‹ De La Responsabilité Civile Des MédecinsChapitre 15 sur 80 · NN · texte numérisé non relu

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chacun devait inscrire, au sortir de maladie, par quels moyens sa guérison avait été obtenue. Les prêtres eurent la garde de ces observations et finirent par les codifier. Mais ils étaient tenus de les communiquer à toute réquisition sans être autorisés à les modifier en quoi que ce soit. Ces devoirs d'assistance commune et réciproque qui forcaient les hommes des premières civilisations à s'unir contre la maladie et la mort, se retrouvent chez la plupart des peuples de l'antiquité.

Peu à peu, cependant, à mesure que progressa la science, les philosophes grecs s’adonnèrent à l’étude du corps humain, et on vit apparaitre les premiers médecins vraiment dignes de ce nom.

Contrairement à ce qu’on eût pu attendre des traditions, il n'intervint pas de réglementation pour les contraindre à l'exercice de leur art. À Rome, ils jouirent également de toute liberté à cet égard. Deux exceptions pourtant sontimportantes à noter. D'abord la plupart des médecins romains se recrutaient parmi les esclaves, et si beaucoup étaient affranchis par leurs maitres, c'était sous la condition expresse qu’ils continueraient à mettre leur savoir au service de leurs patrons. En second lieu,

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comme le fait remarquer M. Edouard Hu (1), en s'appuyant sur l'autorité de Hérodote et de Xénophon, il y eut de bonne heure en Grèce et dans certaines parties de la Gaule, notamment à Marseille, des médecins salariés par les villes. Les empereurs Valens et Valentinien, en instituèrent à Rome et à Constantinople, en 368. Ces médecins salariés, qui eurent le titre d’archiâtres, etaient tenus de soigner les pauvres (Archiatri scientes annonaria sibi commoda a populi commodis ministrari, honeste obsequi lenuioribus malint quam turpiler servire divitibus (2) ». À part ces deux exceptions dont la seconde seule subsiste sous l’empire, ce fut le droit absolu de tout médecin de refuser à son gré aide et secours aux malades qui l’appelaient. Et ce droit leur fut reconnu, même après l'institution des diplômes, tant à Rome qu’en France, où ils l’ont toujours conservé, en dépit des récriminations et des railleries. « Si J'étais que des médecins, dit l’Argan de Molière (2), je me vengerais de son impertinence,

1. Etude historique et juridique sur la responsabilité du médecin, Paris, 1880, p. 17.

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