RESTAURATION ET RELIURE PROVISOIRE
ve décrit dans les chapitres qui précèdent. Il s'agit ici des livres à partir du moment où les feuillets décousus, isolés, détachés, restaurés et redressés au fer ou à la presse, exigent, pour reformer un volume, un assemblage nouveau.
Quand on voit sur table, dans les ventes publiques, un livre rare grossièrement cousu, ignoblement embasané et surtout fort mal rogné, je veux dire beaucoup trop ou tout de travers, il est permis d'affirmer qu'il a passé, à une certaine époque, entre les mains d*un papetier-cartonnier de province, ou encore d'un ^ de nos relieurs parisiens de dernier ordre, qui s^'est avisé d'affubler un monument typogra^ phique contemporain de Louis XII de manière à lui ôter les dix-neuf vingtièmes de son prix.
Je ne connais pas de vandales d'uïie espèce pire, plus commune et plus irresponsaible, que les gâcheurs de livi*es en question. Mais on concevra bientôt comment ils sont poussés, en dépit quelquefois d'un bon goût naturel, à se * livrer à de pareils ravages. On leur offre, après ' une discussion en règle, 7S centimes, plus ou moins, pour un travail qui, traité avec soin, devrait être payé, on en sera dbnvaincu 'en li-
sant ce chapitre; huit à dix fois davantage.
Aussi la puttitiaii: obligée, inévitable, infligée à cette lésinerie^ est-elle la dépréciation pj^es^ que totale du livre à eux conûé par un bibliophile bonhomme, qui, de gaieié de cœur, a condamné son vieil ami à une reliure de 78 centimes tout compris.
Le papetier- relieur de province, avec ses immondes cartonnages déjetés, recroquevillés, grimaçants sous une basane encore barbue et mouchetée de pàiés d'encre , forme le digne pendant du petit vitrier barbouilleur en dorures à qui un iconophile encore, novice a confié ninvement la réparation d'un rare Albert Outrer, et tous deux marchent de pair avec l'architeQt<d mulilateur qu'une aveugle décision attache aux flancs d'une majestueuse cathédrale. Cette trinité redoutable ^ ennemie née * des vieax souvenirs gravés sur pierre ou sur papier, enag^cl^O^ ou détruit, sans y mettre aucune malice, au moins les trois quarts. Puissent ces conseils tardifsi sauver encore quelques débris !
' Le plus irrémédiable des attentats que puisse commettre le relieur de petite ville.
280 RESTAUa^UOli £1V ii£UUaa PBOViSOiRË
. cm la rogaure des iaavgis»v UnMittpto projet il'écauomie d\ui centime sur la diiaQQ$ùm\4e son carton lui donne lldée demotiler ttii.cha»*iiiaiiki]h4'» gc^tlpqne jusqu'à la Umite dAi^Mâre d'impressîau* Sncore -doUron •or&ar ^ tnoÎB 4^ Noël! quand rextcémitô des lignes ft'a été rasée sur quelques {mate* Gdux qui oûtappiis quelque fMt , 0i| deviné instinct « qfiw^ marge est bonneitiquelcpe ehoset coa^entent . à la conserver, mais la taillent avec une iaégaUté si ohoquanM que la^^ic^e m faktque tomber de Gbai^^hda en ScyUa» JLef^luftgiAiid mérite d'un livide rare est, sias cautredit» une marge non rognée, ou, tout au moins» peu et très régulièrement rognée eu 'tons seift*' Ifms, . pour obtenir, uue^ beuwuse régiil«rUé«' U* m suffît pas de coupei* en musse^es^ tranches à Féquerre; on peut, avec ce zèle pour la symé- . trie 9 enlevspr 'méme jusqu^à deii poitious lu .texte* On eançoit, en effet, quelle paiut es- ^sentiel, c'e^tde refaire, avant d'égaliser la tranche, le pliage de chaque feuillet ; travail long, minutieux, qui ne doit pas se payer pàr èeMi* n^s, mais par francs. Je m'occuperai bientôt . de cette opération importante.
