‹ De la Responsabilité Atténuée Étude Médico-LégaleChapitre 11 sur 52 · DIRE DEL CESEITE EE · texte numérisé non relu

DIRE DEL CESEITE EE

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douleur, mais aucun tréssahte ent : de la face: n'a trahi la moindre émotion ," Pen

. La. conjonctive dvulaire a cependant conservé sa sensibilité normale. Lorsqu' on promène lé doigt entre les paupières entr’ ouvertes le de clics des yeux et manifeste une sensation pénible. :: ?

Une seule fois, lorsque nous l'avons brusquement piqué au mollet, par derrière; il a esquissé un geste, non de douleur, mais de surprise.

- Ensupposant:même que par un effort énergique de la volonté H... ait pu réprimer l'expression de la douleur, il est absolument certain qu'il doit présenter un très grand degré d’ anesthésie; aucun sujet placé dans des

conditions normales ne pourrait manifester un tel stoïcismé. !

En résumé, H...'est d’un caractère extrêment violent, servi. par ‘une

grande force: imischlairé: Son intelligence est extrémement bornée, mais

ses habitudes: sont régulières et jusqu’ au: TROIOIE du crime sa conduite a été honorable. pr : ILest absolument impossible de découvrir het lui 4 aucun signe positif d’aliénation mentale. © s

- Mais ses insomnies prolongées, ses maux de tête continuels, sés manquements de mémoire ‘semblent indiquer que cet homme si tioodiees d’ailleurs, n'est pas dans un état normal de santé ; et l’anesthésie. profonde que-nous avons découverte chez lui; SR pour. démontrer qu’il s’écarte

sensiblement de la normale. HS LE PRET To Ti. -n’est pas un aliéné ;.

. 2e IL est responsable de ses actes; : | ,

30, Sa responsabilité est atténuée dans une certaine mesure par les faits qui viennent d'être énumérés.

RENTE : L fi ‘ 3? a <

Onsenvarion V. — Tentative de meurtre. — Acquittement. — Responsabilité aiténuée (Rapport médico-légal par MM. BROUARDEL et res dù : à cl oblipre de M: “le poser BROUARDEL.)

ANS , âgé de 3. ans, est un homme d'u une. constitution vigoureuse, d’une taille élevés

* La tête est régulièrement confoiinéé, avec un front un peu bas; tés r'égions pariétalés sont peu développées. La barbe et les cheveux sont noirs,

épais. La physionomie est intelligente, le regard franc. La face est symé-

trique, sans saillie exagérée des arcades zygomatiques, sans Hot ie . ment anormal du maxillaire inférieur.

Les oreilles, bien ourlées, sont de Deco vue moyennes. Aucun stigmate morbide n’est relevé par nous.

Disons; pour»n'y plus revenir, que Xe est tem de toute prédisposition héréditaire à la folie. Si loin que-remontent ses souvenirs, — et ils sont très précis, — on ne trouve aucune tare chez ses ascendants; son

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es” fil Sr eg

— 32 0 père et sa mère sont vivants et bien portants. Il a un frère plus j jeune ae lui, dont l’état physique et mental est absolument normal.

L'acte criminel pour lequel X..…. est poursuivi, est sans précédent, et” contraste violemment avec un passé des plus honnêtes, des plus laborieux,

où les difficultés de l'existence, la lutte pour la vie, ont été courageuse-

ment supportées. Il resterait inexplicable, si X..., dans un examen auquel il s’est prèté volontiers, ne nous avait pas fait ais même sa biographie ; nous avons ainsi pu le suivre, presque dès son enfance, à travers sa jeu nesse, sa maturité, et nous nous sommes ainsi rendu. “compte des dispositions d’un esprit singulier peut-être par certains côtés, mais se une ces qui n’est ni commune, ni vulgaire. | |

Les études de ce genre conduisent, d'érdinaires à la sSthtRe et: à Ja détermination de troubles physiques et intellectuels. L'acte incriminé, par les conditions étranges dans lesquelles il s'est produit, suppose le plus

souvent la maladie, la folie; qu’il s'agisse d'états transitoires ou d'états durables, -# est possible de démontrer l'impulsion pathologique et de -

ramener le fait à ses proportions vraies. Ici, les conditions sont tout autres ; il n'y a pas d'état pathologique, et nous avons à faire l'aäalyse médico-psychologique d'un caractère, à suivre une curieuse évolution

chez un homme égaré dans : un milieu où rien ne l'avait same pré-

paré à vivre. | era res A LE X.. est, fils de petits cultivateurs, il a, comme son n père, travaillé la terre

sont qu'il a pu manier un outil. ù Le Il semble que dans cette famille, très honnête, très estimée, la vie ait eu

quelque chose de patriarcal ; que le père, chef respecté, ait exercé une autorité indiscutée, mais tempérée par une grande simplicité de cœur. IL causait volontiers, en homme dont J'horizon n'a jamais été bien vaste,

mais pour lequel l'observation des choses de la nature n’a été, pour cela,

ni moins fine, ni moins pénétrante ; et X... a gardé le souvenir vivace de ces comparaisons toujours justes, de ces aphorismes naïfs parie qui résumaient leur entretiens.

