‹ De la réparation des vieilles reliures complément de l'Essai sur l'art de restaurer les estampes et les livres. Suivi d'une dissertation sur les moyens d'obtenir des duplicata de manuscritsChapitre 27 sur 43 · DE&.UVRBS RARES^ VS · texte numérisé non relu

DE&.UVRBS RARES^ VS

^ €il48 lirares, le volume eme une piesse à

ins^ si l'on en possède unoy oa fimplemenisoue un ais châtié de poids^

S** Çoi^tonmiye et parchemiiiage. Pour achever cette reliure sans préieatieli^'^ii taU*^ leva-deux. eartOBS (nommés ptats^ de mienne épaiseeur, qm. déborderont un peu les trois tranchées du volume ; on amincira à la lime et Ym èattea au marteau le c6té qui doit ee rat<r lâcher aux nervures, maison laissera aux J^ocds apposés toute ieuc épaisseur. Le renforcement des plats, du côté de, la gouttière , pent même passer pour une compensation nécessakb dails laças où le dos du velame serait épaissi perdes bandes de soutien appliquées sur lesiplis^da nombreux feuillets.

Pour relier les nervures aux plats, on les y engage, de telle wi9â»4|Q^ntrodl]ites plur Tori-» fi» extérieur de trous pratiqués dans le cttrtoil (à un centimètre environ du, bord), ell^ res* sortent du côté opposé, celui qui touche la gaide. G*est sur la face intérieure du plat qu^on rabattra Texcédant de nervure ; on réparpillera sur le carton, imprégné, & cet endroit, d'un peu de colle-forte. Cet éparpillement évite une Itoip.

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forte saillie, et fixe plus solidement l'extrémité du nerf^ puisqu'il s'étend en éventail sur-un^ plus grande surface. On évitera d'étirer trop la; nervure, et d encoller la parlie qui, destinée i former ebamière, doit conserver sa souplesse. . On passe quelquefois le nerf en sens inverçei^ c'est-à-dire de Tintérieur du carton au rectOi où on le fixe, à moins qu'on ne le fasse rentrer ft rintérieur par le second trou. La première méthode est plus simple, et laisse, je crois, au livre relié plui> de facilité à s ouvrir. Quelque procédé qu'on adopte, on devra aplatir au marteau le bourrelet formé autour du trou ; on con* solide ainsi le point d'attache^ et Ton {^>lanit là surface du plat. Âu reste, malgré tous ces soins , nos livres n'auront jamais cette flexibU Uté parfaite qui est le cachet des bons relieurs.

Comme ces reliures provisoires n'ont rien à démêler avec le luxe, je ne parlerai pas ici de Fart d'amincir (i), d'appliquer et de dorer les

(I) C'est UD coaire-sens, à mon avis, daoïÎDcir les peaux précisémeot à Teadroit où la reliure faiigua le

plus : conséqueuco du guûl des bibliophiles, qui prefc-

r^al en général Téléganoa à la solidité.

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maroquins. Cette dernière opération exige, pour être bien exécutée, une sorte de talent «•tistique. Je me cooteate, en attendant que la fantaisie me vienne, de faire revêtir mon lÎTre plus richement, de dissimuler le carton sous une simple toile brune asses^fine, sous un yienx parchemin plus ou moins épais, ou enfin (c^est là mon plus grand luxe) sous une soie mince et souple, moirée, ou émaillée de dessins aux vi?es couleurs telles qu'en fournis^ 8ent les reliures chinoises. Mais le plus souvent c'est de parchemin que je me sers , puisque je recherche la solidité avant tout : c'est donc par la manière de rappliquer que je terminerai ce chapitre.

La feuille de parchemin, d'une dimension en rapport avec celle des plats, plus celle du dos, excédera la surface totale, en tous sens, d'au moins deux centimètres; un tracé au crayon indiquera la place précise que doit occuper chaque partie du volume. On donnera au parchemin, en Texposant à la vapeur d'eau, * ou autrement, une moiteur telle, qu'il ne puisse^ "en séchant, se rétrécir à Texcès, mais contracte assez de flexibilité pour se replier sans