19 DéreUure deë^bouquins^ ^ Je dirai d'à* hord , reveaani un peu sur mes pas^ qu'il suf* fit pour défaire un vieux livre de rejeter le carton au dehoTS^ àè oonptfr'avae soin lês cd?^ <les honzoatales qui servent de pivot à la charmuÉffQ de chaque cahier. Le carton se sépare d*abord; on procède alors à risolement des ealriers* ^Somme on n'y peut paiirenir à sec, sans avaries^ on sY prendra comme A suit t on coupera toutes les ficelles tendues le long du pli intérieur de chaque cahier, puis on mettra tremper pendant quélquoff beir^es le livre entier dans Tem ohmde, laquellé/dissolvieuit la .oûU^rte donti le -dos est imprégné i rend iVqpératiou de Fisolepient bien plus facile. Le premier feuillet double marqué d'une IcUre et
telieat le plus 4le eotte mêlée de débris de fi-* ^^ette et deooir; on doit Fen d^iirrasser avec soin (i). Gelai<ci isolée les autres se désuni-
(I) Qoand il s^agit de dipjomdre , pour les relier, les
cahiers d'une brochure moderne, on ne prend pas toutes ces préoautioDS , vu qae te dos de chaque cahier
n'est impr^jégoé que d'une légère couche de colle de pâte.
by C
S8t Hi6TAUtlATidh CT RIUURE I^IIOVISOIHE
mt U9m peiaa, ût, quand tous fauUlou Mruul iéparéff les uns dos autresi ou lu» pluagert dau ua noiivaau bain froid pendant douta ou vingt-'qQaira beuMa. ^
Au aoi ûr da l'oau , on ôlara , en oat bo* i^oiu, les tachas par les procédés indiquée aux chapitres IV, V et VI, puis on fen séëher chaque doubla feoillet aur une corde temloe; entiiif quand Ua seront bien secs et redreaséè, on passera au travail suivant»
2'' Aliynemenl el rognurô des marges. — M lottlea 1h lisnat du teiUe avaient été dit* posées par Timpraneur aur chaque cété des l^uilleta de maniâiH) à coïncider complétementi
m urrivorait à obtenir, par la roj^uarc^ àù$
Barges d'une parhile symétrie; malheureuiemmu dana les anciennes éditions , les Ugnti du raolQ et ceUes du verso sont souvent Iota
4^ correspandi^ uvoc uuo précision mathématique; c'est un défàut irréparable, qu^ea nomme une mauDataa rêtirathn. Cependant il faut équarrir les marges et leur donner la
l&a i)ar(aÀtt.as » aéaamoias t oa forait bisa da psassr i reaa ohauda U prasilar fMUat deaMa datihaquaoïMar:
DES LIVRES RARES. 3ft3
flm de régularité possible. Les amateurs pos- 5è4eot rarement une presse à rogner : tant 4pQie4X.. ppur. le livre; il ne s'en portera pas plus mal, tout au coiUraire. Supposons donc r^xensplaire passablement gftché, et cherdions un remède*
Klaions d'abord tous les feuillets - doubles lious, nos yeux et examinons-les Tun après Tau- Icç, Nous trouverons que la plupart ont été rognés de travers relativement au cadre qui limite le texte. Telle page offrira , je suppose* une marge de tôte de deux centimètres, tandis que celle du bas n'en aura qu'un et demi; ce
qui produit un très mauvais effet, car la marge inférieure doit avoir plus de blanc que celle du haut. G^te inégalité déplorable exerce sur la ligne perpendiculaire des marges latérales dites de gouttière (1) une déviation si funeste, qu^ime portion des notes marginales sera ici intacte , là , entamée.
(1) Ainsi nommées parce qu'elles aboutiisent à la Iraiiche iongitudinaie du livre , tranche qui affecte une lonM cintrée , du moins quand la dos est arrondi* La M^gs opposée se nomoie marge de fond« ^
âd4 RESTAUaATiaN ET RELIURE PROVISOIRE
Ces di^fttii si:^lto<iiiïiiits n'empéidieroiit pfts que la ' ftuperâde totale du feuillet double ne puisse être trouvée taillée à Téquerre : Il faut donc attribuer nécessairement TirrégulÉrité à rèpération* éàt- plia^ , mal* prati<|Qéô • dès le principe. C'est en effet par cette négUgeatee originelle que pèche la réliuré dans la plupart des'vîeux livres; Les feuilles sont, en général, de nos jours, pliées'aMc plus dâ soib.
' Quelquefdisr aussi des feuillets pliës avee Attention offieent des mar^slrîÈfs mid équarrieSi parce qu^une presse à rogner dirigée par un idièt ou par iinîâ:maiil'trDp'preà&âe<tin rateoA des centimes qu^elle reçoit pàr Toluitte)^a
tfonné à tout le livre la forine d'un quadrilatère liTégidim; lieta de' celle d^uh réetànglirpar^ Mt. Aaissi^prarqfibi Qti4>iUk^liile 6'flVsid»t^il de glisser utt précieui volume dans une fournée dé paroissiens de pacotille qu^on gâche à la
le carton , la basane velue , For en feuille et le magnifique jaune-serin des tranches ?
