‹ De La Responsabilité Civile Des MédecinsChapitre 40 sur 80 · PR, (OH · texte numérisé non relu

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de punition corporelle (1). Voilà autant d’ingérences fàcheuses et regrettables. Du moment qu’une opinion est fondée en raison, appuyée sur des faits physiologiques certains, personne n’a le droit de la condamner. M. Brouardel raconte le fait suivant Appelé à donner son opinion comme expert dans un procès médical, il crut devoir conclure à l’irresponsabilité du médecin poursuivi, parce que sa manière d'agir avait été préconisée par un médecin Autrichien. Il s’agissait d’un empoisonnement par le phosphore (2) : « Prescrire du phosphore me semble dangereux, dit-il, attendu que ce corps à tendance à s’accumuler dans l’organisme et peut ainsi causer un empoisonnement; c'est mon opinion de médecin traitant, mais comme médecin expert je n’avais pas à le formuler. Me basant sur ce fait que cette médication avait été employée à l'étranger par un homme compétent, qui affirmait en avoir eu de bons résultats et qui proclamait son innocuité, Je n'ai pas hésité à conclure que le médecin n'avait pas commis une faute. » Et avec raison le juge se rangea à l’avis de l’'éminent professeur. La liberté des

1. Brillon, tome II, Mot Chisurgie, page 169. 2. Responsabilité médicale, page 55.

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méthodes et des procédés est nécessaire. Sous peine d'entraver indéfiniment les progrès de l’art, il faut bien le reconnaître. Presque toutes les grandes inventions, les belles découvertes, honneur de l'intelligence humaine, ont été accueillies au début avec défiance et ont souvent failli perdre celui à qui elles étaient dues. Quand Laënnec appliqua pour la première fois l’émétique au traitement des maladies de poitrine, ce fut un vaste cri de stupeur dans la faculté. Et peu s’en fallut qu'on ne cherchât à lui faire durement expier la mort de son client, arrivée accidentellement. Ühaque fois qu'une ordonnance ne contredira pas les règles du bon sens et les principes élémentaires de l’art, qu’elle appartiendra à la classe de faits contestables et pouvant donner lieu à un débat scientifique, les tribunaux devront s'abstenir de se prononcer. « Il faut bien admettre, s’écriait récemment dans un procès célèbre un des maîtres du barreau français (4), qu’à côté de la pratique élémentaire de la médecine, que chacun peut contrôler et vérifier, et qui en constitue pour ainsi dire la partie mécanique et terre à terre, il est un domaine purement scientifique,peuplé d'innovations,

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