FORGE MUSCULAIRE
anatomiquement conformés autrement que les normaux, ils doivent pendant leur vie manifester des troubles physiologiques plus ou moins considérables, qui doivent aussi les différencier de ceux-ci, car ces deux termes sont absolument connexes : organes semblables, fonctionnement identique, fonctionnement différent, organes dissemblables. Voyons quels sont les troubles que présentent les criminels, du côté de la motilité, et de la sensibilité tactile ou sensorielle.
Lombroso a étudié la force musculaire des criminels au dynamomètre. Bien entendu, l'auteur italien s'est entouré de toutes sortes de précautions pour ne pas être induit en erreur. C'est ainsi qu'il a éliminé tous les prisonniers qu'une longue détention avait affaiblis. Ses investigations ont porté sur une série de 241 criminels, tous placés dans des conditions de force normale. Que les expériences aient été faites au dynamomètre de pression ou au dynamomètre de traction, il a toujours été constaté une vigueur de beaucoup moindre chez les criminels que chez les normaux. L'écart est toujours considérable : c'est ainsi que des normaux pris au
12S BESPO!ISABILITÉ CRIMINELLB.
hasard* dans des conditions d'âge à peu près semblables à celles des criminels, ont une force moyenne d*enWron 168, tandis que dans la série de criminels, étudiée par Lombroso, la force moyenne ne dépasse pas 140. Au dynamomètre de pression, la force des criminels est de 30 kilos, tandis qu*elle est de 48 chez les normaux. Du reste, tout le monde sait (et le fait a été bien constaté par Tadministration pénitentiaire, dans les bagnes et les maisons centrales que la somme de travail fournie par un criminel est loin d'égaler celle que peut fournir un ouvrier honnête. Ce fait ayant été si souvent constaté par une administration qui ne s'en laisse pas facilement imposer semble donc absolument hors de contestation.
Bien que nous ayons à cœur de ne pas nous écarter des limites de notre sujet, il nous paraît impossible de ne pas nous arrêter un instant, en présence d'une constatation aussi formellement établie. Voilà donc un fait indéniable : certains individus que leur organisation matérielle porte à commettre des actes punis par les lois n'ont qu'une force musculaire inférieure à celle de la moyenne de leurs semblables. Aussi on l'a re-