PREMIÈRE PARTIE
ARTICLE Ier. — HISTORIQUE.
La résection de la hanche et des grandes articulations, telles que le genou, le coude, l’épaule, etc., est une opération qui appartient essentiellement à la chirurgie moderne. Si dans les siècles qui nous ont précédé on voit l’extirpation d’une extrémité osseuse, conseillée dans les cas de luxation accompagnée de déchirure des téguments et compliquée de l’issue au dehors de l’os déplacé, on ne trouve aucun exemple de résection articulaire pratiquée dans les cas de carie, de tumeur blanche. Mais la hardiesse chirurgicale de ceux qui, les premiers, pratiquèrent, vers la fin du xviii8 siècle, cette nouvelle et remarquable opération, fut guidée par quelques tentatives analogues d’enlèvement de certaines portions des os longs dans leur continuité dans les cas de carie, de fractures, de cals vicieux, de luxations compliquées, etc.
L’opération de la résection d’une partie plus ou moins considérable d’un os avait été conseillée par Gelse, Paul d’Égine, Ambroise Paré.
Hippocrate (1) réséquait les extrémités osseuses qu’il ne pouvait réduire :
« La résection par la scie, de la saillie de l’os, est commandée par » les conditions suivantes : si elle ne peut être réduite, s’il ne s’en faut » que de peu qu’elle ne rentre, et s’il est possible de l’enlever; c’est » encore un cas de résection quand elle cause de l’incommodité, blesse » en quelque point les caroncules, rend la position du membre mau- » vaise, et en même temps se trouve dénudée. Dans les autres circon- » stances, il n’importe guère de réséquer ou de ne pas réséquer; car il » faut bien savoir que tous les os, qui sont complètement dépouillés des
(1) Œuvres d’Hippocrate, trad. de Littré, t. III, p. 535.
» chairs et livrés à la dessiccation, se détacheront complètement aussi.
» Quant aux os qui doivent s’exfolier, il ne faut pas les réséquer. »
Celse(l) faisait de la résection un précepte général : « Sin autemni- » grities est, aud si caries ad alteram quoque partem ossis transit, opor- » tet excidi. Idem quoque in carie ad alteram partem ossis pénétrante; » fieri potest. Sed quod totum vitiatum, totum eximendum est. »
Galien, dans un cas de carie du sternum, excisa une portion de cetos.
Paul d’Egine (2) au vu6 siècle conseille la résection dans les cas de carie et de fractures compliquées; mais ce qu’il y a de plus remarquable c’est qu’il semble même conseiller les résections articulaires : u Mais si l’os est saillant, comme lorsqu’il est fracturé, nous le scions. » Prenant donc deux bandes, nous plaçons l’une par son milieu sous » l’os proéminent que nous faisons soulever par un aide; quant à » l’autre, qui doit être plus épaisse et faite en laine, nous adaptons » également son milieu à la chair qui est sous l’os ; puis saisissant par » en bas ses bouts, nous prescrivons d’abaisser la chair par le moyen « de cette bande, de peur que les dents de la scie ne les déchirent. C’est «ainsi que nous faisons la résection.
» Quand l’os, sans être malade dans sa continuité, se trouve pourtant » dénudé de toutes parts, il faut le scier de la même manière, car il » est impossible que des os flottant en tous sens se revêtent de chair. » De même si le bout de l’os près d’une articulation est malade, il faut » en faire la résection ; ôptotwç h «TOTCpaTcoGiç 6<mou Ttkéa iov apôpou « tî£tcov0oi, àiTO7rp!.oT£ov at!>Tr)v. Et si parfois la totalité d’un os, comme le » cubitus, le radius, le tibia ou quelque autre semblable, est cariée, on » doit l’enlever entièrement. Toutefois, si la tête du fémur ou l’ischion, » ou une vertèbre du dos est malade, il faut s’abstenir de l’enlever à » cause du danger qui résulterait du voisinage des artères, des veines et «des autres parties molles adjacentes. C'est ainsi et d’après cette mé- » thode qu’on doit agir, en ayant toujours et partout égard à la grandeur » du mal et à la vigueur des forces du patient. »
Guy de Chauliac (3) rapporte ainsi l’opinion d’Avicenne : « Mais si
(1) Celse, t. II, liv. vm, ch. 3.
