‹ De la Responsabilité Atténuée Étude Médico-LégaleChapitre 35 sur 52 · FE · texte numérisé non relu

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Ensuite, à un second degré, la mémoire est très atteinte, les fonctions intellectuelles fort émoussées, l'activité presque nulle. Les qualités affectives sont surtout lésées. Une irritabilité particulière perver- … tit leurs sympathies et crée des antipathies aussi inexplicables,etlon assiste chez certains infirmes au désaveu de toute leur vie et d'un 23 passé honnête. On les voit pris de haine pour leurs parents, mais en revanche menés, dirigés par une gouvernante, faire des testaments multiples et finir par tester en faveur d’un cousin éloigné qu'ilsn'ont jamais vu, prenant à son tour en haine celui qui les a toujours soignés. C'est l’âge aussi des attentats à la pudeur, et ils fournissent une variété d’exhibitionnistes. ee Au dernier degré, la vie végétative seule persiste, avec le gâtisme et la démence. :

Cette classification indique assez le terme de leur responsabilité, nulle dans le dernier cas, douteuse, limitée et parfois complète dans RER le second. : 2 Ces accidents de la sénilité sont relativement rares, et le vieillard ne # se présente pas toujours sous cet aspect douloureux. Mais le médecin, au contraire des autres hommes, doit abandonner souvent le côté poétique des caractères. Cicéron a fait l'apologie de da vieillesse, « de senectute », un tableau de magnifique glorification, mais il était avocat.

Dans les deux rapports qui suivent, il s’agit en premier lieu d'une femme au sujet de laquelle l’affaiblissement sénile était seul en cause ; pour le second, d’un vieillard atteint de ramollissement.

. OBSERVATION I. — Nous, soussigné, Paul Garnier, médecin du Dépôt... Etat mental de la Vve G..., inculpée de vol.

La Vve G..., âgée de soixante-dix ans, blanchisseuse, incapable de subvenir à ses besoins, depuis plusieurs mois, réduite à la misère a été poussée au vol par le besoin ; elle raconte en pleurant qu'elle a dérohé deux corsages afin de s’en faire quelque argent. Il y a quinze mois, elle a été condamnée à 15 jours de prison pour avoir volé une couverture de lit.

Nous ne possédons que des renseignements très sommaires sur ses antécédents. Elle a toujours été, dit-elle, excessivement nerveuse au moment de l'évolution de la puberté, elle aurait eu des attaques convulsives, probablement de nature hystérique.

À 26ans, elle fut atteinte d’une fièvre typhoïde et deux ans après, du

en TT

choléra, À dater de cette époque, les crises nerveuses disparurent. Elle a eu neuf enfants sur lesquels une fille seulement a survécu ; tous les autres ont été enlevés dans le bas âge, par des convulsions. En san-

__— glotant, elle nous fait connaître que son mari s’est empoisonné, il y à

vingt mois, par suite du chagrin que lui causait l'inconduite de sa fille. Depuis lors, son existence à été fort misérable : elle n’a plus assez de force pour travailler et elle se sent malade, elle a des étourdissements fréquents, sa vue a beaucoup faibli, ete.

En pratiquant l’auscultation du cœur: À nous percévons un bruit de

souffle présystolique, au niveau de la pointe des intermittences dans les

battements cardiaques; l’altération de l'organe central de la circulation entraine un certain degré de dyspnée : l'énergie musculaire est très amoindrie, la commissure labiale gauche un peu abaissée.

Du côté des facultés intellectuelles, la détérioration n’est pas moins manifeste : la mémoire surtout présente de nombreuses lacunes.

La Vve G....est une personne affaiblie par l’âge aussi bien physiquement que moralement. Des vertiges liés à des congestions encéphaliques viennent précipiter cette déchéance. Aussi bien, ne semble-t il guère possible de demander compte de sa contuite à une sénile qui a agi sous la pression dela misère et du besoin et dont les forces de résistance à une impulsion instinctive étaient certainement des plus réduites.

CONCLUSIONS. — 1° La Vve G... présente un affaïiblissement sénile

progressif des facultés intellectuelles ; elle est sujette à des vertiges

congestifs qui viennent accélérer la marche de l’échéance mentale. -20 L'amoindrissement de son intelligence, sans atteindre jusqu'à la

démence, la soustrait à peu près complètement à la responsabilité

pénale.

OBSERVATION II. — Nous soussigné, D' Paul Garnier, «commis à l'effet d'examiner l’état mental du ‘sieur C..., inculpé d’attentat à la pudeur, lequel était à l’infirmerie de Bicêtre en traitement pour üne affection au cœur et pour une paralysie partielle du cerveau ».

C..., âgé de 52 ans, veuf sans enfants, avait toujours joui d'une bonne santé lorsque étant garçon de salle à l’hospice de Bicêtre, l’année dernière, il fut atteint d'accidents cérébraux qui le firent admettre à l’infirmerie dudit établissement. Nous avons trouvé au dossier, un certificat médical qui caractérise le fait en ces termes ; « C... soigné à l’infirmerie pour de l'athérome cérébral avec ramollissement, présente depuis longtemps un affaiblissement très notable des facultés intellectuelles, » Pendant toute la durée du séjour à Bicêtre, soit comme em- .ployé, soit comme malade, on n'avait jamais rien eu à lui reprocher sous le rapport de la moralité. C’est la première fois qu'il est appelé à rendre compte de faits semblables ; partout où il est passé, il s'est fait connaître pour un homme d'humeur paisible que des'chagrinS de fa-

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