oxalique.
La tache jaunAtre qui survit à la disparition du noir de l'encre est, pour ainsi dire, nulle sur les peaux de couleur brune ou fauve, mais sur du vélin très blanc, par exemple, elle resterait
DBS VIEILLES RELIURES. f 1
apparente; cimimeot Ten débarrasser? Si Ton est oUigé de prolonger sur Foxyde de fer, qoi en est la base, Tactîimde Tacide oxalique , maintenu chaud, cette portion du parchemin non-seulement perdra son édat, mai3reoiir^ ra le risque d'une désoi^anisatic» immédialo ou ultérieure (1). : ?
Quant aux taches d'encre de Ghine^aseiêil?
nés ou réc^ates, qui auraient pénétrai^ tW9% quel qu'il soit, de la çou?erture d'wiivi»^ elles résisteraient à tous les age&ts conBUéit ;
Pour faire disparaître les diverse çMtoni qui font tache sur les différentes peauK^miléii dans la reliure, on aura recours, »ree mem^ qpection et après avoir essayé d'en bieareoeB? naître la nature, aux procédés de déccdorififft indiqués pour les estampes. Il se rencontrcfi^ sans doute, plus d'un inconvénient queii'iffiGti pas le pilier ; mais, d'autre part, on n'auit pii ici à se préoccuper du souci de ménager IV»?
cre d'impression. Quant aux couleurs 4ll4l^ structibles, comme le bleu de cobalt «xui ne
(1) Voyez, an sojet des taches d*oxyde de fer, la Noté imprimée à la soitè do présent oii^éln.
tS m: i.A HAPAnATiON
rt^iiKsirnii pas luioiix (|iio Hur lo papier h Ioh fairo (iiMparatlrn. PaHKonM iiminlcnRia aux réparations puroinnnl rliinirgunilos.
La plupart dos l)onqiiins,roux niirloutoxpo- !i(^ InnfftnnipssiirloKparapotsdn noMquaifliOiU ù.u\ tant(M rissoli^ par un anlonl Holoil, tantôt (iistnndiis par iitio atn)0Kpll^^^l1un1idQ; il» ont (*ontrari(\ dcvs inliriniti^s, dos mnhdirë de peau pins on nnuns rnrablos, soinn la durrio do TcV pronvn. Ln n^ginn^ pins doux d'nno bibliothè- \\w, plaof^i* dans nno cliambrn où la tump^^rainro ont h ]m\ pr(>s tonjonrs <^galo, surfllqncl- (|nf'rois ti riHnblir Irnrs rnnvnrlnnm d()jot(V0R ; nniis lorsqno la snporllcio du cuir tombe on (W*.aillt»s, ontratnant la dornrn , il failli s'ils on Kontdignos, tour faire fairo poau nouvo, los livrer dn nouveau au relieur, suppose^ qiio lo papier, Torgane ossontiel de leur exiAtonco, no soii pas moisi sans reniMe ; sinon r/oHl un livro pm'du, ou, du moins, incapable do fairo les d(Mieos d*nn bibliophile; il rossoniblo A cortains vieillards attoinlsd'inllnnitt^H ingudrisHablés : il nVst plus bon (|u'^ consulter.
Il en est(|ui, placi^s danii des conditions
moins rades, ont seulement Tépiderme çà et là écorché par le contact soit de rustiques voisins munis de têtes de clous ou de fermoirs , soit de planches raboteuses , soit enfin de ces paniers d'osier à Taide desquels les entrepreneurs de déménagements gâtent en une journée une bibliothèque entière. Celle du Louvre , soit dit en passant , était, au printemps dernier , en train de s'installer dans un nouveau local, au moyen de ces paniers, si redoutables , en dépit du foin ou de Tétoupe dont on les tapisse à Tintérieur. Une partie de mes livres ont passé plusieurs fois par cette fatale épreuve et ils s'en sont fort mal trouvés. Aujourd'hui, quand je déménage (la précaution est un peu tardive), je fais usage de boites bien rabotées à l'intérieur.
Pour les bouquins légèrement dépolis , de- /leumpar le simple frottement, il est un palliatif propre à leur rendre un certain degré de fraîcheur et un aspect plus décent, qui dissimule jusqu'à un certain point la ràpure de leur vieil habit. On étale sur leur surface , à l'aide d'un vieux gant, de la colle de peau ou d'amidon (cette dernière assez épaisse) à la*
qijolln on pout ajouter un peu d*alttn. On en lmrl)ouiIlc vivoroontlc dos, les plats et les profils du carton ; puis , avec un linge fin , on enlève \v. gros de la collo. On entraîne en mâme temps et la couche de poussière et aussi plus d'une souillure que Teau a ramollie (i) Il rostoru sur lo volume, après cetto opôration, une très mince couche de gélatine ou de gluten (partie visqueuse de Tamidon) ; avant qu'elle soit tout àfait sèche, on y passera la paume de la main sur tous les points. Les po^ lions d(^flcurics du cuir, qui avaient Taspect mat de Tamadou , reprennent une teinte brune quelquefois ni/ime un peu trop prononcée. S'il y avait <1 la superficie de légères excoriations, leurs dentelures buvochécs, gr&ce à cet encollage, se trouvtiut rr^.unics au corps de la peau , dontrc^piderme redevient lisse, sinon brillant,
(I) Cortaines roliuretf du KVI* siècloont sur les plali (io.'f ornoinontH do divorseï nuancos, formées par de isimploit couloum à Teau. En ce caH* il faudrait ou H^nbBtunir (Vf passer do la collo , ou cooserver un dessin oxart do cos fugitifs ornomenti, afin de les rétablir après ropéraUoD.