ûuand un livre rare a été traité avec un paleil flan#-fitfon, il m'est plus possible loi rendre une tourtMre-wpporiabtor et^ià'iaoiM
^'il Ad ranlerjii6 an texte intéressant au^plus haut. degré, il sera toujours vendu à vil prix. • u En examinant un à un les feuillets doubles, tflliira, i'il y a vraimeiit encore «un peu id'élo£f6f par âdopter, pour la dimension générale des marges, une sorte de moyen terme de rognure qui dissimule en partie cette diffor- «iléf^'IiM 'marges trop rognées seront destin néeSf ap»^ Ift disparition ^des* traces* de ia coutjaw plus ou moins éclatante qui, à travers la tranche, a bavé sur les bords (voyez le cha- *piiwr fiifcdiériagfe), à former retrait 4ans la 'ttasse^da-'^Mlaine; eelles. qui dépassent la li- *Wite adoptée seront réduites suivant le projet d'alignement i mais on n'en retranchera que la IMIttlon strictement nécessaire. On pourrait n4ile , si le livre est digne de tant de soins, ^laigir les marges daa leuUlets par trop mutilés au moyen de fragments d'un papier identique, sUl 681. possible , à celui du livre , pour la forito;1a teinte, le degré d 'encollage et' le sens des vei^eures ; et, s'il manquait du texte, <>a le rétablirait par le procédé indiqué page ^68. En un mot, on prendra si bien ses memt» qae la diâieiiskm' moyenne des isiâ^s'^
236 a£SÎAliAATI02l ET REUUHE PMViSaiA&
les aoes élaigieft, les autres rognées, li^gm eûcore au volume uae appareuce ^upfQwt^iAt^
Pour donner à chaque feuillet le plus de symétrie possible, on fiiçoiioevft on patreo « wm^ treoieut dil un reclaugle de carton coopé nei à Téquerre, dans les proportions couvenablea^ Ce carton sera mince, mais assez raide; J pratiqoera çà et là quelques déconpores vers les bords, atin qu'appliqué sur le feuiUei ém^ ble, il laisse voir, de distance en disiance, les limites du lexle.
On pourrait aussi faire tailler un patmi de verre, dont la transparence permettrait de j«ger mieux encore des distances à conserrer sv chaque côté des marges. Un tracé bariiontal sur le verre marquerait le niveau de la première ligne supérieure, celle qui sert de poiai de départ et détermine les lignes d'équarri^er ment des trois autres marges.
Le patron une fois taillé d'après une sage eomliinaison, on Tapposera successivement sur chaque feuillet double bien déployé. Le feuillet devra reposer sur un fond ferme et bien uni; pais on tracera autour du patron» tenu
askujetti sur le feuillet, une ligne nette et fine»
êa moyen d*aiie pointe métallique. Quand tous les feuillets auront regu cette trace, on les vch gnera Fun après laulre avec de longs ciseaux bien tranclia(nts , en suivant le tracé avec précision / de sorte que leur réunion offrira une pile dont les côtés seront parfaitement nivelés, le ne conseillerais pas d'opérer celte rognure au canif, même le mieux aiguisé, car les pa^ piers fins et non encollés se plissent et 3 ecor* client, surtout aux endroits où la partie à supprimer est très étroite. - • On comprend que, rognés ainsi, les feuillets doubles formeront, après avoir été pliés juste par leur axe central, une suite de Jg^ges à marges régulières ; aussi, quand on les feuilletera rapidement, Tœil ne pourra*t-il Sjaisir auqiHi ressaut, au passage des chiffres de pagin;itio|i. C'est ce feuillelage rapide qu^ w4iquei'4j^ suiie aux bibliophiles à quelle sorte de relieurs un bouquin a eu affaire ; c'est souvent ce eiiai\âfi examen qui les détermine à le couvrir de pièces d'or ou à le laisser adjuger à vil prix. La rognure soignée est, en effet, le point capital qui constitue la beauté d'un exemplaire. A u^e^ rognure manquée il n'y a poiut de remède, car
S88 RËftTAuaATian kt mkuua£ provisoire
je n'indiqua la qu*iiE wnpie paUiaUf. fil eoitt- | bien de malheureux livres galbiques ont fiuM | cette honteuse , celle fatale muliUUon! Combien d^in-^"" onl été rédnits.à la dimenwm 4e rin-8^ ou méma de J in-1 21 > ^
Le palliatif que je propose ost^ en réidLtte« ie seul praticable; quant à rirrégularilé^ré^ul^i
tant d'une correspondance de texte lueuelé (d'une mauvaise retirathn)^ c'est , je lefé^ { pète I un vice d'impression qui ne peut se rao- | lifier, et les bibliophiles les plus iotraiuibles | sont bien obligés d'en accepter les consé- , quences. | Un livre ainsi rogné aux ciseaux « queiqec | soin qu uu y metle , u olfrira jaiuais une traa- i chc unie comme celle due à une machine qui»
tout à la fois , maintient en presse et «opère It , rognure ; mais cette machine, pour bien foBC^* i tiuuuer, doit , surtout quand il faut retrancher ! une porliou de marge excessivemeul étroile, >
être parfaite et dirigée par un habUe onvrien : Voilà pourquoi j'en interdis Tusage.
