‹ De la Restauration françaiseChapitre 102 sur 189 · CHAPITRE LU · texte numérisé non relu

CHAPITRE LU

Où Tou prend le cliemiu de la captivité.

Comme tout l'avenir est dans l'enfance et dans la finnille, demandez où est celui d'un peuple qui emploie les deux tiers de ses hommes instruits à se donner de tels produits? Nos romans peuvent être certainement reçus à l'étranger comme marchandises françaises!

Dire qu'il est un pays où la plus difficile, la plus piteuse position est celle de père de famille ! attaqué comme mari, attaqué comme père, attaqué comme chef d'industrie, par la légèreté, le ridicule et l'adresse , les trois meilleures armes de France ! Que présager d'une population où la vertu est plaisante, où le vice est bien reçu, où l'honneur s'attache aux prouesses, où toute victime est méprisée ?

Enfin, on vient s'amuser en France. Quelle gloire ! chez nous, c'est le plaisir qui est sacré ! Pour la noblesse, (juestion de joie est la plus grande ; pour le bourgeois, question de gain passe avant celle de Thonneur ; pour le peuple, il y a fa>te à imiter des deux parts. Ce qui est

frivole nous paraît grave , et ce qui est grave nous semble oiseux, absolument comme pour les enfants.

La raison ne se fait pas aisément place dans une tête trop prompte; la vertu prend difficilement les racineè de la patience dans un cœur toujours allumé. La réflexion et l'épargne sont rares en France. Le luxe y dissout les ressources privées ; le monde envabit depuis le ricbe jusqu'au pauvre. La sagesse, le pain, le sang de l'homme s'affaiblissent. Un Français est-il vertueux? demandez aux autres nations : on répondra qu'il a toutes les qualités avant de l'être.

Prenez garde! nous marcbons à la Captivité. Une nation qui a produit Voltaire, comme les Juifs ont produit Judas; une nation qui, à elle seule, a fourni presque tout le xviif Siècle, devrait songer au repentir... France! France ! le monde n'a pas encore perdu l'babitude de recevoir ton exemple !

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