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COURONNE DE BARON

QUELQUES MOTS DE RÉPONSE

DES PRATIQUES PLUS QUE MALVEILLANTES

(Extrait)

Un Ministre du second Empire prononçait naguère à la Tribune du Corps Legislatif de France les paroles ci-après :

• Ali! j- le sais, la calomnie est féconde en ressources, et elle emploie

> des voies bien étranges il y a à Paris une vingtaine d’ hommes, la

» plupart français, dont le métier est d*expédicr aux journaux étrangers, contre » les eerviteurs de l'Empereur, les plus odieuses calomnies.

• On attaque leur honneur, leur probité, leur intelligence. Que faire?

• nous ne connaissons ni les calomniateurs, ni les sources où ils puisent

• (bruit J. On ne publie pas ces calomnies en France, car une répression sé-

• vere ne se ferait pas attendre. On les envoie à l’étranger, et de là elles » nous reviennent en France.

• La plus misérable calomnie fait ainsi son chemin, et répandue par une

> feuille étrangère, elle fait le tour de l’Europe Messieurs, cette organisation

• de la calomnie est odieuse et abominable! (e’eai irai, c’eat vrai). Comment

> réprimer son indignation contre de tels faits ? En présence de telles atta-

• ques, la situation d’un honnête homme est intolérable ».

(S. Ex. Billa ULT. Séance du Corpa Législatif du 26 juin 1862). Certes tout le monde, au dedans comme au dehors de l’assemblée du Corps Ij-rgislatif, n‘a pu qu’approuver grandement le Ministre d’avoir enfin saisi l'dîcasion trop longtemps différée, de marquer au front ces lâches brava de lettres, toujours prêts à calomnier pour de l'argent ; mais le châtiment a-t-il été suffisant? N’y avait-il rien de plus à faire? Tous n’auraient-ils pas applaudi au courageux Ministre, s’il eût arraché le voile de l’anonymie derrière lequel su dérobent ces ignobles bohèmes de la presse, ces vils assassins de l’honneur public? Aussi n’est-ce pas avec la plus grande surprise qu’on l’a entendu déclarer, au contraire, qu’il ne connaissait» ni lei calomniateurs ni Ica sources où ila puisent. • ... .

QUELQUES MOTS DE REPONSE

.... Le Ministre ne connaissait pas les sources où puisent les calomniateurs! mais ne savait il pas que dans l’antre infecte de la police secrète déposent plusieurs couches d’immondes archives, amassées là, sans avoir jamais été expurgées, par les divers gouvernements qui se sont succédés en France, et qu’il y existe des délations, des accusations et des dénonciations de toutes sortes contre les vaincus du jour au profit des vainqueurs du moment (qui seront peutêtre les vaincus de demain); et qu'ainsi il y en a pour toutes les causes, pour tous les besoins, contre tous les hommes qui ont joué un rôle politique, ou ont occupé une position quelque peu élevée depuis €0 ans. Avait il oublié que dans le cours de sa carrière d’avocat il avait eu souvent à gémir sur les impuretés de la Police secrète qui tue tout ce qu'elle a touché une fois; de cet ulcère incurable qui se transmet du gouvernement qui tombe au gouvernement qui le remplace, avec sa même infection invétérée et ses dégoûtants parasites ? Qmut à ces derniers ne savait-il pas qu’inconnus parce qu’ils rampent dans la fange des égouts et des bas-fonds du monde gangréné où ils ont vécu, et d’ou ils ont été tirés, iis vivent longtemps et peuvent sc perpétuer pendant la durée de trois ou quatre gouvernements différents, dévorant aujourd’hui ceux qu’ils ont dû respecter hier; et comme rien ne so perd des horribles scories qu’ils ont laissées derrière eux, qu’elles datent du premier Empire, de la Monarchie ou de la République, il s'ensuit que nous tous qui sommes nés avec le commencement du siècle, et qui avons pris plus ou moin9 de part aux affaires de notrj pays, nous n’avons guère échappé aux étreiutes et au venin du reptile ....

.... Puis, i’honnéte Ministre croyait-il par hasard que les agents du gouvernement aeluel, que • les serviteurs de l’Empereur » aient tous été. ou sont actuellement des saints? n’ont-ils pas été d'ailleurs les vaincus d’autrefois, n’ont-ils pas été aux prises, eux -mêmes, avec les dûres nécessités de la vie, et la Police secrète n’a-t-ellc pas eu à fourbir contre eux des armes pour les écraser au besoin .