(2) Paul d’Egine, trad. de M. René Bciau, p. 315, 317.
(3) Grande chirurgie de M. Guy de Chauliac, édit. Joubert, 1641, trait. IV, doct. i, chap. I, p. 326.
» l’os est corrompu, son conseil est de couper la chair et découvrir l’os » tant qu’il sera possible, et ce avec rasoirs ou avec les corrosifs, comme » il sera dit ci-après de la jambe ulcérée, et, l’ayant découvert, s’il est » possible, d’oster ce qui est dessus luy en le rasclant; nous le ferons, » sinon inciserons et ferons ce qui est exposé au chapitre de la corrup- » tion de l’os, où il est dit : la curation de l’os corrompu est de ratisser, » couper et scier. » Et il ajoute, quelques lignes plus bas : « Et si la » corruption est parvenue jusqu’à la mouelle, lors, dit Avicenne, qu’il » n’y a point d’excuse qu’on ne prenne cet os avec sa mouelle, comme » Albucasis raconte l'avoir fait en la corruption de l'os de la cuisse d’un «jeune homme de trente ans. El, s’il est de ceux qu’on peut scier, » assure-toi du lieu avec une tente, jusqu’à ce que lu aies trouvé l’adhé- » rence de la chair avec l’os, car là est le terme, et couper hardiment, » mais si c'est la tête de la cuisse ou hanche , et comme les vertèbres du » dos, adonc il vaut mieux s’abstenir de sa curation. »
Ni Paul d’Ëgine, ni Avicenne, ni Guy de Chauliac, ne paraissent donc avoir fait la résection de la hanche; mais ont-ils fait ou auraient-ils osé faire la résection des autres articulations ? Gela est possible, mais ces passages de leurs livres, assez curieux pour mériter d’être rapportés en entier, ne peuvent permettre de juger cette question par l’affirmation.
Ambroise Paré (1) applique la résection aux os cariés : « Si la carie » est fort profonde, et l’os est solide, alors il faut couper les os cor- » rompus avec les instruments décrits aux plaies de tête, desquels tu » ôteras la corruption, frappant d’un maillet dessus; puis tu ôteras les » fragments et esquilles avec petites pincettes. »
Fabrice d’Aquapendente (2) donne à ce sujet les mêmes préceptes que Ambroise Paré, et il suit ceux de Paul d’Egine dans les cas de fractures compliquées, car il conseille la résection des extrémités saillantes des fragments.
Ces idées avaient été à peu près complètement oubliées, du moins pour la pratique, lorsqu’en 1738 William Wright (3)enleva 5 pouces 1/2
(1) A. Paré, Œuvres, édit. Malgaigne, liv. XVI, cl), xxxii.
(2) Part. I, liv. tv, chap. x.
(3) Philosophical transactions, 1740, vol. XLI, p. 761.
(14 centimètres) du fémur à un jeune garçon nommé Hird Ramsden,et publia son observation en 1740.
Le 11 juillet 1739, Benjamin Gooch (1), aidé du docteur Amyas (de Norwich) ayant à traiter un enfant de douze ans pour une fracture compliquée de saillie du tibia à travers les téguments, réséqua 9 pouces (23 centimètres) de cet os, et réduisit ainsi facilement. L’os se reproduisit; l’enfant marcha facilement sans qu’il y eût plus d’un centimètre et demi de raccourcissement, et il pouvait, plus tard, faire quinze lieues à pied en un jour. Cette observation si remarquable, bien digne d’attirer l’allention, et peut-être d’exciter l’étonnement, fut publiée sous ce litre : Case in which the power of nature ivas manifested in a verij wonderfull manner. Bientôt les exemples de résection dans la continuité des os fracturés se multiplièrent en Angleterre ; mais tout s’enchaîne dans la science, la résection des fragments dans les fractures, opération suivie de succès remarquables, devait encourager à essayer le même moyen dans les cas de luxations compliquées.
