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caractère. D'un tempérament très nerveux, très impressionnable, il n'est pas surprenant que le jour où elle asubi une perturbation psycho-somätique profonde, elle ait emprunté au complexus hystéro-épileptique un certain nombre de ses manifestations spéciales, mais de pareils acci“ dents nerveux, si manifestement dus à la privation de la dose ordinaire de morphine, ne sauraient impliquer l'idée que le femme H... obéissait aux instigations d’une perversion mentale, le 10 juin 1885, c’est-a-diré à un moment où elle se trouvait précisément, d’après ses propres assertions, en puissance morphinique. ‘ È
Quant à l’état vertigineux allégué, à l'espèce d'ivresse résultant d’injections répétées de chlorhydrate de morphine, l'appréciation raisonnée et scientifique des divers accidents relatés contraint à en repousser l'existence ; au surplus, il ne résulte aucunement des faits connus de morphinisme qu’il faille admettre parmi les symptômes de cette intoxication une tendance kleptomaniaque, c'est-à-dire une impulsion irrésistible qui entraînerait Pindividu au vol.
De l'exposé des faits qui précèdent et des considérations qui s’en' dégagent, il est permis de tirer les conclusions suivantes : DER.
1° La femme H... s’est adonnée depuis plusieurs années à l'usage’ abusif des injections sous-cutanées de morphine. Cette habitude pernicieuse qui aurait été provoquée. et entretenue. plutôt par un besoiñ! presque incessant de calmer des accès douloureux que par un appétit: déterminé pour cette substance narcotique, tout en s'imposant de jour: en. jour d’une façon plus tyrannique, n’a cependant pas entraîné, dans! le cas présent, cet état de marasme, cette altération physique et intel-' lectuelle qui en sont parfois la conséquence.
2 Au moment où elle a commis les vols qui lui sont reprochés, elle! n'était point sous l’empire d’un trouble psychique qui l'aurait privée de! son discernement habituel et de sa libre volonté. :
3 Le fait d’une impulsion kleptomaniaque née d'uu vertige ou d'une ivresse morphinique ne répond à aucune donnée clinique connue.
.5o Pendant la durée de sa prévention, l’inculpée a présenté des attàques hystéro-épileptiques dont le développement doit être attribué à là privation brusque de la dose habituelle de morphine. Des accès ainsi? conditionnés ne doivent point être mis en-cause dans le jugement! à! porter sur l’état mental de l'inculpée, dans la journée du 10 juin 18859
5° En conséquence, la femme H... ne saurait être considérée comme" irresponsable des actes qui lui sont reprochés; toutefois il convient! d'admettre que, sous. l'influence de son tempérament névropathique! dont l'excitabilité première a été encore accrue par l'abus des injections" morphinées, sa force de résistance aux incitations’ instinctives a pu être® amoindrie et sa responsabilité atténuée dans uné certaine mesure.
.Adoptant les conclusions de ce rapport le tribunal de Ja Seine a con: sidéré la femme comme responsable-de ses actes : mais, admettant en*
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sa faveur des circonstances atténuantes, il ne la condamnée qu’à quelques jours d'emprisonnement,
pes —- L'éther s absorbe par l'estomac ou en inhalations. Les buveurs d'éther sont si communs en Irlande, qu'on a proposé à la Chambre des Communes un mode de réglementation.
Dans notre pays, cette passion est rare.
L'éther par lui-même, produit l'ivresse, une ivresse hilarante, avec face vultueuse et congestionnée, mais sans impulsions violentes ou irrésistibles. En dehors de la prédisposition, l'éther est peu toxique, nous en donnons l'exemple suivant du D' Sedan. Un enfant commença vers 10 ans, à boire de l’éther et continua pendant 9 ans, absorbant de 100 à 4,000 grammes par jour, sans accident.
Le D' Ritti signale dans les Annales-médico-psychologiqu es, l'his= toire d’une demoiselle de 45 ans, névropathe héréditaire, qui fit des inhalations quatre ans auparavant, dans un but thérapeutique (gastralgie). Ethéromane, chaque jour, elle se plongeait davantage dans cette ivresse. Femme du monde, distinguée, musicienne, ee devint irritable, persécutée et menaça de se suicider. | __ Son argent de poche ne suffisant plus, elle vend ses effets, et finale- . ment va jusqu'à mendier dans les rues pour s'en procurer. Elle est arrêtée de ce chef, place Saint-Germain-des-Prés. La dégénérescence mentale était manifeste et le D' Garnier la déclara irresponsable.
Son père était aussi éthéromane, il avait pris ce goût dans les ambulances en 1870, en soignant les blessés.
Pros. MERCURE. SULFURE DE CARBONE. VAPEURS DE CHARBON, — Le plomb, le mercure, absorbés sous forme de poussière, de vapeurs, par les peintres, les doreurs, dans l'industrie des chapeaux, les mines, etc., sont au nombre des agents professionnels qui ont une influence délétère sur l’économie. L'encéphalopathie saturnire de Grisolles, la névropathie saturnine de Jaccoud sont produites par l'action du poison sur le système nerveux et ces phénomènes peuvent se produire à n'importe quelle période de l'intoxication.
Le professeur Renaut, de Lyon, dans sa thèse d’agrégation, diten 1875 : les causes qui déterminent ces troubles, ainsi que leur nature intime sont encore profondément ignorées.
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* L'hydrargyrisme chronique, avec les tremblements, l’anéantisse-
ment, etc., sont décrits et appréciés par Tardieu dans un tableau Fe connu pour y revenir. TES * Le: sulfure de carbone employé par les ouvriers à vulcaniser le caoutchouc, étudié par Sapelier dans sa thèse (1875), amène des modifications de caräctère, qui les rend tantôt bruyants, irritables, tantôt tristes et déprimés. ee Re
Les vapeurs de charbon ont produit des ironbles de conscience
passagers ou durables. Le D' Leudet, MM. RATE et Magnan rapportent des observations de ce genre.
Nous n'insistons pas sur la toxicité de ces derniers agents, € car la nature des accidents, dans l état actuel de la science, n’est pas encore nettement élucidée. On peut cependant dégager un certain nombre de caractères parmi les faits publiés dans une systématisation hâtive, qui permettent d'affirmer que le plus souvent, ils agissent en provocateurs d'états pathologiques connus, l'hystérie, par exemple. Cela frappe en parcourant les monographies publiées au sujet de ces troubles spéciaux. M. Charcot, M. Debove l'ont signalé des premiers, et M. Guinon y insiste dans sa thèse. |
Nous pensons également que dans ces intoxications, comme pour. les maladies infectieuses, le médecin légiste doit toujours faire une sérieuse analyse de l'individu. Dans les cas graves, il sera fréquent -
de trouver un insuflisant sur lequel pèse un héritage morbide réveillé par la substance nuisible, qui vient, comme la morphine, l’alcool-et autres poisons analogues, diminuer la résistance ou stimuler les ten= dances impulsives.