.... Et si d’autre part vos amis et vos coopérateurs, lui avons nous dit, ne sont pas absolument exempts de tout réproche, pourquoi ne déplorer que pour soi seul les désastreux écarts d’une presse diffamatoire et calomniatrice? Vos adversaires, que vous maltraitez si fort, que la mort morale peut s’ensuivre, seraient-ils si coupables s’ils usaient un peu de représailles ? A ne parler que de ce qui a été fait contre M. de Magny, frappé au cœur par l’un de vos organes, et à deux reprises differentes, serait-il si inexcusable s’il vous ripostait, en dévoilant les irrégularités, que par ses études et ses travaux d’écrivain généalogiste, il lui a été donné de connaître et de découvrir dans l’état civil, 1,^ noms, surnoms et titres d’un assez grand nombre de vos amis et de vos aïîfïérents, même sur les plus hauts placés et les plus hauts titrés ? Y a-t-il d’ailleurs beaucoup de nos grands noms moderucs qui échapperaient, suins et saufs, au scalpel aigu d’une critique adverse?. • . •

.... On a vu ci-dessus quelle est • Vorganiêation de la calomnie » comme dit l’honorable M. Bidault, par le moyen de la presse (lu journalisme, mais il est une autre tactique de déuigremcnt et de diffamation , à l’usage d’une certaine autre variété de Giboyer§ de lettres, qu’il est à propos de faire

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connaître qui, pour n’étrc pas aussi prompte dans scs effets que la précédente, n'en est pas main? pernicieuse et mortelle à ceux qu’elle atteint de ses morsures envenimées ...

Vous tenez à la presse par quelques travaux qui n’ont pas été sans retentissement. mais vous n’Ofccs pas de la coterie qui prétend s’arrogeé le monopole de traiter les mômes matières que vous. Oh alors, si celte coterie dispose d’un journal, et toute coterie ne manque guère de se mettre en main cette arme commode, et que, par réciprocité, elle ait pu acquérir une certaine influence dans la presse du journalisme, le signal est donné sur toute la ligne, nul ne dira un mot de vos ouvrages, quelque mérite qu’ils puissent avoir; c'est a peine si l’on prononcera votre nom, à moins que ce ne soit pour vous le contester, pour peu qu’il soit entaché d’une forme aristocratique (un grand nombre de ces Messieurs de Lettres ne se gênent cependant pas pour s’affubler d’un nom à particule, qui n’est pas le leur, mais ils ne vous pardonnant pas d’en posséder un légitimement) Vous ôtes donc étouffé, vous et vos ouvrages, sous la pression de celle sourde et perfide machination, que l’on nomme, à défaut d’une autre qualification plus énergique et plus vraie , la conspiration du silence. Voilà pour votre individualité littéraire. Le mal ne serait pas absolument irréparable, parce que vous avez pour vous le temps et les hommes do savoir, et peut-être vous résignerez-vous à attendre cette justice tardive. Mais tout n’est pas fini pour vous avec ces grns-là ; vous avez compté sans leur méchanceté haineuse et jalousé; ils vous ont tué littérairement: cela ne leur suffit pas, vous pouvez vous relever; il fout qu’ils vous tuent moralement.

.... Dans le inonde des Lettres, les coteries, comme ceux qui les composent, sont impitoyables. Si vous avez le malheur de vous rencontrer sur la voie d’un des chétils de l’une de ces coteries, lequel en sera infailliblement le plus méchant, et que vous le gêniez duns sa marche, pareeque vous vous occupez, et peut-être avec plus de succès, des mêmes travaux que lui, alors il s’agitera et se remuera incessamment, selon ses facultés et ses aptitudes, et les siennes sont le dénigrement et la diffamation, et il vous poursuivra, sans trêve ni merci, jusqu’à ce qu'il vous ait atteint de ses traits envenimés; et s’il occupe une position quelque peu officielle, soyez certain qu’il réussira à vous compromettre, un jour, vis-à-vis de l’autorité- S’il fait des livres! oh alor.» attendez-vous qu’il saisira la première occasion d’y glisser contre vous de grosses et menteuses inculpation- 1 , et vous prêtera des torts qui peut-être ne seront autres que les siens propres.