Cooper (de Bungayj appelé pour assister à une amputation, pour une luxation tibio-tarsienne compliquée d’issue des os, conseilla et pratiqua la résection du tibia et du péroné. Plus tard il réséqua de même le radius, sorti à travers les téguments dans une luxation de poignet.
En 1760, Waiman, de Shripton (Angleterre), enleva l’extrémité inférieure de l’humérus dans une luxation du coude-, le malade guérit en conservant les mouvements. L’exemple de Cooper (deBungay) fut bientôt suivi par d’autres chirurgiens aussi hardis, aussi heureux que lui.
Les faits publiés par eux montrèrent que les plaies articulaires, si graves toujours, mais considérées jusqu’alors comme presque sûrement mortelles, pouvaient guérir même lorsque la scie avait enlevé une partie des os composant l’articulation. Jusque-là aucun chirurgien n’avait osé aller attaquer directement une articulation, la réséquer dans un cas de carie, alors que les os malades sont cachés par une couche épaisse de parties molles. Il y avait un pas à faire, un immense progrès à réaliser dans la voie de la chirurgie conservatrice : ce que plusieurs siècles n’avaient pu faire, se fît en quelques années; l’exemple d’une heureuse hardiesse devait encourager des chirurgiens plus hardis
(1) B. Gooch. Cases and practical remaries in surgery. Londres, 1768.
encore, mais guidés par la connaissance des faits antérieurs : aussi n’est-il pas étonnant pour qui sait suivre dans ses développements la marche de l’esprit humain, de voir la résection des grandes articulations pratiquée presque simultanément en France et en Angleterre, par des chirurgiens qui ne purent certainement avoir connaissance des tentatives de leurs contemporains? car la plupart des auteurs que nous allons citer ne publièrent le récit de leurs opérations que plusieurs années après qu’elles avaient été faites, et seulement lorsque la connaissance de faits analogues attira sur ces opérations l’attention du monde médical.
§ 1er. — Résections articulaires.
En 1762, Filkin, chirurgien de Nortwich en Cheshire (Angleterre), pratiqua le premier la résection du genou, sur un adulte qui guérit parfaitement, mais il ne publia son observation qu’en 1782, après la publication de celle qu’avait faite Park (de Liverpool) en 1781.
En 1767, Vigaroux, chirurgien de Montpellier, pratiqua le premier la résection de la tête de l’humérus, mais ce fait pourtant si remarquable ne fut publié qu’en 1812 (1).
Si Filkin et Vigaroux eurent l’honneur de pratiquer tous deux et à l’insu l’un de l’autre, en Angleterre et en France, la résection de deux grandes articulations, on ne peut leur accorder celui d’avoir par leur exemple fait faire à la science le progrès qu’eût amené quelques années plus tôt la publication de l’opération qu’ils avaient pratiquée. A While (de Manchester) revient cet honneur, car il consigna en 1769 dans les Philosophical transactions l’histoire d’un malade qu’il avait opéré avec succès l’année précédente de la résection de l’épaule. « Quoique j’espé- » rasse, dit-il, de cette opération quelques avantages sur la désarticu- » lation de l’épaule, mes espérances furent de beaucoup dépassées par » le succès. Je ne me flattais pas de l’espoir d’avoir une articulation » mobile, de conserver à peu près la longueur du membre, après avoir » enlevé quatre pouces de la longueur de l’os. » White croit au danger moins grand de la résection ; il propose celle de la tète du fémur qu’il
(1) Vigaroux junior. Œuvres de chirurgie. Montpellier, 1812.
essaya sur le cadavre, et[qu’il croit de beaucoup préférable à l’amputation de la hanche.
Cependant ce ne fut pas lui, mais White (de Westminster) qui le premier la pratiqua en Angleterre en 1821.