DES VIEILLES RELIUftES. 15
Les coins, qui, presque toujours, sont très usés ou même crevassés, se seront raffermis. En un mot, si l'habit ne peut passer pour neuf, il sera du moins plus présentable et contrastera d'une manière moins choquante avec les livres fashionables placés sur le même ray<m.
Après ce débarbouillage à Tamidon, il arrive, comme aussi après le décrassement par les alcalis , que la couverture du bouquin est devenue terne. On réussit à lui rendre son brillant (supposé que la fleur ne soit pas enlevée) , en le frottant avec un morceau de flanelle iminrégné de quelques gouttes du vernis, très necatif, dit des relieurs, vernis qu'on troitve à Paris chez des marchands dont les noms figurent à la fin de l'article Relieurs , dans l'Annuaire du Commerce.
La plupart des amateurs et des bouquinistes de la capitale connaissent ce moj&a peu dispendieux de rendre un certain lustre aux vieilles reliures fanées et dartreuses (qu'on me passé l'expression). Si j'en ai parlé si longue» ment, c'est surtout pour les amateurs encore novices ou confinés dans une petite ville de
10 DE LA nÉPARATION
province. Gomme ces derniers, c*est probable, ne sauraient où se procurer le susdit vernis, je leur communiquerai la recette de M. F.
Mairct, qui indique les proportions des ingrédients pour une grande quantité ; mais on est libre de Ins réduire au dixième. « On fait « dissoudre (dit-il au 89* article de son Essai « sur la Reliure) dans S litres d*esprlt de « vin de 36 h 40 degrés : — Sandaraque, 8 once ces. — Mastic en larmes, 1. — Gomme laque « on tablette, 8. —Térébenthine do Venise, 9. » Ilajout<! : (c On concasse les gommeset on opère u jour dissolution en mettant tremper la bou- « tcnlle qui contient toutes les matières , dans « de Tcau tr^s chaude et en la retirant de « temps en temps pour Tagiter. On conserve i( ce vernis dans la bouteille où il a été fait , f< la tenant bien bouchée. Quand on yeut se « servir du vernis, on a soin de ne pas le rea muer, à cause du dépôt. »
Je forai ici une recommandation analogue à celle de M. Le Normand : il vaut mieux placer d'avance la fiole de verre dans le vase contenant l'eau du baiu-marie, avant que cette eau
DU VIKILLKB MLIURE9. 17
boaille, ùnon l'on risquerait de briwr sa fiole ; aa Uea de l'agiter, ob ramuera la mixinre avec une tige de Twre.
Voici commentJf. Hairet a'expUiiae au 8ii>-
jet de remploi de son vernis : u On pose avec << un pinceau trÈs doux une cuuche de vomis tt sur le dos du livre, sans en mcUre sur la ■ dorure. Quand le vernis est prt;sque sec , on « le polit avec un morceau do drap blanc lé- « gër«ment imbii)é d'iiuilc d'olive; on frotte « d'abord ditucemenl et entuito plus fort & ni&- « sun? que le vernis BÈche... Pour réussir, il • faut absolument que le volume soit parfaiteu ment sec et sans Ih moindre humidité. »
A défaut de ce vernis, on donnerait au bouquin un certain brillant, moins .solide il al vrai , en le frottant avec te liquide qui Burt h glairer; il se compose de blanc d'osuf (albumine) délayé avec un peu d'cnu ei additionné d'un peu d'alcool ; le tout bien battu. On pour* rait encore essayer d un glacis a la colle de peau ou a tagomme arabique.
Ou rend le lustre au v^-lin bhmc et aa vuuu (hors pourtant aux endroits par bvp àètaam par l'usure), en les frottant avec un poltssoir
18 DE LA RfiPAHATlON
d*agato t une dent de loup, ou un fer d'une forme cambrée et chauffé convenablement.
Quelquefois, avant de polir, on passe surit peau, selon M. Le Normand, de la flanelle très légèrement imprégnée de suif ou.dliuile de noix. Il faudrait bien se garder de repolir le maroquin , vrai ou imité , car on en écraserait les griiins ou les rides qui on sont la beauté. Même observation à Tégard de la basane,; pean à fleur tendre , qui risquerait d*étre écorchée. Pour lustrer ces sortes de cuirs, on se servira du vernis des relieurs ou , au pis aller, du vernis à Talbuminc que j*ai signalé cidessus.
