‹ De la Restauration françaiseChapitre 129 sur 189 · CHAPITRE XXL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXL

Des deux conseils ;i offrir au Clergé.

Si j'avais un droit pour parler, il est deux ayis que j'oserais ouvrir au Clergé.

Le premier serait à'ôter ies Abrégés des séminaires, si faire se pouvait ! et de les remplacer souvent par les grands et radieux travaux des Pères ^. Les conclusions

1 L'esprit puise là ces grandes notions et ces idées sublimes de la religion, qui sont comme autant de sources de lumière dont on fait ensuite l'application à tous les objets de nos études. Il n'y a que les esprits phi-

suffisent âii vrâî, mais pas à former l'esprit. L'enthousiasme est aussi utile à la vérité qu'à la pratique. Il faut opposer aujourd'hui cette flamme à la furie d'orgueil qui meut la pensée humaine !

Le second serait iyétudier l'économie 'politique. Le Clergé doit enfin savoir que c'est lui qui crée la richesse en Europe, et qu'il en porte la suhstance. C'est le fait capital de la civilisation : comme il n'y aurait pas de production sans le travail et le capital, de travail et de capital sans moralité, et de moralité sans le clergé, c'est du clergé que sort la Richesse.

En 'premier lieu. — La Renaissance a pénétré dans tes séminaires. On y cultive trop la rhétorique, au lieii dé la simplicité du cœur, qui est l'éloquence même. Souvent la manière de parler agit plus sur nous que les choses mêmes qu'on dit. L'avocat, le prédicateur et le publiciste qui parlent du môme ton, empruntant ses manières au langage du jour, ne savent pas qu'ils disent tous trois la même chose. Laissez-vous accuser de barbares par ceux qui le sont. Vous avez la vérité divine : eh bien, vous avez la vérité scientifique et la vérité littéraire ! Vos modèles ne sont point dans l'antiquité, comme ils l'ont dit. Ils sont chez vous, dans ces saints que chérissent vos cœiîits.

En-second lieu. — Il ne faut pas que le Clergé ignote plus longtemps la merveille qu'il apporte à ce monde : une Société, une richesse sans les esclaves ! L'Economique dévoilera ce fait, ce fait que la divine loi produit tous

losophiques exccplionnellemenl doués, qui, sans /'trc illuminés par les saints Pères, échappent à la médiocrité dont Vabtégé, en tout, frappe Pinlelligence.

les jours par ses modestes mains ! De chaque vertu cardinale qu'il a assise en nos mœurs, de chaque loi morale qu'il a fondée en notre esprit, le Clergé verra le fruit correspondant qui est sorti sur la terre. Or, l'homme comprend plus aisément ses intérêts que la métaphysique. Quand il apercevra l'ordre économique reposer, point par point, sur l'ordre dogmatique, il tiendra en haute considération ce dernier. La religion ne lui semblera plus une abstraction ; car les peuples vont terre à terre pour suivre un certain bon sens pratique, depuis qu'ils ne se laissent plus éclairer par le bon sens divin.

On verra les vertus économiques descendre, comme leurs ombres, des vertus sacrées que le dogme érige en notre âme. Non-seulement le Clergé paraîtrait fonder visiblement la vie pratique, comme il l'a en réalité fondée en créant la vie mystique ; mais encore il porterait dans la vie publique ce pas qu'il lui est impossible de ne point faire aujourd'hui... Qu'il laisse toute politique, qu'il se hâte de monter plus haut prendre l'empire.

Par la direction économique qu'il ferait sortir de nos propres moeurs, il lierait les intérêts à l'homme moral, que la fausse science a bien par malheur séparés. Il ne nous laisserait pas à la merci du pouvoir temporel, devenu le seul initiateur, et qui par les moyens dont il dispose perdra tout pour sauver ce qui reste de nous.

Ce qui regarde le Clergé est de toute importance : j'ajoute quelques mots.

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