‹ De la Restauration françaiseChapitre 108 sur 189 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

où est la tête d'iiu peuple.

Les peuples ne se sauvent jamais par eux-mêmes. De même qu'ils ne se fondent jamais par eux-mêmes, mais par leurs aristocraties.

Le peuple n'estdansl'état actuel que parce qu'il manque d'aristocratie. Le vice l'a détruite ; et cette absence a laissé retomber le peuple. Voilà pourquoi la France est à bout de voies.

C'est un principe de l'histoire, et un principe de raison : un peuple, quel qu'il soit, est aussi incapable de se sauver par lui-même qu'une race sauvage de passer par elle-même à la civilisation.

Il ne peut pas se sauver, par cela même qu'il est le peuple ; c'est-à-dire, cette portion de la Société qui n'est pas Aîite, mais qui progressivement se fait par cette autre portion qui constitue les lumières et le capital.

Delà, quand l'-iristocratie est perdue, tout est perdu. Le peuple retombe dans sa primitive décadence. Tant que rarîstocratie a régné, l'Empire romain a grandi;

lorsque la foule est montée et s'est fait tête dans les empereurs, l'empire romain est retombé.

Mais la foule ne monte que quand son aristocratie s'abaisse. Le grand point est de conserver la vertu chez les nobles; elle se verse de là sur toute la nation.

Or, quand le bien ne descend plus d'en haut, comme il ne saurait jaillir d'en bas, il faut dire que tout finit.

Tout peuple abandonné à lui-même retourne à l'état sauvage, ou repasse sous la conquête.

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