Réparations des lacunes, ÉcoaciURBS, etc.
— Passons au traitement de plaies sérieuses, qui s'étendent bien au delà de la superficie de répidermc. On voit souvent des couvertures en veau , basane ou maroquin, çà et là profondément écorchécs ou môme percées de trous comme les manteaux do Dicfgène et de Ruyr Blus; le dos, les charnières et les coins, ceux du bas notamment, laissent paraître à nn la pâte du carton ; c'est un état de cynique qui réclame au moins quelques palliatifis ; lé 8im>-
DES Y1EILLÉS RELlOftES. 49
pie bari>oitillage à ramid<m esi impuissant à gaérir de pareilles blessures.
On essayera de réparer les lacunes à Taide de (iragta ie nts de peaux de même' nature et de nliaàce identique. Je supposerai d*abord que l'anateur possède des débris de maroquin, de veauftove, de vieux vélins, etc., dépouilles <fe livres infoitunés dont le texte ^ & tort ou à bon dmt, a été voué aux usages les plus humiliants. On cherchera parmi ces lambeaux une pièce cimvenàblé : quelquefois on trouve. Le point essentiel , c'est d'assortir le grain de la peau. Quand la nuance est trop claire, on la raccorde plus ou moins aisément avec des oon» leurs pour l'iaiquarelle; mais si elle est trôp foncée, il faut chercher encore. On parvient à édabdr un peu leireau d*une teinte trop brune à l'aide d'un acide affaibli.
Supposons le morceau trouvé : avec un peu dVidrésse et de patience on réussira à combler une laolne par des procédés analogues à ceux indiqués pour les raccords du mâôie genre, pratiqués sûr une estampe. On donne 'à la la* cune une fbrme nette, bien arrêtée, et onIacànH b!e'avee une pièce dd dimension identique. Si
Ton n*a pas le temps de se livrer à ce travail do mosaïque de rapport , on se contentera de soulever, avec une lame souple , les bords de la peau qui forment le contour de la lacune ; on appliquera de la colle épaissie ou de la gomme sur le carton mis à découvert ; on glissera la pièce , amincie surtout vers les bords , puis on rabattra par-dessus les bavochures de Torifice du trou , après les avoir très légèremont impr<^gnées d'une colle peu fluide, sinon cotte colle ferait tache. Mais une pièce ainsi mise sera plus désagréable à Tooil que celle rapportôe par le premier procédé, car à cet endroit il y aura toujours une sorte de bourrelet qui accusera la forme du trou.
Parlons maintenant de la réparation de ces excoriations plus ou moins profondes, produites par le brutal contact d'un corps dur, anguleux ou raboteux.
Quand les portions effiloquées du cuir sont au complet, on les redresse, puis on les rabat sur la cavité de Técorchure après les avoir enduites légèrement de colle d'amidon épaisse.
Mais si les dentelures correspondantes an vide sont absentes , comment niveler ces sortes de
DES VIEILLES RELIURES. Si
sillons qui offrent l'apparence de Tamadou?
Avec une pièce rapportée ^ incrustée dans la fissure? C'est une opération ^ je crois , difficile à pratiquer^ et il en coûterait moins à convertir Técorchurc en une lacune bien nette ^ que Ton boucherait comme je Tai dit ci-dessus. Tâchons d'imaginer une sorte de mastic.
Je ne suis pas au courant des procédés mis en œuvre pour la fabrication du cuir bouilli, mais il me semble qu'une pÂte formée de limaille de cuir, qu'on ferait bouillir avec de la colle de peau , (remplirait assez bien notre but. On en comblerait le sillon de l'écorchure, pois, quand elle serait sèche , on raserait l'excédant au niveau de la surface générale, et l'on passerait le brunissoir.
Ce moven m'est venu tout en causant avec vous, mais en voici un autre que j'ai mis en pratique , bien qu'assez grossier. J'ai un jour employé la susdite colle mêlée tout simplement avec du blanc d'Espagne. Mon livre pouvait être assimilé à un tableau mastiqué , qui attend des retouches. J'ai réussi même, avec cette pâte, à imiter le grain du maroquin. Je raccordais les teintes avec des couleurs à la
gomme (1). Mais cette sorte de replfttrage n'est applicable qu*à un endroil du plat assez rapproché du centre; dans le voisinage de la charnière , ce mastic sans souplesse s'écaillerait et se détacherait , ou , du moins , rendrait plus difficile Touvorture du livre.
