PROCÈDES POUR OBTENIR
gnées) débordassent , à droite et à gauche, de manière à offi ir de la prise et à permettre de peser uniforinénient. En règle générale, qa\>ii se serve ou non de cet accessoire , le fond sur lequel on promène le rouleau doit être assez bas pour qu*on ait la faculté d'opérer à bras tendus. Si la table qu'on a à sa diapositioii était trop élevée , on s'exhausserait soi'^môme& 1 aide d'un tabouret ou de toute autre manière.
Ces observations s'adressent à eeut qui tien* nent à une certaine periection ; mais quand on n'a d'autre but que celui d'obtenir un donble« utile & consnlter seulement , en cas de perte de l'original (accident très rare)» on pent y mettre moins de cérémonie. Pour moi, j'ai souvent négligé la plupart des précautions recommandées ci-dessus* Je prenais une feuille fau* mectée au point convenable (condition essentielle , je ne saurais trop le répéter); je rétendais sur ma page, écrite depaisun espace de temps plus ou. moins court, et j'y passais immédiatement un rouleau, quelquefois mèoie un simple fragment de bâton à peine cylindrique-, voire une bouteille , et j'obtenais des ré* sttltats a peu près satisfaisants. Uoa papier à
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doubles était, au besoin^ an vulgaire papier Joseph qui avait servi d*enveloppe & des bou-* gtes. Je ne plaçais jamais de feuillet impw* méaUe sur le papier humide , lequel s'enrou-* lait autour de moa cylindre ; je rendétachais^ el tout était dit.
L'habitude est une puissance singulière!
Un nageur exercé violera impunément une partie des règles de Tari de la natation et, néanmoins , réussira ft se soutenir sur Teaii* Par cette môme raison , j'ai souvent obtenu d'excellents doubles avec des matériaux gros^ siet's et par des procédés fort imparfaits. 11 y a quinze ans que j'ai renoncé à la presse dite de Watt ; mais, tout en la mettant de c6té, je n^ honore pas moins le nom célèbre qui s'y rat-* tache. C'est une invention assurément ingé^ nieose que celle qui part d'un principe si sim* pie : dédoubler l'encre d'un manuscrit ait moyen d'un peu de sucre qu'on y mêle. Quant à la presse, elle n'a rien de neuf en elle-même, et je crois avoir prouvé qu'on peut aisément s*en passer*
La question n est pas épuisée. On peut désirer prendre le double d'un feuillet écrit des
tiO PROCâDftS POUii OBTËNIH
deux côtés ; raisoanoQs eu ce sens. Le point difficile a est pas de tirer les doubles, mais bien de parvenir à écrire au verso , sans que le recio, déjà couvert de iig^es, en éprouve de dommage. Sur quel fond appuyer ce côté chargé d'une encre visqueuse ? Sur un papier buvard? ce papier, bien que sec, en relien-drait. une partie. Sur un fond imperméable?
les caractères y resleraienl en partie adhérents , et seraient écacbés rien que par Teffet de la pression de la main qui écrit* Je ne connais qu'uii moyen : dédoubler de suite la première page , laisser sécher Toriginal (c'est l^affaire de quelques minutes au soleil); puis écrire au verso et recommencer ropération. Si l'on a des feuilles humides d'une assez grande dimension, on prendra, du même coup de rouleau , l'empreinte de la seconde et de la troisième page.
Je signalerai ici une encre violette, dite communicative , de la fabrique de M. Leblé jeune, à Cany (Seine- Inférieure), dont il y a des dépôts clic/, plusieurs papetiers de Paris. Elle n'est ni suorée , ni visqueuse ; elle sèche aussi vite que l'encre ordinaire , et néanmoins
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conserve, pendant environ huit heures (et même davantage, si Ton met le manuscrit à Tabri de Tair et de la lumière) , la propriété de déposer une empreinte sur du papier fin non encollé et humecté par le procédé indiqué plus haut. Je suppose qu*il entre dans la coaiposition de cette encre une substance déliquescente susceptible , avant son absorption com^ plète dans la pâte du papier, de redevenir fluide sous rinflucucc de rimmidité. Cette encre , vu ses propriétés , se prêterait parfaite-» ment au dédoublage simultané de deux pages adossées.
Quelques mots sur les pages maijiuscrilea dont on désire avoir Tempreinte, non plus sur des feuUles volantes , mais sur un registre. Ce registre sera formé du papier fui et non encollé dont j'ai parlé plus haut. On en humecte les feuillets, quel qu'en soit le nombre, en les plaçant entre deux linges, plus ou moins humides , selon la quantité , et isolés des ca^ hiers contigus au moyen de feuilles d'étain.
Les pages écrites intercalées, on ferme le registre et Ton passe le rouleau sur la couv erture, à moins qu'op ne possède une presse à vis.
6t pRocm^Ês poua oat enir
SuppoiOiifi mainteuant qu'où ait tracé avee renore de M. Leblé une lettre de deux feuilieis« écrits an recto et au verso. Dans cette eonditîoo « veuiron obtenir, sur le registre, le
dédoubieuiaut simultané des quatre pages ?
