ET DE GRAISSE. SI
d*oû papier. Presque toutes les expériences -que j'ai tentées avaient pour objet des taches factices dont je connaissais Torigine. J'ai mis à Tessai toutes lés matièves signalées comme sV iriséant aux corps gras pour les dissoudre, les entraîner ou se combiner avec eux. J'ai tantôt réussi, tantôt échoué, sans avoir pu , le plus «ouveiit, saisir le motif de ma réussite ou de mon insuccès.
Taches d'huile ou de graisse récentes. — J^entends par récentes celles qui datent d^un jour ou au plus d'une semaine ; passé ce dernier terme, j'admets qu'elles commencent à former avec la pâte du papier une sorte de combinaison qui les rend bien plus tenaces, de sorte que la difficulté de les enlever augmente en raison directe de leur date. Les taches récentes de suif, d^huile d'olive et autres non cuites, cèdent assez facilement à plusieurs substances que je vais indiquer.
Les remèdes consignés dans quelques anciens livres ' de pharmacie ou de recettes ont peu de chances de succès; slls agissent, ce n est guère que par le peu de chaux, de soude m de potasse, que renferme la matière. J'en
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citerai m exemple tirô da DMhnnaire écano^ mique de Gbomel « tome II» page 1163 : <c Pre^
« nez des pieds de mouton caicmés, appiiquei^ u cLaudciuent celte poudre aux deux côtés du « papier, à Tendroit de la lâche ; vous la lais-» « serez une nuit, et mettrez quelque chose de « pesant sur le livre (il s agit ici d'un feuillet tf à nettoyer) ; que si elle n'était pas eirtière- « ment ôtée, il en faudrait mettre une seconde « fois ; mais il faut que la tache ne soit pas <( vieille. »
Toutes les anciennes receltes sont analogues k celle-ci ; les os calcinés et pulvérisés, c'est* à-dire le piiobpliate de chaux, en sont toujours la base. La préférence accordée aux os de pieds de mouton me semble une pure naïveté.
Les teinturiers font usage, pour enlever des taclies récentes sur les étoffes, de poudres qui agissent sans aucun doute autant par la vertii absorbante, inhérente aux poussières fines et sèches, que par leurs propriétés chimiques.
J*en signalerai une qui se vend assez cher chez quelques parfumeurs, sous le nom de Poudre minérale infaillible. Cette poudre , d'une teinte jaune-rosée, peu sapide, happaat
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à la langue comme Fargile, m'a para provenir, par voie de pulvérisation, de Tun de ces savons secs et durs, à base de chaux ou de soude, cou* nus depuis longtemps pour ôler les taches sur le drap.
La pierre dite à détacher est , selon M. Le Normand (Manuel de fart du déyraisseur^ p.
97), de la glaise mêlée de soude et de savon dissous dans du jaune d'œuf.
Au besoin , la cendre de bois (bien tamisée et purgée de toute parcelle de charbon) pourrait, je crois, suffire, voire la craie ou carbonate de chaux* Si Ton chauffe, avant de l'appliquer, une poudre absorbante , son action, quelle qu elle soit, doit être plus vive, et Topération n*en marche que plus vite.
Ces poudres s'emploient avec succès, surtout pour les livres, dont on ne peut mouiller les feuillets sans nuire à la reliure. On isole le feuillet maculé entre deux feuilles d'étain ; on étale des deux côtés de la tache quelques pincées de poudre, et Ton ferme le livre. Au bout de quelques heures, une tache d'huile grasse nécente est presque entièrement absorbée. Le suif céderait avec plus de lenteur, et sous la
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coudiûoa de l6 mamleuir à Tétai fluide sur ua poêle chaud ou sur une chaufferette • Biea en-tendu, on enlève le gros de la tacho avant d'étaler la poudre. Je>doute qu'un vernis gras puis* se être sensible à ce remède, conune une huile très fluide. Quand il y a une longue suite de fedillets souillés, il faut se décider à découdre le livre et appliquer les remèdes liquide» dont je vais parler.
Plusieurs substances s'emparent des taches récentes d'huile ou de graisse, en qualité soit de dissolvants, soit de saponifiants. Les hy^ drates de potasse, de chaux et de soude, forment avec ces corps des savons solables dana Feau ; il en est de même de l'ammoniaque ; mais l'alcool, l'éther, Tessence de térébenthine pure, etc., n'agissent qu'à titre de dissolvants. , « Plusieurs acides puissants , dit M. Thénard, s'unissent à chaitd certaines huiles pour former une espè^ (le cire. » Ce procédé est dangereux pour les estampes, par conséquent impraticable. Le chlore, et les chlorureftà baae de chaux, de soudo ou de potasse, att^q^ent aussi les taches récentes, «n^s seulement à Tétat concentré. . >
On essaiera d'abord de Tau. des trois liquides dissolvants mentionnés ci-dessus (i). Ces matières agissant surtout ft chaud, on les chauffera au baia-marie , c!esfr*ik-Kiire dans un vase qu'on maintiënt pendant, quelque temps dans une casserole contenant de l'eau bouilteme; il faut procéder àvee précaution, surtout ayec resseqce y qui s'enftmme spontanément à une certaine température. Pour ôter à l'estampe l'odeur de t^ébenthine, on la passera à l'alcool, ou ou la placera entre rdeux couches de plâtre trèsûn, qui finira par. Fabsorber.
