CHAPITRE XXIV
JLe Clergé abulira la fausse économique.
La prospérité ou l'appauvrissement d'une nation est dans la manière dont elle se comporte avec le capital. Le capital est ce à quoi il ne faut pas toucher, c'est comme l'âme au sein de l'homme.
Aussi, prenez garde au Crédit. Le Crédit n'est qu'une extension de la richesse à celui qui ne l'a pas prodiiite. Les plus nombreux scandales sont sortis des familles dont la fortune provenait du crédit.
Voici le mal : on a voulu faire fortune ; c'est-à-dire qu'on a voulu, enjoignant un capital qu'on n'avait pas à un fort mince travail, retirer de ce travail plus de profit qu'il n'en doit procurer. Ainsi faisaient les banques et l'agiotage.
En ce moment la loi de Dieu nous ramène! celte loi irréfragable qui ne permet leur quantité de profit qu'au travail et à la vertu. Tous ceux qui ont cherché la fortune la perdent. L'équilibre divin rétablira sans cesse les lois de l'ordre économique.
Celui-là seul qui crée un capital le peut maintenir, ou celui qui, par la vertu, lui est semblable. C'est le crédit, c'est-à-dire l'extension du capital à celui qui ne l'a point créé, qui a mis la France où elle en est. Ceux qui avaient le crédit ne faisaient qu'exposer le capital pour en tirer un plus gros intérêt. Dites combien il en a été fondu de la sorte ! Le monde , littéralement, s'écroulerait par le principe du gain.
Enfin, devant le tribunal de Salomon, celle qui n'était point mère ne voulut-elle pas qu'on partageât l'enfant? Le crédit s'en est-il tenu à ses bornes? oubliez-vous ce qu'on est venu vous demandera partager?...
En faisant de la richesse le but de l'économique, on a produit chez nous un mal semblable à celui du mercantilisme en Espagne , lorsque ce système prétendit que la richesse était dans l'or. Les cupides ont cru que la richesse était dans le crédit. Par tous moyens on se
mit à le recueillir; en un jour on l'a vu disparaître...
La leçon sera suffisante. Désormais le capital se tiendra chez lui! Le crédit ne le conduira plus par son aqueduc imprudent sur les lieux d'où il ne saurait remonter. Le capital, né dans l'enceinte de la vertu, ne peut hasarder ses pas hors d'elle.
Ne vous étonnez pas de rencontrer toujours la même conséquence, la vertu; de la trouver au bout de tout. Il n'y a qu'un chemin pour aller à Dieu, le monde n'en pourrait construire un autre.
Au nom de notre propre salut, reconnaissez que l'Economique est dans une impasse, celle même que le xvni^ siècle a faite à l'esprit humain ! Elle n'en sortira que par une conception nouvelle de la richesse, laquelle ramènera une conception nouvelle de la production et de la recomposition. L'esprit du mot consommation doit disparaître dans celui qui est son principe et sa vraie racine.
La pensée positivement chrétienne fournira seule cette nouvelle conception.