‹ De la réparation des vieilles reliuresChapitre 52 sur 55 · SO PROCÉDÉS POUR OBTENIR · texte numérisé non relu

SO PROCÉDÉS POUR OBTENIR

PROCÉDÉS POUR ORTERIR DIS DUPLICATA DE PAGES lARUSCRITBS.

Les banquiers, notaires, hommes de lettres, négociants, etc., qui tiennent à posséder des duplicata de lettres ou de manuscrits envoyés à rimprimcur, achètent des presses dites k copier, h vis ou à cylindre; ce chapitre a pour but de leur apprendre à s*en passer, et de réduire Tari d'obtenir des doubles à des procédés fort simples. Notons d'abord que , pour réussir, une forte pression est inutile : j*ai doublé plus do deux mille pages couvertes d'une écriture fine, par les moyens que je vais décrire. Le matériel nécessaire est peu compliqué, en voici la liste : un rouleau en bois de frénc ; une ou doux plaques, soit de verre, soit de zinc laminé; une provision de papier mince non encollé et, autant que possible, d'une pAte bien homogène ; enfin quelques feuilles d'étain ou de fine toile cirée ; mais , à la rigueur, ces derniers accessoires ne sont pas indispensables.

On donnera à Tencre commune, la première venue, noire, bleue, rouge, etc. , un certain

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degré de viscosilé, en y faisant dissoudre un morceau de sucre ordiDsire, 11 en faut si peu, qo'un fragment da poids de six à sept granir mes suffirait peut-être & la préparation d'un demi-Iilre de liquide. AprOs quelques essais et enprocédant par petites quantités, on trouvera le point convenable. On doit en augmenter UD peu la dose dans le cas où Ion se proposerait de prendre un double, non pas immédiatement, mais au bout de vingt-quaire heures. Grice d cette addition, l'encre conlracle la vertu d« céder à un papier, iiomide il un certain d^é, une parlie de sa substance, tout en conservant néanmoins assez de vigueur pour que l'original reste parfaitement lisible après avoir fourni une empreinte.

L'écriture se reproduit de toute nécessité à l'envers, sur le papier à doubler; en conséquence, plus ce papier sera fin et diaphane, plus il sera facile de distinguer les caractères sur la face opposée. Du reste, un imprimeur à qui on livrerait ces doubles lirait très bien, par habitude, le texte, sur la surface où il apparaît en sens inverse. On réussirait soi-même à le lire dans le même sens ; au besoin, on te

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rodrossnrait en lo plaçant devant un miroir.

Tnl nst donc, au résumé, le mécanisme de la dnpiirntion d*uno page: 1** Écrire avec uno encre légèrement visqueuse; 2** y appliquer un papier fin et humide; S"* presser, avec une forcn modécée mais égale, sur les deux feuilles superposées. Parlons maintenant des soins k prendre pour être sAr du succès.

Afin de simplifier la question, nous supposoroiiK une page k Tétut de placard, autrement dit une fouille couverte de lignes d'un seul c^té. Le papier qui reçoit le texte doit être lisse et bien encollé. S'il était tant soit peu absorbant, lencre sucrée le pénétrcraiten partie, et le dédouhluge serait impraticable, h moins peut-être qu'on n'y ait mis un excès de sucre ; mais cet excès, rendant le liquide trop épais, IV.mpérhnrait de couler et do s'étendre aisénuMitsous la plume.

Une page écrite, on en pose le verso, soit innnrdiatenient, soit quelques heures plus lard , sur un fond uni et assez élastique, par cxoniplf! sur une main de papier buvard. Il s agit nnsuito d'obtenir une empreinte de Terril sur une feuille de papier fin, non encollé

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el humeeté ou degré convenable. Cette dernière condition est le point essentiel, mais elle est assez difficile à remplir pour les novices ; j'indiquerai un moyen infaillible pour rénssir.