La mère était une femme simple di due aimant NE ART son à fils.

X... a pour elle une affection et une vénération profonde; il-en, parle avec une délicatesse de sentiments exquise.

Dans ce milieu on se souvenait d’un passé qui avait été meilleur que Je présent : sans être riches, les grands parents avaient été plus heureux, et dans la jeune tête de X... l'idée était venue de relever la fortune de.la famille, Quand il eut seize ans, il annonça qu'il voulait aller à Paris, Ytravailler ; il avait l'espoir d'y gagner sa vie et de rendre plus douce celle de ses parents. Il rencontra une résistance assez vive de la part de son

père ; il ne céda pas et, à dix-sept ans, il arrivait à Paris, chez un de ses

cousins, qui le fit entrer chez un tailleur de pierres. Enr X... se mit au travail avec un courage, un entrain qui ne se démentirent pas un jour. Tous ceux qui l'ont connu à cette époque le représentent

comme un jeune ne, calme, laborieux, vivant de la manière la plus ses etn! ayant. sue d tee cphnon que celle se vR un ouvrier “habile. : DS Se e hasard Je. conduisit à Nue Des travaux de Reta en de la cathé- * drale avaient été entrepris ; il fut embauché comme tailleur de pierres. Ise fit remarquer par des artistes, qui l'engagèrent à revenir à Paris. - Quelque temps. après son retour, il entrait comme: metteur au point dans l'atelier de seulpture de M. X... C'était la réalisation d'un rêve longtemps

Re

aressé. X... gagnait un pen d'argent, et ses > pod d’ artiste étaient

a enfin satisfaites. OR all voulut produire à son tour une œuvre qui traduisit ce qu'il afait dans wi: l'âme ; et sentant bien ce qui lui manquait, il voulut aussi s’instruire. rl se mit à lire, et ses lectures furent au- dessus, non pas. de son intelligence, e mais de ses forces d’assimilation. Il digéra mal, et déjà réveur par nature, ‘il accepta sans discussion, sans contrôle, ce qu'il crut comprendre. Dans .cet homme « tout neuf », comme on l'a appelé; des i impressions nouvelles se succédèrent sans ie elles se greffèrent sur les souvenirs, ‘de l'en-: fance; ‘des visions d’un ordre de chose différent de celui que le présent | apportat, se dégagèrent confusément. X... faisait à son insu, un retour. en arrière, l'esprit arrêté, fixé sur des types qu'il appréciait isolés, il n'en 1 et ou plutôt n’en put saisir que ce qui répondait à ses propres senti- . ments. Et comme les deux plus profonds étaient, chez lui, l'amour de la - famille et celui du sol natal, tout ce qui, sous une. fie ou sous une autre, les représentait le mieux, fut accepté par lui sans discussion, En artiste, il isola ces types et, par un travail mental des plus soutenus, il -en arriva à « objecter » puissamment ses idées, à prendre de l’art moderne une conception toute différente de celle de son entourage. : Il voulut un art national, n ‘empruntant rien aux traditions de l'école ; il Se rejetait volontairement dans le passé, parce qu'il y trouvait ce Fe il, . avait le souvenir, « la nature, si simple et pourtant si grande, au milieu de laquelle il avait été élevé », et par une sorte de retour atavique, les grands : # caractères de da race gauloise, à mupaile il: est fier d’ as dont il . sent en lui les mâles qualités. ‘at :

: Profondément honnête, répudiant tout ce qui n ab pas sincère, X.. ne “transige pas. avec des principes auxquels il s'est toujours soumis. « J'ai eu froid, j'ai eu faim, dit-il, mais j'avais pour mé soutenir la volonté : ce . que je veux, je le veux énergiquement et je le fais. » C'est ainsi qu'au milieu de diflicultés qui eussent fait reculer tout autre qu lui, X.. . modela une statue de Marat, une statue de Louis XL une - statue. de Jacques Bonhomme, le buste de sa mère $ Rien de plus intéressant que de le suivre dans l Éécalion de ces diver- . ses œuvres et d'entendre le jugement qu'il en porte. Son Marat, qu'il : Dee tt beaucoup étudié, lui coûta des peines infinies : il hésitait à le présen- 4 æ ter au salon, ne trouvant pas “ue l'exécution répondit à sa pensée; il