L’exemple de White (de Manchester) fut suivi par Bent (de Newcastle) (1) et Orret (2) ; le premier en 1771, et le second en 1778 pratiquèrent de nouveau la résection de l’épaule. Ce ne fut que vers 1787 que le baron Percy commença à l’introduire en France, surtout dans la pratique de la chirurgie militaire.
En 1773, Orret avait fait pour la première fois la résection du poignet, en 1780, Justamond (de Londres) celle du coude.
Park (de Liverpool), en 1781, pratiqua la résection du genou, sur un matelot atteint de tumeur blanche de l’articulation fémoro-tibiale, et le succès fut tel que le malade put reprendre son métier de marin, monter dans les cordages et se sauver deux fois à la nage après la perte de son vaisseau. Il la répéta une seconde fois en 1789 sur un nommé Harrisson.
En 1782, Moreau (de Bar-sur-Ornain) avait enlevé à un nommé Lecheppeune carie considérable qui intéressait les deux os de la jambe. Enhardi par le succès de cette opération, deux ans avant la traduction par Lassus du mémoire de Park, il proposa la résection des articulations, sans savoir ce qui s’était fait en Angleterre. Mais il ne mit ses préceptes à exécution qu’en 1786, en réséquant la tête de l’humérus et la cavité glénoïde. L’observation fut envoyée à l’Académie de chirurgie; mais de même que la première, celle du nommé Lecheppe, elle ne fut publiée que beaucoup plus tard (3).
Moreau fit pour la première fois en France, la résection du genou, le 17 septembre 1792, sur le fils d’un apothicaire de Châlons-sur-Marne. L’opéré mourut au quatrième mois, atteint delà dysenterie, épidémie qui décimait alors l’armée prussienne qui venait d’envahir la France.
Les observations remarquables de Moreau, la traduction par Lassus du mémoire dans lequel Park rapportait la guérison si heureuse et si
(1) Bent, Philosoph. transactions, Ml h, t. LXIV, p. 353.
(2) Orret, Philosoph. transactions, 1779, t. LXIX, p. 6.
(3) Moreau (P. P.), Observations pratiques relatives à la résection des articulations affectées de carie. Thèses de Paris, 1803.
complète de son opéré du genou, ne purent vaincre en France les répulsions des chirurgiens, et plus d’un demi-siècle devait s’écouler avant que Moreau rencontrât des imitateurs. En Angleterre, malgré de nombreux et heureux exemples, la résection des articulations fut également repoussée, aussi Park écrivait-il en 1805 :
« Je suis mortifié de voir que mon mémoire (celui de 1782) a jusqu’à » ce jour produit bien peu de l’effet que j’avais espéré lui voir produire.
» Je n’ai pas encore appris qu’il ait donné les moyens de sauver un seul «membre dans toute l’étendue des possessions anglaises, et cependant «depuis sa publication, le pays a traversé une guerre longue et san- » glante. »
Les résections articulaires oubliées en Angleterre furent pratiquées en Allemagne par Texlor, Heuser et Fricke. En 1823, Crampton (de Dublin) en 1829, M. Syme ^d’Edimbourg), et surtout M. Fergusson, en 18i5, attirèrent de nouveau sur elles l’attention des chirurgiens anglais. Leur exemple fut bientôt suivi ; les observations, les succès se multiplièrent avec une thérapeutique éclairée par l’expérience, guidée par les progrès de la science moderne, et l’on peut dire que la pratique de celle opération est à l’heure qu’il est définitivement passée dans le domaine de la chirurgie anglaise.
Il me suffira de dire, pour le démontrer, que j’ai pu dans un autre mémoire rassembler plus de deux cents cas de résection du genou.
§ 2. — Résection de la hanche.
White (de Manchester) avait proposé la résection de la hanche en 1768, mais il ne la pratiqua que sur le cadavre.