S58 RBSTAURATIOK BT RBLIORS PROVtSOlBE

^cinc. n ne doit pas adhérer aux nervures do dos, mais à une mince bande de carton qui les

couvre sans y éire colIéOt et forme un dos 6rise (l). Celle bande aura en largeur 1 épaisseur du livre ; on la reliera aux plais au moyen de papier joseph. Il serait bon de la doubler vancoi à linlérieuri éun papier fort et coUô à Tétat humide; ou couipeu6€rait ainsi la traclion que le parcheniiu doit exercer quand il sera sec sur h dos à Textérieur. On étalera ensuite sur la bande une couche de colle forte convenablement fluide; et, dirigé par la ligne de eraj uu^ ou placera le dos du volume au milieu du parchemin étendu; puis, on encollera successivement Tun etTautre plat, qu'on appU* quera sur la peau. Alors, fermant le livre, on effacera avec la paume de la main les rides et les boursouflures produites par des bulles d'air, en même temps qu'on étirera modérément

(1) 11 a'eel pas ici question des dos bombés, qui fêr , tODDont tTOO uno pièce de boîs coacaire , opération qù j eotraine la foriue eu gouiiière de la tranche longitudinale | livre. On ne donne cette forme en général qn^anz to*

lûmes rognes à la presse; ils n'en sont que plus soUdea.

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la pean vers les bords. Cette opération achevée, on mettra de la colle svtr les bords intérieurs du carton, du côté de la gouttière, et l'on rabattPa les portions excédantes du parchemin, qui s'y fixeront.

Tout aussitôt, après avoir au besoin remouiUé la peau, on la repHera sur le verso des plats, du côté des haute et basse- marges , et tout à la fois, à l'intérieur du dos brisé, mais là avec certaines précautions nécessitées par la disposition de cette partie du livre. La colle forte ne saurait s'étendre régulièrement à l'intérieur de la bande : le mieux serait peut-être de s'en passer. En même temps qu'on rabattra le parchemin sur les plats , bien encollés d'a- "vance, on engagera entre le dos du livre et le dos brisé la portion de peau qui doit s'y loger, et qui , on le conçoit , ne peut dépasser la première nervure ; on la raccourcirait si elle était trop longue.

Dans ma première édition , je conseillais do pratiquer des entailles dans le parchemin, k r«ndroit où le dos forme équerre avec les plats quand le volume est fermé ; aujourd'hui, je supprime ces entailles. On se donnera un pèo

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piu& de pciB6« maift la reliure aura plus d*e»* semble et de solidité.

Ou pourra, tandis que le parchemin est encore moite, former une sorte de bourrelet ^ des* tiné a protéger le dos brisé contre la poussière» Ce bourrelet, uommé œiffe , ser\'ait, dans vieilles reliures en vélin, à recouvrir la tranchefile , à laquelle se rattache le signet ; il était .formé quelquefois à Taide d'un bout de corde sur lequel ou le moulait.

On s'occupera ensuite de façonner les coius.

On leur donnera plus de tournure et de régularité au moyen de quelques tailladea dont ta pratique indiquera l o^portunité. Du rester pour compléter ces explications, je n'ai rien de mieux .à faire que de renvoyer Tamateur à TiiispeciioB d^un bouquin bien parcheminé. Le point essentiel à observer daiii» toutes ces opérations successives , c'est de conserver au parchemin un état de moiteur, de souplesse convenable* et .de le remanier jusqu'à ce qu'il adhère bien «partout et recouvre le carton sans grimacer .sur aucun point. On s'arrangera, bien entendu, pour l'appliquer de telle sorte que sa surfiue ila plus unie et la plus luisante , celle dite la

fUw OU côté du poil ^ soit exposée aux regards. '

Pour terminer, on humectera les feuillets de garde contigus aux plats , de manière que It papier se dilate bien (1), et après en avoir imprégné de colle de p&te toute la surface, on les fera adhérer au carton; ils cacheront ainsi la limite des replis du parchemin, et exerceront une tension intérieure qui contrebalancera' celle du dehors.

Si Ton craignait que cette tension lût insuffisante, on pourrait, avant de coller les gardes, appliquer sur le carton, à la colle forte, un carré du môme parchemin (préalablement humecté) :

il en résulterait qu'au sortir de la presse, l'équilibre étant rétabli , la couverture ne grimacerait én aucune façon (3).

Le collage des gardes termine, on laisse sé*

(1 ) Ces ifeulUets seront un peu plus courts sur les trois

sens que ceux du livre, sinon, vureffetdela dilatation, Un dépasfteraidDl le niveau des tranches.