L'opération est praticable. Après avoir isolé
amc une feuiUe d'étain deux des feuillets du ragistre prêalalUeffiônt luûuillés , oa glisse le laut ésm le pli de la lettre. Mai;» ou conçoit f ue I de quelque façon qu'on s y prenne , Tordre naturel des pages sera interverti.
On a imaginé plusieurs autres systèmes désignés sous différents noms, d'origine plus ou moins grecque, pour obtenir facilement une on plusieurs épreuves d'un texte manuscrit, i'ai essayé, notamment, il y a douze ou qum^e ans , d'une encre visqueuse, qui déposait sur une toile dree lempreinle renversée de mou manuscrit. Cette toile jouait on rôle assea^ analogue h celui d'une pierre lithographique. On y appliquait une feuille humide qui , sous la pression d'un cyliudré , prenait Tempreinte redressée des caractères ; on possédait un double. L'épreuve enlevée , la toile cirée retenait des traces de chaque ligne ; on
MS HIIFLIGAXA. ^
semait sur ces traces QBe poudregriseetsèehet qui , entre autres ingrédients , contenait de racide galUqne. Cette poudre y adhérait , et GOiûme- elle avait la yetlu^ vu sa déliquescence^ de se changer en nn liquide noir ^ quand elle Àtait exposée à la vapeur aqueuse ou simplement à rhaleine de Topérateur, Tempreinte des lignes, déposée sur la toile cirée, se cltar*geait d'une nouvelle couche d'encre artifioieilement formée. Puis qu recommençait indéâ^ niment et toujours avec mocès , à en croire le prospectus.
Par malheur « cette poudre , qui coûtait fort eher^ s'altérait dans le flacon, pour peu qu'il fût mal bouché ou exposé trop longtemps, à Fair humide; bref, elle perdait sùù état pul« vérulent, elle s'agglutinait; une partie restait attachée à la surface de la toile, en dehors des limites du texte. On avait, il est vrai , uu blai« reau doux pour balayer le superflu; néanmoins une. partie notable résistait opini&trément à raction du blaireau, se liquétiail et faisait tache ; la troisième épreuve était déjà bavocbée, et ce défaut croissait à chaque nouveau tirage» £n définitive, Tinvention ,. tout ingé^
6é PROC&IMÎS POUR OBTENIR
uieuse quelle iùt^ neut pas de succès, que je sache , en raison de ces incoiiTénients»
Je citerai enooreleiDOTen suivant poturoblft* nir à seo le ittpiîeatiimd'an écrit on d'un des* sin. La pUune ou le crayon doni on se sert exige comme première condition une assez grande dureté. Le papier sur lequel on trace les eafaeières doit être peu épais; il est pesé sur une autre ieuilie dont le verso porte un enduit gras, soit noir, soit de toute autre couleur* Gel enduit, sons la pras^m de la {dnme ou du cnyon dur, se dëcbaige sur, un feoiUel place dessous. Tout le monde connaît ce papier à décalquer dont on se sert pour prendre Tempreinte d'an timbre. Lorsqu'il s'agit d'avoir le double d'un dessin, on le remplace le plus souvent par un papier couvert d'une simple couche de plombagine.
. Llnoonvénient du système est de ftitigu»
la main quand il est question d'écrire de suite une douzaine de pages, et de revenir cher, w que le papier à timbres n est pas d ua long sernoe. Ceux qui vendent sous divers noms cet appareil , connu depuis fort longtemps, vous prouvent aisément qu'on peut obtenir
ju^i|uu trois ou quatre copies du même coup; seulement ils oublient d'ajouter qu'à ce métier uu homme de lettres* d'une certaine fécondité* gagnerait liùealôi un effort au poignet*
Demanderons-nous à la photographie un nouveau mode de duplication d*nn manuœrit?
On peut/epondre : il est tout trouvée Placez une page écrite depuis une heure, depuis un siècle si vous voulez, sous le regard derobjectifd'mie chambre noire : vous obtiendrez* k Taide d'un papier rendu sensible à la lumière par un sel d'argent, une copie renversée, de la grandeur désirée* véritable eliebé * générateur du nombre de copies que vous souhaiterez*
Je pourrais signaler ici plusieurs autres systèmes qui dispenseraient de remploi d'une ohambre. noire ; mais à quoi bon? Toutes ces opérations, exigent tant de soins* qu on aurait bien plus tôt fait, quand on n'a besoin que d'un double * de recopier Forigimd. D'aillemrs les feuilles préparées au sel d'argent sont d un prixassez élevé, et Ton en gâte beaucoup quand çn n*est pas bien eusrcé. II ne &ut donc pas songer à. la photographie * du moins k cette heure. M. Kiepce de Saint-Victor* qui chaque
C0 Miuci^bKs i'oi;u oBTENin
inoiH découvru quelque uouvoilû propriété de lalumièrc, nous viendra peut-ôtre en aide pour arriver au résultat désiré. La puissance électrique pourrait bien aussi devenir ia base d*un nouveau s^sleme.
