PROCÉDÉS POUR OBTENIR
nicusc qu'elle fût, n'eut pas de succès, que je sache , en raison de ces inconvénients.
Je citerai encore le moyen suivant pour obtenir à sec le duplicatum d'un écrit ou d'un dessin. La plume ou le crayon dont on se sert exige comme première condition une assez grande dureté. Le papier sur lequel on trace les caractères doit être peu épais; il est posé sur une autre feuille dont le verso porte un enduit gras, soit noir, soit de toute autre couleur. Cet enduit, sous la pression de la plume ou du crayon dur, se décharge sur un feuillet placé dessous. Tout le monde connaît ce papier à décalquer dont on se sert pour prendre l'empreinte d'un timbre. Lorsqu'il s'agit d'avoir le double d'un dessin, on le remplace le plus souvent par un papier couvert d'une simple couche de plombagine.
L'inconvénient du système est de fatiguer la main quand il est question d'écrire de suite une douzaine de pages, et de revenir cher, vu que le papier à timbres n'est pas d'un long service. Ceux qui vendent sous divers noms cet appareil , connu depuis fort longtemps, vous prouvent aisément qu'on peut obtenir
jusqu'à trois od quatre copies du même coup; lieulement ils oublient d'ajouter qu'à ce métier un homme de lettres, d'une certaine fécondité, gagnerait bienlât un orforl au poignet.
Demanderons-nous à la pbotographic un nouveau mode de duplication d'un manuscrit?
On peut^répondre ; il est tout trouvé. Placez une page écrite depuis une heure, depuis un siècle si vous voulez, sous le regard de l'objectif d'uni* chambre noire : vous obtiendrez, ii l'aide d'un papier rendu sensible à la lumière par un sel d'ai^nt, une copie renversée, de la grandeur désirée, véritable clicbë, générateur du nombre de copies que vous souhaiterez.
Je pourrais signaler ici plusieurs autres systèmes qui dispenseraient de l'emploi d'une chambre noire ; mais k quoi bon? Toutes ces opérations exigent tant de soins, qu'on aurait bienplustdtfail, quand on n'a besoin que d'un double , de recopier l'original . D'ailleurs les feuilles préparées au sel d'argent sont d'un prix assez élevé, et l'on en gâte beaucoup quand OD n'est pas bien exercé. Il ne faut donc pas songer à la photographie, du moins à cette heure. M. Niepcc de Saint-Vicior, qui chaque
{\tt puor.KUh's poi;h ORTKNin
mois (Ircouvro qurlqun nouvelle propriété dt; la lumière, nous viendra peut-Atrc en aide pour arriver au irsultat désiré. La puissance éloctriquo pourrait bien aussi devenir la base d'un nouveau système.
Le soleil, <lepuis Tépoque où il s*e8t mêlé de donner un coup de main (irindusirio humaine, un pas fait les choses à demi : il s'est montré d'une générosité presque sans bornes. Si un jour, grAco à quelque procédé ingénieux, on lui imposait le rôle de secrétaire , on en obtiendrait, c'est probable, plus qu'on ne cherche. D'abord il n'exigerait pas, je suppose, que récriture du manuscrit fût fraîchement tracée ; il en accepterait la date, quelle qu'elle fiU, et sans aucun doute, ne la reproduirait pas dans la limite d'une seule copie, mais la multiplierait ii un nombre indéfini d'exemplaires.
Toutefois, qu'on ne s'imagine pas que la découverte df^ Gutenberg risquerait d'ôtre compromise. Comme le jour où elle apparut au monde, elle resterait toujours neuve el sans rivale. Sous peu d'années , la lumière (secondée pcul-élre par l'électricité) nous procurera
DEï DDPLICITA. 67
des fatuimUe de nos vieux livres ; mais aie les reproduira tels que les anroDt créés les presses de telle on telle époqoe ; fidèle miroir, elle ne dissimulera aucune de biurs- naïves imperfectioiis. Tout ouvrage qui veut renaître plus parfait, rolùve de l'invention des caractères mobiles , la seule qui retrace les idées humaines mot par mol, lettre par lettre; qui permette les heureuses substitutions, les tran^Msilioos , les corrections du suie; qui founisse an génie la. puissance de donner h l'univers son dernier mol. Quand doue on désirera malli[dter no écrit non plus par deux, mais par cent ou par mille, le plus simple sera de recourir & llmprimerie, que rien ne remplace : car la mobilité des caractères est l'ime de cette sublime invention. La liih<^rapliie ne doit pas lui être compan-e, puis^n'elle exige un manuscrit immuable, d-Lé sans a[>pel, sous peine de grossières mlurc».. Ajoutons que l'ensemble des mots et des leUres est d^pounu en général de cette unirormité t[ui reacl si facile la lecture d'une page imprimée.