Sur le marbre d'une cheminée ou d'une commode, ou encore ^ur uue vitre, une plaque de zinc, d'étain, etc., on étend un mor^ cean de toile préalablemenl trempé et lég;6rement tordu, de sorte que l'eau n'en ruisselle pas. On aligne sur cette toiie une pile de douze feuillets de papier ft prendre des doubles, cl l'on recouvre le tout d'un second linge qu'on nouille, en s'y prenant comme il suit : on l'applique sur une plaque , de verre ou de métal , qu'il déborde en tous sens ; on eo rabal , du côté opposé . les bords excédants ; puis on recouvre la pile avec celte toile ainsi tendue ei susceptible de recevoir, au besoin, une nouvelle dose d'humidité. Si l'aide d'une éponge imbibée d'eau. On chargera la plaque d'un poids quelconque, si l'on lient à accélérer le mouillage du papier. Appréhende-t-on un excès d'humeLlatiutiT On laisse sécher un pou la toile tendue sur plaque avant de la poser, ou encore on ajoute b la pile deux un trois

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fouillotH sers. Au bout do quelques jours de pratique , r.haïuiu saura régler l'opération selon SOS projots. Du reste, eût-on la meilleure prossn sous In ninin , on ne serait nullement dispensé (rarquérirontto expérience. On comprend que, pour pri^paror un grand nombre de feuillets, il suffit de mouiller plus fortement les deux toiles.

Au bout d^une heure environ, tous les feuillets superposés seront également imbibés.

Leur surface devra offrir des ondulations, des rides , des sortes do vaguM régulières. Cette apparence résulte de la dilatation du papier contrariée par une lég()re pression. Avec un peu d*habitude, on sera bientôt à même de juger si le papier est mouillé h point, rien qu?à Taspeet de ces rides, que le passage du rouleau fera disparaître. En cet état, le papier à prendra des doubles peut servir, soit suMechamp, soit ({uatre, huit, douze heures plus tard, selon la saison et surtout Tétai hygrométrique de Tatmosph^re. Toutefois, il est évident que plus renriii est fraîche, moins le papier exige d'humidité, et vicê versd. L*hiver, une pile de feuillets conservés dans une cham*

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bre uns fen, gtrde ud d^ré convcDable de moiteur peadant plusieOFS jours, tant l'humidîié est lealo & se dissiper, par cette raison qne lea tranches du papier sont les seules partiel en contact mec l'air et exposées h l'évipontào».

Revenons à ropératioa- L'original, écrit d'un sent cdlé , étant posé Eur on fond élastique, OB prend le premier feuillet de la pile, sur laquelle on replace aussitôt la loile mouillée. Ce feuillel, d'une dimension un peu plus laiïçe que celle du manuscril, doit y èlre légèrement superposé ; on le recouvre, à son tour, d'ane feuille sèche, souple et imperméable, d'étain, de toile cirée, etc., puis, sur le tout, on fait glisser Tiremeot et l'on ramène k soi le rouleau (dont la longueur dépassera un peu la largeur des feuillets), ayant soin d'appayer, avec un effort uniforme, sur les deux poignées latérales. Alors tout est iîni ; on n'a plus qn'i séparer l'origioal de la copie et k les laisser sécher l'un et l'autre i l'air libre.

J'ai parlé d'un seul placard ; si l'on en a à imprimer douze, le même coup de rouleau suffira. Sur la première couple , on superpose

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les onze autres disposées dans le même ordre. Il n'est môme pas urgent d'interposer entre chaque couple une feuille imperméable, dont le rôle a pour unique but d*empécher le verso du feuillet original de retenir une faible empreinte des lignes de celui qui le précède.

Quant k moi , ennemi des complications , je me borne à couvrir le dernier feuillet de la pile (qui est un papier humide) d*uae toile cirée. Le coup de rouleau donné, j*isoIe chaque couple, el environ une demi-heure après tout est sec.

Si Ton possédait un papier à prendre les doubles d'une finesse , d'une transparence exceptionnelles, on parviendrait, en posant deux feuillets humides sur récriture, à obtenir du même coup une seconde empreinte ; mais ce triple , à moins que Tencre ne fût très colorée et suffisamment visqueuse , offrirait des caractères pûles et à peine distincts. On peut aussi opérer d'une autre manière : tirer deux épreuves successives de l'original ; en ce cas , le papier destiné à recevoir la première empreinte doit être peu humide. Mais je dissaade l'amateur d'ambitionner des triples ,. vu que

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pt«sqUe toujours ils maDqnent, da moins sur wrtaios points , de netteté et de vigueur.

