GRANDE ENVERGURE
caractères qui appartiennent aux anthropoïdes. Plusieurs criminels célèbres ont présenté une grande envergure vraiment considérable : de ce nombre étaient le trop fameux Tropmann, et Thiebert, bandits de la pire espèce.
Le caractère de la grande envergure complète l'ensemble de la manière d'être des criminels, ce qui leur donne le plus souvent des allures et une physionomie caractéristiques. Depuis les temps les plus reculés tout le monde a été frappé de l'aspect particulier fait d'anomalies et d'étrangeté dans leur visage et leur attitude, et en présence d'un tel ensemble on a souvent porté un pronostic qui s'est ultérieurement vérifié. Sans que l'on s'en rende compte et sans analyse anthropologique, on a été frappé de l'aspect sauvage et bestial de certains individus. C'est bien là en effet le type du criminel chez lequel la plupart des signes d'infériorité semblent s'accumuler. On trouverait maint et maint exemple de criminels rencontrés non loin d'un endroit où un crime a été commis et sur lesquels les soupçons se sont immédiatement portés à cause seulement de l'ensemble de leur figure, et les soupçons ne se trompaient pas. Du reste les expressions popu-
laires de face de gredin, physionomie sinistre^ tête de brigand, etc., prouvent bien que c'est là une observation aussi vieille que le monde.
§ III. — Conséquences des malformations.
Nous venons de passer en revue la longue liste des anomalies cérébrales, et celle plus restreinte des anomalies viscérales. Il est facile de comprendre que ces organes défectueux ne peuvent avoir qu'un fonctionnement défectueux.
Nous allons donc voir bien des lacunes, bien des imperfections, dans la physiologie ordinaire des criminels, môme en ce qui touche les deux grandes brandies de la vie de relations, la sensibilité et le mouvement. Nous réserverons Tétude des phénomènes psychiques et intellectuels, pour en faire l'objet d'un chapitre spécial : car c'est là, en définitive, dans cette élaboration de la pensée, dans cette mise en jeu de la volonté, que Ton peut trouver la véritable cause provocatrice des actes délictueux ; la genèse d'un crime ne pouvant pas s'isoler de la cérébration qui lui a donné sa véritable raison d'ôtre.
II est hors de doute que si les criminels sont