Après tout, qu'importe cette sorte de rudesse ;
dans lu tranche ? Une tranche bien unie, quand '
le volume est &rmô t s'oppose assurément à
DES tlVIUBS EARBS. 299
rinjjffpduction de la pomssîère, comme à Tenfofpagç de l!ex^réioité des marges; loai^.ftti aD|{N|^ ^ae le livre fo%m ^\ai-4à$em% toit coAsarvâ ^àn& un étai, à la manièm des aAciâis paroissiens ? D'aïUears « une bibliothèque bien THrée , exposée^ en un lieu see^ n'est^Ue pas oap mteUe l^ie^ suffisante ? liour moi^ Mblkn phiia.^s prêj(ç«tio;i, je me ceaténte d'aligoep ainsi les marges, une trauche bien nette me sémillant indLspensaMe uniquement quand mt v^kune est^d«Mki#, ofimm^ un dictionaaine, M un feuiyutatage continuel et rapide.
3"^ Réparation des traces de coutures ajnlé" rtnirei. — Poui* unir les cahiers, il faut que lea femUflfts déjà une ou deux fois recousus (ce caa est assez commun ) n'offrent pas , à Ten** droit du pli, une série de trops .telle, qull en résuUe une sorte de déchirure longitudinale.
U «a Mit pourtant qui en sont réduits: à ,cet état déplovul^le) notamment ceux en tétedC' chaque cahier* Cas avaries ^ont dues,, e.n partie, hVu"
à'dge que faisaient les anciens relieurs daigoillea fort grossières , ou même de poinçons, pour percer les trous ; aujourd'hui on emploie généralement des aiguilles fines et recourbées.
240 BBSTAURATIOn ET RELIURE MOYISOIRE
Si les anciens trous formaient, sur louic la ligne, une déchirure presque oontiiitie, les feuillets, une fois repliés, ne présenteraient à raiguiUe aucun point d'appui : il faut nécessairement remédier à cet obstacle. Une bande de papier fin et en même lemjpë résistant, collée à la gomme sur la longueur du pli, est un moyen d'atteindre le but ; mais , si tou^ les feuillets portent une semblable bande, qui doit se plier en deux , le dos du volome doublera presque d'épaisseur, tandis que le cdié opposé restera flasque et sans compacité (1).
Commeuçous, avaul tout, par plier exactement chaque feuillet : nous* jugerons mieux quels sont ceux qui réclament une bande de renfort. Nous verrons d'abord que le repliage, en corrigeant Tinégalité de largeur des marges de fond, fait que les anciens trous ne se trouvent plus tons précisément dans Taxe du pK.
11 arrive de là que, les ûls pouvant passer par d'autres points, la couture va devenir plus pra>
(1) S'il 8 agiwtit d'un livre rarissime, ou pourrait essayer de réparer ces déchirures aa moyen de pâte de ^
papier. (Voyez p.
