‹ De la Responsabilité médico-légale du DentisteChapitre 13 sur 13 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

On voit par cette trop brève étude de la question qu'il n'est pas d'intervention aussi bénigne soit-elle, qui ne puisse devenir pour le praticien, instruit, consciencieux, à l’abri de tout soupçon, la cause de difficultés sans nombre. Les méthodes thérapeutiques, les modes opératoires les plus usuels peuvent être suivis d’accidents graves inattendus, quelquefois mortels, et donner lieu à l'ouverture d'informations judiciaires, ou à des poursuites, source évidente de préjudices professionnels graves, quelle que soit d’ailleurs l’issue de l'enquête.

Nous ne pensons pas qu'il soit possible d’en dégager une ligne de conduite générale. Chaque cas comporte son enseignement particulier. Dans les prescriptions d’un médicament, l'établissement d’une formule, surtout en ee qui concerne les substances toxiques, le praticien ne saurait apporter trop de soins. Ps

Dans l’appréciation des erreurs de diagnostic, des fautes

de thérapeutique, les juges ont à tenir grand compte de

= Le

l'état de la science au moment de l'opération. La chirurgie dentaire change constamment, elle a fait des progrès notables depuis quelques années. De nouveaux traitements et opérations sont continuellement prescrits, par conséquent le niveau moyen des connaissances professionnelles est essentiellement variable, Si ces nouvelles méthodes sont généralement connues et adoptées, celles-ci peuvent être considérées comme le niveau moyen de la science dont la connaissance peut être requise de tout pra-

ticien.

D'autre part le niveau varie encore suivant les milieux, les circonstances, les moyens d'investigation. Certaines grandes découvertes marquent un progrès considérable, la radiographie par exemple peut rendre, en art dentaire, d’'utiles services pour préciser certains diagnostics. [Il est certainement du devoir du praticien de l'utiliser dams les

cas douteux.

Enfin la question des anesthésiques généraux soulève en art dentaire un problème particulièrement délicat. TI se dégage de l’étude des jugements que nous avons produit, la conclusion très nette qu'ils ne doivent être em-

ployés qu'à raison de la gravité de l'opération.

« Il faut avoir la notion bien établie que tout corps capable de tuer le sentiment est une drogue dangereuse ». Et peut-être éviterait-on bien des mécomptes en se souvenant que l’abstention est une règle dont on ne doit se départir que pour des motifs sérieux, et non pour

donner satisfaction au caprice et à la pusillanimité des

— JD — malades. Et ce point établi, rappelons en terminant ce conseil du professeur BROUARDEL :

« N'anesthésiez jamais seul, même ou surtout s'il ne

s'agit que d’une dent à extraire ».

Vu : Le Président de la Thèse,

BALTHAZARD.

Vu : Le Doyen, H. ROGER.

Vu et permis d'imprimer,

Le Recteur de l’Académie de Paris,

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