LÉGÈRETÉ, IMPRUDENCE ET NÉGLIGENCE
L'article 1383 du Code civil condamne spécialement l'imprudence et la négligence, aussi ne faiton généralement pas difficulté de déclarer responsable le médecin qui s’est rendu coupable d’un fait de cette nature. Les termes eux-mêmes évoquent une idée de faute, inséparable de l’idée de responsabilité. Et à moins de laisser les malades à l'entière discrétion des médecins, on est bien
obligé de convenir que la loi doit être appliquée
en cette matière plus sévèrement que dans toute autre. C’est sur cette question d’ailleurs qu’on a vu s'élever le moins de contestations. Dans toutes les législations, la légèreté, l’imprudence, la négligence, ont été qualifiées de fautes et suffi pour justifier une demande en réparation de préjudice.
Si les premières lois de l'antiquité défendaient avec tant de rigueur aux prêtres d'employer de nouveaux procédés, c'était sous le coup d’une conception erronée, de ces principes. Elles considéraient comme une imprudence et une témérité d'entrer en lutte avec l’expérience des siècles. Les Grecs, par bonheur, comprirent que l'empirisme ainsi pratiqué empêchait à jamais l'essor du progrès. Et la liberté nécessaire fut rendue à la science. Mais malgré l’absence de lois précises, il est permis d'assurer qu’ils n’affranchirent pas le médecin de tout contrôle. Les disciples d’'Hippocrate devaient prêter un serment où ils promettaient de se montrer prudents et attentifs comme il convient : « Je dirigerai le régime des malades à leur avantage, suivant mes forces et mon Jugement, et je m’abstiendrai de tout mal et de toute injustice. Je ne remettrai à personne de poison, Si on m'en demande, ni ne prendrai l'initiative d’une pareille suggestion ;, semblablement je ne remettrai à aucune femme de pessaire abortif..……… Dans quelque maison que j’entre, j'y entrerai pour l'utilité des malades, me préservant de tout méfait volontaire et corrupteur, etc. » En dehors de ces formules dont la valeur n’est peut-être pas