Ne

SE ; s'attendait à être refusé. « Quand je le vis dehors, nous dit-il, je me rassurai. Il y avait des faiblesses que je reconnaissais ; mais, malgré tout, say était. J'ai eu plus de succès que je ne l'espérais. Je me suis dit : maintenant je peux oser. Louis XI m'était apparu dans mes lectures comme le. fondateur de l’unité française ; j'admirais son esprit politique, sa finesse, ses grandes idées; ses luttes avec les grands seigneurs me passionnaient. J'ai voulu mettre dans sa physionomie tout ce que je sentais qu’elle devait exprimer; je n'ai pas complètement réussi. La figure, les mains, étaient. très travaillées, très fouillées ; mais il y avait des faiblesses. J'ai été très discuté ; ça été un insuccès. Mon Jacques Bonhomme devait être la personnification du travailleur obscur, quelque chose comme l'hercule moderne ; mais ma pensée est restée dans la pâte, c'est mou, cela ne vibre ‘pas. Il y a bien quelque chose, mais ce n’est pas cela ; mes mains n'ont pas rendu tout ce que je sentais; je n'étais pas content. des

L'art pour moi est un sacerdoce; je ne comprends pas les habiletés ; la matière doit être transformée par la pensée de l'artiste. J'ai eu des désillusions terribles en entrant dans les ateliers. Je me figurais qu'on devait travailler comme le faisait Michel-Ange, comme le faisaient les anciens. Au lieu de cela, je trouvais l'habileté de main, de savoir faire, mais peu de fond. Je me disais : il faut pourtant sortir de là ; il faut reprendre nos traditions d'art national, l’art gaulois, celui qui est sorti des entrailles mêmes du sol de la patrie; il y a assez longtemps que nous cherchons nos modèles dans l’art exotique de la Grèce. Et je ne rencontrais que des obstacles. J'ai mieux réussi le busté de ma mère; c'était vivant; on retrouvait la vieille gauloise. J'en ai été content; il a eu du succès. |

Mais l’œuvre qui a eu sur les événements actuels la plus grande part d'influence, c’est la préparation de la statue de Saint-Just. X... a fait pour lui, ce qu'il avait fait pour Louis XI, pour Marat, il s’est mis à lire tout ce qui pouvait l'aider à connaître l’homme dont il voulait faire revivre l’image ; il s’est identifié avec son personnage, et non content d’en arrêter les formes extérieures, il a vécu de lui et avec lui pendant de longues heures; il a pris de son sujet une conception tellement intense, qu’il est devenu, sans se rendre compte de ce qui se passait dans ce travail d’assimilation, un admirateur sincère, convaincu de Saint-Just. Par la plus étrange des contradictions, le naturel plutôt doux que violent de X... s'est transformé : il a trouvé le caractère de Saint-Just « logique, honnête, et, retenant une phrase qui est devenue comme son Credo politique, il a répété cette phrase, elle s’est gravée profondément dans son esprit, et un jour, il a dit comme Saint-Just : « Il faut tuer ceux qui gouvernent mal. » -

On ne comprendrait pas comment X..., tant épris de son art, a pu passer de l'idée à l'acte, si l’on ne savait qu'il s’est trouvé lancé dans la vie politique, et qu'il a eu à jouer un rôle actif dans un comité organisé en vue des élections à Paris pour la Chambre des députés. Là encore, nous dit-il, il ne trouva que des désillusions ; elles furent du même ordre que ses désillu-

NU

sions d'artiste. Il ne rencontrait. personne à sa taille ; ses préoccupations honnêtes faisaient sourire. On me trouvait naïf, et si j'ai vaincu mes répugnances, ce fut par respect pour la discipline de parti. Je fis ce qui avait été convenu; mais je m'adressai plus d’une fois le reproche d’avoir oublié la responsabilité qui pesait sur moi. La première fois que j'ai voté, ce fut en tremblant. J'ai toujours pensé de même: qu'il ne fallait donner le pouvoir qu'à ceux qui méritaient de l'exercer; et quand j'ai vu que tout croulait autour de moi, que le relâchement était partout, je me suis senti = coupable.