Les inculpations de votre détracteur seront si opposées à votre caractère et à vos et l’homme qui vous les aura faites vous semble tellement peu

digue de créance et d’exercer la moindre influence auprès des gens qui vous connaissent et qui ont pu vous apprécier personnellement, que d’abord vous jugez qu’elles ne méritent de votre part qu’un méprisant dédain. Mais lui sait ce qu’il fait; c’est moins auprès des personnes de vos relations qu’il veut agir* c’est dans l’esprit d’un public, qui n’ayant aucun rapport individuel avec vous, et n’étant par conséquent pas à même de vérifier la valeur de ses calomnieu* ses allégations, qu’il entend vous perdre ....

QUELQUES MOTS DE REPONSE

. Fort que vous êtes de votre conscience, vous passez outre, et vous vous dites (un peu trop orgueilleusement peut-être) que les imputations calomnieuses, venues d’une telle source, ne peuvent vous atteindre, à cause de leur absurdité même, et que le temps fera justice de l’infàme et de ses infamies.

Erreur ! vous vous apercevez trop tard que le temps est impuissant à bâillonner la calomnie et la diffamation, et à cicatriser les plaies qu’elles iunt; et vous découvrez, avec effroi, que les imputations mensongères lancées contre vous il y a plusieurs années, et que vous aviez dédaigné de relever, loin d’avoir perdu de leur force, avec le temps, se sont au contraire étendues et ont fait invasion jusque dans le cercle même de vos amis et des personnes que vous aviez toujours trouvées bienveillantes pour vous; et enfin qu'elles ont acquis des proportions et un poids formidables sous lesquels vous voves sombrer voire honneur et votre considération. Vous n’avez pas répondu dans le temps à c?s inculpations! Donc c'est que vous y avez passé condamnation, disent vos ennemis et vos envieux ....

Quel parti prendre dons ces fatales conjonctures? vous seriez mal venu de répondre à des lignes imprimées contre vous, et perfidement introduites dans un petit livre il y a dis ans, quinze ans peut-être; alors vous pensez eju*il ne vous reste d’autre ressource que de publier, à votre tour, dans un de vos prochains livres, des pièces authentiques, des Diplômes réguliers, des actes de l'état civil, et enfin tout une masse de documents d’une incontestable authenticité, propres à démontrer l’insigne fausseté des allégations de votre détracteur, et la légitime posa ssion des noms, titres et qualités qu’il vous a reproché de vous être attribués sans droits fondés; vous invoquez meme la loyale rétractation, déjà ancienne, d’un éciivain qui, s’étant donné la mission de redresser des torts de ce genre à la charge des hommes de lettres, s’était empressé d’accueillir et de reproduire ces mêmes allégations. Vous publiez, à plusieurs reprises, ces pièces et documents en tête de vos livres (voir Livre d'Or de la Noblesse, T. 111, pag. 32J, t8»6, et toutes les pièces justificatives de la Biographie du Marquis de Magny. Florence t8G(M8ôf ; puis >e 7me vol. du Nobiliaire Univers ., pag. 1 à IX, 18GI); vous l> s avez loyalement soumis à l’investigation, et au contrôle de chacun, ami ou ennemi, personne ne les a contestés, pas même votre détracteur, pris ainsi en filtrant délit de mensonge odieusement calomnieux.

.... A l’annonce d’un Livre que vous supposez, d’après son titre, avoir dû traiter sérieusement et avec conscience de choses qui rentrent dans le cercle de vos études, vous achetfz ce Livre, et quel n’est pas votre slupé* faction lorsque vous y retrouvez, reproduites en 18G2, à quinze ahs de distance, sans égard à vos réfutations réitérées, les mêmes accusations ^pmnieuses de vous être attribué un nom, un titre et d?s qualités qui ne vous appartiennent pas légalement? Vous seriez- vous jamais imaginé, en outre, que ce nouvel insulteur, qui vous est lout-â-fait inconnu, renchérirait encore sur ses devanciers ?

Vous avez un nom de famille et un surnom, et un titre 1 ; vous avez signé vos Livres de votre surnom, comme cela est d’usagp, d'abord, parce que vous Ti 'êtes guère connu que sous ce surnom; puis, qu'il vous appartient tout aussi

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légitimement que votre nom de famille. Ainsi, comme cet homme se vante d’impartialité et se flatte d’avoir dressé un catalogue véridique et une liste exacte de Livres traitant des mi titres de vos propres ouvrages, vous pensez naturellement que s’il a eu à classer vos Livres à la table du sien, il n’aura pu faire autrement que de les placer à l'initiale du nom dont vous les avez signés: pas du tout: lui ne se pique pas d’autant dVxactitude, et dans sou besoin de nuire, il tranche audacieusement, de son autorité privée, la question de votre état civil; dénaturant et faussant votre signature d’auteur, il n’hésite pas; il vous débaptise sans plus de façon, et place vos Livres à l’initiale de votre premier nom qu’ils ne portent pas, et fait suivre celui-ci de l’indication éminemment injurieuse et diffamatoire de « dit le Marquis ou dit le Vicomte un tel •.