(2) Je crois que les anciens relieurs ne coUaleat l6S Ipardes que plus tard, quand le parchemin elles plats

elaieul bien secs; cesl peul-èUe la inclhudo la plus

eoDTenable. Le parfait collage dios gardes est une opé * ration difficile dans les reliures soignées.

iÙ% MiSlKVhkliW El HELitHE flIOVISOIfeE

dier aiu iivka (iuurU le voiuuie tuimbàmÉ^ placé deboul. Une heure apn-s, les |>laUiô^>i; d^etés, généralemoit en debofs; pour le» te* dreifter oa metli'a le volume soil fions la vis d qm presse, soit eatre deux <as de bois se? tes par as

poids de dix k douze kilo^iamme»* Dc^ k

lendemain ^ si la lempératore est fnùnÈàt^ es retirera son volame bien sec, bien aplaû es ses bien tourné, en attendant une reiiare pifti savante. £ii lèlc du dos brise on iu^nrà le titre (sur an fond de teinte carminée « ti Tm tient aie miens faire ressortir); an tna^ m ^)outera la date de i édition.

On voii des bouquins parebeimûéâ a sec ; ce sont, en réalité, des brochures de ranciai temps. En ce cas, le carton est très nnaee, ainsi que ia couverture, dont les plis sont fa^ofih néi), je le suppose, sans le secours de Hiamt* dité. Le tout est rattaché au corps du Ime par des cordonnets de parchemin, qui Moite nervures mêmes. La garde seule est collée ; 1» livre se ferme au mo^eu de cordons de cuir souple. Quelquefois la peau, repliée en retour d'équerre, eonvre les tranches. Tons le» bibliopbiles ont vu ou possèdent des écbantilbw

<le ce genre de reliure provisoire : il leur suffira de les euminer quelque temps pour les compreadre; mais en imiter le solide négUgé n'^est pas cliose facile.

Il existe aussi des reliures des XVI' et XVII* siècles, formées d'un parchemin très épais, tantôt lisse comme la porcelaine, tantôt ru* gueux comme la peau de truie, qui peutrétre ea est la base. Celte sorte de cuir coraé unit la souplesse & la solidité , et Von se demande comment on parvenait à maîtriser à ce point une matière si rebelle. Ces reliures, particu-: lièrement exécutées en Hollande, sont celles de toutes qui ont le mieux résisté au temps et à Tusore. Ma reliure provisoire est bien mesijujLue, comparée à un tel modèle, dont les échantillons sont aujourd'hui recherchés ; néau** moins, elle pourra braver encore des siècles, surtout si Ton y ajoute un étui ; et, comme les marges auront été rognées régulièrement et le moius possible, il sera toujours temps plus tard de porter le volume au Bauzonnet de l'époque , qui, s'il y a vraiment assez d'étoffe, pourra le remanier et en faire un bijou de bibliothèque«

â6l RESTAURATION ET RELIURE PROVISOIRE

Oa a plus d'une fois essayé dè remplacerj' dans la reliure , les peaux et le carton ; on a substitué au cuir et au parchemin la toite; lii soie et le velours; au carton, le bois, rivoirci la corne, etc. J'ai souvenance d'avoir Vu, vers 1825, des livres revêtus, cuirassés, si Toi j^réfère, sur le dos et sur les plats, de feuilles

de ferblané, moirées à Talde d un acide, pois

peintes et vernies, le tout ajusté, je crtià», au moyen de fils de fer ôtr de laitôn. Gette^^fitfgracieuse quincaillerie , qui promettait aux livres une sorte d'immortalité (matérielle), n'a pas obtenu le moindre succès , vu qu^elle leur donnait la tournurse vulgaire d'une boite à ser^ rer des allumettes.' * "*

De nos jours on couvre les paroissiens de luxe et les livres de mariage d^épaisses plaques d'ivoire sculptées en relief, du moins d'un côté ; les bibliophiles se garderaient bien de placer ces rugueuses carapaces côte à côte avec leurs précieux maroquins, dont elles éeorcheraient les surfaces , où Tor pétille en capricieuses arabesques*

Peut-être un jour tirera-t-on parti pour lat reliure du caoutchouc ou du gut la -percha,

df^x matières sujettes à se ramollir et à se détonner sous rinfluence d'une chaleur peu intanM. Il est à espérer qu'un industriel par- ]ûe&dra à les incorporer à une composition qui en retiendra les qualités précieuses : la souplesse et la résistance au frottement.

Je signalerai, p. 217, quelques ouvrages sur ^ reliure bons à consulter. J'y renvoie le iecet je termine cet essai en renouvelant le ^uhait (déjà exprimé dans ma préface) qu'un praticien plus éclairé que moi , qu'un savant complet, et non pas un tiers de savant comme Je le suis, entreprenne, sur le sujet que je viens de traiter tant bien que mal, ua travail bien supérieur au mien, surtout sous le rapport important des questions chimiques.

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