‹ De la Responsabilité Atténuée Étude Médico-LégaleChapitre 21 sur 52 · RE RE · texte numérisé non relu

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tures. On réussit à l’occuper tant bien que mal. Un jour, il profite de

ce qu'il est seul à la maison pour fracturer une armoire et s ‘emparer

d’une somme de 8,000 francs.

- Lorsque nous voyons L... à Mazas, son état est calme ; il raconte sans difficulté et sans grand einbarras comment il a FRA ERr l'acte eu

“est reproché.

« J'étais, nous dit-il, depuis deux mois chez mon bei frère que j'aidais dans son travail, je savais qu’il avait de l'argent : j'ai profité d’un moment où j'étais seul à la maison pour fracturer uné armoire et prendre une somme de 8,000 francs qui s’y trouvait. Je sais bien que j'ai mal agi

etje me repens de ce que j'ai fait.

L... ne présente dans sa A enatOn physique, aucune anomalie notable; il est de petite taille, de physionomie douce, régulière, nou dépourvue d'intelligence. Il a plutôt l'aspect d’un garçon timide et tran-

- quille que d'un être audacieusement pervers. Il s'explique eu termes

mesurés et bien qu’il ne manifeste pas de bien vifs regrets, il se rend compte de sa situation. En variant les questions, on s'aperçoit assez vite que ses notions sont fort bornées, que son discernement est restreint, Une très simple opération de calcul (9 X 7) est au-dessus de ses forces intellectuelles. La sensibilité morale et affective r

d'évidentes lacunes. Son attitude confine à l’insouciance et le sort qu’on

lui réserve ne semble pas le préoccuper. Il y a là l'indice d’une sorte d'anesthésie morale, qu’il est fréquent de rencontrer chez les héréditaires.

Dans nos différentes visites, nous l’avons toujours trouvé semblable

à lui-même, calme jusqu’à une demi-indifférence, parlant peu, doux»

docile, poli. Quant aux fonctions générales, elles s’accomplissent chez lui en toute régularité. Il s’alimente bien et dort paisiblement. En résumé, L... sur lequel pèse une hérédité morbide directe, est un

- prédisposé présentant actuellement un certain degré de débilité mentale

-qui est de nature à atténuer sa responsabilité pénale.

OBSERVATION II1.—B..., né en 1851, comptable, est de stature moyenne, d'aspect peu robuste, et de dehors un peu étranges. Sa physionomie n’est pas dépourvue d'intelligence, la face est le siège de quelques plaques eczémateuses au niveau du sillon naso-labial gauche (1).

Les renseisnements qui nous ont été fournis par sa femme au sujet de ses antécédents héréditaires semblent indiquer, de ce chef, une forte prédisposition aux affections nerveuses ou mentales, dont il existe plusieurs cas dans Sa famille, Sa mère, atteinte d’épilepsie, est morte dans une attaque comitiale. Son père était un homme original présentant

(1) Rapport par le Dr GARNIER sur l’état mental de B..., inculpé d’escroquerie et complicité. - c

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des dispositions aux congestions encéphaliques. Deus cousins germain ont été enfermés pour aliénation mentale. 1 L'enfance de B.., a été très maladive, on eut ess de peine : à l'élever ; dès les premiers temps de Ja vie, il se montra extrêmement nerveux, impressionnable, On eut à le soigner longtemps pour une suppuration d'oreille qui s’'accompagnait de violents maux de tête. Il ne manquait point d'intelligence : son esprit étaitouvert et délié, mais son attention difficile à fixer. Vers l’âge de 15 ans, il fit une fièvre typhoïde grave dont le retent issement sur son intelligence et le système nerveux, fut profond et prolongé. Il fut longtemps engourdi intellectuellement. privé de mémoire et d'initiative. La convalescence fut très longue. Après cette sérieuse atteinte, on ne put penser à lui faire continuer ses études. Il fut cominis comptable dans une compagnie d'assurances. En 1870, il

fit toute la campagne et fut fait prisonnier. La paix signée, il rentre dans un poste d'employé. Un an après, il est pris, un jour, subitement d’un

accès de délire avec agitation, hallucinations. On dut le transporter à la Maison municipale de santé (Maison Dubois). Cette crise délirante se prolongea plusieurs semaines. Dans la suite, B.. devait aussi présenter plusieurs autres accès dont nous aurons plus loin à tenter de DR la nature.

Bientôt les singularités, les extravagances vont se multiplier. À sa sortie de l’hospice Dubois, B... reprend son emploi, mais ce n’est que

pour quelque temps ; nerveux, fantasque, mobile, il lui devient difficile de se fixer quelque part. En 1873, il est employé à lacompagnie desche-

mins de fer des Charentes. Il fit, en cette qualité, à Saintes, un séjour qui fut marqué par des séries d'attaques convulsives survenues à l'occasion d’une peur ; il avait failli être écrasé par une locomotive ; son impressionnabilité fut telle qu’il roula à terre dans une crise d’une très grande intensité, Un délire hallucinatoire de la plus grande violence éclata, et on le transporta à 1 hôpital où l’on dut pour le maintenir, faire emploi de la camisole de furce. A la suite de cette crise, il fut atteint d’un eczéma de la face et d'une grande partie de la surface cutanée.

.. En 1876, il se maria au cours d’un congé qu'il était allé passer chez lui. Le ménage vint s'installer à Paris. Deux ans plus tard, il est compromis dans la faillite de la Banque Européenne, où il avait un emploi.

Il fut condamné à six mois d'emprisonnement.

Très bouleversé par les poursuites dirigées contre lui, par son emprisonnement, il eut, à cette époque, des troubles moins graves, et de véritables crises hystéro-ébiléptiques, pour lesquelles il reçut les soins de M. le D' G... Au cours de ses accès, le malade n'avait plus conscience de ses actes, était étranger à ce qui l’entourait, avait des impulsions au suicide, cherchait à se jeter par la fenêtre, à se briser la tête sur la muraille, refusait les aliments, etc. Parfois, il tombait en catalepsie, pendant plusieurs heures. En 1881, nouvelle atteinte du mal,

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