J'ai songé aussi d tirer parti du ^utta-per* chu (2). Cette matière, de couleur fauve, a la ])r(>priétc, à une certaine, température (vers 70 degrés), do se ramollir et d*adhérer au cuir, puis de reprendre à froid son état naturel, qui est une demi-élasticité; mais, après avoir été fondue par rapproche d'un fer chaude ou mieux encore (si Fétat du temps le permet) à Taidc d'une loupe exposée au soleil, elle brunit beaucoup, et sa teinte ne s'harmoniserait
(1) Si ToD souhaitait raccorder artistement des Teauz marbrôs , jaspés , etc., ou certaines nuances particulicrus , on consulterait les principaux ouvrages lur la reliure, ({ui indiquent les procédés usités pour apprêter ainsi les couvertures.
(*2) Dans lo commerce on dit : la guttarpercha. Mais M. Boucliurdat et plusieurs autres savants diimistes donnent à cette matière le genre masculin ; f ai cm devoir suivre leur orthographe.
DES YIEf LIES RBUURES. S&
bien qti*avec celle d'un veau brun très foncé; je n'ai trouvé aiicun moyen pour |'^claircir a. > ' Je signalerai encore une autre expériencei^ tenter. On^ eonnalila souplefise de la pftto dei toiles eiiréet;'k en exitte de to«tes miancea^ En se.mettant au courant de ce genre de labrir cationv'On composerait peut-être un mastic convenable; mais je dois ajouter qu*aveccei sortes de matières, il ne serait permis 4e racr cord)erlesdoruresqu'àfroid« > . Parlons de^ la réparation t du rapiècement de la couvéTUire, à rendroitméme oï^eUelait l'office de charnière. C'est une opération; qn^ n'est praticable qu'à la condition de trouve? w tissu à la fois très minca et très souple. J'ai réussi à consolider cette partie d'un volume par l'emploi d'une bande de baudruche, glissée entre le dos et le plat , et fixée , d'une part , S9ir le bord du plat, d'autre part« sur le carton d^ l'endossage. Je donnais ensuite à la baudruche une teinte analogue à celle de la couverture. La déchirure restait visible ; seulement , j'avais remédié à la solution de continuité : le livre s'ouvrait et se fermait.
Réussirait-on mieux par l'usage d*une mince
24 UG 1'^ RÉPARATION
feuille de caoutchouc? Je n'ai pas essayé ; mais ce tissu , je crois , ne s'obtient en couches très minces que par un étiremeni exagéré de cette matière , qui tarde peu à perdre sa qualité essentielle : son élasticité. Pent-ètre raccorderait-on sans inconvénient (sur un veau très brun) les déchirures de la diamière^ avec des fragments de gutta-percha liquéfiés par les moyens indiqués plus haut.
J'ai quelquefois rétabli des coins de volume avec plus ou moins de succès. En cas d*avaries peu graves, voici comment je m'y prenais :
après avoir décollé, d Tintérieur du plat, le feuillet de garde, soit ù sec soit à Faide de rhuinidité , je repoussais à une certaine distance la peau endommagée ; je ooUais sur le carton un fragment de peau de même nature et de même nuance ; je rabattais les bavures et façonnais le nouveau coin à Tétat humide; puis, après avoir replacé les bords de la garde, je raccordais la couleur.
Quand la peau qui garnit le coin est par trop délabrée, on rapporte un coin entier qu*on taille en forme de triangle et que l'on colle de niveau avec le cuir du plat, tronqué net au
DES VIEILLES KELltRES. Vî
CABif. Si la pointe de carton est toute fmiUelêe, on' l«i rend de la rigidité au moyen de colle dft pAte on de peaa , dMit on l'imprègne et qu'on taisae bien sricher.Os peut lùonter un peo de blanc d'Espagne h la colle ponr loi ds&ner ptas de consistance.
Mais, loTstpte fangledu carton est tout ft ftiil arrondi, émoussé, écharpi^ par l'usure, on doil prendre le parli de le renouveler, en incorporant au plat un coÎd tout neuf. Pour l'y souder solidement , on dédouble de moitié , au canif, d'une part, le bord du plat, tronqué il cet endroit, d'autre part, la base du triangle qu'ony joint, de manière que ces deux espèces d'entailles se superposent, s'enchAssenl avec précision. Ici on fait usage de la colle forte. Ce travail n'est pas diflicile , mais les apprêts exigent du temps et de la patience, car il faut soulever le cuir et la garde sur une asseï grande surface , puis tout replacer. Si l'on ne se sent pas assez doue de celte dernière qualité, on renoncera h cette entreprise et on la conliera a un relieur; autrement on ne ferait rien et solide el l'on endommagerait soni volume aa lieu do le restaurer.
jU UK U HÊPARATIOK
HâPAUÀTioN DES THAMCUKS. — Pour ôlor 8ur les tranclios d*un livro une tache d'encre ou une flaque de couleur quelconque, on essayera des subsuiuces chimiques indiquées pour l*enlôvement sur le papier de ces mAnaes souillures. Toutefois, il faut ici faire une distinction : on ira pu8 affaire à une surface formée d*un seul jet de pûte de papier, mais à une réunion de profils de feuillets rangés en piles. Si Ton négllKeuii de mettre en presse la tranehe à nettoyer, le liquide, pénétmut à travers les inte^ stices, maculeruit un certain nombre de pages. Si pourtant Tiuicro elle-même s'était infiltrée assez uvunt sur les plats des feuillets , il vaudrait peutpôtre mieux que le liquide dissolvant suivit la môme route. Dans ce cas, on serait ensuite obligé dVffucer sur chaque feuillet les mouillures qui résulteraient de Tapplicatiou du remède , travail assez compliqué.