ticild«. * Néanmoins il y anra toujours plus d'un feuillet qui réclamera un nouveau point d'appui, parmi ceux principalement qui forment la tête de chaque cahier, surtout s'ils ont • été déeoasus, isolés avec trop de précipitation, ou dépouillés, à Tétat sec, des grumeaux de coUe^orte. Les feuillets du centre, généralement moins fatigués, seront suffisamment main-
teniiB parcolui qui les renferme. •
En supposant donc qu'on se borne à renforcer le premier feuillet, il eu résultera toujours un peu plus d'épaisseur au dos que du côté de la tranche. Je ne sais si les habiles relieurs ont le talent de dissimuler ce défaut au moyen d on battage adroitement ménagé ; pour moit je ne conuais qu'un palliatif, consistant à laisser au carton de recouvrement un peu plus d*épaisseur du côté de la gouttière; de cette manière le volume, posé à plat, parait avoir une épaisseur homogène*
JVi ouï parler d une invention qu on pourrait appliquer au cas où la totalité des feuillets serait à peu près divisée en deux par suite de coutures souvent renouvelées. Il consiste à rogner à la presse et de droit fil tous les cahiers
If
m MSTAUEATION EJ aELlIiftC PHOViSOlRg
du eôtë du dos^ comme s U s'agUsait de former^ de ce côté, la Iranche du livre. Les caMe»
ainsi rasés au même niveau et maintenus en presse, on paase sur la tranehe nne c^nciie de
caoutchouc réduit À Tétat visqueuj^ |iar uae àuiie ^s^euiielle que fournit le caoutchouc lui^ | môme ; puis on recouvre cette sorte de celle | d*nne toile fine oa d^une peau très sou pieu Par ! malheur, ce procédé de reliure, aignalè dans ma première édition, ne vaut rien, a ce
parait, car je n'eu ai vu aucun pioduil û^rer
à rËxposition nniverselle de 185tty et personne n'a pu m'en donner de nouvelles- On y a noncé sans doute par celle raison 4iueiecaaut- i chûuc ainsi appliqué perd promptement sa verlu | élastique et agglntinatÎTet en sorte i|aebelHMpe feuillet finit par se détacher fiiuie de aoatîeii.
Aurons^nous reconrs au procédé. (Qhînois, qui consiste en une suite de points de cou^ire, à fil redoublé, et plus ou moins e^aoés sur une partie de la marge de fond ? Ce gtnre de reliure, ne permettant au volume de s'en- \i ir que sous uu angle très resserré, n est applicable qu'à des brochures minces et sans loiportance.
M8 LIVAE& RÀEËS.
^;dSde réparation plus longue , mais plus
îd^n volume rare réduit posluvemeut 4 Yêt3L% de feuillets simples, consisterait à coller jour (ft la fomme), sur des cahiers d'un papier lèrt,' chaque feuillet isolé, ainsi que je rindique page 220.
^^4*^Gùut^ ordinaire. — • La reliure des 6flthîerB'B&tre eux dc«it être exécutée avec une telle précision que nul ne dépasse Tautre en àncun sens. Rien de plus aisé que ile coudre régulièrement un livre : c'est un travail de pa* tîMee, et, avec un pea d%abitude, un volume . de trente à quarimte cahiers est asses promptement formé. Je ne sais s'il existe plusieurs prDoêdés«e couture. Celui que je vais expUqHbf^Mie paraît simple et convenable pour ob-tMir une reliure provîsoirer^et pourtant séiUde; je Tai éiuiUémmquement par un examen atten* tif -de te snucMiitide plusieurs bouquins que j%i dieleqnéf . "
I^-appareii à coudra est si peu compliqué qull suffit de l avoir entrevu une seule fois pour pouvoin en reproduire le modèle. Je décrirai celui que i*ai fabriqué pour mon.
propre usage.
f44 BESTAURATiOM ET RELIURE PEÛYISûiRS
Figurez-vous une caisse plate en sapin, dont le dessus a les proportions d'un tome is-feUot mais d*iiQe dioiensflo& on peu plus grande en tous sens. Les flancs ou côtés .eni au plus dixceuUuicUesdebauleur. Celte cause fort basse peut se passer de fond. A deux, des encmgnnres s'élèvent, séfmrés par ta longuMr de la caisse, deuE montants ou bandea d# »^ pin, cloués à plat dans le profil du bois qu forme un des flancs longitudinaux , et chaque montant dépasse de vingt^inq cenliniètmlt dessus de cette boite , que noua aonnaenns plate-forme. Les deux montants sont réunit par une traverse de chêne clouée sur la tranche de leur sotnimet ; on a done-aona les yeux une sorte de châssis dressé verticalement, ou^ si Von préfère, le modèle en petit d'un supports de balançoire. Vers la base du flanc iongitudi-» nal, que j'appellerai la face antérieure, on percera sur une même ligne une série ide tms ea^ pacés d'un centimètre, destinés it recevoir dea pitons à vis; sur le profil de la traverse ou en percera d'autres en correspondance avec ceux.du bas, et destinés au même usage»