CVst évidemment vous signaler au public comme un imposteur et affirmer, en mé*me temps, que vous n’avez d’autre nom que celui-là seul qu’il voua donne. Quant à votre titre, à vos qualités et à vos décorations, il ne s’y arrête pas .... Les diplômes produits en ont constaté la parfaite régularité.

.... Quelle que soit la situation nécessiteuse d’un écrivain, aurait-il besoin de sc faire fumier pour nourrir son lis (son filsj comme ce chenapan de Giboyer, nul ne saurait excuser cette manière déloyale d’agir, et tous seront d’accord, au contraire, que cVst commettre une méchante et méprisable action, surtout de la purt d’un homme qui a agi sciemment, car se targuant d’avoir lu vos I. ivres, puisqu’il les accompagne de quelques lignes de critique, il a dû inévitablement voir les pièces officielles et authentiques qu’ils portent en tète, et que vous avez publiées précisément en vue d’une réfutation péremptoire et définitive des accusations calomnieuses dont il vient se faire, après quinze ans, l’impudent écho.

Eh bien, c’est ce que vient de faire à l’égard de MM. de Magnv, père et fils, un certain Monsieur, dans un Livre qu’il signe avec la qualification peu definie de • de la Bibliothèque Impériale • (quoi de la Bibliothèque Impériale ? conservateur, employé ou simple garçon de bureau?) ....

Que ci Monsieur « de la Bibliothèque Impériale » fasse partie ou non, ou aspire à è je, de la coterie des démolisseurs qui, pour glorifier le présent ne respeclent rien du passé, cVst pour lui une question d’avancement ; mais que pour gagner quelques centaines de francs, il n’uit pas craint de s’attaquer à l’honneur et à la réputation des gens, et qu'il se soit fait, sans plus de vergogne, leur impitoyable Justicier, il n dû s’attendre à ce que les personnes, ainsi maltraitées, lui adresseraient, préalablement à toute autre mesure, de vives réc . mations ; aussi n’»-t-il pas dû être surpris que de Magny père aussitôt apre^Ju’il a eu connaissance de cette nouvelle attaque lui ait fait adresser par son fils, AJ. Ludovic de Magny, la Lettre ci-dessous dont il accepte sa part de responsabilité.

QUELQUES M0T8 DE REPONSE

» A M de la Bibliothèque Impériale,

» à Paris.

» Monsieur,

«» C’est déjà une vieille calomnie que celle qui nous impute, a mon père » et à moi, de nous affubler d’un nom d'> mprunt. Introduite, en 1846, par » une main ennemie, dans la boite d’un Journal, mon père, le Marquis de » Magny (car quoique disent et fassent certains geais de Lettres, ce nom et

* ce titre lui appartiennent, et continueront de lui appartenir légalement

* ayant eu à répondre toute sa vie sous ce nom : pour la conscription, lors

* de son entrée dans 1rs fonctions publiques, en 1811 et en 1830 ; lors de sa » nomination de Capitaine de la Garde Nationale, lors de son mariage, de la

* naissance de ses enfants etc. etc.) dédaigna de rélevcr cette injure, venue

* d’en bas comme une éclaboussure que l’on reçoit dans la rue.

» Tirée de ce Journal et répétée par un homme qui peut-être en avait » été le premier auteur, lequel ne laisse échapper, lorsqu’il ne la fait pas nai- ** tre, aucune occasion d’émaillcr ses Livres de gros et petits scandales (et en » cela, comme moyen de succès, il a plus d’un imitateur), si cette calomnie » a été reproduite, ensuite, par un savant bibliographe (M. Quérard), qui s’est

* donné la délicate mission de redresser de semblables usurpations à la charge » de personnes appartenant, do près ou de loin, a la presse, il faut recon- » naître que celui-ci s’est empressé loyalement de déclarer, dans un volume « suivant, qu’il avait été induit en erreur, et que des actes authentiques, éta- » blissant le contraire de sa précédente assertion, lui avaient été fournis.