Un a imaginé des sysli;uieâ autographiqncs plus ou moins analoguvs â la lîlliograiihic, ((ut
OR PIlOCÉDIiiS POUR OBTEISIR
permettent ii chacun de multiplier soi-même , sur zinc, ses manuscrits, sans rembarras de lourdes pierres , d'une presse et d'une longue opération de repolissage. Mais à l'homme de lettres ou d'affaires, préoccupé de mille combinaisons d'idées, la manipulation d'un appareil matériel quelconque finit toujours par paraître trop compliqué. Il préférera s'adresser au lithographe ou à l'imprimeur.
En résumé, je réduis à trois classes le mode convenable de la reproduction d'Un écrit. Aspire-t-on à l'avantage de retrouver, en cas de perte, son texte original f Un double suffit; on se le procure par un moyen des plus siml)les : l'encre sucrée ou déliquescente. Veut-on le multiplier à petit nombre pour le communiquer à quelques amis? On a recours au décalque sur zinc, au procédé Ragueneau, ou, si l'on redoute l'embarras de l'encre d'impression et du nettoyage des plaques, on s'adresse à un lithographe , qui décalquera le texte sur pierre ou sur métal, selon la nature del'en^ cre employée, et le multipliera t souhait.
Enfin , a-t-on l'intention de donner à un manuscrit une grande publicité ? Il n'existe en ce
cas qu'un digne interprète de la pensée , le seul capable d'en perfectonuer l'expression selon les limitas de la capacité de l'auteur : rimprimerie. Il est à regretter que la presse typographique ne soit pas abordable à toutes les bourses ; c'est un obstacle qui a sans doute causé la perte de plus d'nn ouvrage , dont la publication eût tourné, sous un point de vue quelconque , au profit de l'humanité.
J'ai souvent dirigé mes idées vers la solution de ce problème : susciter à riniprimerÎG une rivale moins exigeante, plus à la portée des modiques fortunes ; mais l'Invention de Gutenberg est si simple dans sa grandeur, que c'est folie de vouloir lui faire concurrence. Voici le moins impraticable des systèmes que j'avais imaginés : diviser une pierre lithographique en une trentaine de bandes étroites, mobiles, destinées & recevoir chacune une ligne. On les rangerait dans un chUssis analogue à ceux où les imprimeurs encadrent leurs pages composées. On pourrait ainsi, dans le cours d'une page, remplacer ou transposer, non pas uno lettre ou un mot , mais des lignes cnlières. Une telle disposition offrirait assure-
i\H PIIOCI-^OKK POUh ORTKMR
perinnUctit h chacun de multiplier Moi-mëme, sur zinc, ko» manuscrits, sans rembarras de lourdes pifTres, d'une presse et d'une longue opémtion de repolissage. Mais ft Thoinme de lettres ou d'nlTaircs, préoC/Cupé de mille cornlunaisons d'idé(*s, la manipulation d'un appa* reil mat(^ri(;l quelconque flnit toujours par paraître trop compliqué. Il préférera s'adresser au lithographe ou h l'imprimeur.
Kn résumé, je réduis à trois classes le modo convenable de la reproduction d'Un écrit. Asjure-t-on h ravantagc de retrouver, en cas de |)erte, son texte original f Un double suffit; on se le procure par un moyen des plus simples : rnnrre sucrée ou déliquescente. Vent-on le nniltiplier h petit nombre pour le conununi- ((uer h quelques amis? On a recours au dôrnlqnc sur zinc, au procédé Ragueneau, ou ^ si Ton redoute Icmbarras de l'cncro d'impression et du nettoyage des plaques, on s'adresse à un lithographe, qui décalquera le texte sur j)icrre ou sur nifUal, selon la nature do Ten^ n'(} (îrnpioyée, et le multipliera à souhait. Kiifin , a-t-on l'intention do donner h un manusn-ii une grande publicité? Il nVxistc en ce
casqQ'uD digne interprète de la pensée, le seul capable d'en perfecUtHiuer L'expression selon les limitns de la capacité de l'auteur : l'imprimerie. Il est & regretter que la jjresse typographique ne soit pas abordable h toutes les bourses; c'est un obstacle qui a sans doulc causé la perte de plus d'un ouvrage, dont la publication eût tourné, sons un point de vue quelconque, au profit de llinmanilé.
J'ai souvent dirigé mes idées vers la solution de ce problème : susciter il l'imprimerie une rivale moins exigeante , plus ù. h portt^e des modiques fortunes; mais l'inventioit de Gutenberg est si simple dans sa grandeur, que c'est folie de vouloir lai faire concurrence. Voici le moins impraticable des syslËmes que j'avais imaginés : diviser une pierre lithographique en une trentaine de bandes éiroiles, mobiles, destinées àrecevoir chacune une ligne. On les rangerait dans un chflssis analogue & ceux où les imprimeurs encadrent leurs pages composées. On pourrait ainsi, dans le cours d'une page , remplacer ou transposer, non pas une lettre ou un mot, mais des ligues entières. Une telle disposition offrirait assurii-