Quand la tache résiste aux dissolvants, ou a recours aux alcalis, mais avec réseirye^ ,
Une dissolution faible de potasse.pure o^ cai4^^igw6(deuxou trois grammes dans uu verre d^eau) agit sur la tanhe nsMZ )?apideiaent. Si le noir de Testampe, Âpiiô^.iil^p^t^on^ V^3i\
(i) On peal aujourd'hui ajouter la fren^me, liquide dont je parlerai ci-après. L'alcQol ^ froid di9i»ou^ bien pm dliuile , puisqu'il en fakit mUla gouttas pour ea dis* soudre six d iiuUe de lia ou trois d'^iiMM.îd'çlivci. J'af, la quelque part que l'alcool oampiii?é avait une pro« priété dissolvante beaucoup plus fqrte. SiXoa empjicQÎs la térébeothiMi elle devra étf^i très pure» < p '
S6 TACHES d'huile
gm&tra, voilé, on y déposa un pau d'eau légèrement acidulée , et il reprend mi éclati h moins que Timpression ne soit très fraîche.
On «ignale encore comme entraînant ou décomposant les taches (de date rilcente) plusieurs luuiièresi noiamiuent lu ûel de bœuf^ que les teinturiers emploient sur les étoffes ; je n'en ai pas lait Tessai (l). J'ai quelquefois, uvaut d'aliuquer une tache huileuse, imhihé du môme corps gras qui l'avait souillée la surface entière de l'estampe ; le tout disparaissait en même temps. On est sûr par ce moyeu quUl ne ru^tom uucuiio irace au cuutour de la tache; mais cette méthode n*est applicable qu^aux pe^ tltes pièces.
Taches d'huik ou de grame ancientm. — Gûs sortes do souillures ont fait do tout temps
le désespoir des amateurs. Elles sont très dif-
(1) Les tdinturiarfi pourenlevor les tacUeb cit^ grftiitio sur la Mm^ le servent d'un liquide ahisi compoié :
eau, un domi-litro ; polasso du commtjice, uim ouce; uii
demUAal bœuf frais et boulUi , et un peu do Jus da
dtron. Ils emploient ce liquide d chaud ou à froid. ( Matml du ï$iniuriêr ds la Cellootioa Horat. ) Selon V, U Nornsndi on y m41s auwl du jaune d W«
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fidles h détruire sans altérer le noir dtmpressîoa. En effet, tout ce qui peut agir sur elles agit
nécessairement sur ce noir, qu'on doit considérer InMnéme comme^nne tache andemie for^ mée par un Ternis gras. Rappelons que le noir employé aujourdliui est bien plus tenace que celui des estampes des quatre siècles précédents , comme je Tai dit à propos de Teffet do Feaa de Javelle.
J*ai lait quelquefois disparaître des taches IraOeuses , évidemment anciennes (telles sont odles , par exemple « qui souillent des estam^ pes provenant de la vente d*un amateur qui les possédait en cet état depuis environ un demi-siède) , an moyen des liquides indiqués ci-dessus pour les taches récentes. Mais, je Favoue, j'ignorais complètement la nature précise du corps huileux.
L'emploi d'une dissolution de potasse asses
concentrée et versée chaude produit toujours ^ au bout d'une heure ou deux , la disparition des taches les plus opiniâtres ; mais , si Ton a|^t sur un point gravée le remède est pire que le mal. L'encre d'impression perd son éclat et devient pulvérulente ; le noir de fumée qu'elle
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contient, entraîné par le liquide, s'étale sur leB blancs qae fome rintcnpvalle éw haohuires ; la tache serait encore préférable. Ajoutons que plus tard le papier.peut subir, par $ui(e d'un remède si violent i un eommençeBient de dé&* organisation* U &nt tenter, ce J?^de ^ mais sans cesser d'eu observer Jiôs effets , afin de l'arrêter à temps.
Quand Taction trop prolongé de la potasse a rendu Tencire d'impress/^on puLvérulent^ par suite de lu découiposi^iou de sa par (le grasse , on parvient peut-être à atténuer le dommage en encollant légèrement le papier «opuone s'il s'agissait de fixer un dessin au crayon tendra* (Voyez la fia du chup. X.) . i
On voit quelquefois exposés aux vitres des ' encadreurs des ôcbantîUo4& de tapbes d'huile | enlevées, en apparence, avec.bofl|iieur ; géuéralement c'est sur des dessins, h la mluQ de plomb , à la sanguine ou autres, crayons d'une composition inaltérable. On y voit pareillement \ des gravures (ciucl(iucfôis divisées en deux i morceaux) dont un^ portion, d'une J^i^icheur parfaite, contraste.ia.Yei> l'aMtrft pçr^OH JlftOfrir | blement eng^asséç. d'une, bj^çi 4pM^9ii'tfdÂï