‹ De la réparation des vieilles reliures complément de l'Essai sur l'art de restaurer les estampes et les livres. Suivi d'une dissertation sur les moyens d'obtenir des duplicata de manuscritsChapitre 15 sur 43 · DES DÉCHIRURES, LACUNES, ETC. 1S · texte numérisé non relu

DES DÉCHIRURES, LACUNES, ETC. 1S

moyen de poids (voir p. 18) opère le plus* soavenl cette réparation. On peut encore les faire disparaître avec un fer chaud appliqué

sur le verso de Icstampe maiuteauc à Télat de maitenr*

£ûfin . s'ils résistent opiniâtrément à ces deux, moyens , on aura recours à un autre procédé. On collera par les bords Testampe hu-' mide sur un carton sec et épais. Il faut, pour réassir , que son papier soit capable de suppor- ^ ter en séchant une forle tension. Si elle n'avait pas de marges , on y suppléerait au moyen de bandes qui adhéreraient d une part à son verso, ' d'autre part au carton. On se fera une idée de ropération en lisant, au chapitre YIII , la manière de disposer la feuille destinée à doubler uae estampe par le procédé dit à fond tendu.

Les traces blanchâtres que laissent quelque* fois les plis anciens proviennent du frottement; on les dissimule le mieux possible en retouchant les hachures, comme je l'indiquerai au chapitre IX.

Trous et Lacunes. — Les trous fort petits ) ' comme les piqûres de vers, se rebouchent au moyen de rondelles de papier collées au verso.

1S8 RiPARATIOU

Si Voïi tient à les combler avec une parfaite netteté, on a recours à un procédé plus long , mais aussi plus parfait : ou prépare de la pâte de papier. Je ne sais au juste, je Tavoue, commeiJt on fabrique celte pâte dans les papeteries ; mais on obtient une sorte de mastic assez convenable en faisant longtemps bouillir dans 1 eau de la limaille de papier. On se procure cette limaille à Taide d'une râpe à bois , qu'on promène sur les tranches , bien serrées en presse , d*un livre inutile. On broie ensuite cette bouillie avec de la colle de peau alunée , afin de rencoller, puis Ton raccorde, s'il est nécessaire , sa teinte avec celle de Testampe* La gravure étant humide et appliquée sur un marbre, ou colle au verso, ù 1 endroit des piqûres, un papier très mince ; puis on retourne l'estampe et l'on remplit de pâte toutes ces petites cavités , qu'on aplatit au niveau de la superficie de la gravure, absolument comme s'il s agissait de mastiquer les lacunes d'une vieille peinture à l'huile. On met en presse , et plus tard on raccorde à sec les tailles du burin.

On pourrait même supprimer le papier des-

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tiné à soutenir la p&le, car cette pftte écrasée sous la lame empiète assez sur les bords du trou pour s'y maintenir seule , surtout si ces bords ont été un peu dentelés au grattoir.

Les lacunes , ou trous trop larges pour être réparés à la pâte, se comblent au moyen de pièces rapportées , déchiquetées tout & Tentour, et affectant la forme du trou , dont elles doivent dépasser un peu Torifice du côté du irerso, côté où elles s'appliquent. 11 est essentiel que ces pièces soient façonnées avec un papier identique , autant que possible i à celui de Testampe.

Je suppose ici que Tamateur aura fait comme moi provision d'anciens papiers de toute époque et de toute nature, provenant de vieux livres ou de marges de mauvaises estampes sacrifiées. On peut même posséder un assortiment de fragments de ciels et d'ombres diver* sèment hachées; il arrive quelquefois que ces hachures coïncident fort bien avec les traits k raccorder. Plus d'un artiste a eu l'idée de dissimuler ainsi des lacunes par trop choquantes ; mais on conçoit que la suprême perfection du système consiste à se procurer le morceau

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manquant découpé sur une autre épreuve in-»

complète.. Si Ton possède ce précieux fragment, on y superpose la yravuie à sec, afin d'y tracer la forme précise du tt*ou dont on soit les contours i puis on égratigne un peu au grattoir les limites de la pièce à rapporter, h une petite distance du tracé.

Voici comment on colle au verso la pièce ainsi préparée : on glisse sous Testampe humide, et dont le recto repose sur un marbre, ua papier fort à rcndroit troué; on imprègne de colle, avec un pinceau de plume, les borda diversement accidentés de la lacune; on re^ tire le papier qui a reçu l'excédant de la colle, et Ton pose la pièce, hunicctcc comme Testampe eUe-méme. On regarde en transparent pour s'assurer si Tapplioation est exacte ; puis on retourne Testampe; on rapproche les bavures de rorifice du trou, en appuyant avec la lame pour les bien fixer ; on enlève avec du papier buvard 1 excès d'humidité, puis Ton met en presse.

J'ai vu chez un peintre en miniature (1),

. (t) Feu M« Ch.. Fr, Mulieri qui recherchait surtout'

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habite en ces sortes de réparations , des ia-

eunes si adroiteiueut comblées qu'à peine distinguai i-on eu transparent Tendroit précis de rapplication de la pièce. Les bords du trou, ainsi que ceux du morceau rapporté » étaient amincis au grattoir et ajustés avec tant de précision que tuuies les dentelures s'engrenaient pour ainsi dire les unes dans les autres sans laisser aucune trace de jonction. D'autres trous plus petits avaient été bouchés au moyen d'une pâte de papier qui, sans soutien au verso, paraissait comme sondée à leur orifice , et s'in-* corporait tout à fait à la masse , sans former de bourrelet. Je dois ajouter que les traits et les Iiaeliures avaient été raccordés avec beaucoQp de goût, d'art, do talent et de patience. Cette restauration merveilleuse s'appliquait au reste à une estampe de grand prix.

les anciennes estampes et les dessins relatifs aux fêtes,

mœurs populaires ou édiiices détruits de ia capitale. Après son décès (18S5), sa collection, vendue en bloc à M. Daolos, rnarchaud d esUuipes, a été dispersée dans les carions de divers amateurs. La majeure partie de ses dessins a passé dans la collection de M. Destailleurs, arclûtecte.

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Quelques artistes comblent les lacnnes par un procédé plus expéditif « mais aussi moins parfait : ils posent, avant le mouillage, la gra-- \ure» à l'endroit troué, sur un papier identique pour la teinte , le degré d'encollage et le sens des vergeures ; puis ils rasent net toutes les bavures du trou, au moyen d'un canif bien tranchant.

On conçoit que du même coup ils découpent la pièce avec une grande précision. Il n'y a plus qu'& rapporter, qu'à ajuster le morceau, et

à boucher exactement le irou^ comme on fait dans le travail des mosaïques de rapport. LV pération a lieu à sec et à la gomme (voir Tar^ ticle ci-après), ou à l'élat humide, jt Taide de la colle dû pâte. Dans les deux cas, il faut appH* quer au verso de l'estampe de petites bandes de papier mince qui maintiennent la pièce dans l'espèce de ch&ssis où elle reste incrustée* Dans ce système, les lignes de raccord sont un peu crues, et ne peuvent guère se dissimuler, surtout si les tailles refaites sont très déliées^ Quand on opérera à l'état humide, on écrasera légèrement les bords de la pièce , de telle sorte que. les points de contact soient è peine

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