RÉFORME DE L'ORGANISATION DES TRIBUNAUX RÉPRESSIFS
qui participent des deux extrêmes. C'est que sur lescriminalistes novateurs s'est fait sentir et se fait sentir encore la puissante influence d'une longue tradition et du milieu luimême, moitié ancien et moitié seulement nouveau, dans lequel ils vivent. Aussi leurs doctrines ne sont pas aussi différentes des anciennes, ni aussi réformatrices que leur. généreux désir le prétendrait.
Il n^entre pas aujourd'hui dans notre dessein de présenter les preuves détaillées de cette assertion; il ne nous est d'ailleurs pas possible de le faire, obligé que nous sommes de nous renfermer dans les limites d'un article. Qu'il nous suffise, pour le moment, de montrer que, dans ce qu'on appelle l'administration de la justice pénale, c'est-à-dire dans l'organisation des tribunaux et dans la procédure, l'influence réformatrice s*est très peu fait sentir, alors que, à notre jugement, c'est là une des matières qui appellent les transformations les plus profondes.
La coaeeptton actuelle de la peine. See eonséqneneee «nr l'organleatlon et le lonetioiutenient des trlbwaaaw erlmlnels.
L'idée mère, qui a dominé dans l'ordre pénal pendant plusieurs siècles, qui pénètre, du commencement à la fin, tout code pénal et tout code d'instruction criminelle actuellement en vigueur ainsi que toutes les œuvres des écrivains, quelle que soit l'école à laquelle ils appartiennent, sans en exclure ceux de l'école appelée positive (1), c'est que la justice criminelle est une chose mauvaise et odieuse.
On suppose que les juges et les tribunaux de l'ordre criminel sont institués par la société ou, plutôt, par l'Etat, pour infliger un mal au citoyen qui a accompli un acte prohibé par la loi ou qui a négligé d'en exécuter un autre que la loi lui imposait l'obligation d'accomplir. D'où il ressort que l'intérêt du délinquant consiste à se soustraire à l'action des tribunaux et à l'application de la peine ; et, pour atteindre ce but, il lui
(1) Quelques oriminalistes seulement forment exception à cette règle ; malheureoeement iU n'ont pas donné tout le développement convenable à cette conception qne la peine est un bien.