Notre appareil est construit. Quand nqu^V
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jDBft UVIUK8 KARBS» « • < Mtt
aurons un volume & relier» jusqu'à Tin-folio iiiidii8i?em6DU nottsyisserons ca hauteteohcvs '6^ 4» 6.0U 8 pUûus corre3pQQdants« espacé suivani 1 exigeuce du loimat» Daas les pitoa.$ on passe une ficelle , et Ton ea forme une sorte dm lyra grossière. Ces ficelles , dont la tension daîl-étnd fort modérée, sont nommés nerfs ou nm'vutes; elles sont destinées k servir de ûr che&» de brocheSt si Ton aime mieux, aux charuiArea de -fil que nous attacherons A ebaque feMUet dii livre. ^
On peut sans grands frais se procurer un appareil moiu3 embarrassant, Les montants e^ lamveMe pourraient, soit s'abaisser comme r«Me/mobîto de oei*taius paniens* soit se dé^ lUQiiAar.'fitiiSfi i^aoer dans un long tiroir établi sur lun des coiés^ On uiiUseiuii cp tiroir en y rangeant les divers, accessoires nécessaires a la €oiitnre#
La fieelle destinée ik jouer- le rOle de nervu*» rea daïA être asse%.fiinet i peine tordue et composé d'un chanvre neuf long et tenace. Aif reste la ficella commune est assez solide; les^ ientiel est qu'elle soit d'un diamètre régulier» Chaque briut vu la disposition des pitons infé^
a46 RBSTAURATIOK ST kftUOfttf PROVISOIRE
rieurs , s'étendra, en bas comme en haut; au delà du dos du volame à r^&lior. (ftlt^e^t^MiKt est destiné, quand les cordels sermi coupées après la couture des cahièrs, à rattacher au \ô> lame les deux cartons qui doivent cM fokidr la coiiverture. — - *
Maintenant, supposons qu'il s'agît de réUtr un in-4o : on tendra six nervures espacées peu près ainsi • - • • • • -'çttig «n pladm sur la plate^forme tous les tbliiB^s^ superposés* ot bien alignés, les dos touchant les nervures*, fin tête du premier cahier et à la suite du dernier devront se trouver deux (m an ^odiMiiR tm) feuillets doubles d^un papier semblAble-mi^à peu près à* celui du livre : on compréndra4E»ieDtôt rutiiité de ces feuillets supplémentaires^**
La pile de cahiers ainsi disposée ," et pressée par un poids assez tdurd, on indiqueHr, sur Tensemble des dos réunis , au moyen d'an trait de crayon vertical, Tendroit précis où passeront les nervures et où seront forméës les charnières dfd fil de Chaque ctilter^ 00 ftaeé fait , on retire le volume. On n'oubliera fms, s'il s'agit de recoudre un rare bddUluin qui^a déjà subi plusieurs reliures, de faii^ passer les
nervures, autant que possible, assez loin dès inciens trous.
Les refiears , en «général , ne se contentent pas d'an Uait de crayon; ils pratiquent, à raide d-une scie ^ une entaille ou rainure deslinée à loger le nerf. Je préfère le laisser ea dehors, à découvert ; il tient fort peu de place qiiMd le chanvre est peu tordu , et Ton évite ainsi de multiplier, de ce côté, des avaries, des plaies déjii très nombreuses. Dans la plupêH des andennes reliures, le nerf forme' t Festérieiir une forte saillie ronde, ou encore est remplacé par une lanière de cuir assez large, dont remploi nécessite quelques modifications dans la couture ; mais nous adopte- TOtts excfaïaîvMttent la fioelle, afin de simplifier ropéntion'. D'ailleurs^ il n'est ici question que de reliures à dos brisé.
Pour procéder à la couture , on^ place d'abord sur la plate-forme un ou deux feuillets doaUes de papier blanCf * qui serviront à foi^ mffc les jjf«r<i6S».Iie dos de ce premier cahier sera appuyé cpntre les neinvures au point mar*^ ^é au (trayon. cÂlors, on prendra une aiguSkr atsM longue , fine et recourbée comme une rit-
'348 RESTAURATION ET REUURE PRÛViSûlft£
ne (1), puis on y passera un fil souple , iia-et tenace tout à la fois; trop gros , il épaissirait •inutilement le dos des cahiers. La soie , qûV>n emploie assez souvent, me semble une ma^re trop glissante et peu susceptible de se nouer solidement. L*aiguillée ne doit pas être trop courte, il faudr^t la renouveler sans cesse; ni trop longue , le ûl s'embrouillerait , se romr 'prait, contracterait des nœuds. Voici, je crois, des dimensions convenables : pour rin-18,l'ai« guillée aura 5 fois la longueur du dos, environ 8S centimètres; pour lin-folio, 3 fois, ou à peu près Hô centiaièlres ; pour les formats intermédiaires la longueur variera entre ces deux mesures extrêmes.
