DES DÉCHIRURES, LAGUNES^ ETC
apparents ; ce dernier procédé est donc pins parfait que Taatre.
Si le papier d'où l'on a tire la pièce ne paraissait pas, après le séchage à la presse, aussi lisse que celui de Testampe , on lui donnerait dn poli en frottant avec Tongle, ou, sll est nécessaire , avec un brunissoir.
Je n ai pas ici mentionné le cas où il serait question de faire adhérer à une estampe ou à un livre une partie additionnelle, par exemple un angle qui aurait été enlevé. On conçoit que ces réparations sont tout à fait analogues à celles qui concernent les lacunes. S'il s^agit d'un feuillet de livre imprimé des deux côtés, la pièce doit avoir sou point d'appui au verso plutôt qu au recto. Le texte , s'il en manque, se restaure par voie dé calque, à Taide de procédés qui seront indiqués au chapitre IX.
Réparations à sec. — Quand le mouillage de Testampe n'est pas nécessaire , on peut la réparer d'une manière fort simple et très expéditive , au moyen de la gomme dite arabique. Additions de fausses marges, comblement des lacunes, raccord des déchirures, etc., tout cela , gr&ce & ce procédé , s'exécute sans
qu'on ait recours à rhumidité ni à la mise en presse.
La meilleure gomme est la plus blanche et la plus pure. Cette substancei imbibée d'eau il un certain degré, retient cette eau, et ne di* late ni ne fait goder le papier, même le plus fin et le plus absorbant; mais le degré de vis^ cosité de la gomme est une condition essentielle : trop épaisse, la dissolution ne peut .s'étaler au pinceau; trop fluide, elle traverse le papier, lui donne une transparence huileuse et le fait grimacer; il faut un juste milieu.
Un morceau de gomme jeté dans une quantité d'eau égale à deux ou trois fois son vo- .lume acquiert, au bout de dou^se heures, une consistance visqueuse satisfaisante. Cette colle doit couler lentement du pinceau, à peu pré^ coniuie la p&te dont on fait des beignets. Au ' reste, Texpérience apprendra bientôt & juger du point favorable de fluidité.
Pour prévenir Tépaississement, par évaporation, de la dissoluliou de gomme, ou devra. Tété surtout, la conserver dans un de ces encriers h réservoir de verre posé sur un ressort en spirale, au fond d'une boite qui ferme au
DES DÉCHIRURES, LACUNES, ETC. 14o
caontdiouc. On aura soin d'ajouter quelques gouttes d*eau toutes les fois que le vase sera resté longtemps ouveru On évitera les atteintes de la moisissure en y jetant gros comme une tète d épingle de camphre. Inutile de préparer beaucoup de gomme à la fois ; lorsque le vase est trop plein, on perd beaucoup de temps à décharger le pinceau de Texcès de matière qu'il a entraîné.
Ce pinceau doit être semblable à ceux que les peintres nomment brosses , qui servent à peindre à lliuile, et se composent de poils durs lixes par des fils de laiton. Quand il est enduit de gomme desséchée, on le laisse tremper une demi-heure dans l'eau, où il recouvre toute sa souplesse. Les pinceaux à tiges de plume sont beaucoup trop doux et ne valent absolument ritii pour cet usage.
Parlons maintenant des réparations à Tétat sec. L'estampe sur laquelle on va opérer doit être exempte de taches, plis, rides, etc., et avoir été préalablement redressée , et , s'il en était besoin, nettoyée d'après les procédés indiqués aux chapitres précédents. Cette condition est essentielle : car, après la pose despiè-
140 hEPAUAilûN
ces de souùeu appliquées sur les lacunes ou sur les déchirures, ou n'a plus la faculté d'Iiumecter Testampe ; le plus léger mouillage li* quéfieraii très promptement la gomme et décollerait ces pièces , ou déposerait sur le papier, s'il n'était pas encollé , des taches d'un jaune sale , que le retrempage de Vestampe pourrait seul faire disparaître. C'est assez dire que tout serait à recommencer.
Tous les procédés relatifs au bouchage des lacunes^ aux déchirures^ etc., exigent des soins et des précautions analogues à celles indiquées à propos des réparations pratiquées à Tétat humide ; je m'étendrai donc fort peu sur cet article. Je dirai seulement que les pièces ou les bandes rapportées , quand la gomme est délayée bien à point, n'occasionnent jamais de grimaces ni d oudulaiious. Quant à la na* ture des papiers soumis à ce genre de collage, elle est à peu près indifférente; la gomme convenablement visqueuse appliquée même sur du papier joseph ne l'humecte pas du côté opposé, pourvu qu'on Tétende légèrement; le mieux néanmoins est de faire usage de papier à pâte encollée.