Si, au contraire, la tache souille uniquement la supcrticio de la tranche, on maintiendra lis volume bien serré et de telle sorte que la truache à nettoyer ait une position verticale; puis on appliquera, au pinceau, le liquide nécessaire La tnche enlevée (supposé qu'elle ne
DES VIEILLES BBLIURES. S^
soit pas desa,nature indécomposable)) il fau-t dra, eu certains cas, rélablir la teinte générale de la tranche, ijaccord peu difôcilft, à. moiii§ qa^elleijae Gpit,liabileiiienl marbrée. .i
Quantaux uanches dor^^v ror>éUfit iat^tlt taquable , eU«s réûsteroni naturellemait àrMr tion des agents chimiques ; on réussit à- enfaim disparaître l'eacre, sans avoir a raccorder ce fond brillanl. Là tache cède quelquefois au contact d'une éponge humide. L'encre de Chine eUe-méme, ce noir indécomposable, est susceptible de s'effacer par ce simple proctïdé, qui agit par voie d'enlrainemenL.
Supposons mainteuaiit des tranches que ne salissent aucunes taches, mais qu'un fréquent feuilletage a fanées, flétries, décolorées en partie. Il est assez aisé , je le répèle, d'en ravit ver les couleurs , si toutefois elles ne sont pas trop compliquées ; j'ajouterai ; et poui-vu qu'il n'y ait pas de cahiei-s ou de feuillets , les uns en retrait, les autres en saillie, par rapport an niveau général ; cai', on ce cas, il faudrait comuiauctii- par réparer l'endoasage^ sttm dtâldqtMC le volume : opération presque imposa^U. l4 conteur ravivée k on repolit avec un bpHQiKwr
en agate la tranche maintenue bien serrée.
Si une tranche , non plus peinte , mais dorée, a été çà et là endommagée par l'usure , est-il permis d'en raccorder les parties qui ont perdu leurs brillants reflets? Les raccords parfaits de teintes d'or sont impraticables sur des bordures de tableaux , et , sans doute , il en serait de même à Tégard d'une tranche de livre. La nouvelle couche d'or appliquée sur la lacune contrasterait par la fraîcheur de son poli avec le reste de la surface , et , aux endroits où elle empiéterait nécessairement sur les parties intactes, la surcharge serait visible. Il faudrait sans doute faire redorer l'ensemble par un doreur de profession.
Quand on s'est donné la peine de raviver la couleur des tranches, on peut désirer, pour compléter la réparation , le renouvellement des tranchefiles. Je n'ai jamais eu la patience de façonner une Iranchefile , sorte d'ouvrage de passementerie, qui rentre toutefois dans l'état du relieur. Sur cet article, l'amateur aura recours au relieur, ou, s'il veut entreprendre lui même cette restauration , aux conseils des ouvrages publiés sur la reliure.
Réparation des dorures. — Il s'agit ici du ravivement, du raccord ei du remplacement partiel des ornements dorés d*an bouquin prér cieux. Quand , pour le nettoyer, on le frot^, comme jeTai indiqué plus haut, avec du ç.aY0il en gelée ou de la colle d'amidon^ on n'altère pas la dorure , pourvu qu'elle ait été, appliqua jselon les règles ; on la débarrs^se , au.contraire^ de la couche de crasse qui loj ôtait.de^pn éclat; mais si elle a été, sur certains poiQjy}«; détruite par Texcoriation de la surface 4ti,ÇfUir^ il faut , pour la rétablir, commencer p^j.reçQ^o' vêler cette surface. Ici se présente upe gn^Q^ difficulté ; il s'agirait de trouver ^n ;iDa^4p propre à servir de fond (voir ci-dessus, page.f ^« A coup sûr on n'obtiendrait aucun seryÎQC du gutta-percha , à moins de dorer à froid ,.pai9* que l'application à chaud d'un fer à dorer ;l6 liquéfierait. Il n'y a guère que l$i resi^purcQ jiifiS pièces rapportées. ... ;
J'ai réussi quelquefois à raccorder ^t^^^.f^ promeut des fragments effacés de dorurea, par le simple emploi de l'or en coquille , étalé au pinceau sur le cuir préalablement réparé^^llniftais de mon niieu;i^ chaque p^tie ,4^),^|r)ie7
30 DE LA IIÉPARATION
mcntation à rétablir. Ce genre de raccord manque de brillant et de solidité; le frottement d*une éponge humide suffirait à Teffacer; mais on lui donnerait un peu plus de fixité en y passant du vernis de relieur.