Le premier cahier, celui dit de garde, doit être solidement rattaché aux nerfs : on enrou* lera donc le fil de couture autour de la pre^ mière nervure, soit de droite , soit de gauche (le choix est indifférent) , et, pour le mieux
« ft * 4 p
(1) Avec un peu dliabitude, on réussit en se servant
d'une aiguille droite ordinaire. Bien que je ne parle ici que' de la couture du cahier de gardé, mes conseils sV^^ pUquent aux cahiers suivants, en général plus épaîA.
^ f^r, OR engagera Taiguille dans Tépaisseiir SQ« diamètre; puis^passaot la main^iiii^ derrièf e lapparell» oa ouvrira le c^er à.'angt/a drpit) a^aat soin, surtout j(|4uand il s'agit d'un imllier épais, de ne laisser* en, dehors aucan XèuiUet double t car celte négligence coûterait pllts tard beaucoup de temps 4 réparer.
. Lp cahier étant donc maintenu ouvert, on engage Taiguille dans le dos extérieur, & l'endroit marqué, au crayon^ puis on la retire du .côté du pU intérieur. Plui> les cahiers sont fourais , comme dans Tin-lS, plus aussi les feuillets sont sujets à se déranger^ à perdre l'alifiEtemenl, ou 4 échapper au passage de Taiguille, qui, si elle est mal maintenue , ne sort fas tqji^ours précisément dans Taxe du pli, mais quelquefois sur la marge de fond; ce^qui occasionne des déchirures , ou tout au moins
^pécbe le fil de prendre son poiut d'appui.
On pourrait percer d'avance les trous ; mais comme ils seraient sujets à dévier de leur di* rection par le dérangement des feuiUetSt au moment où l'on ouvre le cahier, le mieux est d'engager et de retirer ^aiguille par voie de t^nneinent; avacun peu d'habitude on arrive^
150 ABSTAUlàTlM BT MLIURS »R0VIS011IS
à la diriger bieo et vitei sans être obligé d'en tMirfeiUef'taiis cesse la sovtie à rintériMHrdk pU. A la rigueur» on disposerait derrière i'mfipareil un niioir qui réfléterait les évolutions de Taiguille ; mais, je le répète , le procédé le plus eipéditif s^acquiert ^ar Vefcerôee. i Quand Taiguilie a traversé aws^piédaion le pli intérieur^ on m ramène la pointe^ par un mouvement que règle la routine, vis-è*ovis de la seeonde nervurc, puis on perce le papier.
<iuBlqttefois la pointe tient s'engager an niMieQ du nerf^ ce «qui n'offre aucun inconvénieal pour le premier cahieri qui doit être solide* ment fixé; mais, pour opérer sur les aunes avec régnlariiô, et se nténager la possibilité de les serrer plus tard« il faut que la pointa ne fasse qu'effleurer le nerf, sans le transpercée» .Alors on lire sur lofil avec assez de force pour qu^il s'applique bien è Tespèce de rigole intét ûeare que forme le pfi; on Ty maintient delà main gauche, tandis que de la droite, après ravoir enroulé autour de la nervure, on le repasse dans le même trou, ou du moins sur 'an j^oint très voisin. L'essentiel c'est que raiguilîe ne traverse jamais le fil néme qu'elle diagSi
.car ea ce. cas elle ne pourrait plus avancer, jb VAaénd. il finit allonger éroitiei^'^éum
fUR^pf^s^spiimlesv il se:ioniie dea noaoAs com^planés, ei Ton perd beaucaup^e temps à dé^
]iroiiillet€r«iM»<!l).
^ i>n cwnlinao.de la mÉme'iiianèrevL tt, lois^ ^*QiE mtteiat la deriiièce nenfure^ on y enrcMla I0 tit« -qu'on f fût passer à iraversJe nerf (ilvVagit iei des feuillets de garde) , puis on i l^arr^ aù MOfan d^umwndtiiiéeaittion Arobawverifiiaitâ iOB arh¥e à riine ou Tautceiexlaréniitô de chaque cahier ; mais ces nœudsdoiventétre peu^secré^ - Les feuillets de garde cousMv on^net sur la flatB4drme la deniar caluefl du i9okimte(«ar on nôoasiaireoient par le'titre)^ et M^^le talio M la même manière à la nervure, sauf qu'on eommenGe par Textrémité opposée relativement 4'la jNremiàreiOpératîon^ et ainsiubiaukeijuijÉ^ jifA la couMiM totale. Avant éaooràni^nMii^
{i) Pour l'éviter, on est quelquefois obligé , sur* %nX quand Taigaillée est longne, de quitter le cahieft et cfinterposer la main gaache entre les cîirconVolutions 4i»qai mieat wi» «H-taéiiiei ' • ' t <^
S5S fiESTAURATlON £T «fif^UKE PliûYISOIBE
veau cahier, on doit s'assurer si chaque feuillet ett à 8à plaoe^ A la letlvé deohaque catrîer hku à aou mng^carv le volume ue fois mwqV on ue peut répudier à cette trau^po&ition.qii'iL condition de tout refaire. Uu^cahier oublié peut, à la rigueur, s'intercaler, pourmqne H4àM dm volume ne aoit. pad enoore conaûUdè.pa(r ttne î couche de cojite-l^orte^ Quant à quelques ieuiliri' lets transposés dans un livre relié, il est possi- - Idede le& remettre à leilr. placé;* |*en ai inéîqtiè lea i9o;ens page .Lorsqu'on Htafifaîre à un^ liiope orn^ de vignettes au de cartes, il lautson^ ' ger, >avaA^ la couture, & leS: incorporer aux ciBii^efs auxquels elles* se rapiportént^.a&ide* eondre iftitout àtlai fois. * > ' . ^ .