• Toutefois, en présence de cette persistante malveillance, et d’une Loi » qui, interdisant les comptes rendus des procès en diffamation, est reconnue

* aujourd’hui être moins favorable aux diffamés qu’aux diffamateurs, nous crû-

* mes, mon père et moi, qu’en nous bornant à imprimer, en tête de nos Li-

* vres, les actes de l'état civil et les diplômes réguliers sur lesquels reposent, » et notre nom et les titres honorifiques qui nous ont été conférés, nous en » aurions fini une bonne fois, et pour toujours, avec les iusulteurs; mais il •* parait que nous avions compté sans la haine jalouse et tenat^* de ces igno- » blcs et impuissants frétons, qui n’abandonnent la ruche, qu’ils ont réussi » traîtreusement à envahir, qu’après en avoir chassé et détruit les utiles et <• laborieuses habitantes : c’est pour eux une question de subsistance.

» Employé salarié par l’état, faisant partie d’un corps qui compte dans » son sein les plus hautes notabilités littéraires et scientifiques, vous vous » respectez trop, sans doute, Monsieur, pour user de semblables pijfeédés en- - vers des gens qui ne vous ont fait aucun mal, et vous dédai^çjè, assuré - •» ment, pour faire valoir vos Livres, puisque vous en faites, ceî tristes et » dangereux moyens de succès. Ainsi jusqu’à ce que j'aie 'pu me procurer le » Livre, que Ton nie dit que vous venez de publier, je me refuserai à croire » ce que vient me rapporter un charitable officieux, que fermant intention-

* licitement les yeux a l’évidence, et tournant la page sur les v prouves authen- » tiques, imprimées, que contiennent les Livres confiés à votre propre garde,

* vous persistez vous-même dans cette vieille et ignoble imputation : que

A DES PRATIQUES PLUS QUE MALVEILLANTES

• nous portons on nom qui n’est pas le nôtre. Puis que de votre autorité » privée, vous vous arrogez le droit de supprimer le nom et l’état civil de

* toute une famille; et qu’enfin, faussant même les signatures que portent nos

* Livres, vous nous désignez méchamment, mon père et moi, par notre nom » seul de Drigon , et faites précéder notre surnom de de Magny du mot » injurieux et diffamatoire de « dit un tel ». L’officieux ajoute que d’ailleurs

• vous en avez agi de même à l’égard d’autres honorables personnes, y com- » pris un Député.

» Si j’avais l'honneur de compter dans la partie honorable des employés » de la Bibliothèque Impériale, ou d’être membre du Corps Législatif, et » qu’ayant le droit de porter un surnom, un vil et obscur folliculaire se fût » permis, en me désignant, dans une publication quelconque, de faire précé- » der mon surnom de ce mot injurieux « dit » qui est à lui seul toute une » diffamation au premier chef, ouvre le champ aux suppositions les plus mal- » veillantes, et place celui qui en est l’objet, en état de suspicion constante » d’improbité auprès de toutes les personnes qui ont des rapports avec lui, je » croirais devoir au corps auquel j’appartiendrais de traîner le diffamateur » devant les Tribunaux.

» Mais moi, qui ne suis rien qu’un humble écrivain, et qui ne fais partie » d’aucun corps, d’aucune coterie, s’il était vrai qu’après toutes les pièces » authentiques, incessamment produites et imprimées, un lâche bravo de let- » très, pour servir les passions haineuses d’autrui et les siennes, voulut per- » sUtcr à me salir de ces memes et calomnieuses imputations, autant de fois » réfutées qu’elles ont été répétées, je croirais devoir, à première rencontre, » infliger au calomniateur la correction que mérite un rustre qui vous jette, » de loin , la boue du ruisseau, sou élément et ses armes habituelles.

» J’ai l’honneur d’être avec la considération que vous méritez, Monsieur,

• Voire obéissant servileur t Signé : » Ludovic Drigon de Magnt,

» Auteur des tO volumes du Nobiliaire » Univ. et de la Science du Blason ».

Üü2.

Cette autre tactique de dénigrement et de diffamation, par le moyen des Livres, que nous avions dit ci-dessus être non moins pernicieuse que celle pratiquée par la voie des Journaux, l’est peut-être davantage encore. Les Journaux ne fent que 2* heures, tandis qu’un Livre, quelque uiéd ocre qu’il soit, reste va se classer, à son rang de matières dans les Bibliothèques publiques, oi*jil V est conservé 5 l’égal des meilleurs ouvrages.