Plusieurs tours de rouleau successifs ne produisent soavent d'autre effet que de rendre confuses , en en doublant les traits , les lettres de l'original: ce qui arrive pour peu que les eouples se dérasgenl sous la pression exercée. Un seul tour fournira une empreinte satisfaisante, s'il est donni?. avec un effort bien régulier. Quuid on appuie plus sur une poignée que sur l'antre , l'impression n'est pas uniforme sur chaque point. Une bonne presse oHre , en ce cas , une garantie de succès ; toutefois, avec un peu de pratique, on arrive, & l'aide d'un simple rouleau, au mfime résultat. Pour le manoeuvrer avec fermeté el régularité, il faut que son calibre permette aux mains , repliées autour de ses poignées , d'opérer sans obstacle. Dans le cas où le faible diamètre du cylindre s'opposerait à la liberté des mouvements, on placerait tout l'appareil, original, papier humide, etc., sur une sorte de caisse ou plate-forme d'une dimension telle, dans le sens de la largeur, que les poignées da rouleau (ou ses extrémités , s'il D'y a pomt de poi-

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içnées) débordassent , à droite et k gauche , de manière à offrir de la prise et à permettre de peser uniformément. En règle générale, qu'on se serve ou non de cet accessoire , le fond sur lequel on promène le rouleau doit être assez bas pour qu'on ait la faculté d'opérer à bras tendus. Si la table qu'on a à sa disposition était trop élevée , on s'exhausserait soi-même à Taidc d'un tabouret ou de toute autre manière. Ces observations s'adressent à ceux qui tiennent à une certaine perfection ; mais quand on n'a d'autre but que celui d'obtenir un double, utile k consulter seulement , en cas de perte de l'original (accident très rare), on peut y mettre moins de cérémonie. Pour moi, j'ai souvent négligé la plupart des précautions recommandées ci-dessus. Je prenais une feuille humectée au point convenable (condition essentielle , je ne saurais trop le répéter); je retendais sur ma page, écrite depuis un espace de temps plus ou moins court, et j'y passais immédiatement un rouleau, quelquefois même un simple fragment de bâton à peine cylindrique, voire une bouteille, et j'obtenais des résultats à peu près satisfaisants. Mon papier à

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doubles était, au besoin, un vulgaire papier Joseph qui avait servi d'enveloppe h des bougies. Je ne plaçais jamais de feuillet ïmper* méable sur le papier humide , lequel s'enroulait autour de mou cylindre ; je l'en détachais, et tout était dit.

L'habitude est une puissance singulière!

Un nageur exercé violera impunément une partie des règles de l'art de la natation et, néanmoins, réussira h se soutenir sur l'eau. Par celle même raison, j'ai souvent obtenu d'excellents doubles avec des matériaux gro»siets et par des procédés fort imparfaits. 1 1 y ■ quinze ans que j'ai renoncé à la presse dite de Watt; mais, tout en la mettant de côté, je n'en honore pas moins le nom célèbre qui s'y rattache. C'est une invention assurément ingé* niease que celle qui part d'un principe si simple : dédoubler i'encre d'un manuscrit an moyen d'un peu de sucre qu'on y mêle. Quant ft la presse, elle n'a rien de neuf en ellt-méme, et je crois avoir prouvé qu'on peut aisément s'en passer.

La question n'est pas épuisée. On peut désirer prendre le double d'un feuillet écrit des

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deux côtés ; raisonnons en ce sens. Le point difficile n*est pas de tirer les doubles , mais bien de parvenir à écrire au verso , sans que le recto, déjà couvert de lignes, en éprouve de dommage. Sur quel fond appuyer ce côté chargé d'une encre visqueuse? Sur un papier buvard? ce papier, bien que sec, en retiendrait une partie. Sur un fond imperméable?

les caractères y resteraient en partie adhérants, cl seraient écachés rien que par TefTot de la pression do la main qui écrit. Je ne connais qu'un moyen : dédoubler de suite la première page , laisser sécher Toriginal (c*est Taffaire de quelques minutes au soleil); puis écrire au verso ni recommencer Topération. Si Ton u des feuilles humides d'une assez grande dimension, on prendra, du même coup de rouleau, rcmprcinte de la seconde et de h troisième page.