Quand une aiguillée tire. à saifin, ou la fixao" solidement autour de Fan des nerfs ; on ratta* che la nouvelle , soit an nerf, soit au bout qui dépasse celle qui précède , ayant soin que le nouid lieune l)iea^t sôil ^tîâiûeiur< iL j^trim-É portant de vérifier si les cahiers se relient' à la neArure tons au même point; s^il arrivait que I4 trace. de crayon fût effacée^ il serait toujours iacile de les superposer ex^ct^mi^nt à vuedœ^ et de les inainleQiriiMe cette po»i|«w * *
^..iu . ...BEI LiVaSS RAEES. SB3
I Xorsque uom les cahiers sont cousus, on les. presse les 11B8 contre les au ires, ou rapproche lems «tonières ei Ton 'serre lesMrads ^^atlaehmt le damief (le cahier ite gardl^; puis i^on coupe les nervures, d'une part au nÎTeau des^ pilons inférieurs » de Taulre au-dessus dtt lim, à une distance t^e , quiltarie ciMf ^ s» nentîBifctres de nenute exoédnt» (I). Cette piie de cahiers ainsi réunis n'offre pas encore lUllOul solide : les charnières sont Iflches, sur* timt .ipers kieenire; les fis onttrop4ejeu^iMH senbten'esipasassei;oonipaeit»Ûntraasp(Nrimr ' le volume en cet- étal sur une table, ^ le rece* > vra à plat, de manière que le dos eu dépasse le • bord de deux millimètres; puiaron'il%Mr«rd0 nooYoaa les cahiers en tons seos« eti'on j sn^ perposera une planchette chargée d'un poids le
« (l> Aià lieu de couper île suite les umum^ qotA^ ((Qelbii on les iitUise, A Tespace le per— pour fai
coutore d un second volume ; maiSt entre cette nauveiie^ . pUe de cahiers et celle déjà cousue, on devra placer plusieurs ais, d'uQe épaisseur collective d au moins dix ' amûaàtteê-; «Un qnll reateà chaipio vdhnné des Urafi^*^' de nervure suffisants ppur y raitacher les carton&r '"^
254 RESTAUHATKm £1 AfiLIUR&. PROVISOIRE
plua ieurd posâble, et appuyant sur^toote la surface. Si Ite^poss^ait une ptesse à iisk on
. stKi voIaineauiâlii6ii«»mpriaié, on appUque sar le dos daa cahiers une Gauche de coU&^ta (Voy^z la noXe page 184) assez épaisse pour ne pas pénétrer le papier. On tenifilittiidniai-^ leowit de coUe le» intervaUes oa sUkuia qm eiistenbentre chaque cahier ; maisi pour ne pas accumuler la matière gélatineuse, qui peut dans Vêsntàsf ianmiiser la production des ^rei^t H ftM mieux remplir ces idd^soivec des brins de âtasse et les bouts de fils qui dépassent.
^Quelques relieurs ajoutent^ dit*oa, à leur eeUe% pour prémû^lesTers, itneipinoéed'oxfie blanc d'arsenic, ou de tout autre poisott éawp |^que« Je ne s^ssi cette substance i»[*oduit Teffet qu'on en attend; peut-être, mêlée à lajDoUev lui dte-*t^e un peu de sa ténacité* Du rester les vers ne s'attaqurat guère qu'il des livres ac* çumulj^ dans un local humide et abandonné* , Pour mieux encore rattacher entre eux tous les cahiers, on appliquera tout aussitôt la GçUe one toile fine ou une pi^au souple; puis, sans rien déranger, on laissera sécher, pendant