‹ De la Résistance à l'Asphyxie dans la SubmersionChapitre 19 sur 21 · DE UE · texte numérisé non relu

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une faculté acquise par l'habitude. Chez eux, d’ailleurs, comme chez le canard, le milieu liquide est peut-être l'origine d’un réflexe apnéique puissant. Chacun sait, en effet, pour l'avoir éprouvé sur soi-même, que l’on suspend forcément la respiration sous le jet d'une douche froide.

L'existence de cette apnée étant donc admise chez l’homme, nous pouvons, semble-t-il, sans trop de présomption, faire bénéficier ce dernier de tous les avantages qu’elle assure à un animal plongeurcommele canard. Pourquoi ne pas admettre chez l’homme, comme chez cet animal, une diminution du chimisme respiratoire, une consommation plus parfaite de l'oxygène intrapulmonaire, un ralentissement du cœur plus considérable que dans l’asphyxie ordinaire, tous ces phénomènes élant régis et dominés par l'apnée ? Ajoutons à cela, chez certains individus, la tolérance particulière du système nerveux à l'égard de (MÈRE ‘Ja sobriété de leurs tissus envers l'oxygène, conséquences de l'éducation, et nous comprenons du même coup la possibilité de ces submersions volontaires de 3 et 4 minutes.

Même raisonnement, d’ailleurs, pour les noyés. Ceux que l’on peut rappeler à la vie ont tous, en général, une syncope respiratoire qui a empêché l'eau d'entrer dans leur poumon. (Noyés bleus).

C'est dire, en somme, qu'ils sont dans un état plus ou moins semblable à celui qui caractérise l’apnée, que cette apnée soit produite par la sensation de l’eau froide ou plutôt par un brusque ébranlement de tout le système nerveux.

Nous en déduisons naturellement le ralentissement du chimisme respiratoire, le ralentissement du cœur, qui peuvent prendre des proportions d’autant plus grandes que la syncope est de plus longue durée. Ajoutons à cela l'abolition de la conscience, entraînant la perte des mouvements musculaires, et nous comprenons du coup que l'organisme opérant un tra-

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vail moindre consomme avec plus de lenteur ses réserves en oxygène. D

Il nous reste à indiquer quelques points, que, faute de matérlaux, il nous a été impossible d’élucider.

Dans l’espoir qu'un autre expérimentateur sera plus favorisé que nous à cet égard, nous allons les indiquer ici :

Il serait très intéressant de comparer chez les mammifères plongeurs la durée respective de l’asphyxie dans l'air et sous l’eau.

Il serait curieux de vérifier aussi sur eux ce qu'on a observé chez le canard, savoir, la consommation plus parfaite de l’oxygène des alvéoles, la diminution du chimisme respiratoire, et le ralentissement plus considérable du cœur dans l’asphyxie sous l’eau que dans l’asphyxie dans l'air.

Enfin, il serait intéressant d'interroger les plongeurs de pro- fession pour savoir s'ils retiennent aussi facilement et aussi longuement leur respiration dans l’air que dans l’eau. Il faudrait, en outre, explorer chez eux le rythme cardiaque dans les deux asphyxies.

CONCLUSION GÉNÉRALE. — L'apnée avec les modifications qu’elle apporte dans l'organisme sur les appareils circulatoire, respiratoire et musculaire, augmente la résistance à l’asphyxie dans la submersion.

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