INTRODUCTION
Les travaux publics, au sens large du mot, existent
3 depuis les temps les plus reculés ; les travaux, que les
premiers hommes, vivant en société, faisaient en
commun, soit pour leur défense, soit pour la satis-
faction de leurs besoins, étaient de véritables travaux publics.
À Rome, en Grèce et en Égypte. nombreux étaient les travaux publics. En l’état actuel de la société, on appelle travail public un travail ayant pour résultats une œuvre matérielle, entrepris dans un but d'utilité publique par une personne morale, État, département, communes ou certains établissements publics. 6
On trouve l'origine de la direction des ponts et
chaussées dans l’édit de 1604, sous Henri IV. Cet À. Huet I
édit donne l’administration des travaux publics aux trésoriers de France, au grand voyer et à ses lieutenants. En 1626, le grand voyer fut supprimé et les travaux publics furent confiés aux généralités; les routes ne furent plus entretenues.
Dans les travaux publics, l'intérêt d’un dépar tement ou d’une commune doit souvent disparaître devant l'intérêt public ; pour cette raisonil faut à ces travaux une direction centrale et on doit rejeter l'opinion de certains contemporains qui voudraient remettre les routes nationales aux soins des conseils généraux.
L'administration des généralités ayant été mauvaise, le grand voyer fut rétabli par un édit de mai 1645. Sous la Régence apparaît la direction générale des ponts et chaussées, en 1716 elle comprend : un inspecteur général, un architecte premier ingénieur, troisinspecteurs et vingt un ingénieurs. En 1744, Trudaine institua un bureau de jeunes dessinateurs, qui, en 1747, fut confié à la direction de Perronet et devint l’École des ponts et chaussées. Trudaine fonda également le conseil des ponts et chaussées, qui prit dans la suite une grande importance et fut souvent appelé à interpréter les cahiers des clauses et conditions générales, cahiers contenant les règlements des travaux publics. $
Le corps des ponts et chaussées dépendant du
— 5 — ministère des Finances fut maintenu par décrets de l’Assemblée nationale du 3r décembre 1790 et du 25 mai 1791, mais il futrattaché au ministère de l'Intérieur. Il y eut alors deux directions, celle des mines et celle des ponts et chaussées. Le 17 juillet 1815 elles furent réunies en une direction générale qui en 1839 devint le ministère des Travaux publics ; ce ministère a été tantôt séparé, tantôt attaché à d’autres ministères; depuis 1869 il est séparé. Les travaux publics militaires dépendent du ministère de la Guerre.
Sous ces diverses directions, les travaux publics se sont développés et ont pris de jour en jour une importance plus considérable. Les travaux ont été soumis aux cahiers des clauses et conditions générales, qui renferment des dispositions concernant l'exécution et le règlement des travaux et de nombreuses stipulations en faveur des ouvriers.
Le premier cahier des ponts et chaussées date du 30 juillet 1811; pour les travaux militaires, le devis instructif des travaux de construction dépendant du service du génie est la première rédaction.
Les stipulations en faveur des ouvriers sont particulièrement intéressantes à étudier, car elles sont le miroir des idées sociales de l'époque, et nous permettent de voir l’évolution constante de ces idées vers une amélioration de plus en plus grande du sort
des travailleurs.