‹ De la restauration de la lèvre inférieure après l'ablation du cancroide :Chapitre 10 sur 22 · II · texte numérisé non relu

II

Méthode Indienne.

La méthode indienne consiste à restaurer la lèvre au moyen de lambeaux pris au cou et qui y restent adhérents

1. Gasptiris Taliaotii libri duo liber semndus , ch. XIX. De letbiorum restauratione.

par leur pédicule. On leur fait subir un mouvement de rotation autour de leur axe de façon à ce que leur face saignante s’applique exactement sur la brèche à combler. Les Indiens employaient un procédé analogue pour la rhi— noplastie, d’où le nom de méthode indienne, quoiqu’ils aient peu fait pour Lanaplastie labiale. Aussi celte méthode a-t-elle été, pour ainsi dire, employée en premier lieu à Montpellier par Delpech et Lallemand.

Procédé de Delpech . — Ce procédé est original en ce sens qu'il a pour but de remplacer la muqueuse interne de la lèvre par de la peau prise au cou, mais il n’eut pas de succès, quoique tenté par Delpech lui-même. Aussi nous ne le citons que pour mémoire. Delpech l’essaya chez un homme atteint d’un cancroïde qui avait envahi toute la lèvre inférieure, excepté les commissures, et s’étendait jusqu’au menton. Il fit au cou une incision en forme de losange, s’étendant de la partie intérieure du menton au sternum. Il disséqua le lambeau de bas en haut, en ayant soin de le laisser adhérent par son pédicule situé au-dessous du menton. Ce lambeau relevé fut plié sur lui-même, de façon que les surfaces saignantes fussent mises en contact et fixées par des points de suture. Puis il fut relevé, tordu sur son axe, mis à la place du cancroïde enlevé et fixé sur les côtés de la plaie par des points de suture. L^opération ne réussit pas.

Appréciation . — Le lambeau est trop long pour que son faible pédicule puisse lui donner la nourriture suffisante; la pesanteur tend toujours à l’abaisser, enfin, à cause de la torsion, il se gangrène facilement.

Procédé de Lallemand. — Le lambeau, au lieu d’être

pris sur la partie médiane du cou comme dans le procédé de Delpech, est tracé sur les parties latérales. Ainsi à la partie externe de la plaie on fait une incison verticale dans l’épaisseur des parties molles et qui peut s’étendre jusqu’à la région de l’os hyoïdé ; à une distance de la première suffisante pour que le pédicule soit assez large on en trace une seconde qui lui est parallèle. On dissèque le lambeau, en ne le laissant adhérent que par le pédicule supérieur, puis on le remonte au niveau du bord libre de la portion de lèvre qui reste, en lui faisant décrire un angle de 90°. On le fixe par la suture entortillée.

Appréciation. — Ce procédé a réussi entre les mains de Lallemand, ainsi que le prouve l’observation qui suit. M. Bouisson de Montpellier (2) dit également en avoir obtenu de bons résultats. La torsion du lambeau est moindre que dans le cas précédent, mais il faut prendre garde dans la dissection de léser la veine jugulaire externe.

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