Je me suis dit que j'étais responsable; que je devais en à faire faire à mon pays l'économie d'une révolution. Je ne suis qu’un homme

ayant le sentiment de son devoir, faisant le sacrifice de sa tête, si ce sacri-

fice peut être utile à mon pays. Les rouages vont mal, ils broient nos forces ; j'ai jeté ma tête dans les rouages pour les arrêter un moment. Je préfère la mort à la perte de mon estime.

- Par un côté, X... nous a paru inférieur à lui-même; sa brochure Le Réveil de la Gaule est une œuvre déclamatoire où les inégalités du style tiennent à des causes multiples. On y sent un effort pour se maintenir dans un ton qui n’est pas naturel; on y trouve des réminiscences d'auteurs mal compris, et nous ne sommes pas bien sûrs que X.. se rende un compte exact de l'influence qu'il attribue à Rabelais, dont il croit s'être inspiré. Les crudités voulues, les exagérations du langage servent mal sa pensée,

et nous aurions le droit d'être sévère pour cet écrit, si nous n’y avions pas

rencontré des pages où les sentiments d’un patriotisme élevé, d'un amour filial touchant, rachètent un peu les déclamations. Cette brochure est une erreur d’un homme qui s’est bien souvent trompé lui-même et qui, dans cette voie, pourrait bien ne s'être pas engagé tout, seul.

X... est sans le savoir, le disciple d'une école nouvelle pour laquelle tout Fa toute morale, sont subordonnés à la science sociale. Mais la science sociale, il ne la connaît que par une sorte d'’intuition, et pour lui le droit et le devoir sont fondés sur le respect d’un contrat librement consenti au sein d’une collectivité d'individus. De ces notions, confusément entrevues, découle pour lui le principe d'autorité. De là à la contrainte il n'y a qu’un pas et X... l’a franchi en stoïcien qui a traduit en action cette formule : « Il n’y a que notre volonté qui dépende de nous, et le reste ne vaut pas la peine qu’on s'en soucie. » Cela est si vrai, que, lorsqu’ii s’est agi de déterminer avec une rigoureuse précision les conditions de son état mental au moment où il a décidé qu’il frapperait la victime choisie par lui, nous n’avons eu qu'à l'écouter, à écrire sous sa dictée. pour reconnaître avec quelle logique il avait accompli un acte prémédité, voulu.

Nous lui avons posé les questions suivantes :

© — Étiez-vous libre de ne pas faire l'acte que vous avez accompli ? Ou.

bien avez-vous été poussé par une force à laquelle vous n'avez pu résister?

— J'ai obéi aux engagements que j avais pris avec moi-même. Jé Se à 2 PE citoyen ou je ne le suis pas. Le jour où j'ai voté avec mûre réflexion, j'ai lacs: senti que ma responsabilité était engagée, et comme rien n'a répondu àce : Le Le. que ‘espérais, je me suis dit qu'un acte de justice était nécessaire. Alors. : Te 2 jen ‘avais pas encore prévu quel serait cet acte. ‘, ie ne ÿ ;

Il y a longtemps que je m'indigne de ce qui se passe; je vois tout crouler autour de moi. Quand je suis allé là-bas au pays, je me suis rendu compte que même dans les campagnes tout se désagrège, tout s’en va. Jusqu'à nos vieilles chansons, nos vieux airs nationaux, on ne les chante plus. J'ai voulu résister. Un jour que les jeunes gens et les jeunes filles dan- PER

saient au son d’une musique allemande, je leur ai dit : « Comment! lesgars,

vous dansez avec cela! Il n’y a donc plus de musette ici? » Et me voilà.

parti à la recherche d’un joueur de musette. J'en trouve un, je le ramène,

je l'installe, et voilà les danses qui recommencent et les gars de dire: « Tu | as raison, X..., c'est bien plus joli! » — Partout c’est la même choseden "à ne vois personne de responsable : le Président s’abrite derrière ses ministres, les ministres derrière les Chambres, et derrière tout cela il y a moi, X..., l'électeur, qui suis responsable de mon vote. Donc il fallait qu’ un. LS exemple fût donné. Je me mettais en face de ma conscience; c'était elle qui me parlait. Il y avait en moi un être qui luttait, qi ne voulait Re STE RE marcher ; mais ma conscience plus forte me disait: SE ROSES

« Il faut que cela soit ; sinon, tu es un lâche ! » Chose curieuse, TH UES NA ES timidités étranges ; je ne suis pr -être pas brave, aie SAR une volonté , FR puissante. C'est ma volonté qui m'a fait agir. ion

