‹ De la réparation des vieilles reliures complément de l'Essai sur l'art de restaurer les estampes et les livres. Suivi d'une dissertation sur les moyens d'obtenir des duplicata de manuscritsChapitre 38 sur 43 · UN FEUILLET SIMPLE · texte numérisé non relu

UN FEUILLET SIMPLE

colle à Taide d un pinceau fin , ayant bien soin que chaque portion de la surface en reçoive la même quantité , et qu'aucune parcelle ne s'étende au delà du papier et n ecapiète sur le fond de bois , qu'il est aisé de mettre fc l'abri des atteintes du pinceau. Sur cette couche vis^ queuse on appliquera , & Tétat de moiteur, soit une toile résistante, soit une peaa bien unie ; adoptons le parchemin. On s'arrangera pour que cette feuille déborde des quatre côtés les limites de Testampe ; ces portions excédantes et libres seront destinées à fournir de la prise.

Le tout bien sec, on essayera dlsoler la feuille de parchemin qui doit entraîner avec elle le verso du papier à dédoubler. Un des côtés excédants du parchemin devra être saisi dans toute sa largeur et tiré lentement avec im effort identique sur tous les points. Je citerai ici une opération délicate, que j'ai vu pratiquer à Naples pour dérouler un rouleau de papyrus neinéré. Une bande de baudruche se relie à de nombreux fragments de la même peau, adhérents à la surface raboteuse et très iné^ gale du rouleau de cendre ; on attache à cette bande rang serré de cordons de soie fixés,

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par l'autre extrémité, à un cylindre snpérieur qu'on fait tourner avec une lenteur eiLtréme» La baudruche^ callée dans les moindres replis qui rident la surface du roulean , se déploie peu à peu, entraînant les diverses couobes de cendre , vestiges impalpables des spirales qui ibrmaient le rouleau ; après quelques fnois le tour de patience est accompli.

Un procédé analogue , appliqué au dédoublage de notre feuillet , réunirait>il toutes les conditions de réussite? Je le crois, pourrt toutefois que le papier soumis & Texpérieiice m fût pas d'une fabrication par trop grossière. Si le collage des deux supei ficies a été prati* qué avec une précision parfaite, surtout vers les bords (ce qui est le point difficile)^ il me semble que le parchemin , tiré avec une régu^ larité mécanique, entraînera, avec la surface du verso , ju^e la moitié de la eosebe intermé* diaire du papier, laquelle est ici la partie fai* ble, celle qui doit céder. Plus le feuillet h dédoubler aura détendue, plus nécessairement ropération exigera de précautions; 6i chaqpie point des |deux surfaces n adbéraît pas complètement au fond de soutien i soit qu'il y eût

m remuBT sihpus* . èdH

des intermittences dans le collage , soit qnll se trottvftt des ordures dans la pâte du feuillet, il

se formerait des déchirures ; mais le papier« supposé bien collé et bien égal dans sa contextnre, se dédoublerait, ce me semble, en. deux trancbes de même épaisseur, comme, si Ton avait affaire à uae carte à jouer formée de deux feuillets distincts. ,

Le dédoublemrat une fois accompli, le reste de Topération ne serait plus qu'une bagatelle : il suffirait, pour détacher les deux minces pla-r eaids , de tremper bois et peau dans Feau chaude si la colle y est soiuble ou dans Talcool si elle est d'une nature résineuse , etc. ,

Réussirait-on mieux en fixant entre deux tablettes de bois le feuillet au moyen de collodion ou d'un vernis , et laissant le tout trem-per pendant plusieurs jours ? Par Teffet de la capillarité, Teau peut-être s'infiltrerait par degrés à travers le milieu du feuillet et en ramollirait la couche intermédiaire sans attein* dre les deux superficies, qui, protégées contre I action de Teau, deviendraient des parties résistttDtes par rapport à la couche centrale, ra^ mollie par Thumidité* Je Tavoue, Je ne saurais

U8 MSaOlLltt n lÉMIttUB

concevoir, pour résoudre le problème, un pn>- Cédé où la cdle et nramidité ne jMenîeBi tncim râle.

J'ai euieudu parier d'une machine desiii^ à diviser les peaux d'agneaux en couches rl milices. Une lame très affilée et d^me ^pemseur presque nulle eniame« m'a-t-on assoré* k profil de la peau, maintenue entre deux cylindres fortement serrés Tun contre Tauti^ , les* quels^ tommant en sens contraire, entnineitt la double tranche formée par Faction ooo tance de la lame. Ce mode de dédooblage serait sans dente appUcaUe à des feuillets de Télin. Dn reste, le renseignement est fort vague : je n*ai pu voir ni TappareiU ni même un dessin qui le représentât; néanmoins, il ma inspiré nue idée peut^tre réalisaUe. Le point ie difficile est sans contredit de commence Tcntaille sur toute la lignct et au milieu même da profil d'un feuillet. Y pai vieudrait-on par Teuiploi de ces lames extrêmement minces dou se servent les amateurs d'expériences micioscopiques pour obtenir des tranches de bois d'une excessive ténuité? Il m est impossiiîle

de croire qu'nne telle lame ait de la priât

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même sur mii papiar â^uM mdyeUM épaisseur.

En déûnitîtet voici comment je compte m^ prendre pour, commencer le dédoublage . Un des bords (du edté le plus étroit) étant enduit de part et diantre d'ane eoUe qnelcmqiieY d'ane viscosité convenable et homogène* je rengagerai entre deux planchettes de bois dur et md, sorte d'étan à' mftelioirss très larges^ Quand le femll^ engagé sera bien see « }é tA« obérai d'écarter les deux planchettes tmifor^ mément sur toute la ligne. Si tous les apprêts ont été faits airec soin et si la colle étalée sar chaque surface n'a pu se réunir à. travers le papier, il me semble que chaque planchette ou mâchoire d'étau, en se séparant, entraînera préeitément la moitié derépaisseiirdnfeuiUet. Ce résultat obtenu , rien ensuite de plus aisé* je le répète f que de détacher du bois les por^ tiens collées.

Le bond du feuillet une fois dédoublé à une profondeur de quelques millimètres* on Tengar gérait entre deux cylindres de bois bien un} et Ton coUerait chaque portion isolée sur un des cylindres. Le tout bien sec, on serrerait fortement les cylindres Tun contre Tautre à

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Vaide d^on ressort, puis on les tournerait avec une manivelle dans le sens où leurs surfaces courbes semblent se fuir. Il est probable ^ue, le feuillet étant ainsi disposé avec un commencement d'entaille, la divition en deux placards s'opérerait régulièrement même à sec, gr&ce à récarlemeat uniforme des cylindres et à la pression qui maintient les portions engagées du feuillet à mesure quelles s'approchent de la ligne tangente du double cylindre.

Telle est la théorie , vraie ou erronée , <jue je compte mettre en.pratique pour résoudre m problème que d'autres ont résolu. Ces idées sont-elles de pures chimères? Ont-elles au contraire assez de fond pour que, grâce à certaines modifications qu'inspire toujours la pratique, pn obtienne le résultat désiré? Je Tignore complètement. Celui qui voudra me prévenir dans ces essais en est parfaitement libre , puisque je n'ai développé qu'une théorie, et n'ai point, pris, comme on dit en style industriel, « un brevet s. G. D. G. ».

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