Le soleil, depuis TépoqiKî où il s est mêlé de donner un coup de main à l'industrie humaine, n'a pas fait les choses ù demi : il s'est montré d'une générosité presque sans bornes. Si un jour, grâce à quelque procédé ingénieux, on lui imposait le réle de secrétaire , on en ob* tiendraiti cest probable, plus qu'on ne cher-cfae. D'abord il n'exigciail pas, je suppose, que récriture du manuscrit fût fraîchement tracée ; il en accepterait la date, quelle qu'elle fût, et sans aucun doute, ne la reproduirait pas dans la limite d'une seule copie, mais la multiplierait à un nombre indéfini d'èxem*plaires«
Toutefois, qu'on no s'imagine pas que la découverte Gutenberg risquerait d'être compromise. Comme le jour où elle apparut au monde, elle resterait toujours neuve et sans rivale. Sous peu d'années , la lumière (secondée peuirétre par l'électricité) nous procurera
des fao^mile de nos vieux livres ; mais elle les reproduira tels que les aurou>t créés les presses de telle ou telle époque ; fidèle miroir, elle ne dissimulera aucune de Leurs* nal-ves imperfections* Tout ouvrage qui veut renaître plus parfait, relève de rinvention des caractères mobiles, la s^aulc qui retrace les idées humaines mot par mot, lettre par lettre ; qui permette, les heureuses substitutions, les transpositions , les corrections du style ; qui fournisse au génie , la. puissance de doiiuer à Funivers son dernier mot. Quand donc on désirera multiplier un écrit non plus par deux, mais par ceut ou par mille, le plus simple sera de recourir & rimprimerie, que rien ne i euiplace : car la mobilité des caractères est TAme de cette sublime* invention, La lithographie ue doit pas lui être comparée, puisq.u'ellc exige un maiiuscni immuable, fixé sans» appel, sous peine de grossières ratures. Ajoutons que rensemblo des mots ek des lettres est dépourvu eu général de cette uniformité qui rend si facile la lecture d'uue page imprimée.
On a imaginé des systèmes autographiques plus ou moins analogues à la lithographie, qui
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permettent à chacun de multiplier soi-même , sur »n€, ses manuscrits, sans Tembams de
lourdes pierres, d'une presse et d'une longue opéra liun de repolissage. Mais à Tbomme de lettres ou d'afTaires, préoccupé de mttle com^ binaisons dldées , la manipulation d'un app^ reii matériel quelconque finit toujours par paraître trop compliqué. U préférera s'adresser au lithographe ou à Timprimeur.
En résumé, je réduis à trois classes le mode convenable de la reproduction d'Un écrit. Aa* pire-t-ou à l'avantage de retmuver, en cas de perte, son texte original ? Un double suffit; on se le procure par un moyen des plus mih pies : Tencre sucrée ou déliquescente. Veut-on le multiplier à petit nombre pour le conmiumqucr à quelques amh ? On a recours au décalque sur zinc, au procédé Ragoeneau, ou ^ si Ton redoute l'embarras de Tencre d'impres-< sion et du nettoyage des plaques, ou s adresse à un lithographe , qui décalquera le texte sur pierre ou sur métal , selon la nature de Tett^ cre employée, et le multipliera à souhait.
Euiin , a-t-on Tintention de donner à un manuscrit une grande publicité ? Il n existe en ce
cas qu'uQ digne interprète de la pensée » le seal capable d'en perfeetionner rexpression selon les limites de la capacité de Tauteur : rimprimerie. 11 est à regretter que 1^ presse typographique ne soit pas abordable à toutes les hoarses ; c'est un obstacle qui a sans doute causé la perte de plus d'un ouvrage , dont la publication eût tourné , sous un point de vue quelconque , au profit de rhumanité.
J'ai souvent dirigé mes idées vers la solu* tion de ce problème : susciter à Fimprimerie une rivale moins exigeante , plus à la portée des modiques fortunes ; mais Tinvention de Gutenberg est si simple dans sa grandeur, que c'est folie de vouloir lui faire concurrence. Voici le moins impraticable des systèmes que j'avais imaginés : diviser une pierre lithogra* pbique en une trentaine de bandes étroites , mobiles , destinées à recevoir chacune une ligne. On les rangerait dans un châssis analogue à ceux où les imprimeurs encadrent leurs pages composées. On pourrait ainsi, dans le cours d'une page , remplacer ou transposer, non pas une lettre ou un mot , mais des lignes entières. Uuc telle disposition offrirait assuré-
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ment un certain avantage ; mais je me suis refroidi en songeant aux frais que cette complication ajouterait au prix courant de la Uthographie* J'ai donc continué à mlncliner, comme par le passé, devant Tinimitable résultai de remploi des caractères mobiles , et j'ai inhumé sans regrets mon idée , encore à Tétat d'embryon. Que la terre lui soit légàre !