Je signalerai ici une encre violette, dite commuiiicative , de; la fabrique de M. Leblé jeune, à Cany (Scinc-lnférieure), dont il y a des dépôts chez plusieurs papetiers de Paris. Elle n'est ni sucrée , ni visqueuse ; elle sèche aussi vile ({ue l'encre ordinaire, et néanmoins

conserve, pendant environ huit heures (et même davantage , si Ton met le manuscrit à Tabri de Tair et de la lumière) , la propriété de déposer une empreinte sur du papier fin non encollé et humecté par le procédé indiqué plus haut. Je suppose qu*il entre dans la composition de cette encre une substance déliquescente susceptible , avant son absorption complète dans la pâte du papier, de redevenir fluide sous Tinfluence de Thumidité. CSette encre , vu ses propriétés , se prêterait parfaitement au dédoublagc simultané de deux pages adossées.

Quelques mots sur les pages manuscrites dont on désire avoir l'empreinte, non plus sur des feuilles volantes , mais sur un registre. Ge registre sera formé du papier fin et non en«^ collé dont j'ai parlé plus haut. On en humecte les feuillets, quel qu'en soit le nombre, en les plaçant entre deux linges, plus ou moins humides, selon la quantité, et isolés des ca^ hiers contigus au moyen de feuilles d*étain.

Les pages écrites intercalées, on ferme le registre et Ton passe le rouleau sur la couverture, à moins qu'on ne possède une presse à vis.

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Supposons maintenanl qu'on ait tracé avec Tencre do M. Lcblé une lettre de deux feuillets , écrits au recto et au verso. Dans cette condition, veut-on obtenir, sur le registre, le dédoublement simultané des quatre pages?

L'opération est praticable. Après avoir isolé avec une feuille d'étain deux des feuillets du registre préalablement mouillés , on glisse le tout dans lu pli de la lettre. Mais on conçoit que , de quelque façon qu'on s'y prenne , Tordre naturel des pages sera interverti.

On a imaginé plusieurs autres systèmes désignés sous différonts noms, d'origine plus ou moins grecque , pour obtenir facilement une ou plusieurs épreuves d'un texte manuscrit.

J'ai essayé, notamment, il y a douze ou quinze ans, d'une encre visqueuse, qui déposait sur une toile cirée l'empreinte renversée de mon manuscrit. Cette toile jouait un rôle assez analogue à celui d'une pierre lithographique. On y appliquait une feuille humide qui, sous la pression d'un cylindre, prenait l'empreinte redressée des caractères ; on possédait un double. L'épreuve enlevée , la toile cirée retenait des traces de chaque ligne ; on

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semsîl sur ces traces une poudregrieeetsëcbe, qui, entre autres ingrédients, contenùt de l'acide galUqne. Cette poudre y adhérait , et comme elleavaillaYerlu, vu sa déliquescence.

de se changer en nn liquide noir, quand elle était exposée à ia vupeur aqueuse ou simplement à l'haleine de l'opérateur, l'empreinte des lignes, déposée sur la toile cirée, se chargeait d'une nouvelle couche d'encre arliliciellemenl formée. Puis on recommençait indéfiniment et (oujoursnuec succès, à en croire le prospectus.

Par malheur, celte poudre , qui coulait fort cher, s'altérait dans le flacon , pour peu qu'il fdt mal bouché ou exposé trop longtemps i l'air humide; bref, elle perdait son état pulvérulent, elle s'agglutinait; une partie restait attachée à la surface de la toile, en dehors des limites du texte. On avait, il est vrai, un blaireau doux pour balayer le superflu; néanmoins une partie notable résistait opiniâtrement à l'aclion du blaireau, se liquéfiait et faisait tache; la troisième épreuve était déjà bavochée, et ce défaut croissait à chaque nouveau tirage. En définitive, l'invenlion, tout ingé-

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