Indiquons des procédés moins imparfaits.
Si Ton n*a que des filets , que des segments de cercle à raccorder , on peut soi-même fabriquer son outillage. On se procure de petites lames de laiton , les unes à tranches rectilignes, les autres diversement courbées sur leurs profils , comme des gouges. On a aussi de minces tiges de divers calibres, dont le profil est cii^ culairo ou ovale. Avec ces simples éléments, on raccordera bien des dessins: Le fond convenablement préparé, on applique à chaud ces fers (ainsi les nomme-t-on , bien qu'ils soient de cuivre) sur des fragments d'or en feuilles. Les fers doivent être un peu plus chauds que Teau bouillante ; pas assez , ils ne fixent pas la dorure; trop, ils brûlent le cuir (1). L*excé-
(1) Les doreurs, ai-je lu , portent sur leurs fen un doigt mouillé et reconnaissent , rien qu*au bruissement de Teau qui se vaporise, si le degré de chaleur est con-
darit d'or, non touché par le fer, s'énlère avec un morceau de serge.
S1I S agissait de restaurer, sur une reliure ancienne des plu^ précieuses , des ornements très compliqués, on ferait fabriquer quelques
fers, d*après les parties bien conservées dû modèle. Si Ton se sent assez dé patience et d^adresse , on tentera d'en façohnersôi-^méinel On calque au pinceau , avec un vernis dé réi^ smé ou de cire , les principaux motifls de For^ nementation intacte de la reliure ; ô^ appliqué ce calque, qui natureUemeni liàissè une éri^
preinte à Fenvers, sur un ftmd de cuivré; OÉ retouche son déssiin avec le même vérais; ^ enduit , dé " cetté'^ même sùlistance ^ - toutes W autres faces du cube ou cylindre de cùivnè ; qu'on fait tremper dans un bain diacide azoti^ que concentré (eau-forte). L'acide, corrodant le métal seulement aux endroits non converti de l'enduit, permet aux ornements de ressort tir en relief à la manière d'un cliché. On peur»
venable. Lq moyen le plus simple pK)ur un amatmr novice, c'est d'essayer ^on fçr sur un frappent de
32 1>K LA RÊPAIUTION
rait oiicoro avoir recours au procédé électrochimique appliqué au clichage.
A Taide de ce moule, obtenu d*une manière quelconque, il est permis do dignement rétablir les ornciucnts effacés , pourvu que le fond du cuir soit apte & recevoir la feuille d'or.
Notons, en passant, qu*il n*cst pas facile aux amateurs novices de coucher cet or, sans le plisser, sur les diverses parties de la reliure : c*est une expérience à acquérir. Ensuite, la pellicule d*or dépassera toujours nécessairement et masquera les places à redorer. Il faut pourtant que le fer tombe juste sur tel ou tel point pour qu*il y ait raccord; c'est assurément 1& la plus grande difficulté à surmonter, et Ton aurait plus tôt fuit de dorer un plat tout neuf sur toute sa superficie. Peut-être pourrait^n substituer & Tor en feuille une poussière d*or qu'on sèmerait sur le dessin tracé avec Tenduit albumineux destiné & fixer la dorure.
Selon M. Le Normand, quand on dore sur la soie ou le velours, on saupoudre la place où doit être appliqué le for d'une poudro sèche d'albumine, qu'on rend légèrement visqueuse en y dirigeant son haleine.
DES VIEILLES RBLIUtES. 33
On désire qoelqoefois rectifier un titre défectaeax ou ane date erronée. Le plus simple est de les faire réimprimer par on doreur sur une peau isolée , qa*on rapporte sur le dos da livre. On peat soi-même entreprendre ce travail, si Ton possède des lettres en enivre, un oomposteor et une dose d'adresse suffisante.
Supposons le cas où, sur un titre anciennement doré , et qu'on tient à conserver, il y a une seule lettre ou un seul chiffre à changer.
Il s*agit d'abord d'efTacer la lettre ou le chiffre à remplacer. On commence par y déposer une goutte d'alcool; puis on l'essuie et l'on entraine le vernis qui pourrait recouvrir l'or. S la dorure résiste à un firottement prolongé, on tentera sa décomposition chimique. Je ne conseillerai pas l'emploi de l'eau régale, le dispsolvant infaillible de l'or, car il désoi^aniserait le cuir. Je pense qu'un globule de mer* cure, maintenu chaud sur la lettre à l'aide d'un fer rouge ou des rayons solaires concentrés par une loupe (1), absorberait les
(1) L*applicatioo des rayons soUiras oonoanlrét àFé-
chanflèment de certaines sabstances oonviendratt, ea
parcelles métalliques en s'y amalgamant. Restera une empreinte en creux : comment la faire disparaître? On panriendra, je pense, à faire gonfler le cuir, à Tendroit déprimé, k Taide d'un jet de vapeur d'eau dirigé sur ce point au moyen d'un tube de verre très effilé. Cette trace effacée , ou au moins atténuée, on procédera au remplacement de la lettre. Le mieux serait de se procurer un caractère en cuivre du même modèle, et de l'appliquer chaud sur la place vide couverte d'un fragment d*or en feuille ou en poudre. Hais, quand on a affaire à une reliure très ancienne, on ne saurait, le plus souvent, assortir ce caractère. Il faudrait le faire exécuter ou le fabriquer soi-même par le moyen indiqué plus haut à propos des ornements.
