Verneuil, dict. encyclopédique, art. autoplastie
potages, etc. — 11 est utile défaire assez sou vent des injections détersives dans la bouche, des lotions froides ou tièdes, ou de mettre sur la plaie une compresse d’eau fraîche pure.
Quant à la plaie d’emprunt, on la laisse se cicatriser spontanément.
Inutile de dire que si Y on n’obtient qu'un succès partiel on peut faire une opération complémentaire.
Suites de Y opération. — Parmi les accidents consécutifs, l’hémorrhagie est un des plus fréquents, parce quela région de la face est très-vasculaire et les surfaces saignantes quelquefois assez étendues. L’hémorrhagie est moins dangereuse en elle-même que par les décollements qu'elle' produit et les caillots qui se forment entre les surfaces suturées. Aussi ne faut-il pas hésiter à enlever les points de suture pour aller à la recherche du vaisseau ouvert et le lier, sauf à rétablir la réunion telle qu’elle était auparavant.
Une autre complication est l’érysipèle qui., outre la fièvre qu’il donne^ s’oppose au travail de réunion, en détruit les premiers effets et peut même gagner le cuir chevelu et les méninges. Il est donc indiqué de retarder l’opération, si l’érysipèle règne épidémiquement dans le service, et, quand il se déclare, il faut le combattre dès le début.
L’angioleucite et la phlébite faciales sont aussi des complications à craindre, lorsque la veine faciale et les lymphatiques qui l’accompagnent ont été lésés ; l’inflammation de la plaie amène la suppuration des bords réunis ; le phlegmon diffus est rare.
On combattra ces accidents par la saignée dès le début, des dérivatifs sur le tube intestinal, des débridements convenables.
Mais une des complications les plus fréquentes et qui résulte souvent des accidents inflammatoires, c’est le décollement et la gangrène du lambeau. Ce dernier effet est surtout produit par des tractions exagérées, des points de suture trop serrés, une torsion trop complète du pédicule. Il s’annonce par la pâleur, le refroidissement, des phlyctènes sur l'épiderme ; le lambeau prend une teinte livide et violacée.
La gangrène peut atteindre le tout ou une partie. Quoi qu’il en soit, il faut de suite laver la surface refroidie avec du vin aromatique, supprimer toute traction, toute compression et on peut arriver à conjurer le danger ou à amoindrir les effets du mal.
Signalons encore, comme suites de la cheiloplastie, des fistules laissant couler les liquides de la cavité buccale, les rétractions des lambeaux, mais surtout les adhérences anormales entre la face postérieure de la lèvre et les gencives. La lèvre inférieure est ainsi immobile et ne peut remplir ses fonctions.
Il faut alors s’efforcer d’y remédier, et ceci prouve que l’opération faite immédiatement après l’ablation du cancer n’est pas toujours définitive, mais que la cheiloplastie a souvent lieu en plusieurs temps séparés par des intervalles plus ou moins longs. .
Méthode Italienne.
Cette méthode consiste à prendre des lambeaux à grande
distance, tout en les laissant adhérer par un pédicule, puis s. M.
à les appliquer sur la perte de substance pour les combler. Elle est aujourd’hui complètement abandonnée. Tagliacozzi, qui vivait au xvie siècle^ conseille dans le dix-neuvième chapitre de son ouvrage (l)de prendre le lambeau réparateur près de l’articulation du coude, delui donner la formedela partie enlevée et de le fixer au moyen d’une aiguille courbe par des points de suture à intervalles égaux. Il recommande de n’exciser le pédicule reliant le lambeau au bras que quand la réunion est complète, c’est-à-dire après vingt-quatre jours. On peut voir dans l’ouvrage de Tagliacozzi deux gravures représentant des malades qui subissent cette opération et dont le bras est rapproché de la tête et fixé dans cette position. Cette méthode, dont il était l’auteur, fut essayée par Grœfe en 1819 et plus tard par Roux, mais sans succès.
Inconvénients . — Ils sont nombreux et tiennent à la position infligée au malade, au dérangement du lambeau par suite des mouvements involontaires, à la salive qui s’écoule de la bouche et empêche la cicatrisation. Enfin le lambeau pris au bras n’est pas assez en conformité de tissus avec la partie de la lèvre enlevée. Tagliacozzi fut le premier juge de l’infidélité rie cette opération.