‹ De La Résistivité Électrique Des Eaux MinéralesChapitre 4 sur 30 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

L'étude de la résistivité électrique des eaux suivant la méthode de Kolrausch a déjà été faite en Allemagne pour de nombreuses sources minérales.

Nous avons pu retrouver dans la littérature scientifique française quelques rares notes concernant la résistivité électrique des eaux ; nulle part nous n'avons découvert une étude d'ensemble de la question ; nous avons voulu, ici,essayer de combler quelque peu cette lacune, en passant en revue les principes de cette méthode d'analyse, et en notant quelques-uns des résultats de nos expériences.

L'idée de ce modeste travail nous fut fournie par M. le professeur agrégé Chassevant ; après avoir passé en revue les travaux si intéressants de M. Dutoit professeur à l’Université de Lausanne sur la volumétrie physico-chimique, travaux que cet auteur résuma dans

une conférence faite à la Société chimique de France,

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le 12 mars 1910, après avoir examiné les travaux originaux de Kolrausch et d’Ostwald sur la résistivité électrique des solutions, travaux relatés dansda chimie générale d’Ostwald, nous fimes l'étude des intéressantes communications de M. Diénert, chef du service de surveillance des eaux de la ville de Paris, sur la résistivité des eaux de sources alimentant notrecapitale, données sur lesquelles les services d'hygiène de la ville s’appuient pour juger rapidement de l'identité de leurs eaux ; c’est ainsi que nous fûmes amenés à penser que l'étude de ce phénomène physique, la résistivité électrique, pourrait en s’appliquant aux eaux minérales, constituer un élément de contrôle de plus de l’identité et de la constance de minéralisation des sources.

Ce procédé d’analyse semble présenter sur les autres l'énorme avantage d’être rapide et simple ; il permet en quelques instants de dépister une fraude, de voir si une eau donnée est identique à ce qu’elle était, de rapprocher le chiffre donné par l’expérience actuelle du chiffre fourni par une expérience précédente. C’est une donnée analytique de plus, fonction et synthèse des autres, qui doit être constante comme doit être constante la composition mème des eaux ; elle paraît bien avoir sa place marquée dans les protocoles d’analyses d'eaux minérales.

Dans les pages qui suivront nous indiquerons tout d’abord le principe mème de la méthode, envisageant rapidement les lois de chimie physique qui permettent de l’établir ; plus loin nous décrirons avec soin toute

l’instrumentation nécessaire aux expériences, insistant |

Se LOMME

sur les particularités et les différentes modifications apportées à ces instruments ; nous parlerons de la disposition raisonnée des appareils, de l’énergie électrique à employer, de l'influence des conditions opératoires, enfin nous dirons un mot de l’interprétation des phénomènes. |

Dans un dernier chapitre «nous parlerons des résultats de nos expériences sur la résistivité électrique de quelques-unes des principales sources minérales françaises, en classant ces sources d'après leur composition chimique et en donnant, autant que possible, pour chacune d'elles, avec nos chiffres de résistivité, les résultats de l’analyse chimique la plus récente.

Nous aurions voulu, dans notre thèse, ajouter aux résultats de nos recherches sur la résistivité, un chapitre sur l’analyse volumétirique physico-chimique des eaux minérales par le procédé que M. Dutoit a employé pour les analyses de vins ; le cadre de notre travail nous force à renvoyer cette étude à une publication ultérieure.

Nous aurions aussi désiré parier ici de nos recherches sur le point d’ionisation complète des sels contenus dans une eau minérale donnée, recherches effectuées par des méthodes de chauffage et de dilution ; si l’on admet, comme l'opinion paraît s’on accréditer, que les effets thérapeutiques des eaux minérales sont dus aux propriétés physiques des électrolytes dissociés qu’elles contiennent, cette question de l’ionisation éomplète des sels semble présenter, a priori, un certain intérêt eu

égard aux variations qu’elle pourrait entraîner dans la

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posologie des eaux minérales ; élucider ce point nous entraînerait trop loin du sujet même de cette thèse, c’est pourquoi nous devons le renvoyer lui aussi à une étude ultérieure.

Dans notre thèse, nous nous limiterons donc à l’examen de la seule question de la résistivité électrique de quelques eaux minérales, en donnant, à la partie théorique, un tour aussi détaillé que possible afin de ren-

dre la compréhension de la méthode accessible à tous, nous rappelant que ce modestetravail ne s’adresse pas à des physiciens, mais à des médecins, à des hommes instruits n'ayant au point de vue physico-chimique que

la bonne culture générale.

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