plusiourB cas, à la réparation des estampes; mais il faut en user avec une précaution extrême, sous peine do brûler à Tinstani le papier sur lequel on dirige cette source intense de calorique. Si le soleil est très ardent, on se servira d*uno petite lentille, peu convexe , autrement (lit d'un foyer assez long. On pourra, à Taîde de plaques métalliques, protéger les environs du point où agit le foyer de la lentille.
DES VIEILLES RELIORES. 3tt
J'ai plusieurs fois remplacé , tant bien qae mal , le chiffre d'une date erronée au moyen d'or en coquille appliqué an pinceau ; mais, je le répèle, ce genre d« dorure manque de brillant et de fixité. Du reste, ce raccord n'est que provisoire; je compte, un jour, refaire ces chîffifea parle moyen snivaul. Vous avez, sans doute, va sur nos qnais, cd vente à bas prix, dealettre&ou cbifTres de cuivre, incrustés dans des manches de bois, et destinés à marquer le linge î Voilb notre modèle tout trouvé. On se procure nn fragment de cuivre laminé, et, k l'aide d'une petite pince, on eo façonne le profil, la tranche, dcmaniëre à obtenir, par exemple, un 2. L'épaisseur du métal devra égaler la dimension du plein ; pour former les déliés on amincit au canif. Arec un peu de goût et d'adresse , on a bientât le chiffre désiré ; on l'incruste dans une sorte de nianche de plâtre ou de gMse qu'on laisse sécher et se durcir : on possède nn fer il dorer prCt à fonctionner. Rbpoit d'ahcienhes couvEitTunES. — Est-il permis de reporter des couvertures d'ouvrages richement reliés , mais sans valeur, sur le car^ ton d'autres livres, plus précieux par- leur texte
36 l)K LA HÊPARATION
et dont le mill(^.simc B*accorde avec lo style de la rnliurc déinonti'ie? IMus d*un do nos bons relieurs répondra par raffirmative.
Où chercher ces magnifiques habits destinés à parer un livre en haillons, et pourtant d*une grande valeur intrinsèque? Où les vieilles coquettes, je vous prie , trouvent-elles ces belles chevelures factices qui les rajeunissont , du moins entre le front et Tocciput? Sur des tètes déjeunes mais niaises villageoises, qui livrent pour (|uelques francs une parure naturelle valant |)lus que leur dot, si les jouvenceaux du |)ays en savaient apprécier lo mérite.
Plus d*un volume a conservé vierge sa splendide n;liure originelle, par ce seul motif que le texte en est ennuyeux, insipide. A cette classe u|>partiennent certains ouvrages de théologie indigeste, *< œuvres sacrées, dirait Voltaire, car personne n*y toucho », et ces odes courtisaii(ïS(|ues, fadasses rimailleries^ en aristocrati(|ues livrrïes, adressées & de hauts personniig(!s (|ni les payent, mais no les lisent pas. (]\!St ii ccK sortes de livres qu*on peut, sans remords, cnhwer leurs précieuses enveloppes.
Toutefois, pour en tirer partie il est urgent de
DES TieiLLES HCLIDftES. 31
s'assarer si lears dimensions, en tous sens, «'accordent avec celles des nooTcaux volnmes <Iu'on se propose d'en décorer. Lesvienx livres intacts se dépouillent aisément quand on n'a « ménager ni les nervures, ni les gardes, ni le carton. Ce qui exijçe le plu» de temps, c'est i'enlèvemeni & set dos Adhn» dn colle (lui adfeèrent çà etlfcaucuirducôKjdcla chair iiprts la dislocation. Ob cache, bien entendu, l'ancien litre sous le nouveau, qu'on imprime sur an fragment de peau rapportée.
J'ai revêtu pins d'un in-4° de couvertures en vélin k ornementa dorés , provenant do livres du même format. Quand le dos »e trouvait trop étroit ou trop largR, jo remplaçais celle partie, nais alors la courerliire se composait de trois pièces. Si le dos était de mesure, j'crTaçais l'ancien titre, tmcé à l'encre, avec le sel d'oseille, et j'inscrivais lo nouveau au même endroit, mais à l'encre de Chini; ; doni, je le couvrais d'une nouvelle penu, trouvant trop long d'en etfacer les lettres par les procèdes Indiqués plus haut.