Voila donc un homme honorable atteint pour touj >urs dans son honneur et sa réputation, en 6a personne, de son vivant , et en celle de ses descendants. après sa mort On verra l’atîaque, elle se perpétuera indéfiniment, et personne n’ira chercher la défense et la réfutation où elles se trouvent!

l.a calomnie, la diffamation et le dénigrement savent donc prendre toutes les formes comme l’on voit ! et si les insinuations malveillantes, les alléga-

QUELQUES MOTS DE REPONSE ETC

tions les plus mensongères, trouvent partout, en général, un accès si facile, il semble, d'après M. Billault («les éloquentes, bonnéles et généreuses paroles duquel on ne saurait jamais Irop s’appuyer), qu’en France, plus que dans tout autre pays, leur maligne influence y est à l’état endémique; et qu'ainsi les misérables qui usent de pareils moyens y sont certains par avance, que tous leurs coups porteront et laisseront des traces durables et indélébiles.

Voici ce que disait encore l’honorable M. Billault, dans une autre Séance du Corps législatif: « Une chose me frappe et m’attriste pour mon pays. C’est

• la légéreté avec laquelle la moindre allégation scandaleuse est voiontaire- » ment acceptée comme vraie. 11 semble qu’une insinuation ou une accusation » de faits regrettables portées contre une personne honorable, et surtout si » cette personne a une grande situation, soit une de ces bonnes fortunes qui » causent satisfaction et joie à certains adversaires politiques.

» Et cependant, . ,

nous nous respectons trop pour ne pas comprendre qu’il n’y a

» profit pour personne a éclabousser son voisin avec une boue qui, tôt ou » tard, pourrait retomber sur nous-mêmes.

• Malheureusement, avec sa vivacité d’esprit et d’imagination, notre peuple

• est ainsi fait, que la plus petite insinuation , précisément parce qu’elle » est malveillante, va grandir, fait son chrmin au milieu de lui, et que la » vérité, lorsq’elle se fait jour, trouve les esprits trop souvent prévenus et

• indifférons. (C'est vrai , c'est vrai). •

Titre héréditaire de MARQUIS conféré à M. le Clicv. Claude Drigon de MAG.NY • par le feu Pape Grégoire XVI. 3? „

(Trailuil «la latin)

GRÉGOIRE P. r. xvr.

A notre cher fils Claude Drigon de Magny

Très cher fils, salut et bénédiction apostolique. Nous nous plaisons volontiers à décorer de titres d’honneur, les hommes remarquables que distinguent leur piété, leur vertu, leur esprit et leurs talents: étant informé, très- cher fils, que déjà recommandable par la gravité de vos mœurs, vous vous êtes acquis une réputation éminente, tant parles qualités de votre esprit que par vos ouvrages et votre érudition, et aussi que vous êtes animé pour Nous et pour le Saint-Sieoe, ainsi que pour la foi catholique, du zèle le plus pur et le plus éprouvé, Nous avons résolu de donner, en votre faveur une manifestation éclatante de Notre haute satisfaction et de notre munificence pontificale en vous élevant vous et votre postérité par un titre d’honneur, i-n conséquence, étendant notre bienveillance particulière à tous ceux que ces lettres concernent, et en faveur desquels elles sont données, en les absolvant de toute excommunication, interdits, sentences ecclésiastiques, censures et peines quelconques, pour quelque cause qu’elles aient été prononcées et encourues, Nous accordons et conférons à vous, très-cher fils, et à t,ous vos descendants légitimes et naturels, en ligne directe, et pour tout le temps où ils persévéreront dans la foi catholique, le titre de Murquis, avec tous les honneurs, privilèges et immunités qui y sont attachés ; de telle sorte que vous et les vôtres puissiez jouir librement et user légalement de ce titre dans tous les diplômes et actes publics, et ce nonobstant les constitutions, ordonnances apostoliques, et tous autres qui lui seraient contraires.

Donné à Rome, à Sainte Marie Majeure, sous l’anneau du Pécheur, le seizième jour du. mois de Septembre mil huit cent quarante cinq, la quinzième année do Notre Pontificat.

Signé : À. Card. Lambrcsciiixi.

Vu -ur la signature ci-dessus de S. Eminence Monseigneur le Cardinal Li:abruscliint, ivcrclaire des Brefs de Sa Sainteté. llomt, 1% 18 Septembre 1843.

LTnv. Extr. Ministre Plènipot. do France prés le Saint-Siège

' Signi : [iussi.

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