CHAPITRE VIL
Des caractères de la noblesse.
Voici à quoi on reconnaît la noblesse :
En premier lieu, elle n'est pas ambitieuse des biens et honneurs d'autrui, mais de son honneur seulement.
En second lieu, elle n'est pas égoïste. La patrie à défendre, la justice à rendre, uneéghse à relever, le bien public à seconder, l'accomplissement des hauts devoirs, la voient accourir la première.
En troisième lieu, elle est brave ; brave et non industrielle et marchande. Avec peu ou beaucoup, son caractère est aussi large, son ambition aussi légère, sa bourse aussi souvent ouverte au vrai malheur.
Enfin , elle se rapproche de la sainteté. La haute noblesse se reconnaît à l'absence de l'orgueil. L'orgueil de celui qui s'élève vient de faiblesse d'esprit, comme la dureté, de faiblesse du cœur.
Le noble est un défenseur de la Foi. Protecteur né des familles, il est l'objet du respect des mères et le contentement des vieillards. A moins que son roi ne l'appelle, il cultive son champ ; il acquiert l'honorabilité et non la popularité.
Avant la corruption de la Cour, la noblesse vivait patriarcalement et agricolement, soumettant à la culture le sol conquis par ses pères. Avant la corruption de la Noblesse, la bourgeoisie vivait conunercialement et Jionnêtement, servant d'union entre l'ordre agricole et l'ordre industriel. Avant la corruption de la Bourgeoisie,
le peuple vivait laborieusement et économiquement, recueillant du capital pour pénétrer par ses services dans la classe bourgeoise, et de là dans la classe plus élevée.
Tout bourgeois n'est qu'un homme du peuple qui a économisé ; tout noble n'est qu'un bourgeois qui s'est honoré. Oui, tout s'élève par la vertu, et tout retombe par le vice. Soyez ce que vous étiez, le peuple redeviendra ce qu'il était. L'orgueil vous a renversés ; descendu dans le peuple, il entraînera la nation.