« J’ai, dit-il (1), fait également sur le cadavre une incision sur le côté externe de l’articulation de la hanche, et je la continuai jusque sous le grand trochanter. Alors coupant le ligament capsulaire, et tournant le genou en dedans, la tête du fémur fut forcée de*sortir de sa capsule, je la sciai facilement, et je ne doute pas que cette opération ne puisse être faite sur le vivant avec un grand espoir de succès. »
Ce ne fut qu’en 1821 que White (de Westminster), que l’on a souvent
(1) White, Philosophical transactions, 1769.
confondu avec son homonyme, la pratiqua pour la première fois. Son observation me paraît assez intéressante pour mériter d’être rapportée en entier.
Observation I. (White, du Westminster.) — John W.. , d'une constitution délicate, était né et résidait à Westminster. Entre l'âge de quatre à cinq ans, il fut atteint d’une inflammation scrofuleuse de la hanche gauche, qui passa par toutes les périodes d’élongation, de luxation et de raccourcissement, la tête du fémur était logée très haut dans la fosse iliaque externe
Quand je le vis pour la première fois il avait environ huit ans, et il y avait trois ans que la maladie avait débuté. Il était très amaigri, des abcès s’étaient formés dans la partie malade, laissant plusieurs ouvertures fistuleuses, à travers lesquelles la sonde pénétrait facilement jusqu’à l’os luxé et montrait qu’il était affecté de carie. Quelques petites exfoliations s’étaient faites à la surface de l’iléum, de l’ischion et du pubis, là où les abcès s’étaient formés. Par suite des progrès de la maladie, le genou s’était tourné dans l’adduction et reposait sur la partie inférieure et interne de la cuisse opposée ; on ne pouvait lui faire quitter cette position, et toute tentative pour effectuer ce changement amenait les plus vives douleurs. Le membre fut abandonné à lui-même. Quand je le vis, l’enfant reposait depuis trois ans sur le côté sain, le corps incurvé fortement, et sans qu’il pût changer de position. Une abondante suppuration qui épuisait'le malade sortait par toutes les ouvertures fistuleuses aboutissant à l’os carié ; sous les autres rapports la santé de l’enfant était assez bonne.
Réfléchissant à l’état de ce pauvre garçon, il était évident qu’à moins que le genou ne fût retiré de la position vicieuse qu’il affectait, puisqu’il appuyait fortement sur la cuisse opposée, le malade resterait estropié jusqu’à la fin de ses jours; considérant aussi que ce résultat ne pouvait être obtenu que par la résection de l’extrémité supérieure du fémur, la faible mobilité dont il jouissait me faisait croire qu’une ankylosé se produisait entre cet os et l’iliaque avec lequel il était depuis longtemps en contact. La tète du fémur, recouverte par des parties molles amincies, pouvait facilement être sentie.
Considérant de plus, que toutes les parties qui constituent une articulation saine devaient avoir disparu, et qu’iJ ne devait pas dès lors y avoir un aussi grand danger à enlever la tète de l’os déplacé ; réfléchissant enfin que la santé de l’enfant, détériorée par une longue et abondante suppuration, ne pouvait être rétablie, je fus amené après mûre réflexion à proposer une opération ayant pour but d’enlever de la partie supérieure du fémur tout ce qui était carié. La carie paraissait descendre un peu plus bas que le trochanter.
Si cette opération eût pu se faire, elle aurait eu pour résultat de dégager la partie inférieure de la cuisse de la position qu’elle avait prise avec celle du côté opposé, elle m’aurait permis de ramener le membre en dehors, et probablement de placer ce garçon dans une condition aussi bonne que ceux qui, affectés de coxalgie, ont une articulation anormale et marchent avec ou sans l’aide de béquilles.
Je me proposais de diviser les téguments recouvrant l’os, commençant au-dessus de la tête que l’on sentait facilement, de la prolonger aussi bas qu’il serait nécessaire, et de séparer des deux côtés les parties molles d’avec le corps du fémur. Je me proposais de scier l’os dans la partie inférieure de sa portion mise à découvert, avec une petite scie, et avec un levier de le dégager de l’os iliaque. J’espérais que la surface de la section de l’os se cicatriserait, et qu’une fois le fémur mis en bonne position il se formerait une nouvelle articulation. La plaie elle-