‹ De la Restauration françaiseChapitre 101 sur 189 · CHAPITRE LI · texte numérisé non relu

CHAPITRE LI

Le peuple français anjonrcChni en Europe.

Dieu naquit chez les Juifs , et ils Tout crucifié. De même avons-nous fait de la nature supérieure que nous avions reçue; et déjà nous jouons en Europe le rôle du peuple méprisé.

En fait de philosophie, depuis Descartes, depuis notre rupture avec la tradition du moyen-âge, quel rôle? D'abord, copier Locke pendant un siècle, en augmentant l'édition. Puis, pendant ce dernier demi-siècle, fabriquer de la psychologie écossaise , et tirer au spiritualisme allemand, sans lequel, on peut le dire, Condillac, Laromiguière et Garât seraient nos penseurs d'aujourd'hui!

En fait de religion, quel peuple se dit plus catholique, et quel peuple a moins de foi que nous? On nous appelle romains, mais nous sommes voltairiens. Les protestants n'ont conservé qu'un beau fragment de notre Foi , mais au moins ils le possèdent. Suivant en ce point le degré de leur esprit, ils ont admis de la religion ce qu'ils en voulaient pratiquer. Quel nom donner à ce qu'il en reste dans nos cœurs?

En fait de mœurs, voulez-vous nous connaître? mettez le doigt dans notre littérature. Au théâtre , où le succès oblige à saisir l'esprit du jour, voici toute la donnée : des tilles qui se croient fort gentilles de tromper leur père,

(les femmes fort intéressantes de mépriser leur mari , et (les valets fort bien appris de tromper leur maître; le tout en encourant, bien entendu, la loi du talion.

Il faut poser en fait que, sur cent mille volumes produits par la librairie française en ce moment, il en est quatre-vingt mille dont la lecture est couramment interdite à l'enfance et à la famille dans le reste de l'Europe.

Page 1