Supposons maintenant qo"!! s'agit de reporter snr un volume rare, dont on chaoge seul»-
ment le carton , la vieille reliure contemporaine qui le revêtait. Si la peau est u&ée vers les bords, aux coins , et à Tendroit où elle fait Toffico de charnière , sa séparation , sans avaries, do Tancien carton, est assurément une opération très délicate. Pourtant on y réussit, môme à sec, avec de la patience et des précautions qu'inspire la pratique. Nos habiles relieurs, pour peu qu*on ne regarde pas au prix, exécutent plus d*un tour de force en ce genre. Seulement, presque toujours, ils sont obligés de renouveler les parties corrodées par Tusure, ainsi que les gardes. Us revêtent donc çà et là le carton neuf du volume d*une peau mince, bien assortie à la nuance de Tancienne, y transportent la couverture séculaire encore charg(^c des riches ornements qui en constituont toute la valeur, et, sur ces portions renouvelées , rétablissent les dorures d*après le modèle qu'ils ont sous les yeux.
Plus d un relieur a réussi à reporter, avec une merveilleuse habileté, sur un nouveau fond , le splendide habit d'un livre rarissime, sans avoir été dans la nécessité de le recoudre et de le rogner une seconde fois, extrémité
toujours fïctaeiise. On peut même, à la rigueur, A force de soins, parvenir, sans en disjoindre les cahiers, à nettoyer les feuillets un à un et à en réparer les lacunes et les déchirures ; mais on eonçoit que de pareilles restaurations sont une affaire d'argent, et ne doivent s'appliquer qn'& UQ livre pour ainsi dire ineslimable. Je crois môme qu'il existe à Paris des relieurs de force à remettre en place un cahier in-octavo qui aurait été transposé , sans dérelier le volume et sans laisser subsister la moindre trace de cette opération difficile.
ion BEUTITE lUX TACHES DE ROUILLE.
Dans mon Essai sur l'art de restaurer les estampée, etc., j'ai plus d'une fois exprimé mes regrets au sujet do la difficulté de faire disparaître radicalement les taches ou couleurs qui ont pour principe le peroxyde de fer. Comme une estampe il décolorier contieut d'ordinaire plusieurs couleurs & base ferrugineuse , il serait & souhaiter qu'on pât la soustraire k l'ac-
40 NOTR RELATI¥B
iioii prolcingée de Tacide oxalique bouillant, dont j'ai signalé le danger dans la note de la page 1\,
Je rappellerai d'abord le conseil que donne M. de Fonteuelle pour enlever les traces de peroxyde de fer, autrement dit pour séparer ce métiil de ToxygÈne qui s est combiné avec lui eu doses plus ou moins fortes: il indique remploi d'un hydrosulfure alcalin. J*ajouterai ce j)assage, plus explicite, sur le même sujet, extrait du Manuel du Relieur^ de M. Séb. Le Normand. Paris^ liorei^ 1831, pageSBS:
a On enlève les taches de rouille (sur le paff pior) en leur api)liquant d'abord une solua tion de sulfure alcalin^ qu'on lave bien enu suite, puis une solution d'acide oxalique, a Duns cocas, le sulfure enlève au fer une para tie de son oxygène et le rend soluble dans <t les acides affaiblis. »
M. Le Normand aurait dû, ainsi que M. de Font(!nelle, désigner moins vaguement la subsianc(; (jiril conseille. Il veut, sans doute, pa^ 1er du protosulfure de potassium. SelonM. Bouchardat, « une dissolution de ce protosalfure, « exposée à l'air, absorbe peu à peu l'oxy-
ACX TACBBS DE ROUILLE. 41
u gène. » Hise M contact avec or» lacbe d'osyde.âe^fer plus ou moins compliqué, m coraporterait-elle delà même manière! Ce Bidfu», aa confine, n'e\ercerail-il, ainsi que le protochlorure d'étain , son pouvoir désoxydant qu'à sec, au fond d'un creuset, k une haute température! La réponse ft ces questions exigerait des expériences que je n'ai pas ils temps de faire, pour eu communiquer au lecteur les résultats. Reste aussi à savoir-siles sulfures alcalins n'attaquent pas l'encre d'impression, ou le papier. Si l'emploi de la solution de protosulfure de potassium pouvait, en effet, ramener le fer oxydé ii l'état métallique, le décoloriage des estampes offrirait une grande diffictillc de moins, car, je le répëte, la rouille est le principal ingrédient do l'encre JL écrire et de plusieurs couleurs très tenaces.
A pi-opos de la décomposition de l'encre noire ordinaire (dont je parle fi la page 13 et suiy.), j'ai une note à ajouter. J'ai oublié de meationnev le» cncrei^, aujourd'hui tout aussi employées, de teintes bleues ou violettes , qui n'ont pas uniquement pour base le gallate.ds fer. Si les taches produites par ces encres* b«