Et puis je réfléchissais,. je me souvins de cette phrase de Saint- Just: ee « Il faut tuer ceux qui gouvernent mal. » Je la rapprochais de ce queme

disait mon vieux père, quand nous causions, en nous promenant, de tout ce qui se passait, de ce qui m'écœurait, Un jour il me montrait une che- : 5 nillé et me disait : « Tiens, garçon, tu vois bien cette chenille, ça a l'air Gr honnête, ça n’a pas l'air méchañt, et ça mange les choux. » Et ilPécrasa =: -sous son sabot. Il y a des hommes qui font le même mal que les chenilles; à 7 il faut les écraser comme elles. Quand les poux se mettent sur le bœuf, il É faut tuer les poux pour sauver le bœuf. Est-ce que Louis XI, est-ce que. Richelieu, est-ce que Marat ont hésité, quand il s ne du bien de la patrie. = ‘

— Vous avez dû lutter contre l’idée de frapper un homme ? Vous avez dû discuter avec vous-même les motifs qui auraient dû vous arrêter ?

— J'ai assez longuement envisagé l'acte, pour me déterminer à bon escient. | Goya s

— Avez-vous jugé cet acte blämable ?

— Depuis que je suis en prison, j'ai eu le temps d'y penser; je l'ai retourné en tous sens. Je suis coupable vis-à-vis de la loi, mais pour l'acte en lui-même, je le jugeais nécessaire. ! ER

-- Quelles conséquences entrevoyiez-vous ?

Ce

— C'est un coup de dard dans le parlementarisme qui dévore tout, flétrit tout, et qui, avec le journalisme, est notre plaie, J'aurais buie Le CR % faire plus et mieux.

do — Avez-vous jamais cherché à faire des prosélytes ? -

k — Non, j'ai agi seul, sans jamais parler à personne de ce que je me

» LU | proposais de faire, J'ai ponse que je pouvais forcer à réfléchir, faire reve-

er UE CA nir à l'idée de justice qu'on oublie trop. Dans tous les partis il y a des

SUR à hommes de cœur qui me comprendront. En dehors des partis il y a des

PÉRRÉ forces neuves qu'il faut diriger; si on en pouvait faire sortir quelque

| $ chose de grand, ayant ses racines dans le sol de la vieille patrie gauloise, j'aurais rempli ma tâche. Je reviens toujours là-dessus : c’est la base de

AT pile mes opinions artistiques. Je ne peux pas séparer mes idées artistiques de

PS est mes idées sociales, elles me viennent de mon amour pour la patrie.

de pe — Au moment où vous êtes arrivé à la Chambre des députés, dans quel

pe état d'esprit étiez-vous ? <

STE LS <> — J'étais très calme, très froid. Le matin j'étais allé à la campagne où

je croyais rencontrer M.X... ; je suis revenu à Paris, j'ai déjeuné modeste-

ment, et je suis venu à la Chambre des députés très maître de moi.

PERS — Recommenceriez-vous ce que vous avez fait ?

RP Re me de On ne recommence pas ces choses-là.

TRE LE Et. comme nous insistions sur l'absence de mobiles sérieux, sur l'impos-

ERREUR sibilité d'obtenir par de telles violences les réformes rêvées par lui, X...

+. a nous répondit : à

Hé Que voulez-vous ? C'est fait, c'est fait. Je me suis peut- être laissé attirer par les envolées philosophiques. En agissant comme je l'ai fait, j'ai

pensé qu’on serait obligé de réfléchir à ce qui nous désagrège. J'ai des

dans notre pays pour stimuler les artistes, relever l’art, je vois donner à S' l'École des sujets ridicules : Claude ou Tobie avec le poisson ! !.…. ga X... n’est pas plus un aliéné qu’un criminel vulgaire : il n'a pas plus de délire que de caractères anthropologiques du type criminel. C'est un criminel d'aventure, égaré par la passion politique, et auquel | on ne-peut faire le reproche Poe cherché à se hausser sur un pié- > Ge if destal.

2 Chez lui, pas de préoccupations FEES tout au contraire, des senti- J 2 ments clhuiefee très développés. Nulle exagération dans son attitude . vis-à-vis de nous. Nul souci de présenter une atténuation de sa conduite; la conviction, que nous avons le droit de croire sincère, de l'utilité d'un

2 caractère qui ne s’est pas démentie.

ART ENT - Tout ce que nous avons dit de lui après une longue et sévère étude, nous se ie | permet de mettre en relief l'influence de causes sociales sur des détermi- CET = nations qui n’en restent pas moins coupables, avec cette nuance que

= a idées qui me sont chères ; je ne peux pas bien les développer ; La base me : & Er manque ; mais j'en ai gros sur le cœur !... Quand il n’y a qu’à se baisser

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